Encore merci à la correctrice qui assure à fond... quant à moi, je m'excuse de ne pas toujours prendre le temps de répondre à vos reviews. Over bookage et petit-ami sont la cause de mon ralentissement... mais je m'efforce de vous concoter au moins un chapitre par semaine.

Chapitre 29 : L'excuse enfantine

- Je… vais chercher Hermione et vérifier, ne le prenez pas mal, vos dires auprès de l'ordre. Ron, tu t'arranges pour trouver une salle ?

Le jeune homme hocha la tête, ne pouvant s'empêcher de dévisager l'homme qui était en face de lui. Pourtant, rien chez lui n'avait de quoi l'effrayer. Plutôt frêle et bien pâle, il semblait surtout apeuré.

- Je… je dois aller chercher… je vous rejoins là.

En un craquement sonore et sans finir sa phrase, l'homme s'était évaporé, laissant perplexes les deux amis. Puis, Harry sortit tandis que Ron se dirigeait vers le comptoir, et demanda à voir un certain Argus.

L'homme, plutôt massif aux cheveux poivrés arriva quelques secondes plus tard, essuyant ses mains sur une serviette qu'il tenait autour de la taille. L'air grave, il sourit néanmoins en voyant son interlocuteur et lui serra la main.

- Mr Weasley, que puis-je faire pour vous ?

- J'ai besoin d'un coin calme pour pouvoir parler avec quelques amis…

- Amis ? Amis du genre…

- Du genre à plumes et au chant envoûtant.

- Oh, il fallait le dire tout de suite ! Il y a la salle de réception… elle est un peu en désordre mais si vous n'êtes pas nombreux, ça devrait suffire. C'est le cas ?

- Ca ira très bien.

Ron suivit le propriétaire dans une sorte d'antichambre uniquement habitée par la poussière. Et dire qu'il osait appeler ça une salle de réception… En quelques tours de baguette, il déplaça quelques chaises, histoire d'avoir un peu plus de place et attendit patiemment que ses amis apparaissent. Ce qui ne fut pas très long.

En effet, quelques minutes plus tard, Harry laissa passer Hermione devant lui, qui s'approcha d'une démarche assurée. Là, elle sonda la pièce, cherchant sans doute la présence de l'homme dont Harry venait de lui parler. Oubliant un instant sur quelle fausse note ils s'étaient quittés, Ron répondit à sa question muette :

- Il devait aller chercher quelque chose. Harry, tu t'es renseigné ?

- Quelqu'un devait bien venir vous voir, mais je n'en sais pas plus. Je pense qu'il faudrait mieux que je reste au cas où…

- Si c'est un piège ?

Hermione n'avait pu retenir cette question et visiblement, elle taraudait également les deux autres. Aucun d'eux n'eut le temps de dire quoi que ce soit, que l'homme faisait son entrée dans cette même pièce sombre, tenant contre lui une forme que nul ne pouvait percevoir réellement. Instinctivement, trois baguettes se dressèrent vers lui avant qu'il ne mette la main à sa propre poche pour jeter la sienne par terre.

Il s'approcha alors du groupe en continuant à regarder ce qu'il tenait contre lui, d'un œil humide. Et d'une voix forte et qu'il essaya de rendre assurée, il se présenta une nouvelle fois :

- Je suis Antoine Lucas, je suis Français et ma femme et moi faisons partie de l'alliance du sphinx.

- Le… l'alliance existe encore ? S'étonna Hermione. Je croyais pourtant avoir lu un dossier concernant…

- Elle subsiste… difficilement. Nous avons de moins en moins de membres comme vous pouvez vous en douter. Et de moins en moins de protection. Nous attendons d'être plus solides pour nous rallier à l'ordre du phénix, pour ne pas… vous mettre en danger. Seulement, nos familles sont… plus ravagées que jamais et… si je suis ici, c'est que… ils ont… pris ma fille.

Hermione laissa échapper une exclamation, se détournant machinalement de l'homme. Il était inutile de se montrer faible face à lui. Elle ne le pouvait pas et elle ne le devait pas. Ca, elle l'avait promis en rejoignant les membres de l'ordre. Elle se retourna alors, sans réellement se rendre compte des mots « ça va ? » susurrés par Ron, et regarda l'homme :

- Vous attendez de nous… qu'on retrouve votre fille ?

- Je… les membres de l'alliance sont déjà partis à sa recherche. Ce que nous attendons de vous, c'est… de mettre en sécurité notre cadette…

A ce moment-là, tout devint plus clair dans la tête de nos trois amis. Et au moment même où l'homme découvrit la tête de son bébé, la surprise n'était plus réellement de mise.

- Elle… s'appelle Laura… Nous avons réfléchi au problème de sa sécurité avec Minerva McGonnagall. Il était clair, qu'on ne pouvait plus la garder en France sans risquer sa vie. Il nous a paru plus logique d'en donner la garde à un jeune couple… pour ne pas éveiller les soupçons…

Pour la première fois, Hermione croisa le regard de l'homme et le nœud qui s'était niché dans son ventre, disparut en un rien de temps. Il était clair que ce dernier semblait totalement perdu, comme il était tout aussi clair qu'il avait dû chercher la meilleure solution pour sa fille. Oui mais voilà, cela faisait à peine quelques jours qu'elle était mariée et le moins qu'elle puisse dire, c'est qu'elle n'assumait pas encore tout à fait son rôle d'épouse. Alors de là à adopter celui de maman.

Elle avait bien assez d'un enfant de 19 ans à la maison pour en rajouter un qui tout au plus, devait avoir huit ou neuf mois. De plus, un enfant dont elle ne savait rien. Et puis, elle n'avait jamais eu affaire à un nourrisson elle… pas même à un enfant quand elle y repensait. Si elle était fille unique, c'était bien pour quelque chose.

Elle détourna la tête un instant et vit Ron adossé à un mur, les bras croisés attendant qu'elle donne sa réponse. Est-ce que cela voulait dire qu'il avait déjà fait son choix ? Alors ce serait elle la méchante si elle refusait, non ? Un nouveau nœud se forma lorsqu'elle vit que son mari n'était pas le seul à la regarder. Elle soupira, et tenta de ne pas se laisser attendrir par le regard du Français, elle demanda :

- Vous dîtes que Minerva McGonnagall vous a envoyé jusqu'à nous ?

- Elle m'a dit que vous seriez les plus susceptibles d'accueillir ma fille.

- Ca ne veut pas dire les seuls ?

- Non mais vous êtes un couple en qui elle a confiance et… les moins susceptibles d'attirer la curiosité avec l'enfant.

- Où… est votre femme ?

- A la recherche de Sophie.

Comment pouvaient-ils la regarder de cette manière ? Comment pouvaient-ils lui demander de prendre une telle décision en quelques minutes à peine Un enfant, ce n'est pas rien… un bébé en plus.

- Je… crois qu'il faut qu'on en parle avec… Ron.

Le jeune homme sursauta en entendant son prénom et se laissa porter de nouveau vers le bar. Là, il la vit s'asseoir et pianoter frénétiquement sur la table. Elle lui demanda alors :

- Tu en penses quoi, toi ?

- On devrait le faire… il compte sur nous… il est désespéré.

- C'est un bébé, tu t'en rends compte… pas un chien ni un chat, ni même un rat. Un bébé… je ne me suis jamais occupée d'un bébé et toi non plus, à ce que j'en sache.

- Ca ne doit pas être insurmontable… si mes parents l'ont fait avec sept, un ça doit être gérable…

Hermione ferma les yeux et déposa sa tête entre ses bras. Elle n'avait jamais eu une telle décision à prendre en si peu de temps et le calme apparent de Ron l'énervait plus qu'autre chose. Pire encore quand ce dernier reprit :

- Puis ça fera un bon entraînement…

- Je vais faire comme si je n'avais pas entendu ça.

- Prend le comme une mission de l'ordre…

Cette fois, cette phrase fit tilt. Elle releva son visage… acquiesça timidement, et se leva en chancelant. Elle s'arrêta un instant, regarda son mari avec insistance, comme pour lui donner une dernière chance de rebrousser chemin, et ne voyant aucun doute assombrir ses yeux bleus, elle pénétra une nouvelle fois dans l'autre salle.