Voilà la petite remise en question tant attendue. Bonne lecture!

Chapitre 35 : l'excuse d'une question.

- 'Mione tu dors ?

Le jeune homme enfonça sa tête dans son oreiller et regarda le plafond en scrutant le moindre bruit qui pourrait lui parvenir de sa voisine. En vain… cette dernière restait silencieuse.

- 'Mione…

Cette fois, il tourna son regard en biais et soupira à la voir toujours aussi stoïque. Il s'assit alors et se laissa de nouveau tomber, espérant que les vibrations du matelas la fassent réagir. Mais une nouvelle fois, il n'en tira rien.

Il se releva sur un coude et tenta de voir son visage sans, bien sûr, la toucher. Mais voilà, la position des moins confortable le poussa à poser un doigt sur son épaule dénudée et il l'entendit alors frémir dans son sommeil. Surpris, il dégagea rapidement son doigt et s'éloigna avant que, un sourire aux lèvres, l'envie ne le reprenne de pousser l'expérience au maximum.

Inspirant fortement, il posa sa main au complet et l'a sentit une nouvelle fois bouger à son contact. Il s'arrêta, soupira et retenta :

- Dis tu dors 'Mione ?

- …

- 'Mione, je sais que tu ne dors pas… 'Fin je crois…

Toujours aucunes réactions et cette fois, il prit cela pour un signe, celui qu'il pouvait céder à la tentation de…

Secouant la tête, il se persuada à haute voix que ce n'était qu'une manière comme une autre de lui dire bonne nuit et, passant un bras par-dessus la jeune fille, il alla déposer un frêle baiser sur sa joue avant que…

- Ron, je ne dors pas.

- Je…'isais… 'nuit.

Il se relaissa tomber sur son oreiller, le feu aux joues tandis que Hermione reprenait la même position que lui, découvrant l'attrait d'un plafond dénudé.

- Pourquoi tu ne me répondais pas alors ?

- Parce qu'il est plus de minuit et que j'espérais pouvoir finir la nuit tranquillement.

Ron se renfrogna et tourna le dos à son amie avant de sentir ses mains parcourir son dos, faisant émerger de cette manière quelques frissons. Il ferma les yeux un instant, se plaisant à rêver que ça ne s'arrêterait pas.

- Enfin, maintenant que tu sais que je suis réveillée, tu avais quelque chose en particulier à me dire ?

- Ca n'a pas d'importance.

- Pourtant, vu l'effort que tu as mis à vouloir me tirer du sommeil… Qu'est-ce qu'il se passe ?

Le jeune homme se maudit un instant de ne pas avoir pensé avant à la complexité de lui dévoiler de telles questions. Réellement, pour qui allait-elle le prendre ? Et si elle se faisait des idées ? Après tout, lui-même connaissait les réponses à ses questions mais s'il en était autre chose pour elle ?

Il se remit sur le dos, bras en croix et prit une forte inspiration avant de se lancer enfin :

- Pourquoi est-ce que tu acceptes que je dorme avec toi ?

- Pourquoi est-ce que tu viens dormir avec moi ?

- Je… ça n'a aucun rapport… moi je… enfin… pour être sûr que tout va bien.

- Alors c'est exactement pareil pour moi.

Instinctivement, il soupira. Pourquoi ? Après tout, il avait eu la réponse qu'il attendait non ? Et justement, s'il avait voulu entendre autre chose. Il hocha négativement la tête et se dit que non, admettre ça était admettre que Harry avait raison et par la même occasion, que Ginny aussi.

- Tu crois que l'on a changé de comportement l'un envers l'autre ?

- Où veux-tu en venir en Ron ?

- Et bien… je ne sais pas… je veux dire… on n'est plus les mêmes depuis qu'on se connaît non ?

- Chose tout a fait normal étant donné nos âges respectifs.

- Oui mais regarde… toi et Harry, c'est presque pareil non ?

- Tu es toi, Harry est Harry, Ron. Nous n'avons jamais eu les mêmes relations l'un avec l'autre. Parce que nous n'avons pas les mêmes caractères. Maintenant, oui c'est vrai que nous avons changé tous les deux mais c'est normal non ? Nous vivons 24H sur 24 l'un avec l'autre. Nous avons à notre charge un foyer, une maison…

- Je ne parle pas de ça… de notre… comportement… Je… enfin…

- Viens-en au fait Ron.

Une nouvelle fois, il soupira, regarda le plafond en prenant soin de ne pas s'occuper des deux yeux marrons qui, il le savait, le fixaient grands ouverts.

- Harry m'a dit ce matin que… qu'on était bizarre tous les deux.

- C'est lui qui parle…

- Il parait que… que c'est comme ça depuis longtemps et que même Ginny l'a vu. Il m'a laissé entendre qu'on ne se comportait pas réellement comme des amis.

- Nous sommes mariés Ron…

- Et puis… tu… qu'est-ce que tu viens de dire.

- Nous sommes mariés. C'est normal d'être différents non ?

- Non ! Non, ce n'est pas normal. Une signature sur un parchemin n'a jamais eut le pouvoir de changer le comportement de deux personnes !

Cette fois, il se retourna et la vit sourire. D'abord incrédule, il mit du temps à se rendre compte qu'il venait d'être pris à son propre piège.

- Et bien voilà, tu as la réponse à ta question.

- Grumbl…

- Et… Ron, regardes moi…

Elle posa sa main sous le menton du jeune homme et le força à la regarder.

- Je pense la même chose que toi. Une signature dans le bas d'un parchemin n'a jamais eu ce pouvoir là.

- Alors… on fait quoi ?

- Je n'en sais fichtrement rien. Je… je suis contente de t'avoir auprès de moi… contente de dormir avec toi et pour rien au monde je n'échangerais ces moments partagés mais… je ne sais pas à quoi cela est dû. Je… disons-le franchement Ron, je ne peux pas dire que… que je suis amoureuse de toi. Je ne sais pas ce que c'est mais… il faut avouer que notre relation n'est pas banale.

- Alors Harry et Ginny avaient tord…

- Peut-être pas… On est peut-être contraint de s'apprécier mais ça encore, ça me parait peu probable. On s'apprécier déjà au collège non ?

- Autant qu'on s'exaspérait.

- Je n'aurais pas dis mieux. Et si tu veux mon avis, je pense que ça sera toujours comme ça. N'en profite pas mais je pense que je m'ennuierais si ce n'était pas le cas.

Naturellement comme ce soir où il l'avait rejoint, il prit sa main et la serra de toutes ses forces, soulagé de savoir que demain, elle aurait le tact de ne pas lui rappeler ça. Et pourtant, cette fois, il vit sa main passer au dessus de sa tête, se poser sur son épaule et ses cheveux venir chatouiller son menton. Alors, tout aussi instinctivement, il déposa un baiser sur le haut de sa tête.