Unfaithful
AUTEUR : Petitchaton
GENRE : Romance
PAIRING : Draco/Harry
RATTING : M
DISCLAIMER : Tous les personnages ainsi que les lieux et les décors sont la propriété de l'écrivain JKR. Seule l'intrigue m'appartient.
RESUME : Suite de « Adios Amor » POV Harry. Harry est amoureux de son meilleur ami et celui-ci lui rend cet amour. Tout pour être bien dans le meilleur des mondes mais il y a un problème. Harry est marié et pas à Draco…
AVERTISSEMENT : Cette histoire est un slash (relation entre personne du même sexe, dans le cas présent se sont deux hommes.)
NOTE DE L'AUTEUR : Vif d'Or est ma bêta sur cette fiction et comme toujours, je lui adresse un très grand merci pour toutes ces petites corrections qui rendent l'histoire tellement plus agréable à lire.
Je voudrais également remercierLady FoxIpikou, Soleil du Matin (),kleine birne ... (), sourie, Kleolamago, bleuacier, Keurjani , The Dreamer Mong, Asakita, Aerials (), Anarkia , Steph-fanny Sadic Malfoy , Dee-Dee (),Polarisn7, queudver (),Tinalisa (), X-Plasticine , goelandrouge , Lily2507, chris52, Misse CC (),virginie malfoy, JuLiE (), slydawn (),sandra d (),Sadik Sensei-Sama, miss-sweety, Vif d'or, virginie, maiiya, MoonyOsaki, Devil Pops LRDM, Elaelle, cl0o, naughtymily, Ishtar205, oOLadyMalfoyOo, Binns pour m'avoir laissé un petit message d'encouragement. Ça fait toujours plaisir de savoir que l'histoire plait à d'autres fans d'Harry Potter. Je m'excuse si j'ai oublié de citer quelqu'un et je remercie aussi tous ceux qui me lisent même si je ne reçois aucun review.
OooooooooO
Je n'arrive toujours pas à croire ce que je suis en train de vivre. À cette pensée, mes yeux parcourent la Grande Salle de Poudlard qui est remplie de sorciers et de moldus. Ce soir, j'ai réuni mes amis pour fêter avec eux mes trente ans. Je souris timidement lorsqu'ils lèvent leur verre en mon honneur et je les remercie brièvement d'un signe de tête avant de couper d'un geste précis le gâteau qui trône au milieu de la table réservée aux anciens Gryffondor.
La musique commence à emplir les murs de la pièce et les couples se dirigent vers la piste de danse. Je soupire de contentement lorsque je réalise à quel point, je suis heureux aujourd'hui. Pourtant, mon sourire s'efface quelque peu quand mon regard se pose sur Hermione. La guerre s'est achevée il y a dix ans de cela mais je sais qu'il y a des cicatrices qui ne guériront jamais et ma meilleure amie en est la preuve vivante.
Douloureusement, je laisse mes yeux glisser sur le fauteuil roulant dont elle est à jamais la prisonnière. Je me suis longtemps senti coupable de ce qu'il lui était arrivé cette nuit-là par ma faute. Si elle n'avait pas été mon amie, Tom Jedusor ne l'aurait sans doute jamais kidnappée pour tenter de me détruire de l'intérieur en tuant toutes les personnes qui m'étaient proches.
Seulement, il ne savait pas que l'Ordre du Phoenix avait un espion infiltré dans ses rangs et le professeur Rogue s'était empressé de nous dévoiler l'endroit où Hermione était retenue captive. Nous avions tous transplané là-bas et après quelques heures de lutte acharnée, les mangemorts s'étaient finalement enfuis en l'abandonnant derrière eux. Elle avait été alors transportée à l'hôpital Saint Mangouste et nous avions passé la nuit dans une salle d'attente froide et impersonnelle.
Je ferme les yeux et je sens la brulure familière des larmes envahir mes paupières. Ce souvenir est toujours aussi douloureux malgré les années qui se sont écoulées depuis cette horrible matinée. Pourtant, je me revois encore debout aux côtés de Ron dans ce couloir trop blanc et trop aseptisé. J'entends de nouveau la voix grave et triste du médicomage lorsqu'il nous avait annoncé la terrible nouvelle.
Je rouvre les paupières et je fixe d'un regard éteint les jambes de ma meilleure amie. Ce matin-là, j'avais appris qu'Hermione ne marcherait plus jamais. Et j'ai dû apprendre à vivre avec l'idée d'être arrivé trop tard pour la sauver de la guerre. Ce jour-là, j'aurais donné n'importe quoi pour me trouver paralysé à sa place. J'aurais tout donné pour ne pas avoir à affronter le regard vide et éteint de Ron lorsqu'il avait entendu la sentence irrévocable.
Peu de temps après, j'ai dû me faire à l'idée que Luna ne lancerait jamais plus une métaphore incompréhensible au milieu d'une conversation sérieuse ou pendant une réunion de l'Ordre. Puis ce fut au tour de Remus de partir beaucoup trop tôt en laissant un vide immense derrière lui. Quelques semaines plus tard, Neville trouva la mort lui aussi sur un champ de bataille alors qu'il affrontait bravement Bellatrix Lestrange.
Soudain, je me surprends à compter les chaises vides qui m'entourent en repensant au nombre de vies que cette putain de guerre a détruit. Et le nombre de places désertées est tellement élevé dans toutes les maisons de Poudlard ! Même les Serpentards ont été décimés pendant le conflit qui a opposé Dumbledore à Voldemort et ma gorge se serre désagréablement lorsque je pense aux conséquences désastreuses que cette guerre a eues sur moi et sur la Communauté Sorcière.
Dix ans que la guerre est finie.
Dix ans que je ne trouve plus le sommeil sans somnifères. Dix ans que je tente d'oublier ce vide perpétuel qui est apparu en moi. Dix ans que mon cœur a cessé de battre même si j'ai tout pour être heureux aujourd'hui. Je sens une main se poser délicatement sur mon épaule et je me tourne pour faire face à Ginny qui m'enlace tendrement pour me réconforter. Sa bouche se pose sur la mienne et je reste immobile quelques secondes me contentant de savourer son étreinte.
Cela fait six ans que nous sommes mariés et je dois dire que notre entente est parfaite à tous les points de vue. De plus, ma belle-famille est adorable. Je m'éloigne légèrement de Ginny pour la regarder. Je sais que la plupart des hommes présents dans cette salle m'envient parce que mon épouse est resplendissante de beauté et de grâce. Sa robe de soirée blanche met en valeur son corps mince aux courbes généreuses et ses mèches rousses retombent en cascade de feu dans son dos.
Tout semble me réussir et je mesure chaque jour à quel point, je suis chanceux. C'est un peu comme si je prenais enfin ma revanche sur la vie qui m'avait imposé un destin trop sombre pendant mon adolescence. Non seulement, j'ai survécu à la guerre mais je suis également devenu un auror réputé dans le monde entier. Je suis aussi marié à une femme magnifique qui m'aime encore comme au premier jour malgré nos six ans de mariage. L'amour qu'elle me porte semble être éternel et immuable et j'ai longtemps cru que le mien l'était aussi.
Mais je sais à présent que c'est faux.
Mon regard se pose sur toi à cette pensée. Tu es assis seul à la table des Serpentards et tes yeux gris fixent un point invisible dans le lointain. Tu arbores un air méprisant et je sais que tout le monde pense que tu es en train de bouder dans ton coin parce que tu n'es pas le centre d'intérêt de cette soirée. Mais moi, je sais que ce n'est pas ça la vérité. Moi, je sais ce que tu vois en souvenirs et un sourire triste étire mes lèvres lorsque je te regarde serrer les dents sous le coup de la douleur qui te poignarde le cœur.
La guerre t'a fait tant de mal. Elle t'a pris tout ce que tu possédais. Oh bien sûr, tu es toujours aussi riche et aussi populaire que lorsque nous étions étudiants mais seulement, tu n'as plus aucun proche aujourd'hui. Tu as dû enterrer tes parents et la plupart de tes amis et je crois que personne n'a su comprendre cette souffrance que tu dissimule sous des propos moqueurs et faussement indifférents.
Tu joues au dur face aux autres parce que ton éducation d'aristocrate ne te permet pas d'extérioriser tes sentiments. Même si tu le voudrais, je crois que tu es tout simplement incapable de laisser tomber le masque que tu portes constamment. D'ailleurs, je suis très fier d'être le seul devant qui tu te mets à nu sans rougir et sans chercher à paraître ce que tu n'es pas en réalité. Je suis vraiment heureux d'être le seul devant qui tu faiblis sans honte et sans fausse pudeur.
Oui, la guerre t'a fais beaucoup de mal et tu as tellement changé à cause d'elle. Parfois, il m'arrive de regretter l'ancien Malfoy qui savait si bien m'énerver à cause de ses insultes et de ses propos blessants. Tu pimentais mon existence tellement morne sans nos disputes puériles et j'aimais secrètement nos querelles qui me donnaient l'impression d'être encore en vie alors que je me sentais si souvent déjà mort à l'intérieur.
Je t'ai longtemps cru inébranlable comme le serait une tour de pierres que rien ne pourrait détruire. Cependant, mes certitudes te concernant ont volé en éclats lorsque tu as intégré, à contrecœur, l'Ordre du Phoenix. Je me souviens avec précision de cette nuit où tu es réapparu dans ma vie après six longs mois d'absence. Rogue était revenu au quartier général et il avait expliqué les raisons qui l'avaient poussé à tuer le professeur Dumbledore pour te sauver de la colère de Voldemort.
Je ferme lentement les yeux et je te revois entrer dans la cuisine du manoir des Black où avait lieu la réunion. Tu étais maigre, blessé et tu avais perdu cette froide élégance qui te caractérisait lorsque tu étais adolescent. Je n'avais plus en face de moi un fils à papa trop gâté par l'existence. Non, le sorcier qui se tenait droit et fier devant les membres de l'Ordre était un homme à présent.
Et quel homme, devrais-je dire !
Certes, tu avais perdu la beauté androgyne de tes jeunes années mais tu n'en restais pas moins magnifique pour autant. Le silence s'était fait après ton entrée et tout le monde t'avait jugé du regard. Tout le monde sauf moi. Tu t'étais finalement laissé convaincre par le professeur Rogue et tu avais rejoint le camp des gentils à la condition que tu n'ais pas à te battre pour nous.
Tu avais déclaré ne pas vouloir risquer ta vie pour un idéal en lequel tu ne croyais pas et tu avais tenu parole en ne te mêlant jamais aux combats. Ensuite, après trois ans de guerre, j'avais enfin tué Tom et je m'étais libéré de la prophétie. Mon calvaire prenait fin alors que le tien ne faisait que commencer mais ça, personne n'aurait pu le prévoir sinon je pense que j'aurais tout fait pour t'éviter cette souffrance que tu endures bravement depuis dix ans.
Je crois que ton monde s'est définitivement effondré le jour où tes parents ont été condamnés à mort pour mangemorisme et pour actes criminels sur des moldus. Après leur procès et leur condamnation par un jury populaire, tu es parti littéralement en vrille et tu as commencé ta descente aux enfers. La drogue, l'alcool et le sexe facile semblait être devenus tes seules devises.
Les gens t'auraient pardonné ton appartenance à cette famille de traîtres si tu avais faibli un instant devant eux. Si tu avais paru humain une seule seconde en te laissant aller à exprimer autre chose devant eux que du mépris et une indifférence tout à fait déplacée. Seulement, ta fierté te poussait à garder la tête haute pour ne pas dévoiler le mal qui te rongeait le cœur. Alors, tu continuais à vivre dans l'opulence et la luxure faisant quotidiennement la Une de la presse à scandale à cause de tes frasques malgré le fait que tu ne supportais pas l'idée de perdre tes parents.
Pendant toute cette période de déchéance, je n'étais pas là pour toi. Non, moi, j'étais allongé sur un lit d'hôpital et j'étais suivi par les psycomages les plus réputés du monde. Moi, j'étais enfermé dans une bulle où aucune information du monde extérieur ne me parvenait. Ce n'est que lorsque j'ai quitté l'hôpital que la réalité m'a brutalement rattrapé. Ma première sortie officielle eut lieu le jour de l'exécution de tes parents. Ce fut ce jour-là également que je te revis après quatre mois sans avoir eu de tes nouvelles.
Un frisson me parcourt le corps lorsque je me rappelle de cette journée maudite où mon regard pour toi a définitivement changé. Tu étais debout droit et fier face aux jurés qui ne comprenaient pas ton manque de réaction face à l'horrible scène qui se déroulait sous tes yeux indifférents. Ils avaient cru pouvoir t'atteindre en t'obligeant à assister à la destitution de l'âme de ton père et de ta mère mais cela ne semblait pas marcher.
Mais moi, j'ai vu la mort dans tes yeux ce jour-là.
Je te connaissais par cœur grâce à nos six ans de haine mutuelle et je savais que cette lueur dans ton regard gris n'était pas normale. Quelques semaines plus tard, je me rendais chez toi dans le but de te remonter le moral mais tu refusas de me recevoir. J'insistais en revenant tous les jours et peu à peu, nous sommes devenus aussi inséparables que les doigts d'une main.
Notre amitié en a surpris plus d'un mais je me moquais du regard des autres parce qu'à tes côtés, je me sentais revivre. J'avais fini par emménager chez toi et nous avions cohabité ensemble jusqu'à mon mariage avec Ginny. Suite à cela, nous avions traversé une période difficile avant de redevenir les meilleurs amis du monde au grand désarroi de Ron qui se sentait mis à l'écart.
Je sors brutalement de mes pensées quand Ginny se détache de moi pour se diriger vers Hermione et je profite de son absence pour te rejoindre. Je m'approche lentement de toi en savourant la vision de rêve que tu m'offres sans même le savoir. J'admire silencieusement la courbe parfaite de tes épaules larges et musclées. Je dévore des yeux ton torse mis en valeur par ta robe de sorcier et je suis comme toujours impressionné par le charisme et l'élégance qui se dégagent de toi naturellement.
Je finis par m'installer sur la chaise la plus proche de la tienne et je ne peux pas m'empêcher de poser une main possessive sur l'une de tes deux jambes. Je me suis marié à Ginny parce que je croyais l'aimer comme on aime la personne dont on est amoureux. Je pensais sincèrement qu'elle était tout ce dont j'avais besoin pour oublier mes cauchemars et mon triste passé. Mais je sais aujourd'hui que je me suis lourdement trompé en l'épousant.
J'ai juste confondu l'amitié avec l'amour et je n'ai réalisé que beaucoup trop tard que la personne dont j'étais éperdument amoureux n'était pas la sœur de mon meilleur ami. Cela, je l'ai compris lorsque je t'ai surpris en train de faire l'amour avec quelqu'un il y a 5 ans pendant un gala de charité organisé par le Ministre de la Magie. Mes sentiments m'ont semblé tellement évidents cette nuit-là quand j'ai vu tes mains courir avec virtuosité sur le corps de cette inconnue mais plus encore quand je t'ai vu nu pour la première fois de ma vie.
J'aurais aimé ne pas regarder ce spectacle par respect pour toi et pour notre amitié mais j'avais été incapable de détourner mes yeux lorsque je t'avais surpris dans cette pièce reculée à moitié dénudé contre un mur. Je t'avais observé pendant que tu déshabillais ta conquête de la soirée et je m'étais rendu compte avec effarement que je n'éprouvais aucun désir pour ses formes pourtant agréables et féminines mais juste une étrange douleur au niveau du cœur.
J'avais d'abord cru que cette réaction plutôt étrange démontrait simplement la fidélité indéfectible que je portais à mon épouse et j'étais assez fier de moi sur ce coup-là. Car combien d'hommes pouvaient se vanter de ne pas désirer un autre corps que celui à qui ils avaient offert leur vie ? J'étais sur le point de partir pour rejoindre ma femme et pour te laisser t'amuser tranquillement lorsque tes vêtements étaient tombés sur le sol.
J'étais alors resté là, paralysé dans l'embrassure de la porte. Il ne m'avait fallu que quelques minutes pour me rendre compte que j'étais attiré par toi et je m'étais senti terriblement honteux lorsque mon corps avait eu une réaction physique face à ta nudité. Je ne comprenais pas cet intérêt soudain pour toi et la lumière s'était brusquement faite dans mon esprit quand la jalousie m'avait brûlé le cœur alors que ses mains à elle courraient sur tes muscles parfaits.
Malgré moi, je t'avais caressé inlassablement avec mes yeux. J'avais touché ta peau diaphane sans imperfection qui ne m'appartiendrait jamais alors qu'elle était tout ce que je désirais. J'avais mordu mes lèvres jusqu'au sang pour retenir mon cri de rage et de douleur quand tu l'avais baisée sauvagement contre le mur te moquant complètement du fait que nous étions à une soirée mondaine avec toute la haute société du Londres Sorcier.
Oui, j'avais compris que je t'aimais à cet instant-là parce que j'aurais donné n'importe quoi pour être à la place de cette femme. Je me serais traîné à tes pieds pour obtenir une seule et unique nuit de plaisir avec toi. J'ai réalisé, il y a 5 ans de cela, que je n'avais jamais voulu de ton amitié et que j'avais toujours désiré ton amour. Cependant, j'étais un homme marié depuis un an déjà et je croyais mes sentiments à sens unique alors je m'étais tu et j'avais sombré dans le mensonge.
J'avais continué à jouer à la perfection mon rôle de mari aimant et attentionné envers Ginny et je portais tellement bien mon masque que personne n'avait perçu le changement qui c'était opéré en moi. Même pas Hermione pourtant si perspicace habituellement. En fait, rien n'avait fondamentalement changé dans ma vie à part le fait que je savais à présent que j'aimais ma femme comme on aime une sœur et que j'aimais mon meilleur ami comme on aime la personne avec qui on souhaite faire sa vie.
J'avais obstinément brimé mon cœur tout en sachant que je ne pourrais pas oublier mes sentiments vu que tu faisais partie intégrante de ma vie et de mon quotidien. Et tes visites, qui avant, m'apportaient tant de joie et de bonheur, étaient rapidement devenues un calvaire à supporter. C'était si dur de te savoir à porter de main tout en ayant parfaitement conscience que dans ma situation, je n'avais pas le droit de tendre la main pour te toucher.
Il m'était arrivé parfois de te maudire la nuit lorsque la culpabilité me rongeait trop fort le cœur tandis que j'écoutais la respiration régulière de ma femme endormie à mes côtés après que nous ayons fait l'amour parce qu'il fallait que je sauvegarde les apparences jusqu'au bout. J'avais souvent envie de tout t'avouer et de quitter Ginny avant que je ne sois définitivement enchaîné à elle.
Mais j'avais toujours gardé le silence et j'avais muselé fermement mon cœur pour ne pas te perdre et pour ne pas lui faire de mal parce que d'une certaine façon, je l'aimais quand même. J'avais tenté de faire bonne figure et j'avais cru que tôt ou tard mes sentiments finiraient par s'effacer à la longue, de te voir t'afficher avec une petite-amie différente toutes les semaines. Et puis, Ginny était si douce et si tendre que je croyais que je finirais par en tomber amoureux. Les mois étaient passés mais rien n'avait changé et je t'aimais toujours malgré tous mes efforts pour t'oublier.
J'étais donc resté ton ami et j'avais appris à souffrir en silence. J'avais été ton tendre confident, écoutant d'une oreille douloureuse et silencieuse tes histoires d'amour aussi intenses que brèves. Lorsque tu me racontais tes exploits sexuels, je détournais discrètement le regard pour te dissimuler les larmes qui envahissaient mes yeux à chaque fois et je tentais d'oublier que j'aurais tout donné pour être l'une de tes nombreuses conquêtes.
Même si ce n'était que pour le temps éphémère d'une nuit. Même si ce n'était que pour être une aventure de plus dans ta vie. Même si ce n'était que pour être un corps désirable. J'aurais fait n'importe quoi à l'époque pour ne plus être ton meilleur ami. Pour ne plus jamais être celui à qui tu souriais mais sans pour autant le voir réellement. J'aurais simplement voulu à ce moment-là que tu te taises et que tu me fasses découvrir la douceur de tes mains.
Je me serais damné pour que tu m'aimes rien qu'une heure.
J'aurais accepté l'inacceptable pour toi. J'aurais toléré l'idée de n'être qu'un jouet entre tes doigts ou pire, j'aurais accepté de n'être qu'une erreur. Au début, je ne savais pas comment lutter contre ces sentiments et je préférais fuir ta présence plutôt que de devoir affronter cette réalité que je ne voulais pas accepter. Cette fuite systématique avait duré un an et puis, j'avais tout simplement appris à vivre avec cet amour. À survivre avec cette impression de mourir à chaque fois que tu me présentais une nouvelle petite amie.
Pourtant, il m'aurait suffi de si peu pour ne plus être moi. J'avais envisagé plus d'une fois de me procurer une fiole de polynectar pour transformer ce corps masculin qui ne t'attirerait jamais. J'aurais alors pu te draguer sans honte et sans pudeur et j'aurais même pu devenir une de ces femmes que tu t'offrais pour une nuit de débauche avant de reprendre ta route sans un regard en arrière.
Seulement, je savais au fond de moi que ce n'était pas ce que j'attendais de toi. Moi, je voulais que tu aimes Harry Potter et pas une invention. J'aurais aimé être celui qui à tes yeux n'auraient pas eu de prix. Celui que l'on n'achetait pas pour obtenir quelques minutes de plaisir. Oui, le polynectar pouvait être une solution à mon problème mais elle n'était pas celle que je recherchais.
Je te connaissais trop bien pour pouvoir en arriver à une telle extrémité. Tout aurait été plus simple si je n'avais rien su de toi et de ton passé. Si seulement, tu ne m'avais jamais dévoilé tes failles et tes blessures. Si seulement, je n'avais pas su que tu ne m'aurais jamais pardonné cette trahison. J'avais souvent pleuré seul dans les toilettes de mon appartement londonien. Pleurer parce que je désirais quelque chose que je n'aurais pas. Pleurer parce que t'aimer me déchirait le cœur et l'âme.
Je t'observais souvent lors des diners officiels où nous étions tous deux invités. J'admirais la force et la prestance de ton corps et je me laissais caresser par ta voix douce et onctueuse et mon amour me semblait être la chose la plus immonde qui pouvait exister sur terre à ces moments-là. Comment avais-je pu tomber amoureux d'un homme ? Comment avais-je pu trahir la confiance que tu avais placée en moi ?
Et pourtant, je ne pouvais pas te chasser de mon esprit malgré tous mes efforts pour t'oublier. J'avais honte de moi, tellement honte de me toucher la nuit en pensant à toi. Honte de ces rêves coupables dans lesquels je trompais Ginny sans remords. Honte de cet océan de passion qui déferlait dans mes veines à chaque fois que je te voyais. Honte de cette envie maladive de connaître enfin le goût et la douceur de ta peau.
Et cela a duré cinq longes années avant que quelque chose ne change enfin.
Tant de sentiments ne pouvaient que m'amener à commettre une folie. Et il y a 5 mois, j'ai perdu la tête au point d'oser t'embrasser alors que mon épouse se trouvait à quelques mètres de moi seulement. Je croyais t'avoir perdu après ce geste inconsidéré mais j'ai découvert ce jour-là que l'attirance était plus que réciproque et je me suis lancé à corps perdu dans cette liaison avec toi tout en ayant conscience de commettre le pire crime qui soit au monde : la trahison.
Tu te lèves soudain de ta chaise sans jeter un seul regard derrière toi et tu quittes rapidement la Grande Salle ignorant les yeux interrogatifs des gens posés sur toi. Je te suis immédiatement sentant une excitation sans nom me gagner comme à chaque fois que nous sommes seuls. Je suis fou de toi et pourtant, je ne peux pas supporter l'idée que je trompe Ginny depuis 5 mois déjà. Mais toi, tu as causé ma déroute et tu es la raison de ma folie. Pire que ça, tu es devenu ma seule raison de vivre.
Alors, même si c'est mal, je me laisse submerger par cet amour qui n'aurait jamais dû naître dans mon cœur. J'aimerais parfois lutter contre lui mais je sais que la vérité est tout autre. Oui, en réalité, je me noie avec joie dans tous ces sentiments interdits mais si bon à ressentir et peu à peu, j'ai accepté le fait que je me sens de moins en moins coupable. Mes remords du début s'effacent pour laisser place à une passion dévorante qui renverse tous mes idéaux et tous les préceptes en lesquels je croyais.
Oui, je me laisse complètement aller à cette histoire d'amour passionnel avec toi parce que depuis 5 mois, j'ai enfin l'impression de revivre. Pourtant, je sais que tu vas finir par me détruire. C'est inévitable parce qu'un Potter n'est pas fait pour être aimé par un Malfoy. Mais aussi parce que nos amis ne comprendront jamais notre amour et surtout parce que je suis irrémédiablement enchaîné à Ginny.
Nous arrivons dans le parc de Poudlard et tu arrêtes de marcher une fois que tu te trouves devant le lac. Je m'empresse de t'enlacer respirant à pleins poumons l'odeur de ta peau et tu finis par me faire face de nouveau. J'essuie alors la larme qui glisse le long de ton visage même si je ne comprends pas ta tristesse soudaine. Peut-être repenses-tu aux bons moments que tu as passés ici avec tes amis ?
Timidement, je me mets sur la pointe des pieds pour poser ma bouche sur la tienne. Tes lèvres sont douces et légèrement humides et je me demande une fois de plus comment j'ai pu vivre si longtemps sans toi. Pourtant, tu finis par te détacher de moi et je fronce les sourcils en voyant à quel point tu sembles être mélancolique. Je tente une nouvelle approche mais je m'immobilise dès que tu prends la parole d'une voix brisée.
« - Je dois te parler, Harry. »
Le ton sérieux de ta voix me paralyse et je sens une peur sourde monter en moi. J'ai l'impression d'avoir déjà vécu cette scène et je devine sans mal ce que tu t'apprêtes à me dire. Mais je ne veux pas entendre ces mots. Je ne veux pas que tu me rappelles une fois de plus que je suis un homme marier et que c'est mal ce que nous faisons ensemble. Si seulement, je pouvais quitter Ginny ! Si seulement, je n'étais pas prisonnier à cause des serments que je lui ai faits et que je me dois de respecter.
« - Je t'aime. »
De nouveau, je suis déstabilisé par ce que tu viens de dire. Bien sûr, ces trois mots venant de toi sont les plus beaux mots du monde et je n'espérais pas recevoir autant de ta part mais quelque chose cloche dans toute cette histoire. Depuis quand avouer ces sentiments à l'être aimé fait-il aussi mal ? Pourquoi ton regard me dit-il adieu alors que tu me murmures enfin cette phrase que je n'ai jamais osé te dire ? Malgré moi, je souris en pensant qu'au moins une fois dans ma vie, je t'aurai vu être plus courageux que moi qui n'osais pas te dire cela avant d'être sûr de tes sentiments me concernant.
« - Je t'aime et c'est pour ça que je vais partir. »
Mon sourire s'efface immédiatement lorsque tu ajoutes ces quelques mots sur un ton froid qui cache à peine ton désespoir. J'ouvre la bouche pour te sermonner lorsqu'une de tes mains me bâillonne fermement m'empêchant ainsi d'exprimer mon refus. Mais je ne veux pas me laisser faire sans lutter ! Je ne te laisserai pas partir loin de moi alors que tu es ma seule raison d'être encore ici dans ce monde !
« - Je vais partir loin d'ici car il vaut mieux ne plus se revoir. Ce serait trop dur sinon de résister à la tentation. »
Je secoue frénétiquement la tête lorsque tu dis cela et je sens des larmes perler au coin de mes yeux qui se ferment sous la douleur lancinante qui me transperce le cœur et l'âme. Merlin, pourquoi me le reprenez-vous maintenant ? Pourquoi m'avoir laissé goûter au bonheur de vivre enfin une relation amoureuse avec lui si c'est pour que je le perde aussi vite ?
« - Ce n'est plus la peine de se mentir. Nous ne sommes pas des amis et nous ne l'avons jamais été. Ce que j'attends de toi, je n'ai pas le droit de te le demander et tu ne peux pas me le donner de toute façon. Continuer serait une grossière erreur. Continuer se serait détruire le semblant d'amitié que nous éprouvons l'un pour l'autre au nom d'un amour interdit. Alors, autant en rester là tous les deux. »
Je me dégage violement de ton étreinte ne voulant plus entendre ta voix qui m'énonce une vérité que je préférerais ignorer. Préserver notre amitié ? Un rire sans joie me monte dans la gorge mais je le réprime de peur que tu interprètes mal ma réaction mais l'ironie de la situation me frappe quand même de plein fouet. Tu souhaites me quitter pour sauvegarder un sentiment que je n'ai jamais ressenti pour toi.
Tu n'as jamais été et tu ne seras jamais mon ami même si nous restons en contact jusqu'à la mort, je ne pourrai jamais ressentir cela pour toi. L'amitié est un lien bien trop fade pour que je puisse l'associer à ta personne. Nous sommes faits pour éprouver des sentiments toujours forts et passionnés l'un pour l'autre. D'abord, la haine et puis maintenant, un amour sans limite et surtout sans aucune moralité.
Pourtant, malgré ma colère, je ne peux pas m'empêcher de me jeter dans tes bras en sanglotant misérablement. Je ne veux pas que tu partes mais je ne sais pas comment te retenir. Je ne sais pas quels mots te dire pour te convaincre de rester avec moi alors je me contente de pleurer contre ton épaule en murmurant des phrases dépourvues de sens sans aucun doute.
Je tente de t'avouer mon amour mais tu me fais taire en posant brutalement ta bouche sur la mienne et j'oublie tout dès l'instant où ma langue caresse la tienne. Pourquoi ai-je été aussi aveugle ? Comme ai-je bien pu confondre l'amour que je te porte avec l'amitié que j'éprouve pour Ginny ? Comment ai-je pu commettre cette erreur irréparable ? Tu t'éloignes brulement de moi et tu reprends la parole d'une voix complètement désespérée.
« - Harry, si tu m'aimes vraiment alors ne me retiens pas. Donne-moi la force de m'éloigner. Donne-moi cette force qui me manque pour te laisser continuer ta vie sans moi… »
Je ne sais pas quoi te répondre alors je me contente de me concentrer afin de nous faire transplaner dans un endroit plus intime et plus éloigné du château. Je relève la tête pour jeter un regard sur la serre dans laquelle je t'ai emmené et je finis par me détacher de toi à contrecœur. Il ne me reste plus qu'une seule chose à faire pour te retenir prisonnier à mes côtés et je porte les mains à ma chemise pour commencer à la déboutonner avant de la laisser tomber silencieusement sur le sol.
« - Harry, je ne crois pas que… »
Je te fais taire d'un seul regard et je remarque alors seulement à quel point, tu sembles être aussi intimidé que moi. Tes joues sont rouges de gêne mais je lis également le désir dans ton regard qui parcoure avidement mon torse dénudé. Je n'ai jamais envisagé d'avoir une relation sexuelle avec toi puisque cela équivaudrait à tromper Ginny réellement. Mais pour te retenir, je serais prêt à tout même à te donner ce corps qui n'est beau que s'il est aimé par toi.
Je déglutis discrètement et je respire un bon coup avant de m'approcher langoureusement jusqu'à ce que mon corps frôle indécemment le tien. Je pose alors ma bouche sur ta joue droite brûlante et je remonte lentement jusqu'à ton oreille que je caresse du bout de la langue. Ginny me dit toujours que je suis extrêmement doué pour chauffer quelqu'un sans avoir besoin pour autant de prodiguer des caresses intimes et j'espère sincèrement me montrer aussi adroit avec toi que je le suis avec elle.
« - Si tu dois partir alors pars pour une bonne raison. »
Je murmure cette phrase d'une voix rauque et triste tant les mots que je prononce m'arrachent le cœur et l'âme. Pourtant, je sens ta réticence même si tes mains commencent déjà à s'accorder des libertés sur mon corps et plus particulièrement sur le bas de mon dos avant de venir découvrir timidement mon ventre. Je reprends alors la parole espérant te convaincre définitivement avec ces quelques mots que je souhaite te murmurer.
« - Juste une fois, Draco. Seulement ce soir. Être à toi, tout à toi pendant une seule et unique nuit. Aime-moi puisque tu vas me quitter. »
Ces mots semblent te faire de l'effet puisque tu m'embrasses sauvagement plongeant ta langue dans ma bouche avec un gémissement de désespoir et de désir. Je sens la peur et l'angoisse me nouer les entrailles à l'idée que nous allons faire l'amour ensemble. J'ai tant de fois rêvé ce moment et maintenant qu'il est arrivé, je suis terrorisé à la simple pensée que ton sexe va me pénétrer. Pourtant, je ne recule pas malgré mon appréhension et je te laisse me déshabiller pendant que je commence aussi à te dévêtir tendrement.
Je t'aime tellement que mon cœur tremble dans ma poitrine tandis que mes yeux émerveillés redécouvrent ton corps qu'ils avaient déjà eu l'occasion de voir cinq ans plus tôt. Tu n'as pas changé à part peut-être ta carrure qui s'est un peu étoffée mais tu n'en es pas moins beau que dans mes souvenirs pour autant. Je me laisse aller à ma passion alors que je pose mes mains, ma bouche et ma langue sur ta peau nue désirant tout connaître de toi.
Quelques minutes plus tard, ton dernier vêtement s'échoue sur le sol et nos caresses deviennent plus hésitantes comme si notre nudité changeait tout. Je n'ai jamais touché un homme aussi intimement que je m'apprête à le faire avec toi et je suis un peu nerveux à l'idée de ce qui va se passer maintenant. Je sais que l'un d'entre nous va se faire sodomiser par l'autre et j'ai conscience également que je serai certainement celui qui se fera prendre.
Mais je peine à croire que ton sexe puisse entrer dans mon corps tellement il me semble être volumineux et gros. Et j'ai peur. Terriblement peur à l'idée de la douleur qui m'attend mais je dois le faire. Il faut que je fasse l'amour avec toi pour que tu comprennes à quel point je t'aime et à quel point mes sentiments sont forts. Après, je te dirai toute la vérité et tu sauras pourquoi il te faut attendre avant de me demander de quitter Ginny.
Je vais faire l'amour avec toi et je me sens déchiré entre la joie de réaliser mon rêve le plus fou et l'angoisse que cette nouvelle expérience provoque en moi. Je te lance un regard intrigué lorsque je me rends compte que cela fait bien cinq minutes qu'aucun de nous n'a fait le moindre geste et je suis étonné de constater que tu es toi aussi perdu par la situation.
Je n'ai jamais fait l'amour avec personne d'autre que Ginny et je suis donc très peu expérimenté sur le plan sexuel contrairement à toi qui a eu plus de maîtresses différentes que de cheveux sur la tête. Je pensais donc naturellement que tu serais celui qui prendrait les commandes immédiatement et que tu saurais ce qu'il convient de faire dans une telle situation.
Je décide de prendre l'initiative puisque tu sembles être complètement paralysé et je touche maladroitement tes tétons avant de faire glisser ma main vers ton entrejambe. Je suis nerveux à l'idée de ce que je vais trouver et je finis par enrouler mes doigts autour de ton pénis en érection. Je le caresse doucement essayant de me rappeler ce qui me procure le plus de plaisir lorsque je me masturbe ou lorsque Ginny me touche de cette façon.
Tu finis par me repousser après quelques minutes et je suis paniqué à la simple pensée que j'ai pu mal m'y prendre mais tu coupes court à mes interrogations lorsque tu me soulèves pour m'asseoir sur une table de bois. Ensuite, tu t'insinues entre mes jambes que j'écarte pour te laisser plus de place tout en penchant la tête vers l'arrière pour que tu puisses embrasser mon cou.
Ta bouche descend ensuite sur mes abdominaux avant de poursuivre sa chute sur mon ventre contracté d'anticipation et tu arrêtes tes caresses voluptueuses une fois que tu te retrouves face à mon sexe. Tu entrouvres alors tes lèvres que tu refermes autour de mon membre avant de débuter un mouvement de va et vient régulier qui m'arrache des gémissements éperdus de plaisir.
C'est mille fois meilleur que toutes les fellations que m'a faites Ginny en six ans de mariage. Je ne veux pas dire par là qu'elle n'est pas aussi douée que toi ou qu'elle s'y prend mal, c'est juste que je ne l'aime pas et je me rends compte seulement maintenant à quel point les sentiments sont importants lors d'un rapport sexuel. Cette caresse est bien plus agréable parce qu'elle vient de toi et parce que tu es mon âme sœur, j'en suis intimement convaincu.
Peu m'importe que tu sois un homme et non pas une femme. Peu m'importe si cet amour veut dire que je suis homosexuel et non pas hétéro. Peu m'importe tous ces détails insignifiants parce que l'amour se moque de toutes ces choses. Parce que lorsque je suis tombé amoureux de toi, je n'ai pas prêté la moindre importance à ton sexe ou à ton passé de fils à papa orgueilleux. Parce que lorsque je te regarde tout ce que je vois, c'est l'être exceptionnel que tu es aujourd'hui et que tu as sûrement toujours été.
Et puis, le sexe n'est qu'un prolongement physique des sentiments que l'on peut porter à une personne. Alors, j'essaie de me convaincre que ce que nous sommes en train de faire ensemble n'est pas mal ou immoral. Je tente par tous les moyens d'oublier que ma femme se trouve non loin de cette serre dans laquelle je m'apprête à la tromper sans remords. Je ne veux pas penser au fait qu'elle ne se doute absolument pas des relations que j'entretiens avec toi, mon meilleur ami.
Je finis par te repousser lorsque je me sens sur le point de jouir et ta main vient immédiatement prendre le relais de ta bouche sur mon sexe. J'atteins rapidement l'orgasme et je ferme les paupières dans une tentative vaine de me protéger de toi et de ton amour que je peux si facilement lire sur ton visage. Peut-être que je ferme les yeux aussi pour que tu ne vois pas les larmes qui commencent à brouiller ma vue.
Le silence retombe entre nous lorsque ma voix se brise sur un dernier gémissement de plaisir et je plonge mon visage dans le creux de ton cou cherchant à calmer ma respiration erratique et tentant par ce geste d'étouffer la culpabilité qui grandit dans mon ventre. Une seule pensée tourne en boucle dans mon esprit et presque malgré moi, mes lèvres forment silencieuses une phrase que tu n'entends pas, heureusement pour moi.
« - Pardon, Ginny… »
Mon souffle caresse ta peau et tes bras se referment davantage sur moi me prouvant que tu n'as vraiment pas remarqué que je viens juste de murmurer quelques mots dans le creux de ton cou. J'aime ma femme même si dire cela semble être étrange vu que je suis en train de la tromper. Mais c'est la vérité ! Je l'aime de tout mon cœur mais je t'aime encore plus et c'est cela qui me déchire un peu plus chaque jour. Je t'aime à la folie et cela me tue lentement comme le ferait un poison.
Tu es mon péché, mon obsession, ma tentation ultime. Tu es mon plus beau et mon plus honteux secret. Tu es le désir fou qui me tourmente sans relâche et je ne désire plus que m'enfoncer dans ton corps comme je le fais chaque nuit dans le corps de Ginny en pensant à toi. Mais je sais que ce plaisir va m'être refusé farouchement et je soupire discrètement à l'idée de ce que je suis obligé de faire maintenant.
Bien sûr, j'ai envie de toi et je suis excité à la simple pensée que nous allons faire l'amour mais j'avoue avoir un peu de mal à concevoir que je vais être sodomisé par toi. Et cela me fait peur aussi même si je préférerais mourir plutôt que de le reconnaître devant toi. Depuis cinq ans, je ne vis plus que dans l'attente de ce moment où tu vas enfin m'appartenir pour quelques secondes. Je ne vis plus que dans l'espoir d'être un jour le corps qui te donnera du plaisir même si pour cela, il me faut me rabaisser à jouer le rôle de la femme pendant nos ébats.
Pour toi, je serais prêt à tout et c'est peut-être ce qui me fait le plus peur.
Tu es immobile contre moi depuis plusieurs minutes déjà alors je décide de reprendre les choses en mains puisque tu sembles être perdu dans un autre monde. Je te caresse passionnément souhaitant graver dans ma mémoire chaque courbe de ton corps parfait. Et lorsque mes doigts se referment sur ton sexe, je m'allonge complètement sur la table t'entraînant subtilement dans ma chute. Tu ne remarques pas ce brusque changement de position, trop plongé dans le plaisir.
Je me saisi alors de ta main droite ne faisant pas assez confiance à ma voix pour oser te dire ce que je désire faire avec toi maintenant. Tu sembles comprendre ce que je veux puisqu'un instant plus tard, un de tes doigts frôle délicatement mon anus. Je me crispe instantanément sous ta caresse avant de m'efforcer à me détendre. Je te fais confiance et je sais que tu feras tout pour que cela se passe bien mais je ne suis pas assez naïf pour ne pas deviner que je vais souffrir.
Ton doigt s'enfonce en moi lentement et j'halète bruyamment ne sachant pas comment interpréter ce que je ressens. Ce n'est pas vraiment douloureux mais j'ai l'impression que tu cherches à forcer dans mon corps et je n'apprécie pas beaucoup cette sensation. Pourtant, je finis par aimer tes gestes lents et tendres quand tu frôle quelque chose en moi que je sais être ma prostate. Tes caresses deviennent alors immédiatement beaucoup plus supportables et même agréables d'une certaine façon.
Je frissonne de manière incontrôlable lorsque tu écartes davantage mes jambes pour te glisser entre elles. J'hésite un moment avant de les enrouler autour de ta taille pour te rapprocher davantage de moi. Mon cœur bat la chamade et je pense à Ginny, à la peur qui me tenaille les entrailles et j'ai soudain la terrible impression que ton sexe est trop large et trop grand pour entrer en moi. Tu vas me déchirer, m'ouvrir en deux et me faire payer le désir que j'éprouve pour toi alors que j'ai juré fidélité à quelqu'un d'autre.
Mais malgré ma peur, je ne te dis rien quand tu pousses fermement tes hanches vers les miennes acceptant silencieusement ma punition. En quelques minutes, je me suis imaginé tout et n'importe quoi sur la sodomie et sur la douleur d'un premier rapport anal et je dois bien avouer que j'étais vraiment loin de la vérité. J'ai tellement mal que mes muscles se contractent violement sous ton geste alors que je laisse échapper un grognement d'inconfort.
Je tente de me calmer et de me sermonner en pensant à la guerre et aux Endoloris que je me suis ramassés pendant les combats. J'essaie alors de me convaincre que la souffrance que tu m'infliges est beaucoup moins grande. Tu t'immobilises une seconde les yeux écarquillés de surprise et mon cœur s'emballe à cette vision de toi. Tu sembles être émerveillé par les sensations que mon corps est en train de t'offrir et lorsque tu reprends ton mouvement de pénétration, je n'ai pas le courage de te demander d'arrêter.
Mes mains se crispent sur tes épaules et je fais tout mon possible pour penser à autre chose qu'à ton sexe qui est en train de m'éventrer. J'accepte cette souffrance parce qu'elle me permet d'expier mes fautes. Si j'avais pris trop de plaisir avec toi, je n'aurais jamais su me pardonner ma faiblesse. Tandis qu'ici, j'ai mal et je l'ai amplement méritée parce que je trompe ma femme avec mon meilleur ami.
Lorsque tu es complètement enfoncé en moi, je réalise avec effroi que nous venons d'officialiser notre liaison et que je viens de perdre définitivement ton amitié. Tu cesses de bouger et tes paupières se ferment sous l'effet du plaisir et je ne peux rien faire d'autre que t'admirer. Tu es si beau ainsi avec tes cheveux en batailles, avec tes joues rougies par l'effort et avec ta bouche crispée par la satisfaction que tu éprouves à me faire enfin l'amour.
Je gesticule discrètement sous ton corps, cherchant une position plus confortable où je n'aurais plus l'impression d'avoir un couteau planté entre les fesses. J'ai vaguement conscience que je saigne et que mon sang est en train de se répandre sur la table de bois mais je m'en moque pour le moment. Tu as l'air heureux et c'est tout ce qui compte. Tant pis si j'ai mal et que je me sens déchiré. Tant pis suis un traître et un criminel pour oser aimer ce que je suis en train de faire.
Peu importe tout ça, je t'aime et ce sentiment est le plus beau.
Et à cette idée, j'amorce timidement un mouvement du bassin et tu prends aussitôt le relais poussant en moi avec des grognements de plaisir. Parfois, je te repousse un peu pour calmer ta passion et je suis souvent obligé de te demander d'arrêter une seconde pour que je puisse reprendre le contrôle de mon corps et de la douleur que j'éprouve toujours à chaque mouvement. Le seul plaisir que je ressens à cet acte est celui de te voir heureux et éperdu au-dessus de moi et ce spectacle de toi valait bien ce sacrifice de ma virginité anale.
Soudain, tu t'enfonces profondément en moi et je sens quelque chose se rependre dans mon corps me faisant violement rougir lorsque je réalise que tu as éjaculé en moi. La sensation de ce liquide chaud dans mon corps est étrange mais pas désagréable et je t'empêche de te retirer en refermant l'étau de mes jambes sur ta taille. Je n'ai pas joui mais je m'en moque parce que je viens de vivre le plus beau moment de toute mon existence.
Je sens la fatigue m'envahir et je ferme les yeux en te serrant plus fort contre moi. Je somnole depuis un bon moment quand la sonnerie de mon portable me tire brutalement du sommeil. Je tends une main paresseuse en direction de mon téléphone et je décroche sans regarder qui est mon interlocuteur. Je sursaute violement lorsque la voix de Ginny me parvient et je te repousse fermement ne supportant soudain plus le contact de ton corps contre le mien. Je balbutie quelques mots sentant la panique m'envahir à la simple idée qu'elle puisse soupçonner ce que nous venons de faire.
Je clos rapidement la conversation et lorsque je me tourne vers toi pour m'excuser de cette interruption, je te vois en train de te rhabiller. Mon cœur se brise dans ma poitrine lorsque je réalise que tu as l'intention de me quitter malgré ce qu'il vient de se passer entre nous. Je t'ai pourtant offert ce que j'avais de plus beau à te donner et je t'ai accordé assez de confiance pour te laisser le droit de t'enfoncer dans mon corps alors que j'étais mort de peur à cette idée.
« - Ne pars pas. Je t'ai donné la seule chose que tu ne possédais pas encore de moi. Je t'ai donné mon corps puisque tu as déjà dérobé mon cœur et mon âme. Je t'aime, Draco. Je ne peux pas quitter Ginny à cause de la famille Weasley et puis, les autres ne comprendraient pas notre amour. De toute façon, je ne suis pas prêt à crier sur tous les toits que je suis homosexuel. Mais cela ne m'empêchera pas d'avoir une liaison sérieuse avec toi…Reste, s'il te plaît. »
Je vois ton regard se durcir et je devine que j'ai dû commettre une erreur quelque part dans mon discours. Je resserre mon étreinte sur ton corps espérant te convaincre de rester grâce à la sincérité de mes sentiments et je sais aussi que je pourrais sans doute t'avouer pourquoi je ne peux pas quitter Ginny. Mais je veux que tu fasses ton choix sans que j'aie pour autant besoin de faire appelle à ta compassion et à ta pitié. Je veux que tu m'aimes assez pour accepter cette situation.
« - Non, je pars. »
Tu te dégages violement de mes bras et tu sors de la serre. Mon cœur se brise dans ma poitrine et sur le moment, j'ai l'impression que je vais mourir. Mourir parce que tu t'en vas alors que je ne sais même plus comment vivre sans toi. Je me lance à ta poursuite cherchant les mots qui te retiendront, cherchant les gestes qui exprimeront au mieux le dilemme face auquel je me trouve. Je t'empoigne par le bras te forçant à me faire face pour que tu puisses voir sur mon visage le mal que tu es en train de m'infliger.
Pourquoi, Draco ?
Pourquoi veux-tu toi aussi m'abandonner comme tous les autres ? Comme Sirius ? Comme Dumbledore ? Comme tous ces amis partis trop tôt ? Je me jette sur ta bouche avec fureur lorsque je sens l'arrière goût amer des remords remplir ma tête comme il le fait depuis dix ans à chaque fois que je pense à tout ce que j'ai perdu. Mais tu ne réponds pas à mon étreinte et mes larmes redoublent parce qu'au fond de moi, j'ai déjà compris que tu ne changeras pas d'avis quoique je puisse faire pour tenter de te retenir.
Alors, je laisse la colère prendre possession de moi et je te hurle les pires horreurs allant jusqu'à prétendre que tu n'as fait que me baiser sans tenir compte de mes sentiments bien réels comparés aux tiens. Je sais que je suis odieux avec toi mais j'ai tellement mal, Draco, que pendant un instant je souhaite ne t'avoir jamais aimé. Parce que finalement, tomber amoureux de toi est la pire chose qui me soit arrivée. Tu me repousses sèchement avant de me tourner le dos et de prendre la parole.
« - C'est faux et tu le sais très bien. Je t'aime vraiment de tout mon cœur et de toute mon âme mais réfléchis un peu à ta proposition. Quel avenir avons-nous ensemble ? Combien de temps accepteras-tu cette liaison ? Combien de temps pourrais-je supporter l'idée qu'elle te touche elle aussi ? Combien de temps penses-tu qu'il nous faudra pour être lassé de l'autre ? Pour en avoir assez des rencontres secrètes ? Pour en avoir marre de devoir toujours se cacher ? Un an ? Deux ans ? Trois ans, tout au plus ? Ce style de relation ne peut mener qu'à la haine et à la colère et je ne veux pas redevenir ton ennemi. Pas après ce qui vient de se passer entre nous… »
Mes larmes redoublent encore devant tes mots. Tu sais ce qui me fait le plus mal ? C'est que tu aies raison. Aucun de nous n'est prêt à vivre une histoire d'amour clandestine. Tu es bien trop fier pour accepter ce genre de relation et je suis trop loyal pour tromper Ginny sans mourir rongé par la culpabilité. Mais si j'avais su tout cela, jamais je n'aurais fait l'amour avec toi. Jamais, je n'aurais commis la folie de goûter à ton corps parce que maintenant, il va falloir oublier.
« - Écoute, Harry. Je ne suis pas quelqu'un d'aventureux et j'ai toujours été lâche. Beaucoup ont cru que j'étais un monstre parce que j'avais accepté de devenir mangemort à 16 ans mais tu sais que ce n'est pas vrai. Je ne pourrais jamais être heureux avec l'idée que par ma faute, je ferais le malheur d'une autre personne tôt ou tard. Parce qu'il te faudra choisir un jour entre Ginny et moi. Et je t'aime trop pour te forcer à devoir faire ce choix. Si je pars maintenant, c'est pour nous éviter une douleur future qui sera encore plus intense. »
Ta main se perd dans mes cheveux et j'ai envie de te crier tout mon amour à la figure. Tu me serres soudain contre toi, m'étouffant presque entre tes bras et je sens des larmes glisser sur la peau de mon cou. Tu pleures devant moi pour la première fois depuis que je te connais et je suis touché de voir que notre rupture te fait aussi mal. Oui, je suis touché par tes larmes et je souhaite même que tu souffres autant que moi de cette décision.
« - Et tous nos projets ? Tous les rêves qu'ensemble nous avons faits ? Tout ça…Ça n'a pas d'importance pour toi ? C'était juste des mots ? Des mots sans valeurs et sans sens ? »
J'ai lancé ces phrases en désespoir de cause et j'ai conscience qu'elles ne te retiendront pas mais tant pis, j'aurais quand même essayé. Et puis, je suis curieux de savoir si tu me mens depuis le début ou si cette envie de partir t'est vraiment venue avec le temps et l'évolution de notre relation. Soudain, je nous revois dans ton manoir quand nous faisions des projets complètement fous pour nous débarrasser du monde entier et pour ne plus vivre qu'à deux dans un cocon.
« - Non, je ne mentais pas mais je sais aussi que j'ai pris la bonne décision. On se reverra tôt ou tard. Les choses auront changé d'ici là et nous pourrons redevenir amis. Ne cherche pas à me retenir, je t'en prie. Si tu m'aimes, laisse-moi partir. »
Instantanément, je relâche mon étreinte. Merlin, oui, je t'aime ! Je t'aime jusqu'à commettre le pire crime qu'il soit envers Ginny. Je t'aime tellement que je te laisse partir si c'est ce que tu souhaites vraiment. Je t'aime même à en crever alors que je te regarde t'éloigner de moi. Je sais que tu as eu le courage de prendre la bonne décision concernant notre liaison. Et mes lèvres forment une litanie de mots dépourvus de sens et j'ai tellement mal que je m'effondre à genoux sur le sol pour déverser toute ma peine et toute ma douleur.
Oui, Draco, je te rends ta liberté parce que mon amour était en train de te tuer lentement en te privant de vivre. Tu rencontreras certainement quelqu'un et tu feras ta vie avec cette personne et tu m'oublieras. Un jour, je sais que j'ouvrirai ma porte et que tu te trouveras derrière elle et nous serons de nouveau des amis. Je reprendrai la comédie là où je l'ai laissée lorsque j'ai cru que quelque chose était possible entre nous.
Ce jour-là lorsque tu reviendras vers moi, je te pardonnerai. Oui, Draco, je t'accorderai mon pardon sans hésiter. Je te pardonnerai de ne pas avoir compris que Ginny est enceinte et que je ne peux pas la quitter. Je te pardonnerai de ne pas avoir accepté le fait que j'ai des obligations envers elle et que je ne peux pas l'abandonner dans cet état.
Mais plus que tout, Draco, je te pardonnerai de m'avoir repris ma seule raison de vivre…
OooooooooO
Voilà, le deuxième chapitre est terminé ! Il y en aura encore deux autres normalement qui se présenteront toujours sous la forme d'one-shots qui pourront être lus indépendamment les uns des autres. J'attends avec beaucoup d'impatience vos commentaires parce que j'ai longtemps hésité à écrire ce POV Harry et j'aimerais savoir si cela vous a plu ou si vous auriez préféré avoir de nouveau un POV Draco.
Je remercie toutes les personnes qui me lisent et qui me laissent des commentaires ainsi que celles qui ne me laissent pas de messages.
Kiss
Petitchaton
