Oh bah ça va, vous avez été gentils! Bon les nenfants, là on dit un gros merci à madame la correctrice. Je vous raconte même pas le boulot qu'elle a fait. Plein de chap d'avance et elle m'a tout corrigé en une journée! Quant à moi, pour vous remercier de votre entrain, je vous offre un chapitre un peu plus romantique en attendant le passage de la grosse gaffe. Ah oui, et puis j'ai rajouté un peu d'action concernant la guerre qu'il ne faut pas oublier. Sur ce, bonne lecture!
Chapitre 23 : l'excuse instinctive
Ron avança dans le vaste jardin qui entourait la salle de réception, traînant ses pieds dans l'herbe mouillée qui salissait au passage le bas de son pantalon. Mais peu lui importait, cravate et premiers boutons de chemise ouverts, les cérémonies étaient finies et il en profitait pour redevenir le Ron qu'il avait toujours été.
La nuit était tombée depuis longtemps, et il ne voyait au dessus de sa tête qu'un bleu marine accentué par la présence de nombreux nuages. Il continua à avancer ainsi, entendant au loin le bruit de la musique sur laquelle devait se trémousser sa famille, et voyant se dessiner de plus en plus distinctement une silhouette familière.
Il s'arrêta, remerciant Merlin de lui avoir donné la bonne idée de mettre sa veste. L'hiver pointait son nez et c'était tant mieux, il en avait besoin pour reprendre ses esprits. D'autant plus qu'il se trouvait là, regardant Hermione d'un œil qui n'aurait jamais dû être le sien.
Il vit soudainement ses épaules sursauter et piqué au vif, il soupira et s'approcha enfin d'elle.
- 'Mione ?
La jeune fille tourna la tête, et porta rapidement ses mains à ses yeux, séchant des larmes qui n'étaient pas fictives.
- Tu pleures ?
- Non.
- Je suppose que tu ne me mens pas non plus.
Qu'avait-il dit de si terrible pour qu'elle se retourne vers lui et se jette ainsi dans ses bras ? Plutôt surpris, il les referma, se sentant réellement bête et maladroit comme tout. Oui mais au moins, il en avait conscience cette fois.
- Je… ne sais pas quoi te dire 'Mione.
- Il n'y a rien à dire.
Et si en plus elle ne faisait pas d'effort, ça ne risquait pas d'aller mieux. Peut-être l'avait-elle ressenti car à ce moment-là, elle se retourna une nouvelle fois, lui tournant délibérément le dos.
Ron la regarda frissonner, se sentant encore plus idiot qu'à l'habitude, et comme un automate, retira sa veste pour la poser sur les épaules de celle qui restait une jeune fille. Elle lui sourit alors, timidement, continuant à sécher ses larmes avant qu'elles ne tombent sur sa robe blanche. Ron ne put s'empêcher de soupirer.
- Tu te doutes que je ne vais pas te laisser là ?
- Qu'est-ce qui t'en empêche ?
- Et bien disons qu'à force de te côtoyer, ma capacité émotionnelle s'est développée et qu'elle ressemble désormais plus à une louche qu'à une cuillère à soupe.
Cette fois, un sourire se dessina sur le visage de Hermione, en attirant un par la même occasion sur celui de Ron, fier comme un hippogriffe.
- Tu te rappelleras toujours de ça, hein ?
- Sans doute 'Mione… et puis de Beethoven aussi.
- Beethoven ?
- Moui, Beethoven.
Poussé par un vent de témérité, Ron vint s'accroupir derrière elle, posant son menton sur la tête de la jeune fille. De là, il contempla à son tour l'obscurité avoisinante, se laissant désirer.
- Quoi Beethoven ?
- Et bien… tu te souviens le jour où nous avons vu Cho au ministère ?
- Le jour où on a su qu'on ne pouvait pas échapper au mariage.
- Oui… et bien en rentrant tu t'es mise en colère après moi devant Harry et tu as dit : qui m'a mis dans les pattes le seul sorcier d'Angleterre qui croit que Beethoven est une race de chien…
- Je suis… désolée Ron.
- Non, c'est pas vrai, tu en souris encore.
- Comment tu peux savoir ça, tu ne vois même pas mon visage !
Ron posa une main à terre et déplaça sa tête de façon à observer la figure de Hermione plus facilement.
- Tu vois, je le savais que tu souriais !
Cette fois, il ne fut plus seulement question de sourire mais également de rire, pour la première fois depuis longtemps, Ron et Hermione étaient sur la même longueur d'onde.
- Tu vois Ron, j'adore ce genre d'instant que je passe avec toi.
- Même si pour ça il faut passer par deux mariages ?
- Même…
- Tu sais 'Mione… à l'église… pendant un moment, j'ai réellement cru que tu allais… dire non.
- Je… l'ai cru aussi Ron.
- Et bien… je me sens beaucoup mieux.
- Ne va pas dire que tu n'y as pas pensé toi !
- Je… ne sais pas. J'évitais d'y penser, je pense.
- Alors pourquoi as-tu dit oui ?
- Et toi ?
Hermione détourna son visage, essayant de trouver quelques attraits à l'obscurité qui les englobait. Puis, un bruit de feuilles foulées se fit entendre derrière eux et les jeunes mariés sursautèrent, entendant tout juste la voix suraiguë de tante Adélaïde :
- Tu vois ma chère Agathe, de notre temps, les mariés ne faisaient pas faux-bond à leurs hôtes de cette manière.
Ron se leva dans un bond et tendit la main à Hermione, sans cesser de quitter les deux tantes des yeux. Mise à part sa tante Myriam, il n'avait jamais vu deux grand-mères aussi maquillées et froides qu'elles.
Il regarda Hermione, qui à son grand désarroi, avait l'air complètement dépassé. Qui pouvait à ce point gêner sa 'Mione ?
- Tante Agathe, tante Laïde, je… nous avions juste besoin de nous retrouver tous les deux pour…
- Tu aurais dû attendre ta lune de miel, ma fille ! Serais-tu si pressée ?
Ron sentit ses oreilles rougir à l'entente de cette réflexion. Non seulement, elles avaient cru qu'il était en train de… avec… avec sa femme. Finalement tout était logique et puis… quelle était cette expression ? Lune de miel… Merlin, il n'y avait pas pensé. Instinctivement, il détourna son regard d'Hermione, cherchant à mettre le plus de distance entre eux. Mais déjà, la seconde tante avait repris la besogne.
- Voyons Laïde, crois-tu réellement que notre Hermione n'ait plus sa fierté ?
- Tu as raison Agathe, d'autant plus que ce garçon à l'air empoté… regarde-le, rouge comme une tomate à qui le jardinier aurait montré ses fesses… ce n'est pas demain qu'Andrew sera grand-père.
Ron tenta de se convaincre qu'il n'avait rien entendu, et pourtant, la veine qui venait d'apparaître sur son front le trahissait amplement. Mais que pouvait-il bien y faire ? Ce n'était pas à lui de remettre ces deux mégères en place. Il crut soupirer de soulagement lorsqu'il entendit Hermione :
- Voyons mes tantes, il ne faut pas faire de généralités…
- Nous ne faisons pas de généralités ma chérie, nous constatons.
- Comprends-nous, tu as été envoyé dans une école où je suis sûre, il n'y avait que des filles, et tu nous reviens enfin pour te marier quelques mois plus tard.
- Je n'étais pas dans une école de filles… Mais dans la même…
- … et puis regarde-le ! Il ne faut pas s'appeler madame Soleil pour voir qu'il est loin d'avoir le charme de Sinatra.
Les deux tantes, Hermione le savait, étaient comme des tornades : nul ne pouvait les arrêter et elles repartaient comme elles étaient venues, sans crier garde. Et bien que déjà loin, Ron baissa sa voix pour demander à sa femme :
- Qui est madame Soleil ? Le soleil est un astre, non ? Et Sinatra ?
- Je suis désolée pour ça Ron…
- Oh mais moi, je me sens très bien… la preuve.
Ron tendit sa main devant lui, totalement tremblante et blanche d'avoir dû se contracter.
- Je sais que je ne suis pas le mec parfait mais j'étais loin de savoir que ça s'écrivait sur mon front.
- L'âge n'est pas toujours le reflet de la sagesse… Tu remarques qu'elles parlent autant qu'elles se trompent… Les années ont troublé leur instinct.
- Comment tu peux le savoir ?
- Il suffit de le vérifier…
Sans doute était-ce là une perche… Très certainement, et Ron s'en rendit compte bien plus tard, lorsqu'il la vit valser dans les bras de son père, riante et de nouveau heureuse.
