J'ai bien cru que j'arriverais pas à vous faire mon cadeau, pas moyen que le site remarche. 'Fin bref, je suis là, complétement KO mais là et contente de vos petits mots de joyeux anniversaire. Alors merci d'avoir contribué à ma merveilleuse journée et bonne lecture! C'est quand même ironique que le chapitre de mon anniversaire soit celui-là quand même...

Chapitre 25 : L'excuse lunaire

Ron ouvrit la petite porte en bois qui séparait la rue de leur nouveau jardin. Rien de bien grand en soi, de quoi sans doute poser une table de jardin et quelques chaises, un barbecue et quelques jouets pour leurs futurs enfants. Comment avait-il pu penser à ça ? Il n'en savait rien, sans doute la joie de se retrouver là, sur le pas de sa porte.

Il laissa passer Hermione devant lui, dégageant sa robe qui s'était laissée accrocher aux buissons, puis s'arrêta là, regardant la façade de pierres rouges comme si c'était la première fois qui la voyait.

Là, il s'avança vers la porte et l'ouvrit en un tour de baguette, laissant une nouvelle fois sa femme prendre les devants.

L'intérieur n'avait rien à voir avec ce qu'était la demeure des Granger mais voilà, c'était chez eux. Une petite cuisine, un salon/salle à manger et à l'étage, deux petites chambres et une salle de bain. Pourquoi deux chambres ? Peut-être avaient-ils prévu la future venue au monde de leur premier enfant, ou simplement le fait que deux amis ne pouvaient dormir dans la même chambre, mêmes mariés.

- On fait quoi maintenant ?

Hermione tourna la tête vers Ron, comme si elle venait à l'instant de se rendre compte qu'elle n'était pas seule. Ne sachant visiblement pas quoi répondre ou ne trouvant pas d'intérêt à cette question, elle s'avança dans le couloir, s'arrêtant devant l'escalier de bois et caressant sa rampe le regard vide.

Ron la rejoignit bientôt, totalement perdu, il savait qu'il allait lui falloir du temps pour se sentir ici chez lui.

- On aurait été aussi bien avec la famille.

- C'est…

- La tradition, je sais Hermione. Mais je vois pas trop à quoi ça sert.

- Je ne vais te faire un dessin quand même ?

- Bah… si je disais oui ?

- Je crois que je pourrais te raconter des choses qui te feraient partir en courant… si j'arrive à croire que je saurais te dire ça.

- Tu perds la tête 'Mione, je comprends rien à ce que tu dis.

Hermione ne put s'empêcher de sourire et tournant la tête pour éviter de croiser le regard du jeune homme, elle dit d'un air totalement détaché :

- Voyons Ron, ne me dis pas que tu ignores ce que font les couples mariés le soir de leur noce…

- Ils jouent aux cartes ?

L'ex-gryffondor tourna la tête d'un geste vif, se demandant si son mari plaisantait ou pas. Et le voyant tête baissée et sourire narquois à la Malefoy, elle comprit qu'elle s'était faite avoir comme un bleu.

- J'ignorais que ma 'Mione avait des idées comme ça… Sur ce, je m'en vais me défaire de ce pantalon plus que désagréable. N'y vois pas là-dedans une quelconque proposition malsaine.

Ron passa devant la jeune femme, déposant une main sur son épaule et parcourut les quelques marches qui le séparaient de l'étage. Là, il en redescendit quelques-unes et passant la tête en dehors de la rampe, il l'appela :

- 'Mione ?

- Tu es encore là ?

- Moui… je voulais savoir… On n'a plus besoin de faire semblant là ?

- …

- 'Mione ?

Devant l'absence de réponse de Hermione, Ron dut se résoudre à prendre congé, rejoignant leur petite salle de bain. Il n'avait aucune idée du comment se comporter par la suite, et se doutait que sûrement, il allait prendre possession de la « chambre d'enfant ». Mais l'aurait-elle au moins attendu pour le « bonne nuit » ? A y penser, il espérait que non.

Pourtant, lorsqu'il sortit de la pièce, ses pas le dirigèrent vers la grande chambre. Celle qu'il avait, quelques jours avant décoré pour sa 'Mione. Mais là, le bruit de sanglots étouffés l'interrompit sur le pas de la porte. Il resta immobile un instant, puis sa main frappa le bois et il fut accueilli par un :

- Laisse-moi tranquille.

L'homme tourna la tête autour de lui, comme pour se persuader que c'était bien à lui qu'elle s'adressait. Mais visiblement, il était bien le seul dans ce couloir. Soupirant, il reprit son chemin vers la chambre d'enfant, bien décidé à ne pas lui donner une raison de crier ce soir… matin-là.

Et pourtant, cette chose que l'on appelle conscience le ramena une fois de plus en arrière. Sans prendre le temps de frapper une nouvelle fois, il entra et la vit en léger pyjama, allongée sur le ventre.

- Laisse-moi Ronald.

- Jamais.

Il vînt s'asseoir au près d'elle et resta là, tentant de ne pas regarder le mini short qui laissait apparaître ses formes féminines et son débardeur aux fines bretelles. Pouvait-il vraiment appeler ça un pyjama ?

Laissant son regard vagabonder sur le dos dénudé de la jeune femme, il se reprit lorsqu'il entendit un nouveau sanglot. Il leva sa main dans l'idée de la reposer sur le corps de celle qu'il ne supportait pas d'entendre pleurer, avant de se raviser. Faire ça revenait à toucher directement le corps de Hermione. Il ne le pouvait, devait pas.

- Tu me dis ce qu'il y a ?

- A ton avis Ronald !

- A la manière dont tu prononces mon prénom en entier, j'ai dû dire quelque chose de mal… Mais comme tu n'as pas ajouté ni mon nom de famille ni mon deuxième prénom, je suppose que tu sais que je ne l'ai pas fait exprès.

- …

- Tu sais, je ne sortirais pas de cette pièce.

Oui mais voilà, il ne connaissait que trop bien le caractère de celle qui était allongée là. La situation allait pouvoir durer des heures, sans qu'elle ne daigne lever, ne serait-ce qu'un regard vers lui. Mais que pouvait-il y faire ? Il ne savait même pas ce qu'il avait bien pu dire de si grave…

- 'Mione… j't'en prie.

- Va-t-en.

- Impossible, tu as réveillé ma mauvaise conscience et ma culpabilité en même temps.

- Et tu penses que je vais te plaindre ?

- Non, j'espère que tu vas m'excuser une fois de plus et m'expliquer ce que j'ai dit de si mal pour que tu en arrives à pleurer.

- C'est ça le pire. Tu ne t'en rends même plus compte.

- C'est vrai… mais je me rends compte que je t'ai fais pleurer le jour de ton mariage et que je m'étais jurer que ça n'arriverait pas.

- Et bien, il fallait y penser avant !

- 'Mione…

- Cesse les 'Mione ! Ne compte pas sur moi pour apaiser ta conscience et t'aider à t'endormir le cœur léger.

- Très bien… Si je ne dors pas, toi non plus.

Ron remonta ses jambes sur le lit, tira sur un des oreillers qui jusqu'à présent se trouvait sous la tête de sa femme et s'installa, les bras en croix. Oui mais voilà, même ce geste de pur égoïsme n'était pas arrivé à réveiller la jeune femme. Il tourna sa tête vers elle, renfrogné et craquant finalement, il tapota son dos du bout des doigts, histoire de ne pas la toucher de trop.

- 'Mione tu dors ?

Aucune réponse, il soupira et prit son courage à deux mains, pour la secouer avec la main entière. Cette fois, il réussit mais sans doute pas de la manière dont il aurait espéré. Hermione se retourna et posa sa tête sur le torse du jeune homme, étouffant un nouveau sanglot.

Lui qui ne voulait pas l'approcher plus que la morale le souhaitait, se trouvait là, les bras écartés pour éviter tout contact. Et pourtant, il dut s'avouer qu'il avait là aussi l'air d'un crétin. Doucement, sa main remonta vers les cheveux de la jeune fille, qu'il caressa en chuchotant.

- Pardonne-moi 'Mione.

Pour toute réponse, Hermione se dégagea de son étreinte, remontant sa tête au niveau de la sienne, elle esquissa un sourire.

Ron crut sentir comme une enclume peser sur son estomac. Elle lui avait souri, oui. Mais un sourire contrastant avec les larmes qui perlaient encore dans ses yeux. Machinalement, sa main retrouva le chemin de ses cheveux et son front, se colla contre celui de la jeune fille.

Il répéta une ultime fois :

- Pardonne-moi.

Avant de céder à la tentation qui le torturait tant : nouer ses lèvres aux siennes.

Un baiser, un simple baiser qui dénua toute peur de son esprit. Le mot « amie » n'existait plus, seul celui de « femme » prenait tout son sens.

Instinctivement, sa main quitta la chevelure de Hermione, suivant le désir de leur baiser de plus en plus passionné.

Plus aucun remord de toucher aussi facilement sa peau, il frissonna sous ses propres caresses, dépassant peu à peu la barrière du tissu.

Plus aucune question ne valait la peine de torturer son esprit. Il était là, retrouvant sa femme pour la première fois.

De frêles caresses à d'autres plus osées, dictées par leur désir réciproque, chacun sentait arriver le point de non-retour. Avant que la conscience de Hermione ne sorte de son état de somnambulisme :

- Pas maintenant Ron…

En tentant de détacher le moins possible ses lèvres des siennes, Ron osa demander d'une voix que le désir rendait faible :

- Pourquoi…

- C'est… trop tôt…

Oui mais voilà, comment rendre crédible cette phrase alors que les gestes ne suivaient pas de son côté ? Hermione dut se faire violence pour réitérer son refus.

- Ron… arrête là, tu veux.

Cette fois, elle prit le courage de le repousser totalement, alors qu'il la regardait, les yeux pleins de reproche :

- Je… oublie ça.

- Ne joue pas à ça. Ne fais pas l'ignorant… Pas cette fois.

Ron prit soin de fuir son regard avant de se lever du lit, vexé dans son ego, il se savait incapable de rester là. Merlin sait comme il s'en voulait d'avoir été aussi faible. Sauf que la vue de cette robe pendue à l'armoire eut l'effet de lui remettre les idées en place en un instant. Il s'était juré de la rendre heureuse, et ce n'est pas comme ça qu'il y arriverait.

Il fit demi-tour et grimaça en voyant qu'elle s'était déjà enfouie sous les couvertures, lui tournant délibérément le dos. Comment avait-il pu oublier ce point de vue qui l'avait tant de fois tenu éveillé ? Pas qu'elle ne le voulait pas… c'était juste pas aussi facile que ça.

Il fit demi-tour et la regarda, dos tourné, enfouie sous ses couvertures. Et ressentit de nouveau cette pointe lui taillader le cœur. Prenant son courage à deux mains, il s'assit sur le bord du lit tout en ressentant à nouveau ce besoin de distance et dit :

- Je suis désolé… c'est déjà bien plus que ce que j'aurais pu espérer…

La sentant bouger dans son dos, il se leva et s'éloigna dans un regard arrière avant d'entendre :

- Reviens Ron.

Hésitant un instant, il se retourna finalement et vint de nouveau prendre sa place, essayant coûte que coûte de se mettre au plus près du bord avant de sentir la main de Hermione chercher la sienne.