Chapitre 33 : L'excuse d'une étreinte
Le jeune homme était allongé dans le lit de Hermione, un tissu mouillé reposant sur son front. Voilà plus de 24 heures qu'il dormait ainsi, profitant sans le savoir de la présence de sa mère à son chevet. Cette dernière ne cessait de tapoter fébrilement le front de son fils, jetant de temps à autre des regards inquiets au médicomage qui auscultait son fils.
Elle cessa instinctivement de respirer lorsqu'elle le vit lever son regard vers elle, prêt à donner son diagnostic :
- C'est un jeune homme fort, il va s'en remettre Mrs Weasley. Ce n'est qu'un mauvais virus dû à la fatigue et sans doute au choc psychologique…
Molly hocha à peine la tête, sachant très bien qu'aucun mot de réconfort n'allait pouvoir contredire ce que lui inspirait le visage pâle de son garçon.
Il y avait une journée qu'on l'avait fait venir ici, une journée qu'elle s'en voulait d'avoir oublié que la menace de mort ne venait pas que de Voldemort en lui-même. Non, il y avait autre chose… comme ces mauvais sorts que la nature avait construits elle-même : les maladies. Oh, celle-ci ne semblait être qu'infantile mais elle lui avait tout de même laissé entrevoir une possibilité loin d'être rassurante. Elle qui avait protégé ses enfants durant neuf mois, ne pouvait plus rien faire depuis qu'ils étaient nés.
- Vous devriez vous reposer, Mrs Weasley… ce n'est qu'un virus… n'ayez crainte…
- Il a raison, Molly… et puis, il y a quelqu'un pour rester près de lui maintenant.
La femme tourna son regard, dénigrant soudainement ce mariage qui lui avait pris son fils. S'il avait été chez eux… à la maison… il ne serait sans doute pas cloîtré dans son lit à délirer sur une histoire de mangemorts cachés derrière des poubelles.
Pourtant, elle tenta de sourire à sa belle-fille et déposa un baiser sur le front de son fils avant de suivre le médicomage dans l'escalier.
Hermione resta là, se demandant quelles mauvaises fées l'avaient décidé à rester au chevet de Ron. Que pouvait-elle bien y faire ? Elle n'était pas sa mère et n'avait jamais eu la moindre capacité concernant un geste de tendresse à son égard.
Et pourtant, quand elle vit ses yeux s'ouvrir, elle s'assit sur le bord de son lit, prenant machinalement la main fiévreuse du jeune homme dans la sienne. Pourquoi souriait-il ainsi en la voyant ? Les seuls sourires qu'elle avait pu lui décrocher, étaient ceux qu'il lui décernait quand il réussissait à la mettre dans une situation embarrassante.
Mais les doigts de Ron se resserrèrent sur les siens et elle s'en voulut d'avoir eu de telles pensées.
- Et bien dis-moi, tu avais du sommeil à rattraper, c'est le moins que l'on puisse dire…
Elle vit l'amorce d'un sourire se dessiner sur les lèvres du jeune homme et tenta de se lever, se disant qu'il y en avait une qui serait contente d'apprendre ça. Oui mais voilà, Ron ne voulait pas lâcher son emprise et elle fut contrainte de se rasseoir.
- Je savais que tu faisais partie de ceux pour qui le sommeil était roi, mais à ce point…
- Ca fait… un peu trop… là.
La voix du jeune homme se faisait rauque et parsemée de tremblements. Presque affolante de faiblesse pour un homme de la carrure de Ron. Pourtant, Hermione tenta de ne rien laisser percevoir et continua dans un sourire qu'elle voulait rassurant :
- Je ne pensais pas que je dirais ça un jour, mais… je suis d'accord avec toi, Ron… Tu en as profité pour faire de beaux rêves au moins…
- Je m'en serais… bien passé…
- Hum… pas de filles en bikini volant sur des balais à la recherche du vif d'or ?
- Plutôt… des hommes en cagoules… à la recherche d'une victime.
- Dis donc, tu as bien changé… à tel point que même tes rêves sont différents…
- Te moques… pas… 'Mione…
- Oh… je n'en ai aucunement l'intention… on ne se moque pas des convalescents.
Ron détourna son regard qu'il fixa sur le plafond, tentant de ne pas se laisser persuader que finalement, il n'avait pas rêvé, que finalement, la folie s'était emprise de son corps et que l'image qu'il percevait d'Hermione n'était qu'un pâle spectre.
- Sérieusement, Ron… tu nous as fait peur, tu sais…
- Vous n'êtes pas les seuls… à avoir eu peur. Mais tu m'excuseras, je n'ai pas trouvé de meilleures excuses pour venir te rejoindre en pleine nuit…
Ron ne put voir le teint de Hermione rougir légèrement en entendant cette affirmation. Comment pouvait-il en rire si rapidement ?
- Dommage que… tu n'étais pas là…
- Je… j'ai entendu du bruit et je suis sortie voir Maya… et j'ai dû descendre lorsque tu l'as rejoint dans sa chambre.
- Maya… elle… va bien ?
- Bien sûr qu'elle va bien. Tu devrais dormir Ron… tu as l'air particulièrement inquiet.
- Tu ne penses… pas que j'ai assez… dormi pour aujourd'hui ? Ah je vois… tu veux te… débarrasser de moi…
- Ron ! Je…
- Ca va, je… plaisantais… 'Mione… promets-moi de… ne pas sortir…seule…
- Je… enfin Ron…
- Je n'ai pas envie… d'être veuf et surtout plus… important, je n'ai… pas envie de te perdre. Alors promets moi le…
- Ron…
- 'Mione…
- Seulement, si tu promets de te reposer.
Ron leva son regard vers la jeune fille, caressant l'ovale de son visage et profitant de cette sensation de victoire qui s'emparait de lui. Victoire contre ce sale rêve et quoi qu'il puisse en dire, victoire contre les mangemorts.
Pourtant, lorsqu'elle se recula le visage plus rougi qu'à l'habitude, il sentit une vague d'émotions l'envahir et le pousser à tirer la jeune fille contre lui. Il resta là, à l'étreindre, se fichant pas mal des courbatures que lui valait sa mauvaise position.
