Titre : 13B Allée des Embrumes - Chapitre 3
Auteur : Lametoile anciennement Julia E. Harrington
Bêta-reader : Hayden35 sur hpfanfiction

Genre : Biographie
Public : Tous public (pas de violence, ni autre scène choquante)

Univers : Harry Potter
Disclaimer : La marque Harry Potter ne m'appartient toujours pas.

Résumé des chapitres précédents : Beurk, l'heureux propriétaire du 13B, a fait l'acquisition d'un bijou d'exception : le médaillon de Salazar Serpentard.
Notes : Le titre de ce chapitre me rappelle un film, mais pour le coup, je n'ai pas trouvé mieux. Si vous avez une meilleure idée, je suis preneuse.

Bonne lecture !


Chapitre 3
L'associé

Le soleil éclairait joyeusement le Chemin de Traverse, une foule importante se pressait entre les boutiques. On était à la fin du mois d'août, moment choisi par la plupart des familles sorcières pour acheter les fournitures de leurs enfants. Au milieu de cette foule cheminait un jeune homme. Il serrait un paquet contre son habit plutôt commun. Il avançait les épaules voûtées, non parce qu'il portait quelque chose, mais bien par habitude. Ses cheveux d'un châtain fade s'accrochaient sans grâce à son col. Les gens s'écartaient à son passage, jetant un regard plutôt méprisant à ses cheveux gras et à ses yeux fuyants. Personne ne fut choqué de le voir s'engager dans l'Allée des Embrumes, tout au contraire.

Arrivé dans la ruelle, le sorcier sortit un mouchoir de sa poche pour s'éponger le front. C'était l'été, et malheureusement il n'avait pas les moyens de s'acheter une tenue avec un sortilège de fraîcheur, et encore moins la capacité pour exécuter ledit sort. L'Allée avait une mauvaise réputation, renforcée par son atmosphère lugubre. Mais sous ses arcades, on ne voyait que de rares rayons de soleil et l'on pouvait profiter de l'ombre fraîche. Le jeune homme soupira d'aise, et arriva devant la boutique où il travaillait, depuis plus de cinq ans.

BEURK
Achat — Vente d'Objets Magiques

Lorsque le jeune Bedivere(1) Barjow était sorti de Poudlard, il avait tenté d'entrer comme briseur de sorts chez Gringotts. Malheureusement, ses résultats moyens aux examens ne correspondaient pas au poste convoité. Après son entretien avec le chef des briseurs de sorts, Bedivere avait erré au hasard. Ses rêves brisés pleins les yeux avaient occulté le monde autour de lui, jusqu'à ce qu'il bouscule un homme. Ce dernier était en train de fermer sa boutique.

Caractacus Beurk avait, à peine, jeté un coup d'oeil au garçon qui l'avait malmené. Mais à Bedivere, le nom sur le fronton ne lui avait pas échappé. Un espoir avait alors empli le coeur du jeune homme, Beurk avait été l'un des meilleurs briseurs de sort de sa génération. Si le vieux sorcier acceptait de le prendre comme apprenti, son prochain entretien à Gringotts ne pouvait être qu'une réussite ! Ce fut ainsi que, le lendemain, Bedivere s'était présenté auprès d'un Beurk à la chevelure presque blanche. Il avait longuement parlé au vieil homme, mettant toute son énergie et sa conviction dans son discours. Il voulait le convaincre d'être son instructeur, de l'aider à devenir briseur de sort. Mais la réponse de Caractacus fut sans appel :

« S'ils ne t'ont pas pris à Gringotts, ce n'est pas la peine d'y retourner. C'est leur politique : ne prendre que les meilleurs. Briser un sort n'est pas aussi simple. Il faut un talent inné pour les sortilèges, et une connaissance approfondie de la magie. Ce n'est pas avec tes piètres notes que tu y arriveras ! »

Par contre, Caractacus avait remarqué l'éloquence du garçon. Avec une formation adéquate, il savait qu'il pourrait en faire un bon vendeur. Il lui proposa donc de le prendre comme apprenti, mais pour sa boutique. Il lui fit miroiter un bon salaire, surtout s'il réussissait à faire de bonnes ventes. Bedivere ne réfléchit que peu de temps avant d'accepter. Puisque les avertissements de ses professeurs s'étaient vérifiés, il devait trouver un autre métier, et celui-ci en valait bien un autre. Caractacus le poussa à affiner son sens des affaires, et son talent de persuasion. Bedivere avait une grande finesse d'esprit et sa subtilité à marchander confinait parfois au machiavélisme et à la manipulation. Sur ce point, il dépassait les attentes de son patron. Bedivere avait une bonne raison de travailler aussi durement ; sa fierté, mise à mal par son échec à Gringotts, avait trouvé une nouvelle motivation. Il voulait ajouter son nom au fronton de la boutique, devenir l'associé de Beurk.

Cela n'avait pas échappé à Caractacus. Il observait le garçon depuis son arrivée à la boutique. La première année avait été formatrice, avec son lot d'erreurs et de réussites. Mais, le vieux sorcier savait qu'il avait fait un bon choix en prenant Bedivere. Caractacus avait, d'ailleurs, décidé, au cours des années, qu'il accéderait au voeu du petit. Il avait appris, au cours de son travail à Gringotts, qu'une bonne motivation valait tout l'or du monde. Reconnaître les talents de ses subordonnés lui avait, autrefois, acquis de nombreux alliés et fidèles. Il pouvait le faire pour Bedivere, c'était un investissement des plus judicieux. En effet, en devenant associés, ils partageraient les frais inhérents au fonctionnement même de la boutique. Caractacus n'aurait plus à verser un salaire en plus des charges et du loyer. Un arrangement économique qui plaisait grandement au vieil homme ! Mais il attendait un coup d'éclat de son vendeur, pour vraiment être sûr de son choix.

Aujourd'hui, il n'avait plus à attendre. Quand Bedivere entra avec son paquet, Beurk savait qu'il avait réussi. Depuis plus d'un mois, ils essayaient de convaincre une vieille femme de leur vendre un bijou, un joyau qu'ils désiraient ajouter à leur collection. Bedivere posa le paquet sur le comptoir et le déplia avec déférence.

« Voilà, Monsieur Beurk, le collier d'opale qui tua dix-sept moldus, » fit-il.

Caractacus jubilait. Cela n'équivalait pas à la joie, d'il y avait une dizaine d'années, quand le médaillon de Serpentard était entré dans sa boutique. Mais il était, tout de même, content. Le garçon avait réussi, là où sa propre éloquence et sa magie avaient échoué.

« Ah ! Bedivere, mon garçon, ceci est de l'excellent travail ! Je n'en attendais pas moins de toi ! »

Il observa le joyau avec contentement et ne put laisser échapper une remarque :

« Ah ! Cela me rappelle ma jeunesse, quand je suis entré dans le tombeau inviolé. Tous ces trésors que les pillards n'avaient pu saisir. Quelle joie à cet instant ! La même qu'aujourd'hui !
- Vous voulez parler du tombeau de Toutânkhamon ? Demanda Bedivere. Mon père nous lisait chaque soir les articles à ce sujet. Le journaliste était vraiment très doué pour nous faire vivre vos aventures. Si vous saviez, combien nous avons tremblé pendant vos recherches, alors que le moldu travaillait sans relâche ! »

Beurk regarda son futur associé avec surprise. Il n'avait pas eu conscience d'avoir évoqué ses souvenirs à voix haute. Mais le garçon avait bien vite rebondi sur le sujet, et il n'en finissait pas.

« Le pire a été quand, justement, vous êtes entré dans le tombeau. La description de la fièvre, qui régnait dans la sépulture, était pleine de suspens. Vous imaginer avec vos hommes évacuant les objets magiques, brisant les derniers sorts alors que, de l'autre côté vous entendiez les bruits des pioches. Le moment le plus fort fut, quand le journaliste vous dépeignit en train de briser le tout dernier maléfice, au moment même où une pioche ébranlait l'entrée(2). Ce sont ces articles dans la Gazette qui vous ont rendu célèbre. Combien d'entre nous n'a pas rêvé de faire comme vous ? » acheva tristement Bedivere.

Beurk balaya ce souvenir d'un geste sec de la main, il la posa ensuite sur l'épaule du jeune homme.

« Le passé est le passé, lui dit-il. Pour le moment, un avenir plus intéressant t'attend. Ferme la boutique, puis viens à mon bureau. Nous allons discuter de notre prochaine collaboration. »

Sur ces mots, il remonta d'un pas pesant vers l'étage. Il ne vit pas la joie qui éclairait le visage de son employé, Caractacus était plongé dans ses pensées. « Pourquoi, sans cesse, ai-je besoin d'évoquer mon passé ? »


(1)Monsieur Barjow n'ayant pas de prénom, enfin selon EHP, j'ai dû inventer . Caractacus étant la version latine de Caradog, j'ai cherché dans les vieux prénoms anglais. Je me suis amusée à chercher un prénom commençant par un B, pour faire les initiales BB, Rowling aimant bien les doubles initiales dans ce style. cf. SS pour Salazar Slytherin, ou HH pour Helga Hufflepuf, etc. Bedivere aurait été un chevalier de la Table Ronde. Celui qui aurait donné Excalibur à la Dame du Lac à la mort d'Arthur ...

(2)Howard Carter découvrit la tombe de Toutânkhamon, le matin du 4 novembre 1922. Mais il fallut attendre la venue de Lord Carnavon, le mécène de Carter, pour que les journalistes puissent voir les trésors, et ce, aux environs du 21 novembre.