Bon, inutile de vous dire après lecture de ce chapitre, que la fin de cette fiction approche à grand pas... J'avoue qu'elle m'a bien plu et que je vais sans doute la regretter. Alors je vais encore en profiter dans les ultimes chapitres.
Chapitre 38 : l'excuse pour une impression de déjà-vu.
Alors voilà, la grosse attaque avait eu lieu et lui, n'avait plus qu'une seule et même idée : vérifier si oui ou non la lettre de menace qu'il avait reçue était réelle. Mais il en doutait, si quelque chose de mal était arrivé à Hermione, il le saurait. Oui mais voilà, il était quand même là ; dans la rue à fausser compagnie aux membres de l'ordre. Selon eux, il était totalement irresponsable de partir à sa recherche, ça ne pouvait qu'être qu'un piège. Et alors ? Ils pensaient réellement qu'il allait rester là, le cœur en proie à tant de doutes ?
La rue si calme dans laquelle ils avaient emménagé, ne lui avait jamais paru aussi effrayante que ce soir-là. Les ombres devenaient de plus en plus impressionnantes, en même temps que la visibilité diminuée, la faute aux premières neiges qui pointaient le bout de leur nez.
Ron continuait à avancer sans réellement savoir où il devait aller. Partout, des détonations, des éclairs aveuglant et des cris. Oui, la guerre prenait bel et bien de l'ampleur. Il se forçait à garder une respiration stable, se murmurant des phrases de réconfort et prenant force dans les quelques mots sous-entendus qu'il avait eu le courage de lui dire avant que…
Mais soudainement, les réverbères de la rue s'éteignirent et instinctivement, il se mit à accélérer le pas. Surtout ne pas allumer sa baguette… surtout ne pas se faire remarquer. Il sentait le sang battre ses tempes et son cœur accélérer sa cadence au rythme de ses pas. Seulement, il n'avait jamais eu la faculté de voir dans le noir. Il se retrouva bientôt, face contre terre, sentant des milliers d'épines lui taillader le visage. Par Merlin que cette douleur n'était rien comparé à celle de son cœur.
Alors qu'il se relevait et sentait le sang glisser sur ses joues et forcer le passage de sa bouche, il eut cette impression désagréable de déjà-vu.
Il resta là, une main sur son ventre pour reprendre une nouvelle fois sa respiration. Harry lui avait bien dit de rester chez lui… Facile pour lui, Hermione n'était qu'une amie. Mais par Merlin, elle avait posé sa signature à côté de la sienne sur ce maudit parchemin.
Il leva les yeux au ciel et frissonna en voyant ces ombres vertes danser funestement autour de lui… Tant de meurtres qui semblaient lui donner la marche à suivre.
La colère vint lui fendre les tempes… Ils avaient eu Hermione à défaut d'avoir Maya. Ils avaient réussi, leur plan avait marché : faire croire à la disparition des parents Granger et la pousser à partir à leur recherche. Mais pourquoi n'avait-il pas su la garder à ses côtés !
Il sursauta en entendant un son semblable au couinement d'une souris et, se retournant, il n'eut pas le temps d'y penser qu'un Avada Kedavra sortit de sa baguette et vînt frapper dans un éclair aveuglant la silhouette d'un chat venu faire sa chasse de nuit. Il était désormais là, étendu et la gueule ouverte, laissant passer un filet de sang de sa bouche vers le cadavre de souris qu'il tenait encore dans sa gueule.
Il se retrouva là, sur le trottoir, furieux de s'être laissé surprendre. Comment avait-il pu être aussi immature ? Aussi inconscient. S'il voulait rester discret, c'était totalement foutu. Et malheureusement, il en fut certain lorsqu'il entendit des rires parvenir jusque lui. Il resta stoïque un instant, cherchant comment il se devait de réagir, cherchant si ce n'était pas son esprit qui lui jouait un sale tour.
Mais lorsqu'il entendit les frasques d'un « endoloris », il fit un bond en avant et alla se cacher derrière la première poubelle qui se trouvait à sa portée. Là, il crut cesser de vivre quand il la vit, sa 'Mione, allongée par terre. Saignant et laissant échapper des souffles de désespoir alors qu'eux, ces maudits mangemorts, étaient hilares à la voir dans un tel état.
Oh qu'il ne lui en aurait pas fallu beaucoup plus pour le voir sortir de ses gonds. Oui mais voilà, pour une raison qui lui échappait, il ne pouvait bouger.
- Tu sais ce qu'il te reste à faire, Sang-de-bourbe… révèle-nous où se trouve cette enfant ou tu ne seras plus sur Terre pour voir la victoire de notre maître…
Instinctivement, les mots s'enchaînèrent dans l'esprit de Ron, comme s'il souhaitait qu'elle entende qu'il était là, prêt à la sauver… prêt à la soutenir.
- Jamais… vous ne me tuerez de toute façon…
- Certes… on m'avait dit que tu étais intelligente… alors oui, tu as raison… nous te tuerons… mais la fin en soi n'a pas d'importance. Ce qui compte, c'est la manière dont cela sera fait.
Un doloris vint fendre le ciel et le cœur de Ron. Il ne pouvait plus se supporter, lui l'homme qui regardait sa femme subir les assauts de ces hommes. Lui, le mari qui n'avait rien tenté pour la sortir de là. Cette fois pourtant, ses poings frappèrent le sol bétonné de cette rue maudite et il se retrouva en quelques secondes, face à ces hommes cagoulés. Une nouvelle fois, il les entendit rire alors qu'il croisait le regard empli d'amertume de Hermione. Voilà ce qui aurait pu l'achever s'il n'avait pas cette farouche envie de vengeance.
- On se demandait combien de temps tu mettrais pour sortir de ta cachette et assister au spectacle…
Un spectacle… ces hommes ne pouvaient en être pour tenir de tel propos. Un autre coup lui fit tourner la tête et des bras le forcèrent à regarder le visage de sa 'Mione avant que…
- Avada Kedavra !
Il n'entendit plus rien d'autre que les « flocs » caractéristiques des transplanages et se retrouva là, rampant comme il le pouvait vers le corps de celle qu'il avait épousé. Ses mains se portèrent vers le visage si pâle de la jeune fille et ses doigts en parcoururent toutes les formes… il dut se résoudre à la seule raison qui pouvait faire qu'elle restât si impassible devant les larmes qui commençaient à perler dans son regard… les yeux grands ouverts… vides… fixant le ciel dénué d'étoiles…
