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Chapitre 40 : l'excuse d'un retour.

Hermione marchait d'un pas résolu à travers son jardin. Décidée à retrouver son « chez-elle » le plus vite possible, elle tentait de passer outre les étranges bruits qui la faisaient frissonner. « Vous aurez tendance à revivre les événements passés » lui avait-on dit. Tout ça pour la prévenir qu'elle allait devenir parano…

Une situation qui lui avait valu un séjour prolongé à Ste mangouste. Pourtant, on lui avait bien dit « dans quelques jours tout ira mieux… » Quelques jours qui étaient devenus semaines.

Elle s'arrêta un instant en s'appuyant sur la barrière que formait les buissons touffus de leur jardin, et repoussa d'un geste nonchalant la main que lui tendait Ron.

- Ron… je ne suis pas à l'agonie tu sais… évites de te comporter avec moi comme si j'étais en sursis.

- Je… j'ai juste…

- … eu peur pour moi… je sais ça.

- Et je…

- Tu t'en veux de m'avoir laissée partir et pour finir… tu es mon mari.

Ron se figea et se résigna alors à lui venir en aide. Il devait l'avouer, Hermione avait raison… pour toutes les raisons qu'elle venait d'énumérer, il s'était fait un tantinet collant. Pire… il était devenu en quelques jours, le clone de sa mère.

- Ron… ne fais pas cette tête là. C'est… comment dire… très agréable de… enfin tu vois…

Le jeune homme hocha la tête et ouvrit la porte de leur maison d'un coup de baguette. Là, il fit comme d'habitude, tenta de résister contre l'envie de présenter une tasse de thé à sa femme. Il s'assit, et entreprit de feuilleter un vieux journal qui relatait la capture massive de mangemorts, dans l'est de la Finlande. Il en aurait presque oublié qu'il y a quelques jours, Voldemort lui-même était tombé… Il en aurait presque oublié que c'était ça, qui aurait pu valoir la vie de son meilleur ami… ça qui faisait que ce dernier n'avait toujours pas reprit conscience.

Il dut rester un moment silencieux, vacant à ses souvenirs douloureux, car il sentit soudainement la main de Hermione se poser sur son épaule, et se leva dans un sursaut.

- Je… assieds-toi 'Mione, tu ne dois pas rester debout…

- Quelque chose ne va pas Ron ?

- Je… tout va très bien.

Un ton résolu… bien trop finalement pour pouvoir être pris au sérieux. Il dut se faire violence pour ne pas faillir devant le regard soudainement froid de sa femme.

Il dégagea une nouvelle chaise d'un coup de baguette et s'installa dessus, reprenant la « lecture » de son journal, jusqu'à ce que…

- Tu sais, moi aussi je suis inquiète pour Harry. Mais, il a vaincu Voldemort et…

- Cesses de parler de Tu-sais-qui. Je ne m'en fais pas pour Harry. Je sais très bien qu'il va s'en sortir. Ce qui m'inquiète, c'est…

- C'est ?

Ron leva les yeux vers sa femme et tentant de ne pas céder à l'envie de revenir sur ses dernières paroles, il poursuivit :

- Est-ce que tu crois qu'on arrivera un jour à se parler ? A se dire les trucs sans passer par mille chemins avant ? Est-ce que tu crois qu'on arrivera un jour à ne pas craindre la réaction de l'autre ?

- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?

- Harry m'a fait prendre conscience de certaines choses et… cette fichue guerre d'autres encore.

- Tu sais, nous deux, ça a toujours été soit du blanc, soit du noir. Jamais une seule nuance de gris. Alors je ne vois pas pourquoi ça te dérange soudainement…

- PARCE QUE JE… Tu comprends rien à rien.

Son souffle se coupa machinalement quand il se rendit compte du ton qu'avait pris sa voix et surtout, de la nature de ses propos. Il en était sûr, d'ici quelques secondes la foudre allait s'abattre sur leur petite maison. Et pourtant, Hermione haussa le sourcil droit comme elle savait si bien le faire, et attendit, sans aucun signe d'énervement apparent.

- C'est ça le problème ! On n'est pas censé avoir le même genre de relations que celles que nous avions à onze ans !

- …

- Rha ! De toute façon, ça ne va mener à rien cette…

- Continue !

Hermione venait de prendre la main de Ron, avant que celui-ci ne se dématérialise devant elle. Le jeune homme soupira, se rassit, et tenta de poursuivre.

- Tu vois le problème, c'est… enfin… tu vois…

- Pas vraiment…

- Tu ne fais pas d'efforts aussi !

- Ah, parce que j'aurais du comprendre quelque chose là ? Attends, laisse-moi essayer… Le problème Ron, c'est que tu viens de te rendre compte que le mariage, c'était pas du bluff et qu'on allait vraiment devoir se supporter toute notre vie. C'était bien beau jusque là… un pacte avec le ministère pour protéger les enfants de moldus, pour me protéger. Y'avait pas le choix. Ca faisait partit de ta mission. Puis, il y a eu l'arrivée de Maya, alors là aussi c'était bien beau de jouer les mariés. D'autant plus que le rôle te collait à la peau plus que jamais. On avait besoin de ce statut pour sauver la petite. Oui mais voilà, sa sœur retrouvée, ses parents revenus, Maya n'est plus avec nous. Une raison de plus qui s'envole, en même temps que la menace qui pesait sur les enfants de moldus.

- Tu… es à côté de la plaque…

- Vraiment ? Alors dis moi ce qui ne va pas ?

Comment lui avouer que justement ce qui n'allait pas, était tout le contraire de ce qu'elle venait d'énoncer ? Comment lui faire comprendre que justement, ce qui n'allait pas, c'était le fait qu'il avait toujours pris ce rôle de mari au sérieux, Maya ou pas, menace ou pas. Oui, il était devenu son mari sans qu'il ait pu mettre un nom sur les sentiments qui l'envahissaient à chaque fois qu'il croisait son regard, à chaque fois qu'il la savait en danger.

- Tu sais quoi Ron. De toute façon, on ne devrait pas tarder à recevoir le papier qui va nous donner la possibilité d'annuler ce fichu mariage. Alors si c'est que tu veux faire, et bien tu le feras !

- C'est ce que tu voudrais ?

- Je… ce n'est pas la question !

- C'est ma question Hermione ! Je sais exactement ce que je veux et j'aimerais savoir si c'est ton cas…

- Je… enfin…

- Par Merlin, on n'arrivera donc jamais à se dire les choses telles qu'elles sont !

- Tu as la bonne place ! C'est toi qui pose la question et…

Sa phrase fut interrompue par un sourire qui vînt défier la hargne qu'elle avait pourtant mise dans sa voix.

- Tu peux me dire ce qui te fait rire !

- Nous, Ron… Tu te rends compte que… qu'on arrive à s'engueuler alors qu'on… on est entrain de s'avouer que…

- C'est vrai ? Tu m'avoues que…

- Je crois que… qu'on ferait mieux de trouver un autre moyen pour parler parce que…

Elle n'eut le temps de finir sa phrase que des lèvres vinrent frôler les siennes et la forcer à se taire. Ou presque… Le visage rougit, elle dû prendre sur elle pour affronter le regard tout aussi gêner de Ron. Et pourtant, elle était sûre d'une chose : il venait de faire ce qu'elle attendait de lui.

- Tu sais faire preuve d'imagination quand tu le veux…

- Quand je le veux…

Leurs regards se trouvèrent, chacun essayant de lire dans l'autre ce qu'il attendait de lui. Et presque naturellement, leurs lèvres se rencontrèrent pour la seconde fois, ne laissant dans leur étreinte aucune autre place à la gêne auparavant ressentie.

Mais avant que les mains de Ron ne passent la limite du tissus, Hermione prit sur elle pour le repousser sans réellement y mettre de foi.

- Tu es sûr qu'on ne fait pas une bêtise ?

- Oh que si… la plus merveilleuse de notre vie.