Chapitre 3 : Met le moteur en marche :
Disclaimer : La série ne m'appartient pas, ni à moi, ni à l'auteur de ceci, l'histoire en revanche lui appartient, je vous invite à aller la parcourir en anglais, pour plus d'authenticité. Enjoy (Ah oui, à l'heure où je finis de traduire ce chapitre, le Season Final de CSI :NY vient d'être diffusé aux Etats-Unis, trop de suspens :p :p)
CSICSICSICSI
Plus tard cet après-midi là, Lindsay et Danny étaient allongés sur le ventre au milieu du salon, les cartes dépliées entre eux. Surligneurs, bloc-notes et stylos étaient éparpillés autour d'eux. Ils avaient passé l'heure précédente à prendre note de leur itinéraire, réfléchissant à quels chemins emprunter, dans quelles villes s'arrêter.
« Okay » lâcha Lindsay, se mordillant la lèvre de concentration. « Nous allons traverser droit à travers Jersey, idem pour la Pennsylvanie par la route 80, et de là, jusqu'à Cleveland. D'après la légende de la carte, ça devrait nous prendre à peu près… sept heures. »
Danny acquiesça, traçant du doigt la route. « A partir de là, on ira vers Chicago, puis Minneapolis, Bismarck… »
« Et enfin Bozeman ! » dirent-ils à l'unisson, se souriant l'un à l'autre.
Lindsay rit en voyant leur réaction à tous les deux. Affalés sur la moquette, entourés de papiers, ils avaient l'air d'écoliers partageant un livre de coloriage. Lindsay se tortilla au-dessus de la carte pour venir s'allonger sur le dos, à côté de lui. Danny posa sa tête sur son estomac. Alors qu'elle passait les doigts dans ses cheveux, elle regarda le plafond et songea à la vitesse à laquelle leur relation avait progressé. Il semblait que c'était hier qu'il était venu frapper à sa porte pour avouer ses sentiments. Malgré que leur alchimie physique était indéniable depuis la première nuit, ils avaient aussi bâti une solide amitié. Ils se sentaient bien ensemble, comme s'ils n'avaient jamais connu personne avant. Ils connaissaient non seulement les courbes et les angles de leurs corps mais aussi les sommets et les vallées de leurs cœurs.
« Tu sais », murmura pensivement Lindsay. « En fait, je suis excitée à l'idée de notre voyage. Et je ne le serais pas si tu ne venais pas avec moi. Comment pourrais-je jamais te remercier ? »
Danny secoua la tête. « Tu n'as pas à me remercier. Je veux juste être là où tu es. » Il roula au-dessus d'elle et s'installa sur ses coudes pour la regarder bien dans les yeux.
Lindsay soupira, pendant qu'elle devait sans doute être la fille la plus chanceuse au monde.
« Oh, Danny. Pourquoi est-ce que je ne t'ai pas trouvé il y a dix ans ? Où étais-tu ? »
« Juste ici, à t'attendre. C'est sur que ça t'as pris assez longtemps. » Danny sourit. « Mais si je t'avais rencontré quand j'aurais quatre-vingt cinq ans, et que je devais mourir la semaine suivante, tu en aurais toujours valu l'attente. » Il recouvrit son visage de bisous, et ses mains commencèrent à s'égarer.
L'un des surligneurs barra le dos de Lindsay, mais elle le remarqua à peine.
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Lindsay resta bouche bée devant la quantité phénoménale de bagages que Danny entassait dans son véhicule. Il était 4 :50 du matin, le soleil n'était pas encore levé et leurs respirations formaient des petits nuages de vapeurs dans l'air glacé.
« Danny ! Combien de sacs à tu emporté ? Tu es, tu es… » elle bégaya. « Tu es pire qu'une fille ! » lâcha-t-elle avant d'éclater de rire.
« Hey, hey, hey ! » Il la pointa d'un doigt accusateur. « Cette petite expédition à la Lewis & Clark, c'était ton idée, pas la mienne. » lança-t-il en souriant.
« Ce n'est pas comme si nous allions traverser l'Antarctique avec des chiens de traîneau. Je viens d'une ville presque civilisée, tu sais. » Lindsay s'approcha de lui et l'embrassa rapidement sur les lèvres. Il avait l'air fatigué. Lorsqu'elle l'entoura de ses bras, elle sentit un objet dur assez familier heurter sa hanche. Elle se recula.
« Est-ce que c'est ton arme ? » Remarquant la lueur dans son regard, elle continua avant qu'il ne puisse lancer la remarque qu'il avait sur le bout des lèvres. « Je veux dire, littéralement ! »
Elle plongea la main sur sa veste. Son badge était là, lui aussi. « Pourquoi les as-tu emportés ? »
Danny lui jeta un regard un peu honteux. « Personne n'osera s'en prendre à ma petite-amie si un flic du NYPD est avec elle. »
Il lança le dernier sac dans le coffre et rabattit le capot.
Il aime que les gens croient qu'il est un dur, songea-t-elle, touchée. Je suis contente qu'il m'ait laissé entrer et voir ses autres façades.
Montant dans la voiture du côté passager, Lindsay remarqua les premiers signes de bruine sur le pare-brise. Elle alluma le chauffage et s'installa confortablement dans le fauteuil spacieux. Quand elle entendit Danny ouvrir la portière, elle dit , « Ne t'inquiète pas, je ne te ferais pas manger d'huîtres des Montagnes Rocheuses. »
« Bien. Parce que je n'aime pas le poisson. » répliqua-t-il, fronçant le nez tandis qu'il s'asseyait à la place du conducteur.
Lindsay ricana, décidant de ne pas expliquer à Danny ce qu'étaient exactement des huîtres des Rocheuses. Elle l'imaginait déjà hurler et retourner en courant jusqu'à l'appartement pour se cacher sous le lit.
« Très bien, allons-y. » Danny s'arrêta un instant pour la regarder avant de passer la marche arrière. Elle rencontra son regard et sentit le même frisson la traverser quand elle se plonger dans ces yeux d'un bleu exquis. Lindsay savait qu'il pouvait lire l'anxiété inscrite sur son visage. Il lui tendrement caressa la joue.
« C'est parti. »
Elle acquiesça, savourant la chaleur de ses doigts qui pouvait éloigner si facilement toute la tension qu'elle ressentait.
« C'est parti. » dit-elle en écho.
« On devrait être à Cleveland vers midi, environ. » Elle étudia la carte tandis que Danny conduisait la voiture hors du parking. Lindsay observa l'obscurité et les rues vides de New York défiler par la fenêtre. Le calme lui rappela le premier matin où elle s'était réveillée à ses côtés, leurs corps enchevêtrés.
Elle savoura le confort de la voiture ; ça sentait le café, Danny et la pluie. Dix minutes passèrent en silence. Lindsay n'était pas d'humeur à papoter, fait dont Danny ne se plaignait pas. Ils pouvaient simplement être ensemble. C'était l'une des millions de choses qui la rendait si différente de toutes les personnes qu'il avait connu avant.
« Tu penses qu'ils vont parler de nous ? » finit par demander Lindsay.
« Qui ? Au labo ? »
« Ouais… je veux dire, je sais qu'ils vont le faire. Colporter des ragots… J'en était déjà inondée une semaine après mon arrivée là-bas. »
Danny, maintenant curieux, leva un sourcil intrigué tandis qu'il laissait un piéton traverser la rue devant lui. « Vraiment ? Quel genre de ragots ? »
« Que la femme de Mac était morte le onze septembre. Que Stella sortait avec un artiste, et que Hawkes avait été médecin par le passé. » Puis elle ajouta doucement ; « Que tu étais un dragueur. »
Danny secoua légèrement la tête. « J'étais », dit-il, en lui serrant doucement la main. « Etais ».
Lindsay sentit une boule se former dans sa gorge tandis qu'elle lui serrait la main un peu plus fort.
« Et pour ton information, je n'ai jamais traversé le pays avec une fille. »
La boule dans sa gorge disparut, et un sourire de satisfaction lui traversa le visage.
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Le New Jersey passa dans un flash. Lindsay et Danny se disputèrent à propos du poste radio, discutèrent de la semaine passée, et se contentèrent simplement de savourer d'être ensemble dans tant de proximité. En Pennsylvanie, ils échangèrent leurs places et Lindsay conduisit. C'était une masse confuse de collines roulantes, de forêts épaisses, de rivières tortueuses et de montagnes. La vue rendait Lindsay excitée à l'idée de retourner à l'endroit où elle avait grandit. Le décor et l'intimité de la vie rurale lui manquaient, de temps en temps.
Dans le courant de la matinée, ils s'arrêtèrent deux fois pour étirer leurs corps parcourus de crampes, se blottir l'un contre l'autre et s'approvisionner en café. Le jour était toujours morne, et le trafic assez fluide. La plupart des autres véhicules qui circulaient étaient des tracteurs. Un conducteur de semi-remorque leur colla au train sur des kilomètres pour finir par leur couper la route à une sortie.
Danny resta bouche bée en voyant Lindsay pointer le majeur par la fenêtre, en direction de l'homme barbu au volant. « Quoi ? » demanda-t-elle innocemment, sentant son regard posé sur elle.
Danny rit et secoua la tête. Elle l'étonnait tous les jours. « Rien. Rappelle moi juste de ne jamais m'engueuler avec une fille du Montana qui a la rage de la route. »
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Juste à la sortie de Cleveland, ils s'arrêtèrent pour faire le plein d'essence et avaler un morceau. La pluie crépitant sur la fenêtre du restaurant avait un étrange aspect romantique. Lindsay trouva amusante la manière dont – peu importe où elle se trouvait ou ce qu'elle faisait – Danny rendait tout spécial. Elle se trouvait ici, au milieu de nulle part, mais elle se sentait parfaitement heureuse et chez elle. Elle s'assit du même côté de l'alcôve que lui, la tête posée sur son épaule. L'une des mains de Danny tenait sa tasse à café, l'autre était posée sur le genoux de la jeune femme, qu'il pressait légèrement.
« Cinq heures jusqu'à Chicaco, hein ? » il demanda.
« Nous devons nous rappeler de reculer nos montres d'une heure » lui rappela Lindsay. Puis elle ajouta, avec un bâillement, « Notre chambre d'hôtel nous attendra, mais je ne peux pas attendre ! Allons vaincre cette route. »
Danny prit le volant alors qu'ils traversaient le nord de l'Ohio. Les montagnes de la Pennsylvanie de l'ouest avaient laissé place à un paysage plat et ouvert de champs. Vers le milieu de l'après-midi, après avoir passé Toledo, Lindsay remarqua un large panneau sur le bas-côté.
BIENVENUE DANS LE MICHIGAN !
« Attend, Michigan ? Nous ne sommes pas supposés passer par le Michigan. » Lindsay dégaina sa carte routière.
« Tu te fous de moi, j'espère ! » s'exclama Danny. « T'as pas suivi la carte ? »
« J'arrivais pas à la lire ! J'ai bien essayé, mais elle est toute froissée. » Son front était plissé tandis qu'elle essayait de lisser les plis du papier chiffonné.
« Qu'est-ce que tu veux dire par je n'arrive pas à la lire ? Tu es censée me donner les indications » lâcha Danny, exaspéré.
« Ce n'est pas ma faute si tu as décidé de prendre avantage sur moi juste au-dessus du lac Erie ! » répliqua-t-elle.
« Quoi qu'il en soit, on devait prendre la route 90. On doit retourner sur nos pas d'au moins dix kilomètres. »
« Super » marmonna Danny.
Tout à coup, Lindsay se mit à rire, et à rire plus fort jusqu'à ce qu'il lui vienne les larmes aux yeux. Ils pouvaient se disputer comme chien et chat, mais c'était toujours plein de sous-entendus taquins. Elle avait un point de côté à force de rire. Un sourire commença à remplacer la grimace puérile qu'affichait le visage de Danny.
« Merde, bébé. Qu'est-ce qu'il y a ? »
Lindsay agita la main. « Rien » s'étrangla-t-elle. « C'est juste que tout ça est tellement fou. Complètement fou ! »
Danny commença à rire à son tour – « Tu me dis ça à moi. »
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Une fois sur la bonne autoroute, ils furent rapidement en Indiana. Lindsay était silencieuse, encore plus que d'habitude. Danny savait à quoi elle devait penser, et sa curiosité l'emporta. Il voulait savoir ce qui les attendait dans le Montana.
« Lindsay, pourquoi ta famille conteste-t-elle le testament ? Pour quelle raison ? »
Elle soupira. Elle voulait tout lui raconter, mais c'était difficile de savoir par où commencer. « Ils prétendent que j'ai tiré avantage de l'argent de mes grands-parents quand ils étaient en vie. Ils payaient tout à ma place, comme ma première voiture, et les frais. Ils m'ont même inscrite au collège. Bien sur, je leur en étais reconnaissante, je me sentais même parfois coupable. Mais mon père était mort. Et à seize ans, je me suis retrouvée seule. Qu'est-ce que j'aurais pu faire d'autre ? »
Danny avait mal au cœur d'entendre la douleur dans sa voix. Il hésita avant de poser une autre question.
« Et ta mère ? Où est-elle ? »
« Je ne sais pas. » Les mots de Lindsay étaient pincés et Danny savait qu'il ne devait pas insister. Dans sa vie, il avait lui-même quelques vérités qu'il valait mieux laisser là où elles étaient. Au moins, quelques pièces du puzzle venaient de prendre place.
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La nuit c'était installée quand ils entraient dans l'Illinois. Leur plan était de s'arrêter à Chicago pour la nuit. Pour tout les deux, l'idée d'une douche, d'un repas chaud et d'un lit confortable à partager était très séduisante.
Des rafales de neiges avait commencé à tomber, formant une légère couche sur l'herbe et les arbres, comme du sucre saupoudrés sur le paysage. La scène sortait tout droit d'une de ses boules de neiges qu'on secouait.
« C'est comme Robert Frost » déclara soudainement Lindsay.
« Qui ? » demanda Danny. « Tu veux dire Jack Frost ? »
« Non ! » rit-elle. « Je veux dire le poète, Robert Frost. Il a écrit 'Arrêt dans les bois par un après-midi neigeux'. C'est ce que ça me rappelle. »
« Wa, j'ai du rater ça à l'école préparatoire de poésie 101 » la taquina-t-il.
« But I have promises to keep, (mais j'ai des promesses à tenir)
And miles to go before I sleep » (et des kilomètres à parcourir avant de m'endormir) récita Lindsay.
Les lumières triomphantes de Chicago s'étalèrent devant eux, accueillantes.
And miles to go before I sleep.
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Note de l'auteur : Si vous ne savez pas ce que sont des huîtres des montagnes rocheuses, je vous invite à taper « Rocky Montain Oysters » dans google. Je vous aurais prévenus !
Note du traducteur : j'ai laissé le poème en anglais pour lui donner tout son sens :p
