- 'Mione c'est quoi ça ?
Il faut avouer qu'il y a plus romantique comme premiers propos échangés après un mariage. Mais voilà, la première cérémonie achevée, Ron était pétrifié devant les petites boîtes qui diffusaient par vagues progressives des flashes plus qu'éblouissants.
- Enfin Ron tu as déjà vu des appareils photos, non ?
- Oui mais… ils sont pas un peu petits ceux-là ?
- Et font des photographies mobiles. Ah, je crois que… mets ton bras au-dessus de ta tête et ne crie pas.
- Que ?
- Fais ce que je te dis.
En un instant, il sentit des milliers de petits grains venir le frapper de plein fouet, s'insinuant désagréablement dans ses habits. Serrant un peu plus la main de Hermione, il se retourna vers elle, la protégeant sans réellement s'en rendre compte de ce phénomène qu'il ne connaissait pas. Puis, au bout de longues secondes, il baissa enfin son bras, essuyant les rires de la famille d'Hermione et l'air stupéfié de sa propre fratrie.
- Les témoins, allez prendre place à côté des mariés pour la photo !
Il regarda Harry s'approcher de lui et se mettre une nouvelle fois à sa droite. Il prit cela pour une aubaine, histoire d'éponger sa soif de questions.
- C'est quoi ces trucs ?
- Du riz. C'est une tradition moldue.
- Ils ont peur qu'on meure de faim ? Vais pas manger du riz toute ma vie !
Il sentit sa main gauche se faire tirer vers le bas, et il sut tout de suite que Hermione avait entendu cette phrase, apparemment idiote. Instinctivement, il posa son bras autour de la hanche de la mariée, et penchant sa tête vers Harry, il chuchota :
- Quoi encore ?
- C'est un porte-bonheur Ron.
- On va devoir tout ramasser et le garder chez nous pour que ça nous porte chance ?
Cette fois, Harry ne prit pas la peine de répondre, les jumeaux ayant repris leur fameux refrain : « un bisou ! ».
Ron sentit soudainement une chaleur s'emparer de son visage et évitant de croiser le regard de Hermione, il approcha doucement son visage du sien. S'enivrant de son odeur, il n'eut aucun mal à frôler ses lèvres, fermant les yeux en espérant qu'elle lui dise quand il pourrait s'éloigner.
Quelques secondes plus tard et sous le grognement des retardataires qui n'avaient pas eu le temps de sortir leur appareil, il frissonna lorsque Hermione lui chuchota au creux de l'oreille :
- Merci…
Se retrouvant plus rouge qu'avant le baiser, il fut content de voir qu'il était temps pour eux de prendre le chemin de l'église. Là-bas, un mage les attendait pour ce qui devait être la dernière cérémonie, la plus importante pour lui et sa famille.
Pourtant, il ne put s'empêcher de s'inquiéter du fait que les moldus de sa 'Mione allaient être là, ne manquant sans doute pas de remarquer les quelques failles du monde sorcier qu'ils étaient censés ignorer.
Il prit place devant l'autel et vit l'homme qui allait magiquement les unir, lui tendre la main.
- Mr Weasley. Je suis Isidore O'Leggan. Ne vous inquiétez pas, les moldus n'y verront que du feu.
Avait-il rêvé ou ce prêtre lui avait réellement fait un clin d'œil ? Se tournant vers Harry, il n'eut pas le temps de lui demander confirmation que ce dernier sembla se lancer dans un monologue des plus inquiétants.
- Intéressant ce filtre… je comprends pourquoi il a fallu autant de temps…
- Avoue que tu as déjà bu le champagne avant même que Hermione et moi soyons mariés.
- Excuse-moi ?
- Tu te mets à parler tout seul pour dire des choses incompréhensibles.
- Ah oui c'est vrai, tu n'es pas au courant…
Ron leva les yeux au ciel, se demandant encore ce qui allait pouvoir lui tomber sur la tête. En pensant à ça…
- Quoi encore ? Faut que je prévoie un bouclier ? Qu'est-ce qu'ils vont nous jeter dessus cette fois ? Du poulet pour aller avec le riz ?
- Et c'est soi-disant moi qui ai bu… Je parle du filtre mis en place à l'entrée de l'église. En fait… pour faire au plus simple, les moldus ne vont pas voir la même cérémonie que nous. Mais bien celle qu'ils veulent voir. En gros, il n'y aura pas le troisième mariage initialement prévu après celui-là.
- Oh… et le marié devait être mis au courant quand ?
Harry hocha les épaules et se tourna simultanément avec Ron vers la porte de l'église. Là, Hermione faisait son entrée au bras de son père, visiblement ému. Cette fois, plus rien ne comptait d'autre aux yeux de Ron que ce qui allait se dérouler par la suite. Peu lui importait de recevoir une basse-cour sur la tête, elle allait devenir la nouvelle madame Weasley.
- Tu es magnifique.
Pourquoi avait-il dit ça ? Il n'en savait rien mais il détourna la tête aussitôt, ne pouvant ainsi voir le sourire qui s'était dessiné sur le visage de sa femme.
Aussitôt, le dénommé Isidore prit la parole :
- Tout d'abord, permettez-moi au nom des mariés, de vous remercier pour votre présence en ce charmant endroit.
Les moldus avaient-ils eux aussi remarqué le regard suspicieux, qu'avait porté le mage aux tableaux délavés et immobiles qui se trouvaient à sa droite ?
- Le mariage, avant d'être une cérémonie familiale, est un acte mené par deux êtres, un peu égoïstement. Parfois, ils s'avèrent que ni l'un ni l'autre ne se soit attendu à ça, mais aucunement ce geste ne peut être fait à reculons.
Cette fois, Ron en était sûr, les moldus n'avaient pu comprendre ça. Et encore moins ce qui allait suivre.
- Par les temps qui courent, je sais que nous serons encore enclins à fêter ce genre d'union. Et beaucoup d'entre elles ne se passeront pas aussi bien que celles-ci. Oui mais voilà, je ne pense pas que les sourires qui s'affichent sur le visage de vos familles peuvent tromper quiconque. Ils sont heureux pour vous… Si vous n'avez pas foi en ce qui vous a amené ici, ayez foi en ceux qui vous accompagnent dans votre démarche. Ils vous aiment, vous ont vu grandir, rire pleurer et vous épanouir. Pourraient-ils égoïstement se réjouir de votre mariage pour un simple repas où la bièraubeurre coulera à flot ? La vie réserve des surprises, celle-là en est une et vous êtes les seuls à pouvoir décider si elle sera bonne ou mauvaise.
Quelles sont ces choses bizarres qu'il venait de dire ? Avait-il ingurgité la même substance que Harry ? Ron tenta un regard vers ce dernier, qui le regard vers le sol semblait boire les paroles du mage. Ou peut-être s'était-il endormi ?
- Bien, vous aller pouvoir échanger vos vœux.
A ce moment-là, deux flammes jaillirent derrière le mage, soulevant une vague de surprise du côté sorcier de la famille.
Il s'avança comme il avait vu le faire Bill plusieurs mois auparavant et s'agenouilla devant l'autel, essayant d'ignorer les pleurs qu'il percevait de sa mère.
Il ne put à nouveau respirer que lorsque la robe de Hermione vint frôler sa main posée au sol.
- Mr Ronald Weasley, promettez-vous au nom de la communauté sorcière, protection et fidélité à votre famille, respectant par votre volonté les lois sorcières ? Acceptez-vous de ne jamais rompre le lien magique par lequel je vais vous lier à Hermione Granger, faisant de vous son mari ?
- J'accepte.
Il sentit la robe d'Hermione s'étendre un peu plus tandis qu'elle se mettait également à genoux. De là, il sut que le souaffle n'était plus entre ses mains.
- Miss Hermione Granger, promettez-vous au nom de la communauté sorcière, loyauté et fidélité à votre mari, respectant par votre volonté les lois sorcières ? Acceptez-vous de ne jamais rompre le lien magique par lequel je vais vous lier à Ronald Weasley, faisant de vous sa femme ?
- …
Ron dut se battre intérieurement pour ne pas tourner son regard vers Hermione. Inutile de lui mettre cette pression en plus. De toute façon, elle ne pouvait pas faire ça. Elle ne pouvait pas le planter devant l'autel…
