Juste pour vous prévenir que je n'ai plus de correctrice... vous allez sûrement vous en rendre compte. Voilà! Et puis tant que j'y suis, merci pour vos encouragements!
- Tu crois qu'elle a raison hein ?
Hermione s'arrêta de bouger, surprise de la réaction de son ami. Elle qui croyait s'être fait discrète…
- Bien sûr que tu le crois… Je suis qui moi ? Un gamin… un gamin aux yeux de tout le monde et tu sais, quoi ! Je suis le seul ! Regarde toi, tu es l'intelligente, la fille prodige, celle qui sait tout… Harry, c'est le survivant alors oui, devoir vivre seul dans un appartement doit être surmontable à côté d'un avada kedavra lancé de la main de tu-sais-qui. Mais pour moi ! Moi j'ai toujours eu quelqu'un derrière moi, c'est vrai mais c'est pas de ma faute non ? C'est pas moi qui ai voulu avoir autant de frères… parfois je me dis que j'aurais été bien mieux tout seul.
- Tu ne penses pas à ce que tu dis.
Ron releva soudainement la tête et toisa son amie d'un regard sévère. Visiblement, il aurait souhaité une autre réaction de sa part. Et pourtant, Hermione ne cligna pas une seule fois ses yeux et vint s'asseoir sur le bord de son lit :
- Tu crois que c'est drôle d'avoir grandi toute seule ? Ok, en soi c'est plutôt bien, tu as toute l'attention pour toi mais… Mais il y a des choses que tu peux faire ou dire à tes frères et pas à tes parents… A ton avis Ron, pourquoi est-ce que je passais autant de temps derrière les livres ?
- Parce que tu es folle…
- Parce que je n'avais rien d'autres à faire… Qui veut d'une amie qui fait voler des trucs autour d'elle quand elle est en colère ?
Ron se redressa totalement, inspira bruyamment de l'air par le nez et remonta ses genoux sous son torse.
- Je vois ce que t'essayes de faire Hermione. Mais réellement, t'aurais voulu être à ma place ?
- J'ai toujours rêvé d'avoir une famille nombreuse…
- Bien alors tu vois ça -il montra son pantalon- Percy l'a eu pour son dix-huitième anniversaire. Et ça –il tira sur le pull en laine dont il avait retroussé les manches- noël de Bill il y a trois ans. Ca –il plaça sa montre sous le nez de Hermione- c'est celle de papa, il me l'a donné quand on lui a offert la sienne mais la trotteuse ne fonctionne plus. Tu vois… je n'ai rien à moi.
Hermione tourna son visage autour d'elle comme à la recherche de cette chose qui pourrait par sa présence, tout résoudre. Et son regard tomba sur le vieil échiquier qui prônait sur le bureau du jeune homme. Elle dit enfin :
- Et ça ?
Ron ne tourna même pas le regard et répondit au tac au tac :
- Grand-père…
- Ce ne sont que des objets tu sais… toi tu as eu la chance d'avoir toujours quelqu'un avec toi… tu as des tas de souvenirs qui…
- Tu vois ça –il souleva la jambe de son pantalon et pointa un léger trait presque invisible sur son genoux- Percy avait piégé ses chaussures pour pas que les jumeaux lui prenne. Je savais pas… je les ai mis… et je connais maintenant chaque petits noms de chaque caillou présent dans la cour. Et ça –il montra une entaille à l'arrière de ce même genoux- Fred et George m'ont fait tenir la laisse d'un gnome qu'ils voulaient utiliser comme cobaye… il m'a mordu. Y'a ça aussi –il releva quelques mèches de sa nuque pour découvrir quelques points ancrés dans sa peau- premier sortilège de chauve furie de Ginny… j'avais changé sa poupée en Troll. Et puis…
- C'est bon Ron, j'ai compris. De toute façon, c'est bien connu… on veut toujours ce que l'on n'a pas. Toi tu aurais voulu la tranquillité d'un fils unique, moi j'aurais souhaité que ça bouge un peu plus dans ma famille…
Ron se renfrogna, il aurait sans doute souhaité un peu plus de compassion. A l'opposé, Hermione soupira et posant les yeux au plafond, elle essaya de reprendre le plus calmement possible pour ne pas avoir à le brusquer.
- De toute façon… la question ne se pose même pas. On n'a pas le choix alors tu vas l'avoir la chance de prouver à tout le monde que tu es un adulte.
- Quoi que je fasse, je n'en serais pas un ! Il y aura toi avec moi et si tout se passe bien, ils trouveront le moyen de dire que c'est uniquement grâce à toi.
- Je ne pense pas… il y a une autre chose qui ne change pas… les hommes sont toujours considérés comme les maîtres des lieux…
- Arrête, tout le monde sait très bien que chez nous, c'est maman qui décide.
- Tu as entendu ce que ta mère t'a dit tout à l'heure non ? « On verra quand ton père sera là… ».
- Mouai…
Ron se releva finalement, et le regard grave, il répliqua :
- De tout façon, c'est décidé… on va avoir une belle maison… et on s'en sortira très bien.
Hermione pouffa légèrement ce qui fit sortit Ron de sa soudaine torpeur. Il la fixa un instant et lui demanda, sourcils froncés :
- Je peux savoir ce qui te fait rire ?
- Ta faculté à faire tourner une décision du gouvernement comme étant tienne.
- Hum… Tu me promets que tu ne feras pas ça ?
- Quoi donc ?
- Me faire croire que j'ai pris la décision alors que c'est toi qui auras tout manigancé…
Une nouvelle fois, la jeune femme se mit à rire, laissant ainsi son ami pantois. Il tenta d'avoir des explications à ce comportement :
- Pourquoi tu ris ?
- Oh rien… je me demandais juste quand… tu t'en serais rendu compte…
En un instant, un oreiller traversa la pièce et vînt finir sa course sur le visage rougi de Hermione. Cette dernière ne put reprendre son souffle que déjà les mains de son ami la torturaient par des chatouilles bien menées.
Essoufflés, se fut deux adolescents qui s'écartèrent gênés l'un de l'autre avant que Ron ne mette fin à cette gêne par un :
- Il ne faut plus qu'on me prenne pour un enfant…
- C'est bien parti Ron…
- Tu crois que y'aura une place pour mes posters de quidditch dans la chambre ?
