Merci pour vos nombreux messages! Je viens d'écrire un chapitre qui ne va pas du tout vous faire plaisir... mais bon, c'est mon côté sadique qui ressort. D'ici là, profitez!
Chapitre 28 : L'excuse étrangère
- Et donc ?
- Et donc, je suis ici avec toi…
Harry ne put empêcher de laisser apparaître le sourire qui lui torturait la bouche depuis le début de leur conversation. Alors comme ça, Ronald Weasley avait enfin réussi à prendre les devants pour finalement s'enfuir et le retrouver dans ce même pub miteux ? Décidemment, il y a bien des choses qui ne changeraient pas.
- Tu es en train de me dire que tu l'as embrassée… pour de vrai… sans histoire de mariage… ni quoi que ce soit d'autre. Parce que, au vu de ce que tu viens de me dire, elle t'avait fait comprendre qu'elle le voulait et… et toi tu ne trouves rien de mieux que de partir sans un mot pour… venir me rejoindre.
- Bah oui…
- Bah oui ? C'est tout ce que tu trouves à dire ?
- Bah… j'allais pas rester à attendre indéfiniment qu'elle se mette à parler !
- Tu t'attendais à ce qu'elle te dise quoi ? Qu'elle te tombe dans les bras ? Qu'elle te demande de l'épouser ? J'oubliais, c'est déjà fait. Enfin vieux ! Hermione ! C'est Hermione, tu la connais mieux que ça, non ?
- Il faut croire que non…
Harry se remit machinalement à tourner la tête, fixant la moindre personne qui aurait pu lui paraître suspecte. Certes, il était ici en repos mais la recrudescence des meurtres le poussait à plus de vigilance que jamais.
- Mais c'est pas tout…
- Là tu ne me feras rien croire de plus. Si pour toi un baiser c'est le bout du monde alors…
- Je ne dis rien de plus alors…
Ron porta sa tasse fumante à sa bouche, regardant l'homme qui venait d'apparaître à la porte. Ce bar n'était pas assez fréquenté pour que ce genre d'entrée ne se fasse pas remarquer. Bientôt et instinctivement, il se mit à le détailler. De sa cape grise à son chapeau à sa drôle de forme, il savait d'ores et déjà qu'il n'était pas d'ici.
- La nuit de noces ?
- Non, j'ai dit rien de plus. De toute façon, si Hermione sait ça, elle me tue.
- Il n'y a pas de raison qu'elle ne le sache… sauf si… quelqu'un le lui dit.
Ron étouffa une exclamation avant de se reprendre et toiser celui qu'il croyait être son ami. Puis, rapprochant sa tête et baissa sa voix, il tenta :
- Tu ne ferais pas ça, hein ? Tu ne vas pas mettre un couple en danger comme ça, hein ? Tes meilleurs amis en plus ?
- Tout dépend de la matière que j'aurais à rapporter.
- Ca va… t'as gagné… mais tu le répètes et je facilite la tâche de Tu-Sais-Qui !
- Tu sais que t'aurais dû faire comique, toi ?
Ron se rapprocha un peu plus, prenant ce même air suspect qu'avait l'homme qui venait de rentrer dans le pub. Là il chuchota comme s'il s'agissait du plus grand secret du monde :
- Tu te rappelles quand on se demandait ce qu'avait bien pu faire Hermione avec Vicky ?
- Je me rappelle surtout ta théorie sur le baiser impossible…
- Et bien figure-toi que j'avais raison…
- Et ?
- Quoi et ?
- Et bien admettons que ce soit le cas…
- C'est le cas !
- Elle te l'a dit ?
Ron tourna la tête sur les côtés, comme pour vérifier que sa femme ne se trouvait pas dans les parages puis reprit tout aussi calmement :
- Non ! Bien sûr que non mais… on a failli… enfin tu vois…
- Vous embrasser ?
- Non !
- Il faudrait savoir ! Tu es en train de me parler de baisers ou d'autre chose ?
- De… bon écoute. Je sais pas comment on en est arrivé là mais cette nuit-là… on a été un peu plus loin que les baisers mais pas beaucoup plus. Tu comprends ? Plus loin mais pas…
- Je crois comprendre…
Harry ne put s'empêcher de sourire devant l'air sérieux que prenait son ami, trop concentré sur sa révélation, il ne voyait pas son écharpe tremper dans la boisson qui fumait encore dans sa tasse. Néanmoins, Harry tenta de reprendre son calme tandis que Ron poursuivait, imperturbable.
- Et bien si on n'a pas été plus loin, c'est que… Allez, devine…
- Qu'elle n'était pas prête à aller plus loin.
- Oui mais pourquoi ?
- Parce que tu étais son meilleur ami avant le mariage et que s'offrir à toi serait comme avouer qu'il y a plus entre vous. Un choc trop rapide, je suppose. Sans compter sur le fait que tu n'as pas dévoilé tes sentiments envers elle et que de ce fait, elle n'a aucune raison de vouloir aller plus loin.
Ron sembla soudainement figé. Il baissa lentement la tête et lorsqu'il se rassit correctement, on l'entendit à peine murmurer :
- C'est peut-être ça…
- Et oui… et toi tu en étais où, vis-à-vis de ça ?
- Bah, c'est pas comme si c'était la première fois quoi… mais bon, c'était 'Mione…
- Exactement… Tu as encore d'autres questions ? Je me sens en forme, là !
- Alors à ton avis, elle a déjà…
Cette question, Harry ne l'entendit pas. Sa main chercha fébrilement sa baguette tandis qu'un homme se rapprochait d'eux, habillé d'une manière des plus bizarres. A son tour, Ron se tourna et serra sa baguette, prêt à attaquer en cas de coup dur. Oui mais voilà…
- Vous êtes Harry Potter et… Ronald Weasley ?
Les deux garçons se regardèrent un instant avant de hocher la tête à cette question prononcée avec un si gros accent. Ils avaient vu juste, il n'était pas d'ici…
- Je suis envoyé par Minerva McGonnagall. Je suis Antoine Lucas et j'ai à vous parler… enfin, plus particulièrement à vous Mr Weasley et… et à votre femme.
