Voyons, voyons… Tout d'abord, désolée de ce retard, j'ai été privée du net et surtout, j'ai repris une activité chargée. Mais pour me faire pardonner… je vous ai concocté cette pitite chose…Allez voir dans mon profil ! Je compte sur vous pour le faire vivre !
Chapitre 39 : l'excuse d'une prise de tête.
Cette impression de déjà-vu ne mit pas très longtemps à s'évanouir. Aussi vite, en fait, que mit Harry pour apparaître à côté du couple et jeter un coup de pied rageur dans le corps qui était étendu devant eux. Ron ne le blâma pas. A vrai dire, il avait eu cette même idée, oui mais voilà, Hermione se trouvait allongée devant lui, complètement évanouie.
Néanmoins, il sentit son cœur se soulever lorsqu'il vit son meilleur ami se mettre à leur hauteur et caresser les cheveux de Hermione, comme il aurait dû le faire, lui, s'il ne s'était pas senti aussi mal. Une main déposée sur son épaule et il dut redescendre sur terre.
- Je suis presque sûr qu'elle n'a rien, Ron. Mais on va la transporter à Ste Mangouste.
- …
- Ron, tu veux que je le fasse ? On ne peut pas rester là plus longtemps, ils vont sans doute revenir.
Seulement, le regard de Ron resta comme bloqué sur le corps du mangemort que Harry venait de tuer par l'avada kedavra. Par Merlin, il avait réellement cru que l'éclair allait toucher quelqu'un d'autre. L'éclair aurait dû toucher quelqu'un d'autre. Il l'avait vu.
- Ron, tu veux que je la porte ?
Cette fois, il repoussa les bras de Harry qui se tendaient vers Hermione. Non, c'était lui le mari, et même s'il n'avait pas réellement joué ce rôle dernièrement, c'était sans doute le moment ou jamais.
Alors, ses bras s'enroulèrent autour de la jeune femme, et il déposa un baiser sur son front étrangement brûlant. Dans tous les cas, il ne devait pas écouter cette douleur qui le lançait dans le bras.
Quelques secondes plus tard, ceux que l'on appelait le trio, arrivèrent dans le hall de Ste Mangouste. Là, ils passèrent outre les nombreuses personnes qui faisaient la queue à divers guichets et filèrent tout droit vers l'aile nouvellement ouverte : celle réservée aux blessures de guerre.
A l'entrée de l'immense vestibule que la lumière reflétant sur le carrelage rendait étrangement lumineux, ils virent prôner une statue grandeur nature de celui qui fut leur ancien directeur. Albus Dumbledore avait été nommé : première victime de la dernière guerre. Cette idée fit froid dans le dos de Harry. Bien sûr qu'il était content de voir cet hommage rendu à Dumbledore, oui mais voilà, des victimes qu'avait faites Voldemort et ses hommes, celle-là était loin d'être la première.
Les pas de Ron se faisaient de plus en plus pressés à mesure que la respiration de Hermione devenait de moins en moins régulière. Et pourtant, il hésita un instant avant de la laisser au soin des médicomages qui s'étaient empressés de la prendre en charge. Et c'est dans une envie de meurtre après s'être fait repousser à l'entrée de la salle d'examen, qu'il se résigna à suivre Harry jusque dans la salle de repos.
Là, sous la lumière faible de la pièce, il sembla revenir sur la douloureuse terre. Il avait failli perdre sa femme et n'avait rien fait pour la sauver.
- Ron, elle va s'en sortir, tu sais…
- Oui je le sais…
- Pourtant, tu me sembles… préoccupé.
- Ma femme revient des portes de la mort. Il est de mon droit d'être préoccupé, non ? Tu ne vas pas me reprocher de paraître préoccupé ? Parce que je peux essayer de sourire si ça peut t'apaiser !
L'élu soupira et d'une voix qu'il tenta de faire paraître neutre, il répondit :
- Inutile d'être désagréable…
- Sais-tu au moins ce que j'ai vécu ce soir ?
- Par Merlin, Ron, tu crois que je n'ai pas eu peur ? Tu crois que ça ne m'a rien fait de la voir allongée par terre avec ces hommes qui… qui cherchaient le meilleur moyen de la tuer ? Et ne me sors pas cette excuse de « c'est pas ta femme ». Parce que tu as raison, ce n'est pas ma femme, elle n'est pas de ma famille mais c'est tout comme. Et puis surtout Ron, avant de vouloir te servir de cette situation pour me la faire boucler, essaye avant de l'assumer.
- Tu… Tu ne sais pas de quoi tu parles !
- Ah oui, parce qu'avant de recevoir cet hibou, tu savais que tu allais épouser Hermione, c'est ça ?
- Il n'y aucun rapport !
- Tu veux que je te dise où est le rapport ? Le rapport, Ron, c'est que tu te sers de ce mariage pour accepter les sentiments que tu as toujours eus pour Hermione. Tu essayes de nous faire croire que tu l'aimes et la protèges parce que tu as déposé ton nom à côté du sien sur l'acte de mariage. Mais le problème, Ron, c'est quand tu ne te rends même pas compte que tu as besoin d'une excuse pour l'aimer… une excuse pour nous dire que tu l'aimes. Et si réellement, il te faut un coup comme aujourd'hui pour t'en rendre compte, ta première lettre d'amour, c'est sur sa tombe qu'il te faudra aller la déposer.
Sur ces mots, et blanc de colère, Harry quitta la pièce sans un regard arrière, laissant derrière lui un jeune homme qui ne cessait de murmurer des « N'importe quoi… aucun rapport ».
Et pourtant, même si Ron ne pouvait se l'avouer pour cause de fierté masculine, les mots de Harry ne cessaient d'embrouiller son esprit. Quand il y réfléchissait bien, voilà exactement ce qu'il avait dit à Hermione avant de la laisser partir, non ? Oui, il lui avait, peut-être pas clairement, avoué ses sentiments, mais le mot de « mariage » était apparu plus d'une fois dans la conversation.
Plus que jamais, il avait cette envie d'écorcher le hibou qui leur avait envoyé cette missive, oui mais voilà, il se surprit à se lever dans un bond quand il entendit le médicomage lui demander :
- Vous êtes de la famille de Hermione Weasley ?
Il hocha la tête, perdant ce courage de lui dire qu'il était son mari. Piètre mari qui aurait pu valoir la vie de sa femme. C'était décidé, le terme « mariage » allait être banni de son vocabulaire.
Seulement, quand il pénétra dans la chambre où Hermione se reposait, quand il entra dans la chambre et qu'il vit ses yeux ouverts et baignés par les larmes, il fut certain de son rôle. Il devait les empêcher de passer ses paupières.
Alors, il se força à sourire et d'une démarche sûre, s'avança dans la chambre dans un :
- Ca va ?
Il avait réussi, un sourire s'était propagé sur les lèvres de la jeune femme.
- Toujours le mot pour rire, Ron…
- Bon d'accord, ça ne va pas si mal ?
- Le médicomage a dit que ça irait mieux dans quelques jours.
- Alors je suis confiant.
