Chapitre 4 – Là où les âmes soeurs se rencontrent enfin ...
Drago eut un frisson, rien n'avait changé dans son manoir.
Il passa dans toutes les pièces, et fini par aller dans sa chambre, où le lit était encore fait, intact.
Ses draps humides avaient une odeur de vieux. De passé.
L'époque où il habitait ici était passée.
Il ne pouvait pas aller au-devant de Harry. Il ne le supporterait pas, s'il était encore rejeté.
Il s'assis sur son lit et soupira. Il était bien, là, il n'avait plus le courage d'en faire plus.
Plus le courage de sortir d'ici.
Alors, il s'installa dans son lit en priant pour que, quand on le retrouve, il soit bien trop tard.
Il n'avait pas l'impression de mériter plus que cette vie de fuite.
Il verrait le lendemain ce qui allait lui arriver. La capitale était dangereuse pour lui, mais il espérait éviter les ennuis.
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POV Harry
Lorsque le jour se leva, je me sentais un peu mieux.
Je savais ce qu'il fallait faire. Il fallait fermer ce bar, et interroger tous les employés.
Il fallait innocenter Drago, puis tenter de suivre sa piste…
Il fallait le retrouver, et je n'allais pas lui laisser le temps de m'insulter…
Je ne pouvais plus continuer à vivre ce semblant de vie, cette mascarade stupide. Si je ne trouvais pas Drago, pourquoi essayer de trouver des criminels recherchés ? A quoi bon ?
Chassant mes pensées néfastes, je descendis vers sa cuisine. A présent, j'avais une belle maison, dans la campagne. Une maison dont j'avais toujours rêvé, pas trop loin de la ville, mais tout de même loin du stress de celle-ci…
« Une maison parfaite pour une vie de famille » aurait ironisé Hermione…
Hermione. Elle m'avait tellement fait réfléchir sur les choses.
Sur Drago, par exemple. C'est grâce à elle et à ses remarques simples que j'ai su voir à travers cette apparence froide et cruelle. C'est grâce à tous les petits faits anodins qu'elle remarquait naturellement que j'avais su voir clair en moi.
C'est grâce à elle que j'ai pu accepter mon amour pour lui. Et elle était morte, et il avait fui. Dans cette histoire, je n'avais pas eu droit au chapitre, mais ce chapitre, j'allais bien l'écrire « envers et contre tous », ainsi va la devise du survivant.
Envers et contre tous, je le sauverai, et ce, même malgré lui.
J'appelais le ministère, joignant mon patron, en expliquant que j'avais surpris de visu un chantage. Ce n'était pas vrai, mais quand j'avais vu le patron, j'avais su qu'il était mauvais. Et Drago semblait dégoûté… Certains employés étaient sur les nerfs, et j'avais reconnu certains autres serveurs comme étant des criminels notoires…
Je terminais ma conversation en mentionnant la lettre d'Hermione, en précisant que je l'avais faite expertiser par des caligraphomages de haut niveau, et que ce n'était pas une fausse, elle n'avait pas non plus été faite sous la menace. Je voulais en finir avec cette histoire une bonne fois pour toutes.
Toute la journée, je la passais au ministère, pour l'affaire Drago Malfoy.
Les médias en avaient fait leurs choux gras, et les titres allaient être publiés dès le lendemain, probablement en première page !
Je n'hésitais pas à prendre la parole en sa faveur, le décrivant comme un héros de guerre, un espion qui avait su se cacher même de son camps, pour garder sa position, et ayant ainsi vécu des années au contact d'ennemis seulement, sa seule amie étant alors la défunte Hermione Granger.
Je finis par déambuler dans les rues de Londres, pendant des heures durant.
Les allées se succédaient aux rues, et boutiques et maisons se suivaient comme des wagons, dans un train immense.
Je finis par atterrir sur une petite place, fondée autour d'un petit bassin d'eau fait de mosaïque bleutée. L'air était frais. Deux bancs faisaient face à cette fontaine, et le coin était si calme… On aurait pensé que personne n'habitait ici, s'il n'y avait pas de linge étendu aux fenêtres…
Je m'assis, et sorti un calepin de ma poche. Après lui avoir redonné sa taille normale, je pris une gomme et un crayon, puis je commençais à dessiner cette fontaine.
J'y passait peut-être une demie heure, plus précisément jusqu'à ce qu'un bruit ne me fasse sortir de mes pensées. Un bruit de poubelle renversée. Je releva la tête et fût estomaqué.
Drago, était là, et semblait reculer devant quelque chose de menaçant que je ne pouvais apercevoir. En effet, il se trouvait sur une rue débouchant en face de moi, de l'autre côté de la place. Il ne me voyait pas, et serrait convulsivement un sac de provisions contre lui.
Il dérapa et tomba. Je criais « Drago ! », en apercevant quelque chose de brillant lui arriver dessus. Il cria. Je me précipitai vers lui. Quand il me vit, il pâlit et transplana, laissant son sac vidé sur le trottoir, et une flaque de sang derrière lui…
Je tombais à genoux devant cette tâche sombre, et fouilla la rue sans rien y trouver.
Avais-je donc rêvé ?
Cela se pouvait-il ?
Je restais un moment devant les provisions.
Je réparais le sac, pris un peu de sang pour le faire analyser, et rétrécis mes affaires pour les mettre à nouveaux dans ma poche.
Je finis par rentrer chez moi, et ne pris même pas le temps de me changer. Je m'allongeais sur mon lit, tout habillé, plongé dans mes réflexions...Comment faire pour le retrouver ?
Je finis par m'assoupir, plongeant dans un sommeil rempli de cauchemars où des centaines de petits Drago mourraient tués par des objets brillants lancés par des tueurs au visage couvert.
Je me réveillais en sueur à 5 heures du matin avec une seule idée en tête : aller retrouver Drago. Je transplanais directement sur la petite place, où, étrangement la tâche de sang avait disparue du sol. Je commençais à errer, cherchant le plus petit indice. Je retrouvais le commerce où Drago avait effectué ses achats, mais le vieil homme au comptoir y voyait bien trop mal, et était bien trop sourd pour en savoir plus que moi.
Vers midi, j'étais désespéré. Drago tiendrait-il encore longtemps ? Avait-il réussi à se soigner ? Il ne pouvait pas aller à Ste mangouste et semblait avoir perdu beaucoup de sang déjà…
Je me souvenais alors du manoir Malfoy, qui était dans les environs.
Puis, un éclair de lucidité me frappa. J'avais jeté un sortilège à ce manoir pour que Drago et moi seuls puissions y entrer en toute liberté, espérant ainsi le piéger. Mais j'avais surveillé la maison longtemps avant de convenir qu'il ne viendrait pas se jeter comme ça dans la gueule de loup.
Je transplana alors dans l'immense manoir. L'odeur me saisi. Une odeur âpre. Une odeur de sang frais.
Je paniquais véritablement. Et si mon Drago s'était vidé de son sang, si il était…mort ?
Au fur et à mesure de ma fouille frénétique des bâtiments, mon cœur se glaçait. Je n'avais même plus conscience des larmes qui coulaient librement sur mes joues blêmes. Un étau me resserrait le cœur. J'avais l'impression que si je m'arrêtais là, je ne le reverrais sans doute jamais…
Et pendant que je courrais à travers les couloirs, vérifiant chaque pièce, je le revoyais. Je revoyais le moment où j'avais vu son véritable sourire. Je ressentais comme ce jour-là mon cœur s'accélérer… Je revoyais la première fois où je l'avais vu pleuré. Je revoyais le moment où j'avais décidé de l'espionner, caché sous ma cape d'invisibilité. Je me revoyais le protégeant de tous ses ennemis. Je revoyais tous ces moments passés ensembles, sans que lui n'en sache rien. Et j'espérais profondément vivre d'autres moments comme ceux-ci, mais à découvert cette fois-ci…
Au bout du deuxième étage, j'étais désespéré, en sueur, et couvert de poussière. Mais pourquoi les Malfoys avaient-ils cette folie des grandeurs ? J'arrivais devant une pièce ouverte. Je sautais immédiatement sur la poignée, et voyait un lit couvert de sang. Je me rapprochais et trouvais une montre, sur la table de chevet. Si cet objet lui avait appartenu longtemps, alors, je pouvais le retrouver.
Je senti mes jambes faiblir sous mon poids, et je m'écroula devant cette petite table, ou une photo découpée dans un magazine était encadrée. Une photo de moi, souriant.
Je ne pus retenir mes larmes, mais me força à me relever.
Péniblement, je me relevais. Mes jambes étaient lâches et ma tête me tournait. Je venais alors de comprendre pourquoi : je n'avais pas mangé depuis deux jours ! Quel imbécile ! Il ne fallait pas que je flanche maintenant !
Je ne vis qu'une solution. Sans perdre mon temps, j'envoyais mon poing dans le miroir accroché au mur. Il partit en éclat, me blessant la main. J'en récupérais un morceau, et le serrait de toutes mes forces dans ma main gauche : j'aurais besoin de la droite pour soigner Drago.
Ensuite, je jetai un sort de repérage de propriétaire sur la montre. Elle se mit soudain à léviter dans les airs, et fila à travers les couloirs vers une destination que je ne connaissais pas encore…
Je lui courais après, serrant de plus en plus fort le morceau tranchant de miroir dans ma main.
Je sentais que je méritais cette douleur, car je n'avais pas été là pour lui… Je l'avais cherché, mais pas innocenté, je l'avais espionné, mais je ne m'étais pas déclaré. Je m'étais emmuré moi-même dans un silence qui lui avait nui. Je m'étais laissé bercer et endormir dans mon malheur. Et je m'interdisais à présent d'en faire de même, si je ne me réveillais pas aujourd'hui, demain, ce serait sans doute trop tard !
La montre alla percuter un tableau, avant de tomber à terre. Le tableau de Narcissa Black. La montre lui appartenait ?
Mon cœur s'arrêta et mes larmes coulèrent, je me lassa glisser sur le sol…
Où était Drago ?
Drago…
Ce prénom me redonna du courage et je me mis à le crier, aussi fort que ma voix éraillée me le permettait, mais je n'étais pas prêt de laisser ma voix tout gâcher.
« Sonorus ! DRAGOOOOOOOOOOOOOOOO !!!!!!!!!!!!!!! »
Ma voix avait bien retenti dans tous les couloirs cette fois-ci, je prenait une grande bouffée d'air pour réitérer l'expérience quand un « Silence ! Il suffit ! »M'interrompit dans mon élan.
Je relevais la tête, perdu, pour faire face à une Narcissa Malfoy à l'air boudeur et agacé.
Reprenant mes esprits, je lui demandais, trop bouleversé pour faire attention à la personne à laquelle je m'adressais :
« Drago ? Où est-il ? S'il vous plait, dites-le moi, je vous en supplie ! Il est blessé, il saigne, il va peut-être mourir si on ne fait rien ! »
Ma voix s'était brisée vers la fin de la phrase.
« Qui es-tu par rapport à lui ? Qu'espères-tu en voulant le sauver à tout prix ? »
Je la regardais, désespéré, puis soudain en colère. Dire que son propre fils était blessé, et qu'elle ne l'aidait même pas !
« Je… je n'espère rien, voyons ! Je veux le sauver ! Il le faut ! Sinon, sinon…
Sinon quoi ?
Sinon, je n'aurais plus de raison de vivre
Je répète ma question : qui es-tu pour lui
Je ne suis rien pour lui, mais il est tout pour moi, ça vous va ?
Mes yeux lui envoyaient des éclairs, et je me tournais pour partir le chercher. Mes jambes me firent faux bon, et je tombais par face contre terre.
De plus en plus énervé, et décidé à trouver Drago, je me relevais en rampant et en serrant les dents sur la douleur du morceau de miroir que je serrais de plus en plus fort, me coupant la main, me taillant profondément la chair.
Une fois debout, j'entendis la voix de Mme Malfoy soupirer : « Sauvez-le »
Je me tournais, surpris, vers le tableau, qui s'ouvrait, laissant place à une porte.
Totalement affolé, je passais le pas de la porte, pour trouver un Drago pâle et tremblant affalé sur un bureau. Sans prendre le temps de faire quoi que ce soit d'autre, je le pris dans mes bras. Il était bouillant de fièvre ! Il était bien trop faible pour transplaner !
Je le transportais dans une salle de bain que j'avais remarqué en fouillant pour le trouver. Je remplissais une baignoire d'eau fraîche. Je le déshabillais, en essayant de ne pas le regarder, mais je ne pu m'en empêcher.
Je m'en voulais tellement d'avoir ce genres de pensées à ce moment-là, mais il était si beau, semblait si fragile qu'on aurait dit un ange. Je le trempais dans l'eau, et du sang la tacha peu à peu ; La plaie venait du ventre. Je regardais de plus près. Elle était plus qu'infectée. Elle était empoisonnée !
Je serrais les dents en pensant au traitement que je pourrais infliger aux criminels qui avaient osé le souiller de la sorte.
Je le séchais, l'habillais de ma cape, et le couchais dans un lit dont j'avais lavé et séché les draps avant de les chauffer.
Je pris ensuite une serviette que j'enchantais pour qu'elle reste froide avant de la mettre sur le front humide de sueur de Malfoy.
La personne qui connaissait le mieux les poisons à ma connaissance était Rogue. Il fallait donc aller le voir, et le ramener de toute urgence.
Je transplanais directement aux portes de Poudlard, et j'entrais par la porte principale, en courant comme un dératé pour arriver plus vite à mon lieu de destination. Arrivé aux portes des cachots de Rogue, je tambourinais la porte avec l'énergie du désespoir.
Le professeur ouvrit la porte, un air contrarié sur le visage. Dès qu'il vit son élève honni sur le pas de la porte, il la ferma d'un coup sec, me laissant bouche bée sur le seuil.
Passablement énervé, je me mis à tambouriner de plus belle, jusqu'à ce qu'il daigne m'ouvrir, un air mauvais sur le visage et sa baguette de sorcier à la main.
« Que me vaut le déplaisir de votre visite, Potter ? J'ose espérer que vous avez une très importante explication pour justifier de votre comportement que je qualifierai d'inqualifiable ! »
Du rouge s'était installé sur son teint laiteux, laissant deviner l'état de colère dans lequel se trouvait le professeur le plus redouté de Poudlard.
Je lui raconta l'état de Drago et sans prendre le temps de lui demander son avis, m'approcha pour transplaner avec lui au manoir des Malefoy.
Voyant l'état dans lequel Drago se trouvait, Rogue soupira et s'assit à son chevet dans le but d'inspecter sa blessure. Tout en envoya différents sortilèges de détection de poisons de son cru, il me dit d'un air impassible comme s'il parlait de la pluie ou du beau temps :
« Il est précieux à mes yeux et je suis heureux que vous soyez venu me trouver, mais je ne comprends pas pourquoi… Drago n'est il pas sensé être un mangemort notoire ? Pourquoi vouloir le sauver à tout prix ? Je ne crois pas dire de bêtises en disant qu'il vous en a coûté de venir me voir tout à l'heure. Alors pourquoi ? »
Je soupirais : « Il a été innocenté hier. Les journaux en informeront la population aujourd'hui. »
Rogue gardant une face impassible continua sans cesser de s'occuper de la plaie de Drago :
« Et si vous me disiez vraiment pourquoi vous voulez le sauver. Ne me prenez pas pour un de ces imbéciles de journalistes, et il n'est pas nécessaire d'être un espion confirmé, pour voir que vous ne me dites pas tout. Après tout, il est de notoriété public que vous et Drago êtes ennemis depuis toujours. Avez-vous déjà oublié tous les chaudrons que vous avez récurés suite à vos bagarres incessantes ? »
Je siffla :
« Non je n'ai pas oublié… Mais … les choses ont changé… Malgré tout je pense que votre passé d'espion vous rend trop méfiant et je ne vois pas où vous voulez en venir avec ces accusations. J'ai trouvé Drago dans cet état et comme il est chez moi, puisque comme vous le savez j'ai acheté cette maison, il était de mon devoir de la sauver. Un gryffondor ne faillit jamais à son devoir. Ce n'est pas mon genre de me défiler… »
Rogue leva les yeux et un sourire ironique se dessina sur ses minces lèvres…
« Comme vous voulez… maintenant j'ai besoin de temps et de calme pour soigner notre « ami » commun, alors je vous prierai de nous laisser un moment. »
Je me leva, fixant toujours le corps secoué de spasmes de Drago. Il paraissait si fragile, en sueur dans sa chemise blanche que je n'avais qu'une envie : le serrer contre moi et ne plus jamais le lâcher. Mais la vision de Rogue me ramena à la réalité. Je quittais la pièce en silence et toutes mes pensées se dirigèrent vers l'agresseur de mon aimé.
Me retrouvant devant le portrait de la mère de Drago, je me demandais comment j'allais faire pour retrouver le coupable. Je décidais tout d'abord de retourner sur les lieux pour tenter de dénicher un indice.
Arrivé près de la ruelle, j'examine plus en détail l'endroit. L'intersection était sombre, les hauts immeubles ne laissaient que peu de place à la lumière. Tout le monde aurait pu faire cette agression sans être aperçu...
