Moi je dis je suis trop gentille... Comment ça vous n'êtes pas d'accord?! Oui bon, je sais, vous attendez le mariage... Aller, profitez car je me permets de vous rappeler que j'ai une belle réputation de sadique derrière moi!
Et Vive Agathe et Adélaïde!
Chapitre 20 : L'excuse d'Agathe et Adélaïde
Ginny entra en trombe dans la pièce qu'occupaient son frère et Harry. Non seulement ils étaient en retard mais en plus de ça, elle devait s'occuper d'un autre problème nommé Adélaïde et Agathe.
Sursautant en voyant la porte s'ouvrir si vivement, Ron dut se raccrocher à la table, portant sa main à son cœur et tentant de reprendre sa respiration.
Harry quant à lui, semblait encore hésiter entre l'envie de rire et celle plus sage de faire celui qui n'avait rien dit. Finalement, il coupa la poire en deux, et dans un sourire, tapa vaillamment le dos de son meilleur ami, tout en demandant à la sœur de ce dernier :
- Je suppose qu'il est l'heure ?
- Hein ? Euh… oui. Oui, il est l'heure. Par pitié Harry, cesse de le frapper comme ça, il va finir par se taper la tête le long de la table.
- Et bien, ça lui donnera un peu de couleur.
Ron se redressa, secouant sa tête négativement dans un regard noir. Ce genre de blagues était loin de le faire rire dans cette situation.
D'un geste nonchalant, il enfila sa veste sans que Ginny n'ait le courage d'aller remettre son col. Puis, le marié quitta la pièce, se retournant une dernière fois comme pour prier l'endroit de le retenir de force. Se faisant à l'idée qu'il n'y avait plus rien qui le retenait ici, il expira bruyamment, et entreprit de descendre les quelques marches, jetant un coup d'œil à la porte close d'Hermione.
Derrière, Harry avait déposé une main sur le dos de Ginny, luttant contre l'envie de lui prendre le bras. Il ne devait plus se laisser aller à ce genre de démonstration. Pas en public…
Pourtant, il ne put que remarquer la mine grave de la jeune femme et tenta de la comprendre :
- Tu ne vas pas t'y mettre, non plus ?
- Je… excuse-moi ?
- C'est un mariage… puis tu l'aimes bien Hermione, non ? Alors pourquoi fais-tu cette tête ?
- C'est fou ce que les hommes sont doués pour déduire ce genre de chose…
- Merci… c'est une habitude, tu sais…
- Je plaisantais Harry –Ginny baissa la voix- Tante Agathe et tante Adélaïde, ça te dit quelque chose ?
- Non…
- Ecoute-moi… ce sont les tantes moldues de Hermione… De vieilles mégères apparemment. Et je lui ai promis de mettre tout en œuvre pour les éloigner de Ron. Tout au moins pendant le temps que durerait la cérémonie.
Harry resta silencieux, un sourire figé suspendu aux lèvres. Un sourire qui eut le don d'exaspérer la benjamine des Weasley.
- Arrête ça, Harry !
- Arrêter quoi ?
- Tu vois très bien de quoi je parle ! Tu m'aides, oui ou non ?
- T'aider ? Mais je ne sais même pas qui elles sont ! Je ne saurais même pas différencier les membres de sa famille et les tiens !
- J'ignorais que tu étais daltonien… Si je te les montre, ça va ?
- Je… oui… mais pourquoi tu ne le fais pas toi-même ?
- Parce que je n'ai aucune idée du « comment approcher des personnes moldues de ce genre-là », et surtout parce que secrètement, je sais que tu es dingue de moi et que tu serais capable de tout pour me rendre heureuse.
- Comme tu le dis si bien, c'est secret donc tu n'es pas censée l'utiliser…
Le couple continua à avancer, lançant des bonjours aux personnes qui attendaient encore dehors et escortant Ron jusque la porte.
Jusqu'à ce qu'ils entendent :
- Un roux en plus… ma chère Laïde, je me doutais bien que cette gamine avait quelque chose de bizarre.
Harry vit la bouche de Ginny s'ouvrir, puis se refermer et finalement, ses mains se crisper. En un instant, il l'empêcha de faire demi-tour et tenta de sourire en lui disant :
- Et bien, je crois que nous les avons trouvés. Va rejoindre Ron, je m'occupe d'elles.
Et en effet, il fit demi-tour, essayant d'accrocher un sourire le moins faussé du monde et s'avança vers les deux vieilles femmes qui étaient assises sur un banc.
- Bonjour Mesdames. Je suis Harry Potter, témoin du marié. Puis-je vous proposer de rejoindre la salle ?
Etrangement, les deux dames se ressemblaient presque comme deux gouttes d'eau. Des cheveux gris coiffés dans un chignon serré à la McGonnagall, de petits yeux surmontés de lunettes, un foulard déposé sur leurs épaules et surmontant une robe aux couleurs fades et une canne dans leur main droite.
La première se tourna vers son amie, se comportant de la même manière que si Harry n'avait pas fait son apparition.
- Vois-tu Agathe, de notre temps, nous faisions rentrer les personnes âgées bien avant, pour être sûr qu'ils aient une place assise. On ne les laissait pas pourrir sur un banc public.
- Mais que croyais-tu ? Nous sommes au mariage de Hermione Grangé.
- Granger… reprit Harry en s'attirant enfin le regard des deux aïeules. Hermione Granger.
- C'est ce que j'ai dit, lança sèchement la dénommée Adélaïde. De toute façon, ça n'a plus son importance… d'ici quelques minutes elle aura pris le nom de famille de ce…
- … dans ce cas veuillez m'excuser, la coupa Harry avant qu'elle n'ait eu le temps d'insulter une nouvelle fois son meilleur ami. Si vous aviez l'obligeance de me suivre, je suis certain que je vous trouverai un fauteuil bien confortable pour que vous puissiez suivre la cérémonie.
- Pas trop près du maire, mon enfant… Ce genre de cérémonie est d'un barbant.
Harry se retint de lui dire que justement, ça l'arrangeait. Et tendant le bras vers la porte d'entrée, il leur fit signe d'entrer.
- Dites-moi, mon garçon… lui demanda Agathe d'une voix soudainement mielleuse. Vous ne nous avez pas dit de quel côté vous étiez.
- Je suis un ami des mariés.
- Oui mais plutôt du quel ?
- Des deux, madame.
- Oh je vous en prie, appelez-moi tante Agathe. Des deux, je suis d'accord mais plus de Hermione ou de l'autre.
- L'autre s'appelle Ron…
- … Ron, quel drôle de prénom…
- … et je suis l'ami des deux personnes.
Harry fut presque soulagé de les voir s'asseoir au fond de la salle, maugréant contre la chaleur étouffante qu'il faisait dans la pièce.
Non sans un soulagement, il les laissa là, se rapprochant de Ron qui attendait debout devant le bureau du maire, baissant la tête pour fuir les regards.
- Ca va aller, vieux ?
- Mis à part le fait que je n'ai pas encore pu voir MA famille, que je ne reconnais pas les trois quarts des gens ici, Weasley compris. Le fait que tout le monde me regarde comme s'il y avait un risque que je me transforme en chauve-souris d'une minute à l'autre et également le fait que ce fichu pantalon me gratte. Je suis rassuré de me dire que ça aurait pu être pire.
- Si tu as besoin de quelque chose…
- Je doute que tu puisses m'aider, Harry… à moins que tu ne décides de l'épouser à ma place.
- Je suis certain que tu te sentirais encore plus mal si c'était le cas.
