Mon cadeau d'halloween alors que je déteste cette fête. Vous demandiez plus de Hermione? En voilà! Bonne lecture et merci d'être encore là à me supporter ;op
Chapitre 19 : L'excuse blanche
Qui n'a jamais eu cette impression que le temps lui échappait, comme du sable à travers une main fermée. Plus on s'efforce à vouloir le garder, plus il prend plaisir à s'écouler rapidement. Hermione en ce jour du 20 octobre, était dans cet état d'esprit.
Le regard tourné vers la fenêtre, elle tentait à grand-peine de vider son esprit. Oui mais voilà, qui aurait l'audace de se croire capable d'oublier un tel évènement ? Le mariage, toutes les jeunes filles en rêvent. Ou presque. Dans sa tête à elle, elle allait finir ses études à Poudlard, entreprendre une autre filière, trouver un emploi et épouser le seul et unique homme qu'elle n'aurait jamais aimé. Oui mais voilà, à tout juste dix-huit ans, elle allait devenir Mrs Hermione Weasley. Epousant en même temps que son meilleur ami, une famille de sorciers vieille de plusieurs milliers d'années.
Soudainement, ses ongles entrèrent en contact avec la paume de sa main, ses sourcils se fronçant dans une mimique qui aurait pu paraître drôle dans une autre situation. Pourquoi ne pouvait-elle prétendre à ça ? Elle s'était réjouie de rejoindre le monde des sorciers… Oui mais.
Elle frissonna à peine lorsqu'une main frôla ses cheveux si bizarrement disciplinés. Voilà maintenant une bonne matinée que le monde tournait autour d'elle, du maquillage à la coiffure, passant par l'habillement, elle n'avait pas eu une seconde à elle pour décider… simplement décider… avoir le choix, celui qu'elle n'avait pas eu jusqu'alors.
Comment en était-elle arrivée là ? Bien sûr qu'elle avait eu le choix ! La proposition que lui avait faite cet homme tenait la route après tout ? Oui mais voilà, elle n'avait pu se résoudre à trahir ses meilleurs amis. Un bien contre un mal, elle qui à dix-huit n'avait guère eu de relations amoureuses, était désormais sûre de ne pas rester vieille fille. Et puis c'était Ron… il n'était pas si… mal. Attentif comme il le pouvait… fier… courageux… et il faut l'avouer, sacrément bien foutu.
Un rictus se dessina sur ses lèvres lorsqu'elle réalisa ce qu'elle venait de penser. Et machinalement, elle secoua la tête comme pour faire sortir cette idée plus que honteuse.
- Hermione, cesse de bouger comme ça ! Je n'arrive pas à remettre cette fleur.
- Excuse-moi Ginny. Aïee !
- Faut bien que ça tienne ! Voilà…
Hermione hocha la tête et se leva, prenant garde de ne pas raccrocher sa robe au passage. La démarche hésitante, elle se rapprocha d'un miroir qui se trouvait aux abords, tremblant devant la vision qu'il lui renvoyait d'elle.
Des cheveux relevés, parsemés de fleurs blanches ; une robe parfaitement blanche et droite, s'évasant sur le bas pour laisser une vaste traîne.
- Il te manque plus que…
La future mariée tourna son visage et vit apparaître devant elle un bouquet de roses rouges, parsemé ça et là de quelques perles blanches.
Alors voilà, elle y était… et son soi-disant courage commençait déjà à lui faire faux-bond.
- Je ne t'ai jamais vu aussi peu bavarde.
- Ginny, rappelle-moi cette phrase le jour de ton mariage… Merlin que ça fait bizarre de dire ça…
- Si ça peut te rassurer, il y en a un à l'étage du dessus qui est dans le même état que toi.
Hermione fit volte-face, posant son bouquet sur la table. Comment avait-elle pu l'oublier… lui avait-elle dit qu'il ne devait surtout pas faire d'allusions à la magie en face de ses tantes ? Lui avait-elle demandé de le prendre par la main ? D'acquiescer le fait qu'il n'avait jamais fait de prison ? Qu'il avait décroché son diplôme ? Qu'il n'avait eu ni femme ni enfants avant elle ?
- Bizarrement, ça ne me rassure pas ! Tu sais comme il est maladroit, imagine s'il est nerveux en plus… enfin s'il devient aussi muet…
- Ah non… chez lui le stress se traduit…
- Je dois le voir !
Trop absorbée par cette vision d'horreur, Hermione ne vit pas la porte s'ouvrir et laisser apparaître sa mère, mouchoir sous les yeux.
- Voyons ma chérie ! Tu sais que ça porte malheur. Et puis, tu n'as plus que quelques minutes à attendre !
Une nouvelle fois, la jeune fille se retourna vivement, comme montée sur ressort. Fou ce que le manque de sommeil lui donnait des forces aujourd'hui.
Mais cette fois encore, elle déchanta bien vite. Elle qui à ce moment-là aurait tant eu besoin du réconfort de sa mère, la voyait prendre ses distances à cause d'une robe qui ne devait surtout pas être froissée. Se rendait-elle compte de ce qu'était en train de vivre sa fille ? Bien sûr que non… elle l'aurait presque oublié.
- Je vois que tout va bien… Je… vais aller les prévenir. Ton père viendra te chercher dès que ton… dès que ton mari sera dans la mairie. Il ne s'agirait pas que tu le croises avant.
Hermione tenta de rendre le sourire à sa mère, mais aller savoir pourquoi le stress fige les muscles à ce point-là…
- Tu es tellement jolie… Tes tantes ont hâte de te voir…
La jeune femme acquiesça d'un signe de tête et attendit de voir disparaître sa mère pour lever les yeux au ciel, totalement dépitée.
- Tes tantes ? Demanda Ginny.
- Promets-moi de les écarter de Ron le plus possible.
- Hein ? Mais pourquoi ?
- Ce sont des… des pies, des vipères, des commères, tout ce que tu veux. La moindre phrase sortant de la bouche de Ron pourrait être mal interprétée et donner suite à des rumeurs plus sordides les unes que les autres…
- Pourquoi tu les as invitées ?
- C'est ma famille Ginny…
- Je vois… et comment je les reconnais ?
- Facile, elles sont toujours toutes les deux, parlant à voix basse dans leur coin et critiquant tous ceux qui les approchent à moins de dix mètres.
Dehors, le son d'une cloche se fit entendre, faisant sursauter les deux jeunes filles. Ginny devait désormais rejoindre son frère et lui annoncer qu'il était temps de sortir. Une dernière fois, elle regarda Hermione qui lui prit les mains et murmura :
- Je t'en prie, éloigne-les de Ron… S'il entend leurs commentaires pendant la cérémonie, il risque de perdre ses moyens.
- Je… compte sur moi.
- Si tu ne les vois pas, demande tante Adélaïde et tante Agathe… Tout le monde les connaît.
Ginny acquiesça, lâchant les mains d'Hermione et déposant un baiser sur sa joue. En prenant garde de ne pas toucher sa robe, elle sortit de la pièce, croisant au passage Mr Granger, venue là pour amener sa fille jusqu'à son futur mari.
