Rhalala, pourquoi suis-je aussi gentille avec vous? Non, ne vous réjouissez pas trop vite! Quand vous allez voir le chapitre qui va suivre, vous allez vouloir ma mort. Hein Ezilda? Mais dis leur que je suis une gentille fille! Bref, trêve de plaisanterie. En attendant vos beuglantes, je vous fais plaisir avec ce que vous attendiez tant. Bonne lecture et merci d'être encore et toujours là au bout de 21 chapitres.
Chapitre 21 : L'excuse d'un oui
Soudainement, le silence se fit et toutes les têtes se tournèrent vers la porte d'entrée de la vaste pièce. Toutes les têtes… sauf une. Harry dut donner une légère tape sur l'épaule du futur marié, pour que ce dernier se retourne et regarde enfin s'approcher celle qui allait devenir sa femme.
Rapidement, il fut submergé par des sentiments plus contradictoires les uns que les autres… il n'osait la regarder avec cette flamme qui soudainement jaillissait dans ses yeux. Cette flamme qui était digne d'un sentiment amoureux porté d'un homme à sa future femme, elle était tout simplement belle. Oui mais voilà, cette femme, c'était avant tout Hermione Granger, sa meilleure amie. Comment pouvait-il se permettre de la déshabiller ainsi du regard ?
Alors ses yeux tombèrent au sol et sa tête se baissa tandis que la jeune femme, un sourire crispé sur les lèvres, tentait de ne rien regarder d'autre que l'homme en costume noir qui allait rendre effectifs ses vœux de mariage.
Un froissement, un souffle irrégulier et il sut qu'elle était là, à côté de lui. Comme un enfant pris sur le fait, il n'avait toujours pas relevé son visage, sentant ses mains se contracter et ses joues rougirent un peu plus de minute en minute. La prise de parole de monsieur le maire se transforma alors en une étrange délivrance.
- Veuillez prendre place… ne soyez pas timides…
Quelle témérité le poussa à tourner la tête ? Il n'en sut rien mais à ce moment-là, il fut presque heureux de voir ses jumeaux de frères jouer les majordomes, tendant leur bras vers les nombreuses chaises vides et mimant parfaitement les accueils dignes des plus grandes réceptions. Pourquoi les invités s'étaient-ils amassés au fond ? Sans doute pour cette raison qui faisait que Ron aurait voulu être à leur côté.
Se pinçant les lèvres pour éviter de trop rire, il tourna de nouveau sa tête vers l'avant et croisa le même sourire sur le visage d'Hermione. Un sourire… un regard et une soudaine complicité qui prit cette consistance gênante. L'un et l'autre arrêtèrent de rire et reporta son attention sur le maître de cérémonie.
- Bien, je pense que nous pouvons commencer.
Ron tenta de rendre son sourire à cet homme, qui devait croire à ce moment même faire le plus beau métier du monde. Oui mais voilà, quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. Et il espéra que Hermione s'en était mieux sortie que lui, sans toutefois trouver le courage de le vérifier par lui-même.
Ce qui se passa par la suite, Ron n'en sut fichtrement rien. Comme dans un mauvais scénario, il entendit prononcer les mots du droit constitutionnel et un énoncé de textes plus compliqués les uns que les autres. Hermione l'avait prévenu, les mariages moldus ont cette particularité de mêler avec force les arguments de la justice. Mais dans tous les cas, qu'est-ce que cela pouvait bien lui faire ? Il allait lui dire oui, quoique le maire puisse bien lui raconter pour le mettre en garde.
- Bien nous allons maintenant passer à l'échange des vœux. Les témoins, rapprochez-vous s'il vous plaît.
Harry vint prendre place à la gauche de Ron, suivi par Bill. De l'autre côté de la mariée, Ginny en avait fait de même, accompagnée par une cousine d'Hermione.
- Aujourd'hui dimanche 20 octobre 1998, a lieu l'union matrimoniale de Mr Ronald Bilius Weasley gardien de la paix…
Ron jeta un coup d'oeil vers Harry, espérant que ce dernier lui explique ce qui semblait être une mauvaise blague. Lui gardien de la paix ? Il ne savait même pas ce que c'était.
- … né le 1er mars 1980, fils de Mr Arthur Weasley, employé de bureau et de Madame Molly Weasley, mère au foyer ; avec Melle Hermione Jane Granger employée de mairie, née le 19 septembre 1979, fille de Mr Andrew Granger, dentiste et de Mrs Jane Granger, dentiste également ; devant les témoins : Mr Harry James Potter gardien de la paix, Mr Bill Weasley banquier, Mlle Ginevra Weasley étudiante et Mlle Emily Louise Granger professeur des écoles.
Alors voilà, c'était parti… d'ici quelques secondes il serait lié à vie à sa meilleure amie, via une simple phrase. Instinctivement, et sans doute pour se rendre compte que tout cela était bien vrai, sa main glissa sur le côté et agrippa celle d'Hermione.
- Ronald Bilius Weasley, acceptez-vous de prendre pour épouse Hermione Jane Granger ici présente ? Promettez-vous loyauté, confiance, et protection à son égard dans les bons comme dans les mauvais moments?
Cette question sembla résonner dans l'esprit du jeune homme. Bien sûr qu'il la protégerait… bien sûr qu'il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour la rendre heureuse. Ca, il l'avait décidé au moment même où il avait accepté le fait qu'elle faisait bel et bien partie de sa vie.
Alors, d'une voix pâteuse, levant enfin le regard, il dit avec la plus grande conviction :
- Oui.
- Hermione Jane Granger, acceptez-vous de prendre pour époux Ronald Bilius Weasley ici présent ? Promettez-vous toute la loyauté et la confiance nécessaire à l'épanouissement des personnes qui constitueront votre futur foyer ?
Voilà bien la première fois qu'on lui demandait son avis… tout cela semblait tellement faux et pourtant… un simple mot… un simple mot et comme venait si subtilement de le dévoiler le maire, elle aurait à sa charge un mari et de futurs enfants. Voilà ce qu'on attendait d'elle, l'employée de mairie.
Pourtant, tous les doutes qu'elle avait pu avoir jusque là, s'étaient dissipés en même temps que Ron avait prononcé ce même mot avec tant de confiance en lui et sans aucun tremblement. Elle le savait, car sa main tenait toujours fermement la sienne.
Elle prit une inspiration et tenta de paraître aussi sereine et répondit :
- Oui.
- Je vous déclare au nom de la commune de Stratford-Upon-Avon, mari et femme.
Leur regard se scrutèrent pendant ce qui aurait pu être un long moment si les voix tonitruantes de Fred et George ne s'étaient pas élevées dans un :
- Et le bisou ?
Sans même savoir comment, une pulsion unit les lèvres de Ron à celles d'Hermione. Ce baiser avait un goût spécial… rien de la timide bise qui avait été préméditée. Juste un parfum de délivrance qui éteignit le son des applaudissements alentours et les pleurs de Molly.
