Ou chapitre qui se passe de commentaires...
Chapitre 37 : L'excuse d'un peut-être
- Hermione… écoute je… enfin…
La jeune femme leva son regard embué de larmes vers Ginny. Elle la défiait sans s'en rendre compte, de pouvoir lui dire quelques mots d'apaisement. Mais le fait était là, les mangemorts s'en étaient pris aux siens, et rien de sensé ne pouvait lui laisser croire qu'elle reverrait ses parents en vie.
Alors, aussitôt la nouvelle apprise, elle s'était empressée de rejoindre sa chambre et avait rassemblé quelques-unes de ses affaires. Elle ne savait pas où chercher exactement mais ce qu'elle savait, c'était qu'elle ne le découvrirait pas en restant chez elle.
Mais pour le moment, elle restait là, regardant la jeune Weasley qui restait face à elle, le regard baissé. Cette dernière bafouillait sans réussir à trouver les mots justes, avant de se lancer finalement dans un soupir :
- S'il existait des mots qui pourraient apaiser ta peine, crois-moi, je les dirais du fond du cœur.
Au moins, elle avait cette faculté d'être franche. Par Merlin, qu'elle n'aurait pas supporté d'entendre un : ne t'en fais pas, on va les retrouver.
- Ginny…
Le regard de la jeune femme se tourna en même temps que celui de Ginny vers la porte de la chambre. Ron venait d'apparaître et, le visage sombre, il s'avança vers sa femme, réitérant sa demande muette :
- Tu peux nous laisser s'il te plaît.
La jeune sœur hocha la tête, déposa un baiser sur le front de Hermione et quitta la pièce d'un pas feutré.
Ron s'avança alors un peu plus et sembla hésiter un instant sur la manière dont il devait se comporter. Il prit d'abord la décision de s'asseoir près de Hermione, sur le lit. Avant de se lever finalement et de lui tourner le dos. Merlin, comment allait-il pouvoir lui dire une telle chose ?
- Ron, s'il te plait…
Les larmes redoublaient sur le visage de la jeune femme et Ron déglutit avec difficulté. Elle se faisait des idées. Quel idiot… il apparaissait comme ça, le visage grave, pour sûr qu'elle pensait qu'il savait que…
Il s'empressa alors de dire :
- Ne t'inquiète pas…
Avant de reprendre…
- Enfin, autant que tu peux ne pas t'inquiéter vu les événements je… rha excuse-moi, je ne suis vraiment pas doué.
- Qu'est-ce que tu voulais me dire ?
- Je…
Cette fois, il vint se rasseoir à sa place initiale, fuyant délibérément le regard de sa femme. Puis inspirant une fois pour toutes, il essaya de nouveau :
- Tu vas… les chercher, n'est-ce pas ?
- Bien sûr Ron ! Je ne peux tout de même pas rester là à attendre !
Il était inutile de répliquer et il le savait. Alors, doucement, il acquiesça muettement et reprit en se levant :
- Bien… Alors prends soin de toi.
Hermione resta tout d'abord stupéfaite de l'entendre réagir comme ça. Réellement, ce n'était pas le genre de réaction qu'avait habituellement Ronald Weasley, ce n'était pas le genre de réaction qu'elle aurait souhaité qu'il ait.
- C'est tout ?
Ron s'arrêta dos à elle et posa sa tête contre l'encadrement du mur. Alors, il se retourna et la toisa d'un regard devenu soudainement mouillé. Par Merlin il pleurait. C'était bien la première fois qu'elle voyait Ron Weasley pleurer.
- Qu'est-ce que tu veux que je te dise, Hermione ? Je n'ai aucune raison qui pourrait tenir la route face à ton envie légitime de partir. J'aurais fait pareil et rien au monde n'aurait pu me faire changer d'avis. Alors, à quoi bon ? Je ne vais pas te dire de faire attention puisque je sais que tu le feras. Tu n'as aucune envie de te faire tuer après tout. Alors oui, c'est tout. Bonne chance…
- Ron…
- Oui ?
- Dis-moi autre chose, je t'en prie…
Le jeune homme leva les yeux au ciel, par habitude. Il soupira une ultime fois et répondit à la demande de son épouse :
- Ecoute 'Mione. Bien sûr, je n'ai pas envie que tu partes parce que… parce que quelque chose me hurle que je vais le regretter. Mais tu vois, hier j'étais le premier à dire que c'était de notre devoir et tu m'as fait comprendre que ce n'était pas le cas. Alors non, il ne serait pas légitime de t'en faire tout un foin. Simplement tu vois… hier quand on a décidé de partir avec Harry, on savait qu'on serait toujours tous les deux, voire tous les trois. Qu'on pourrait toujours compter l'un sur l'autre, alors que là… c'est comme si tu nous abandonnais finalement.
- Tu n'aurais jamais voulu que je parte avec vous…
- Je n'aurais jamais voulu te laisser non plus. Tu vois, c'est peut-être con, mais quand je signe un papier, je le respecte. Alors si on me dit de prendre soin de toi, je le fais. Si on me dit de m'arranger pour que tu sois heureuse, je le fais. Mais là où le bât blesse, c'est quand on se promet d'être toujours là l'un pour l'autre…
- Ecoute Ron, je…
- Non Hermione. Tu fais ton devoir… Et puis de toute façon, personne n'en voulait de son mariage… après tout, il avait un goût bizarre dès le début. Mais ce que je me dis c'est que… finalement… c'est bête que ce fichu hibou ne soit pas arrivé plus tard. Parce que… parce que peut-être qu'on aurait pas fait un mariage aussi bidon si ça avait été le cas.
Cette fois, il fit demi-tour avant de se faire une nouvelle fois rattraper par la voix presque éteinte de sa femme.
- Ron, tu es en train de me dire que tu… enfin…
- Peut-être bien Hermione.
