Bon soyez pas trop méchants et souvenez-vous que les envies de meurtre même si elles ne sont pas proprement punies, ne sont pas autorisées. Sur ce, bonne lecture ! sourire machiavélique sur les lèvres
Chapitre 31 : L'excuse infinie
La lumière des réverbères donnait aux haies des reflets argentés. Ron était là, le cœur battant la chamade et la baguette collée contre son torse. Il faisait un froid de détraqueur dans cette rue jadis si paisible mais pourtant, ce n'est pas cela qui amenait les frissons sur le corps du jeune homme.
Ses cheveux mouillés par le frêle crachin se collaient à son front fiévreux, le sang perlant sur ses lèvres et échouant à l'exorde de son menton. Plus rien n'avait la moindre importance, plus rien d'autre que ces ombres fantomatiques qui donnaient à sa peur une raison d'exister.
Une rue calme… il les reprendrait à lui dire ça. Rien n'était calme ici, tout était purement effrayant. Du sang gisait aux côtés des cadavres et une odeur de pourri se dégageait des caniveaux. Que faisait-il ici par Merlin ? Il aurait dû partir depuis bien longtemps, ils auraient dû partir et ne jamais accepter cette mission. Certes, la petite était bien en vie, mais si c'était la seule ?
La voix de Hermione se répétait en écho dans les profondeurs de son esprit, sans jamais pouvoir lui donner la certitude que la vie coulait encore dans ses veines. Oui mais voilà, il s'était juré d'y croire jusqu'au bout… jusqu'à ce qu'il la retrouve.
Au détour de ce parc où il s'était imaginé tant de fois promenant leur futur enfant, Ron s'arrêta, posant la main sur son ventre pour reprendre sa respiration. Harry lui avait bien dit de rester chez lui… et s'il avait eu raison ? L'homme secoua machinalement la tête, c'était facile pour lui : Hermione n'était que sa meilleure amie, non ? C'était tout autre pour lui… celui qui avait posé sa signature à côté de la sienne un matin d'octobre.
Il leva le regard au ciel et plissa ses yeux en voyant ces ombres vertes danser funestement au dessus de lui. Comme si elles cherchaient à lui donner la direction… celle qui le conduirait vers Voldemort, et peut-être sa femme.
Bien sûr, il se savait perdu… Voldemort ne pouvait être vaincu avant que les Horcruxes ne soient détruits… oui mais voilà, sa vie ne vaudrait plus la peine d'être vécue si elle n'était que l'ombre de celle qu'il aurait pu avoir avec Hermione.
Il sentit une vague de colère emplir sa tête et lui fendre les tempes. C'est bien lui qui avait eu le dernier mot sur cette fichue adoption, bien lui qui lui avait dit que ça ferait un bon entraînement. Par Merlin, pourquoi n'avait-il pas trouvé un autre moyen pour lui dire que oui, lui le meilleur ami avait pensé un jour lui faire un enfant.
Voilà où il en était ! A défaut d'avoir pu prendre Maya, les mangemorts avaient pris Hermione… Voilà où il en était : à déambuler dans les rues avec une frêle cape sur le dos et pas la moindre idée du chemin à suivre, pile quand enfin, ils avaient trouvé le courage de s'avouer leur amour.
Toutes les routes mènent à Rome… et lesquelles pouvaient le mener vers sa 'Mione ?
Il sursauta en entendant un son semblable au couinement d'une souris et, se retournant, il n'eut pas le temps d'y penser qu'un Avada Kedavra sortit de sa baguette et vînt frapper dans un éclair aveuglant la silhouette d'un chat venu faire sa chasse de nuit. Il était désormais là, étendu et la gueule ouverte, laissant passer un filet de sang de sa bouche vers le cadavre de souris qu'il tenait encore dans sa gueule.
Furieux de s'être fait prendre comme un bleu, Ron fulmina et partit à grandes enjambées, frappant au passage le corps inerte qui se trouvait sur son passage.
Ginny avait peut-être raison… il allait droit dans le mur, incapable de se contrôler… incapable de penser à autre chose qu'à assouvir sa soif irréfutable de vengeance. Il voulait leur peau à défaut de pouvoir sauver la sienne.
Devait-il faire demi-tour ? La question ne se posait même plus au moment où des rires parvinrent à percer son esprit. Ils étaient là : tout près et riant au sort de celle qu'ils tenaient entre leur main. Maudissant ses hommes, Ron accéléra le pas et se réfugia derrière ces poubelles moldues, croyant sentir son cœur sortir de son corps en la voyant face à lui, pieds et mains liés et subissant l'assaut de ceux qui ne méritaient pas d'être appelés « Hommes ».
- Tu sais ce qu'il te reste à faire, Sang-de-bourbe… révèle-nous où se trouve cette enfant ou tu ne seras plus sur Terre pour voir la victoire de notre maître…
Instinctivement, les mots s'enchaînèrent dans l'esprit de Ron, comme s'il souhaitait qu'elle entende qu'il était là, près à la sauver… près à la supporter.
- Jamais… vous ne me tuerez de toute façon…
Des rires rauques se répandirent en écho, alors que la baguette de celui qui interrogeait l'ex-Gryffondor semblait briller d'impatience de passer à l'action… Pourtant, Ron resta là, pétrifié… désarçonné… comment pouvait-il être stoïque alors qu'elle était là, si courageuse ? Dans tous les cas, il savait que ce n'était pas le moment de sortir de sa cachette.
- Certes… on m'avait dit que tu étais intelligente… alors oui, tu as raison… nous te tuerons… mais la fin en soi n'a pas d'importance. Ce qui compte, c'est la manière dont cela sera fait.
En quelques secondes, un doloris vint fendre le ciel si sombre de cette petite rue. Ron sursauta et sentit ses poings rencontrer le sol bétonné. Cette fois, c'en était trop. Il ne pouvait pas rester là à la regarder souffrir et se tordre par terre.
En un bond, il sortit baguette en avant, avant de sentir un coup le projeter au sol, à quelques centimètres à peine du corps de Hermione. Il crut lire dans ses yeux, une tristesse incomparable qu'il reçut comme un coup de poignard au cœur.
- On se demandait combien de temps tu mettrais pour sortir de ta cachette et assister au spectacle…
Un spectacle… ces hommes ne pouvaient en être pour tenir de tel propos. Un autre coup lui fit tourner la tête et des bras le forcèrent à regarder le visage de sa 'Mione avant que…
- Avada Kedavra !
Il n'entendit plus rien d'autre que les « flocs » caractéristiques des transplanages et se retrouva là, rampant comme il le pouvait vers le corps de celle qu'il avait épousé. Ses mains se portèrent vers le visage si pâle de la jeune fille et ses doigts en parcoururent toutes les formes… il dut se résoudre à la seule raison qui pouvait faire qu'elle restait si impassible devant les larmes qui commençaient à perler dans son regard… les yeux grands ouverts… vides… fixant le ciel dénué d'étoiles…
Hermione Weasley avait quitté ce monde… les avait quittés.
