Vif d'or : C'est comme ça que je le vois, il est un peu perdu, et il a trop de responsabalités... Comme il est Gryffondor et fier de l'être, il en fait trop, et ça ne va pas en s'arrangeant!

Naviek : Eh bien, ils vont remonter la pente... dans le prochain chapitre ', mais on assiste à la rencontre... bref, tu verras bien ;) (suspense...)

Nekochan Miharu : Harry est bien déterminé, en effet, mais tu vas voir que Drago n'est pas en reste non plus... (rougit) j'espère que tu aimeras autant ce chapitre que les derniers... et c'est effectivement la rencontre, et c'est un peu mouvementé, ça, on peut le dire '

ChrisHalliwellPotter : Eh bien la suite n'a pas été très rapide (désolée) mais plus longue , et il se passe des choses (mais les tourteraux n'ont pas encore fini de se chercher ')

III – Une histoire comme celle là ne peut se terminer ainsi...

Je ne sais plus où j'en suis. J'aimerais vous dire que je suis totalement perdu, dépassé... Mais je suis incroyablement lucide, et ça fait d'autant plus mal. Pourtant la journée d'aujourd'hui avait commencé dans une routine déconcertante, jusqu'à ce qu'on m'appelle.

« Chris ! Le patron veut te voir tout de suite dans son bureau »

« - Oui, j'arrive »

Bien entendu, je faisais ce qu'on me disait sans discuter, je n'avais pas besoin d'attirer l'attention sur moi.

Arrivé devant le bureau du patron, Johan Pyrus, j'essayais d'adopter une attitude décontractée.

Le patron était une des ces personnes chez qui l'escroquerie était plus qu'un don...

Chaque faiblesse était exploitée jusqu'à la limite, et la limite repoussée un peu plus chaque jour...

Ainsi l'on pouvait sans peine dire que le fait d'être convoqué de cette manière n'était en aucun cas une bonne chose... mais je ne me doutais pas encore de tout ce que j'allais devoir endurer à ce moment-là...

Avant de frapper, j'entendis comme une bribe de conversation à laquelle je ne prêtai pas attention, pensant déjà au travail qui m'attendait après l'entretien et je me demandais pourquoi j'étais convoqué.

Je me demandais pour quelle erreur il faudrait que je m'excuse. Lorsque le patron m'ouvrit, l'air plus radieux que jamais.

Alors, je su que les choses allaient très mal tourner.

J'aurais dû m'enfuir, mais mes pas me portèrent jusqu'au fauteuil faisant face au bureau de bois sombre de Mr Pyrus.

Les deux mains sur son bureau, un sourire ignoble collé sur le visage, il faisait terriblement peur a fortiori pour ceux qui le connaissaient un tant soit peu, lui et son caractère. Il disait quelque chose à propos d'amis qu'il aurait sur Londres. Mais moi, je n'écoutais ses babillages que d'une oreille inattentive.

Je réfléchissais.

Comme un fou.

A moi, ma vie, tout ce qu'il m'était arrivé auparavant.

On dit que, lorsqu'on va mourir, on voit sa vie défiler devant ses yeux : l'amour de ses parents, leurs mots réconfortants, son enfance douillette et confortable, le jour où on a eu ses diplômes pour enfin entrer dans la vie active…

Mais je ne voyais rien, hormis lui, Harry Potter.

Même si mon éducation n'avait pas laissé beaucoup de place aux tendres souvenirs d'enfance, il y avait des choses qui auraient dû me venir à l'esprit : les histoires que me racontaient ma mère, les rires s'entremêlant, nos batailles d'oreillers lorsque père n'était pas présent…

Et pourtant, seul son visage me venait à l'esprit. Juste le sien.

Mais aujourd'hui je n'allais pas mourir, enfin, pas vraiment…

« Drago Malfoy, je vous parle ! »

Je relevais alors la tête, feignant l'attention, et ma mine due se décomposer suffisamment pour que cette fouine ne le voie. Grave erreur…

Un tel homme ne peut pas passer à côté de ça…

Un large sourire fendit alors son visage, puis il commença à parler d'une voix étonnamment claire.

« Je me demandais ce qui vous avait amené ici. Votre secret a été plus dur à déceler que ceux de la plupart de vos compagnons. J'en ai presque cru que vous étiez « clean », lorsqu'un de mes amis m'a parlé de l'histoire du jeune Malfoy. J'avais bien remarqué vos manières, et, à ce moment-là, j'ai eu une révélation. Je lui ai demandé à quoi vous ressembliez, et ces nouveaux éléments n'ont fait que confirmer mon point de vue. Vous venez de me donner une preuve supplémentaire de ce que j'avance : quelle réaction stupide, vraiment, je suis déçu !

Ca ne me donne vraiment pas envie d'être gentil à votre égard.

Mais avec votre minois, nous pourrions trouver un terrain d'entente, pour que je ne m'adonne pas à ma seconde passion : les commérages …

Mon sang s'était glacé dans mes veines tout à coup en pensant à ce que ses mots laissaient entendre.

Je le regardais, surpris, et pour tout dire, terrifié. Son air affamé et lubrique me fit avaler de travers ma salive. Mon dieu ! Qu'allait-il encore m'arriver ?

Et que dirait le grand Harry Potter, s'il me voyait dans une telle situation ?

Il en rirait, sans doute, mais son sens très Gryffondorien de la justice le pousserait à me sauver la mise… avant de me donner un aller simple pour Azkaban, accompagné d'un regard froid que je ne supporterais sans doute pas, sauf s'il savait la vérité… mais il ne la sait pas, et ne la saura sans doute jamais…

Pauvre de moi, pourquoi suis-je encore ici ?

Qu'est ce que je fais ?

Pourquoi je m'acharne autant à ma propre survie ?

Pourtant je voudrais avoir l'occasion de le voir et de lui dire…

Tout ce que j'aurais dû lui dire depuis longtemps.

Oui, foi de Malefoy, je sortirai d'ici et je le chercherai : en présentant bien les choses qui sait, peut-être qu'il ne m'enverra pas un avada kedravra entre les yeux… ou peut-être pas…

Enfin c'est bien connu les Malefoy ont la tchatche.

Tout d'un coup une main me fit sortir de mes pensées.

Une main sur ma cuisse.

Je me tournais vers le propriétaire de cette main, outré.

Devant mes yeux le patron arborait son plus mauvais sourire et dit d'une voix rauque :

« Laisse toi faire ou je t'envoie à Azkaban, tu verras, la vie là-bas est paraît il très plaisante… mais tu dois connaître vu la réputation de ta famille. »

Son haleine me donnait envie de vomir…

Mais le pire, ce qui me donnait le plus la nausée c'est que j'étais coincé…

Je venais juste de décréter que j'allais voir Harry pour lui expliquer et un Malefoy ne renonce jamais.

Il ne viendra jamais me voir à Azkaban c'est sûr.

Alors j'étais bloqué.

Et dégoûté, tandis que je sentais son haleine putride s'approcher.

Il avait mangé de l'ail au petit déjeuner ou quoi ?

J'en étais à ce stade de réflexion lorsque que je sentis sa bouche sur la mienne.

Je frémis alors de dégoût et mon cerveau s'était pitoyablement arrêté e mode « beurk » niveau 99. Sa langue força facilement la maigre résistance de ma bouche.

Je ne voulais pas l'arrêter.

Après tout, il fallait sortir libre de ce bureau pour retrouver Harry, mais c'était plus fort que moi : il me répugnait tellement.

Ensuite tout s'est passé très vite, trop vite.

La porte s'est ouverte. Le patron s'est retourné vers le nouvel arrivant et son regard se fit appréciateur.

Je tenta de rendre mon air impassible et me tourna à mon tour vers la porte.

Mon sang ne fit qu'un tour lorsque je vis sur le seuil de la porte un Harry Potter à l'air à la fois désemparé et déboussolé.

Je repoussais avec force le patron et partis à la poursuite du survivant qui n'avait rien trouvé d'autre que la superbe idée de foutre le camp sans prendre le temps de demander son reste.

A se demander s'il n'était pas le serpentard dans l'affaire et moi le gryffondor à vouloir ainsi tout avouer…

Je le rattrapais enfin sur le seuil de l'entrée avant de le pousser dans une petite salle qui nous servait de vestiaires et qui était bien entendu vide à cette heure de la journée.

Quand il se tourna, je fus stupéfait de le voir me lancer un regard noir à travers un envahissant rideau de larmes.

Il commença à avancer vers la porte mais je le retins par le bras, le faisant pivoter vers moi, avant de le serrer dans mes bras.

Dans mon esprit tout était clair, il allait me coller la raclée de ma vie, mais ça en valait le coup, j'avais envie de faire ça depuis si longtemps.

Une éternité me semblait-il.

A ma grande surprise, la raclée ne vint pas.

Et le survivant eut la, ô combien grandiose idée de me serrer plus fort contre lui (la meilleur qu'il ait jamais eu, je dois dire) et de nicher sa tête dans mon cou.

Je sentais son souffle chaud dans ma nuque.

Je frissonnais mais cette fois-ci, plus de dégoût. Je me sentais libre, emprisonné ainsi par ses grands bras chaleureux. Le reste n'existait plus autour.

Les autres ne comptaient plus.

Les autres n'avaient jamais compté face à lui.

Alors je me reculais légèrement pour pouvoir le contempler.

Admirer ce beau visage, que j'avais espéré voir de visu tant de fois.

Mais des larmes salées inondaient ses joues et ces larmes n'auraient jamais dû avoir à exister. Les larmes d'un ange.

Un ange déchu par les épreuves qu'il avait dû surmonter malgré son jeune âge.

Mes bras étant déjà pris (et comment !) je rapprochais mon visage du sien et commençais à effacer ses pleurs avec ma propre joue.

Doucement, tendrement.

Avec tout l'amour que mon cœur pouvait contenir pour lui.

Avec une précaution infinie comme on manipule une œuvre d'art, un objet inestimable, fragile, de peur qu'il ne se brise si on le serrait trop fort ou si on le touchait trop abruptement. Mes joues buvaient ces perles d'eau salée.

Mon être se réchauffait de sa proximité, de sa chaleur, de sa luminosité.

De cette aura si merveilleuse, indescriptible.

Tout mon être s'en abreuvait comme un assoiffé d'une source d'eau claire.

Son regard, d'un vert si intense posait milles questions auxquelles j'aurais eu probablement de la peine à répondre s'il me les avait énoncées tout de go.

Ma peau ne se lassait pas de la sienne si chaude.

Mon nez ne se lassait pas de son odeur boisée et musquée.

Mes oreilles fondaient sous la musique de sa respiration tremblante.

Mes lèvres capturaient des perles d'eau et leur goût faisait battre mon cœur comme jamais.

Et je le voyais, si perdu, si beau, presque trop pour un être tel que moi.

Avait il une idée de ce que je faisais pour vivre ?

Je n'étais pas un ange et je me serais bien damné pour l'avoir, pour le voir tous les jours de ma vie. Chaque matin, près de moi, dormant paisiblement entre nos draps.

Chaque midi, mangeant avec moi, autour d'un bon repas.

Chaque soir entre mes bras, illuminant encore et encore mon cœur de joie.

Il posa son front sur le mien, nos nez se touchant, en immobilisant ainsi mon visage.

Ses yeux verts cherchant les miens.

Vous ai-je déjà dis ce que je trouvais fantastique dans ces yeux ?

Leur pureté, leur fraîcheur, leur pétillement.

Leur expressivité.

Dans ses yeux on pouvait voir tout ce que la vie pouvait nous donner de plus beau.

Un aperçu du paradis, de l'Eden… Comment ne pas s'y noyer ?

Ils sont juste si profond, qu'on ne peut qu'y sombrer.

Mais pas de chemin de retour.

Je fixais ses lèvres, ne pouvant faire face à son regard si pur, si brute, presque animal.

Son souffle venait s'échouer sur les miennes, envoyant de petites décharges électriques dans tout mon corps.

Je fermai les yeux sous cette caresse aérienne.

Puis comme un effleurement sur mes lèvres me ramena à la réalité.

Il m'embrassait ! Lui ! Il m'embrassait, moi !

Il semblait affairé à goûter et à savourer ma lèvre inférieure.

Tout à son occupation, il ne vit pas la surprise se peindre dans mon regard, ni la myriade d'émotions qui la suivi.

Tout mon être était tourné vers lui, vers cet instant.

Pour le graver dans ma mémoire, comme un coin de ciel bleu dans le gris de mon horizon intérieur. J'étais tellement terne et lui si étincelant, éblouissant. En cet instant en tout cas, il m'éblouissait, moi.

Moi le pauvre serveur de ce bar miteux.

Moi Drago Malefoy, l'assassin, ex Mangemort, recherché.

Moi l'homme qui l'aimait et qu'il était en train d'embrasser.

Quelles que furent les raisons de son acte, je lui répondis avec autant de ferveur que vous pouvez imaginer dans une telle situation.

Je ne sais pas pendant combien de temps nous sommes restés là, s'embrassant comme si nos vies en dépendaient.

Dans un sens, c'était peut-être le cas d'ailleurs… En tout cas de mon côté : je pouvais bien mourir après avoir vécu un bonheur pareil.

Il ne manquait plus au tableau que la chute cruelle qui ne raterait pas de m'entraîner au tréfonds de mon gouffre personnel.

Ensuite nous nous sommes mis à nous fixer mutuellement, à nous jauger du regard.

Quel comportement adopter ?

Faudrait il encore camoufler ses sentiments pour ne pas être abandonné ?

Nous semblâmes nous accorder sur le regard appréciateur, celui « j'aime bien ton physique et t'as pas l'air trop chiant ».

Mais c'était un bon début.

Un début comme un autre après tout.

Une chance de continuer.

Nous nous sourîmes et puis il fronça les sourcils semblant se rappeler quelque chose.

Il dit : « Et l'autre ? »

L'autre quoi ? Le patron ?

C'est vrai qu'il avait vu le « baiser » !

Je lui dis pince sans rire : « c'est un porc, je n'avais pas le choix, parlons d'autre chose. »

Il me lança alors ce regard incroyablement Gryffondorien qui semblait me balancer à la figure : « Je suis le héros défenseur de la justice, de la veuve, de l'orphelin, du beurre et de l'argent du beurre (moldu et sorcier confondu) et si tu ne me racontes pas tous tes petits malheurs en live je te les arrache par les trous de nez (ou par les oreilles) ».

Bref… je n'ai pas eu le choix, vous comprenez, et j'ai raconté l'entrevue avec le patron.

Il semble dégoûté, formidablement énervé et … déterminé.

D'un coup, sans trop savoir pourquoi j'ai eu très peur.

Voyez vous mon seul et unique amour a toujours eu de la ressource alliée aux idées les plus inventives pour se fourrer dans les ennuis jusqu'à la pointe de la baguette magique.

A ce moment là, je ne savais hélas, pas à quel point j'avais raison de m'inquiéter…

Il sortit et je le suivis en courant, en me maudissant de ne pas avoir pris ma baguette.

Il entra dans le bureau de Johan Pyrus, le faisant sursauter et lui déballa de but en blanc :

« Je sais que vous avez repris vos activités d'escroc contre des personnes recherchées et aisément manipulable, votre conduite est inqualifiable et je vais me charger de vous amener à Azkaban moi-même. Vous devez connaître, vu le temps que vous y avez passé, n'est ce pas ? »

Quel imbécile, vraiment, il n'y avait qu'un Gryffondor pour oser sortir une chose pareille à un type qu'il sait dangereux à souhait.

Il ne manque pas d'air, mais je l'aime comme ça…

Je suis vraiment désespérant, pas vrai ?

Je me rapproche d'Harry, le regarde, si sûr de lui, si beau.

Je pose ma main sur son bras, il faut qu'on parte, j'ai un mauvais pressentiment.

Il se tourne vers moi et me sourit.

Je vois derrière lui le patron sortir la baguette de son bureau et je me poste devant Harry : s'il a survécu jusqu'à maintenant, ce n'est pas pour se faire tuer par un minable escroc dans le trou du cul du monde.

Ses réflexes sont plus rapide et il est plus fort aussi : il échange les rôles.

Un seul mot me vient à l'esprit alors qu'il s'écroulait sur le sol dans un bruit mat : Pourquoi ?

Je voulais mourir pour lui, parce que je l'aimais, que c'est la chose la plus merveilleuse que j'aurai pu faire de ma vie : lui permettre de vivre.

Mais pour lui, rien de tout ça, juste un sens du sacrifice de rouge et or.

Une larme coula sur ma joue.

J'étais trop choqué pour faire quoi que ce soit.

Mais que devais je faire sans Harry ?

Vivre ?

Je m'approcha de lui et transplana dans mon appartement.

Je l'allongea, essaya de le soigner mais je n'arrivais à rien.

Je transplana alors à Ste Mangouste et hurlais pour avoir de l'aide.

J'étais alors couvert de mes larmes et de son sang.

Ne s'arrêterait il jamais de couler tout ce sang ?

J'avais envie de vomir, j'avais envie de mourir… J'attendais.

On arriva pour me demander mon nom.

Mais les seuls mots s'échappant de ma bouche réclamaient Harry, sa voix, sa chaleur, le simple fait qu'il soit en vie.

Je crois bien qu'à ce moment là, je délirais à voix haute.

Fou de douleur et d'anxiété.

Le médecin aussi devait penser la même chose car il repartit en soupirant.

Plus tard, il revint, je ne sais pas trop combien de temps après.

Il me fit que c'était trop tard et qu'il n'avait rien pu faire.

Il recommença à me poser des questions que je n'entendais plus.

Pas d'horribles souffrances, pas de larmes, mais un vide titanesque me remplit alors et me sidéra. C'était ça mourir de l'intérieur ?

Je pouvais presque me voir sortir de mon corps et flotter jusqu'à Harry, où qu'il se trouvât.

Le voix du médecin devint plus forte, je le regardais, vide.

Harry n'était plus et je n'étais plus que néant.

Mon regard se troubla.

D'où venaient toutes ces larmes ?

D'où venait toute cette eau ?

J'étais pourtant mort, non ?

Le médecin me regardait, sans doute inquiet pour ma santé mentale et pour sa sécurité tout court.

Partir.

J'étouffais soudain.

Je me retourna et m'enfuis.

Je ne savais pas où j'étais.

Il faisait nuit et je déambulais dans les rues tel un zombie.

Un mort vivant que j'étais.

Mort à l'intérieur et vivant à l'extérieur.

Une épave.

Je n'avais plus alors conscience de rien autour de moi. Toutes ces austères bâtisses semblaient venues tout droit d'un autre monde, un monde étranger, qui ne me concernait en rien. Plus rien ne me concernait. Harry était mort. Ma raison de vivre était morte. Je m'arrêtais soudain. J'étais au milieu d'un chantier de démolition, et je n'avais plus d'autre issue que le chemin par lequel j'étais arrivé. Ces décombres me rappelaient les ruines de mon cœur et de tout mon être : Drago Malfoy avait disparu en même temps que Harry Potter.

Dans mon cœur, une lame de fond emporta ce vide, découvrant une plaie béante, et je m'étonnais d'être encore là, encore en vie, après avoir tant semé de malheur autour de moi. Ce mot me revint avec toute la force de mon désespoir : pourquoi ?

Pourquoi cette histoire devait-elle se terminer ainsi, avant même d'avoir réellement débuté ? Je fermais les yeux et me rappela de la saveur des lèvres d'Harry sur les miennes.

Des picotements dans ma lèvre inférieure. Mais les picotements laissaient place à un vide infini. Pourquoi ? Pourquoi étais-je si faible ? Pourquoi ne m'avait-il pas laissé recevoir ce maudit sort ? En ce moment même, je haïssais Harry Potter et sa conduite Gryffondoresque. Je le haïssais avec toute la force de mon amour. Des larmes de rage et de désespoir déferlèrent sur mes joues, ces joues qui avaient bu celle de celui que j'aimais.

Ma voix s'érailla alors que je criais contre ce monde la question qui résonnait en moi, qui me broyait le cœur et qui emprisonnait mes sens dans ce monde inconnu, dans ce monde hostile, dans ce monde … sans Potter.

« Pourquoi ? »

Les échos de ma voix me renvoyaient ma question, et nulle réponse ne vint perturber ma douleur.

Sans savoir comment, sans comprendre pourquoi, ma voix répétait comme une formule magique « pourquoi, pourquoi ? »

Cette formule brisa ma voix et agrandit le vide de mon âme, de mon esprit.

Quand je n'avais plus ni la voix, ni la force de continuer, je partis, simplement, errant comme une âme en peine à travers les ruelles sombres de Londres….

Au petit matin je ne savais plus où j'étais.

Mas larmes s'étaient taries.

J'avais des vertiges et cette nausée devenait de plus en plus pressante.

Elle m'engloutissait.

Les lueurs de l'aube naissante, tombaient alors en filets de lumière sur une pancarte :

« Le survivant assassiné.

Le cadet recherché des Malefoy, reconnu sur les lieux du crime dans la ville de Saulen.

Appel à témoins ! »

Et à côté de celle-ci, une autre, plus petite :

« Le survivant, qui pour une raison mystérieuse, protégeait les biens des Malefoy, n'est plus. En l'absence de testament, le manoir sera ouvert au public pour liquidation des biens mobiliers s'y trouvant. Pour vous y rendre suivez le plan ci-dessous. »

Sans me rendre vraiment compte de quoi que ce soit, je me retrouvais devant l'imposante bâtisse où j'avais passé la majeure partie de mon enfance.

La tristesse des souvenirs m'envahissait. Au passage, j'avais trouvé deux, trois ornements pour me déguiser.

Une longue cape à capuchon, des lunettes à verres épais qui ne modifiaient pas la vue (ne me demandez pas ce qu'elles faisaient là).

Je devais ressembler à Mme Trelawney, ainsi accoutré.

J'entrais dans le hall d'entrée. Je me revoyais, enfant, poussant la porte en courant et en riant, poursuivi par ma mère, lorsque Père était absent.

Et mes pas me conduisirent à son bureau, à elle.

Qui aurait pensé que Narcissa Malfoy avait un bureau ?

Moi, je le savais.

L'entrée était secrète, et c'était notre secret, à tous les deux.

Lorsque j'ouvris la porte, le parfum de ma mère s'engouffra dans mes narines, me donnant l'impression irréelle de sa présence à mes côtés.

Cette odeur était restée toutes ces années… Au mur, en face de moi, son portrait.

Je m'adressais alors à lui : « Pourquoi ? »

Le portrait ne réagit pas, bien entendu.

Un des rares objets moldus que recelait la maison…

Ma mère avait aimé un peintre moldu, et il était mort, et elle avait épousé mon père.

J'étais né.

Et puis, elle avait entassé ses secrets ici, à l'abri de la vue de tous.

De tous sauf d'elle et moi.

J'étais le seul à voir qui elle était vraiment. Elle n'était elle que seule, ou en ma présence uniquement.

J'ai donc eut l'énorme chance de la connaître telle qu'elle était, et de me savoir aimer, grâce à elle…

Et elle était morte, comme ça ? Et Harry aussi ?

Pourquoi fallait-il que tout ceux que j'aimais meurent sous mes yeux, sans que je puisse rien y faire ?

Soudain, un éclat étrange retint mon attention.

Au milieu des étagères, brillait une potion noire aux reflets cuivrés. Je retins mon souffle. La potion ''sans retour''. Une dose de potion ''sans retour''.

« La potion de sans retour est une potion à effet« retourneur de temps », à la différence près que tout est effacé, et qu'on « revit » notre journée à partir du moment de retour.

Elle ramène un certain nombre d'heure en arrière selon la dose qu'on « en prend », elle fait partie de l'ancienne magie, et sa recette a été oubliée par presque tous, sans même prendre en compte le fait qu'elle soit extrêmement difficile à préparer. »

La potion de sans retour.

C'était exactement ce qu'il me fallait.

Mais il fallait encore me trouver un moyen de donner une autre tournure aux évènements pour que Harry soit sauvé.

Comme c'était récent, l'ordre des choses n'allait pas en être bouleversé, et puis, soyons honnêtes, à ce moment- là, l'ordre des choses m'importait peu……

Je commençai donc à réfléchir.

Il était mort car il avait clamé qui il était et ses intentions.

Il a fait ce qu'il a fait pour me sortir de là.

Il voulait me sortir de là parce que je lui ai tout raconté.

Je lui ai tout raconté car je ne peux pas lui dire « non » quand il utilise certains arguments.

Il a eu l'audace de les donner car je lui ai sauté dessus.

Je lui ai sauté dessus parce que je m'étais résolu à tout lui dire.

J'avais résolu de tout lui dire car j'étais sûr que je finirais à Azkaban, que je ne voulais pas qu'il se méprenne, et que le patron me collait la nausée, et, il faut bien le dire, me faisait peur.

Résolutions :

N°1 – laisser croire à Harry que je suis consentant, pour l'histoire du patron

N°2 – Le traiter avec froideur et mépris (comme avant)

N°3 - Ne pas le poursuivre lorsqu'il partira du bureau

N°5 - Se préparer psychologiquement à souffrir pour ne pas le voir mourir et souffrir bien plus encore de cette perte irrémédiable.

Sans attendre un instant de plus, je bus la potion d'un trait.

Pendant un instant, mon esprit s'embruma et je repris peu à peu pied dans la réalité, en me demandant « quand » j'allais arriver…

J'étais dans le placard et Harry attendait une réponse à une question, visiblement. Ne sachant ce qu'il m'avait demandé, j'essayais de me mettre dans la peau de mon nouveau rôle de salaud, en lui lançant un « Quoi ? » agressif.

Il fût surpris de ma réaction, et puis il grogna :

« C'est à toi de me le dire : c'est toi qui m'a attiré dans cette pièce, au cas où tu ne t'en souviendrais pas ! »

Je fermai les yeux. Ce que je s'apprêtais à dire allait le faire souffrir, mais je devais le faire… pour le bien de Harry.

« Je voulais te demander ce que tu fais ici ! Si tu as l'intention de m'envoyer à Azkaban, fais-le, mais ne prends pas cet air choqué de bonne sœur ! Ca me répugne venant d'un meurtrier ! »

Harry avala douloureusement sa salive, cherchant ses mots. Sa défense se trouvait bien sûr dans l'attaque.

« Je ne suis pas venu pour toi, Malfoy, un être aussi pitoyable que toi ne mérite même pas qu'on se penche sur son cas pour l'arrêter. Tu me fais pitié, allez, je te laisse jusqu'à demain pour partir d'ici, de toute façon, je ferme l'entreprise, tu devras te débrouiller autrement ! »

Je me demandais comment j'allais survivre à présent. C'était très dur de se trouver un emploi, sans parler du logement, et il ne fallait pas que je sois trop vu, ou trop près de la capitale…

Je n'avais pas d'amis. Les mangemorts connaissaient ma traîtrise, et me recherchaient pour vengeance, et leurs ennemis, qui ne connaissaient pas mon passé d'espion, me recherchaient pour m'enfermer à Azkaban, ou pire : me donner le baiser du détraqueur…

Harry partit, me laissant pantelant. J'étais heureux, infiniment heureux de le savoir en vie, mais je tirais aussi un trait sur mon bonheur. Un sens du sacrifice purement Gryffondorien. Je souris. Harry déteignait sur moi.

Je sortais un peu plus tard, rentrais chez moi, prenais mes valises, et errais de nouveau dans les rues, pour me rappeler que je n'avais pas perdu Harry, que Harry n'était pas mort.

Je finis par retomber chez moi, et en essayant de rentrer mécaniquement, je m'aperçu que la porte n'était pas fermée à clef… j'entrais pour redécouvrir mon ancienne demeure…

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POV Harry

En sortant de ce bar miteux, je m'arrêtais sur le pas de la porte, fermais les yeux et soupirais. Qu'avais-je fais ? La colère bouillonnait en moi… Pourquoi cet orgueil m'avait empêché de le prendre dans mes bras ? Pourquoi me considérait-il encore comme un ennemi…

C'est peut-être ce que j'étais, un ennemi… Je savais que j'aurais dû l'innocenter, mais je voulais le retrouver, plus que tout au monde, je voulais qu'il ai besoin de moi, qu'il le sache, qu'il soit obligé de passer du temps avec moi, pour me connaître, et peut-être lui apprendre à m'apprécier tel que je suis, et non pas tel qu'il doit m'imaginer, car je me doutais bien qu'il devait avoir une bien piètre image de moi…

J'étais ridicule. Pitoyable. Je m'en rendais compte à ce moment là, et la colère mêlée de douleur me traversa, comme une lame de fond, emportant tout sur son passage, ma magie commençait à crépiter, il fallait que je parte.

Je mis donc le cap vers le lieu qui me calmait le plus, une petite crique, un bord de mer sur une île que j'avais achetée, une île non habitable…

Le temps était mauvais, et les vagues claquaient en allant s'échouer sur la plage, le ciel gris était orageux, et me fit immédiatement penser à Drago.

Nous étions du même côté, pourquoi ne pas avoir oublier nos différents. Je détestais Drago de ne pas m'avoir donné une petite chance, si infime soit-elle… Et je me détestais moi-même d'exiger une seconde chance de la part de l'homme de ma vie.

Mes sentiments contradictoires tourbillonnaient en moi, ma magie tourbillonnait autour de moi, et le décor semblait lui-même refléter le tréfonds de mon âme, dans ce tumultueux ballet de vagues, et d'écumes.

Une fois calmé, une fois ma magie revenue à sa place, je me sentais étrangement vide, abandonné.

Je tombai alors à genoux dans le sable humide, fixant mes mains, qui n'avaient pas su le retenir… Les larmes tombèrent de mes joues à ce moment-là, et je me rendis compte que je pleurais comme un premier né. Je crispa mes poings à m'en faire mal en hoquetant péniblement, face à moi-même.

« Pourquoi ? »

Pourquoi ce destin si noir ? Pourquoi un amour si impossible, il me semblait que le ciel se jouait de moi, moi qui autrefois étais traité d'anormal par ma tante, je ne rêvais que de normalité. Vivre avec la personne que j'aime. N'avoir que des soucis du quotidien en tête, comme « est-ce qu'il a payé les factures », « est-ce qu'on à fait les courses », et « est-ce que j'ai fini mon rapport pour mon patron ? »

Pourquoi le sort se jouait-il de moi comme ça ?

Je me tournais vers le ciel, qui semblait être un miroir aux tumultes des flots, ses nuages étant balayés constamment, tournoyants, semblant protéger une entité en colère.

Je criais alors à ce ciel qui ne m'avait pas épargné.

« Pourquoi ? »

Comme un défi au Très-Haut, comme une complainte de l'homme blessé que j'étais, comme un cri d'agonie, une supplique.

La mer sembla transporter mes paroles vers ce ciel qui me les renvoyait comme pour se moquer de moi, de ma destinée misérable d'homme malheureux.

De plus en plus énervé, emmuré dans ma douleur, je répétais cette litanie, toujours plus fort, plus violemment. Comme un défi aux Dieux. Comme une défi au destin.

Jusqu'à ce que ma voix s'éraille, et même au-delà, avant d'envoyer des regards noirs à ces cieux si méprisables à ce moment.

Je restais ici des heures, et, comme un somnambule, au milieu de la nuit, je transplannais chez moi. Seul. Si seul en ce moment même que j'en avais envie de mourir. Mais le survivant ne mourait pas : il survivait encore, et encore, dans les orages les plus féroces…Envers, et contre tous.

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