Titre : 13B Allée des Embrumes - Chapitre 5
Auteur : Lametoile anciennement Julia E. Harrington
Bêta-reader : Hayden35 sur hpfanfiction

Genre : Biographie
Public : Tous public (pas de violence, ni autre scène choquante)

Univers : Harry Potter
Disclaimer : La marque Harry Potter appartient à Joanne K. Rowling et à la Warner Bros.

Résumé : C'est un Caractacus Beurk vieillissant qui est à la tête de "Chez Barjow et Beurk". Les affaires sont florissantes, même si le médaillon de Serpentard ne fait plus parti des possessions de Caractacus. Un nouvel employé y fait d'ailleurs ses armes.
Commentaires : Voici le dernier chapitre qui clôt cette petite histoire.

Bonne lecture ! Et j'espère que jusqu'ici cela vous a plu.


Chapitre 5
Tom Jedusor

Une bûche s'effondra dans la cheminée. Caractacus était plongé dans sa lecture, tandis qu'en bas, Barjow comptait la caisse et que leur jeune apprenti fermait les rideaux de Chez Barjow et Beurk. Le vieil homme étendit ses jambes au plus près de la cheminée. Vieillir ne lui allait pas, tant physiquement que mentalement. Les rhumatismes le faisaient grimacer de douleur, et il supportait de moins en moins de voir les clients.

Le mois dernier, lors d'une visite d'Hepzibah, il avait failli la jeter dehors, avec armes et bagages. Une impolitesse que la vieille femme n'aurait pas appréciée, heureusement, Tom était alors intervenu. Charmant et charmeur, il s'était occupé d'Hepzibah tout au long de sa visite. Elle avait, d'ailleurs, invité le garçon a passé chez elle pour lui montrer sa collection. Barjow, plus au courant des affaires du monde que Caractacus, avait encouragé Tom à s'y rendre. Plusieurs objets intéressants se trouvaient chez elle, il fallait la convaincre de leur les vendre. Sur ce point-là, Caractacus savait pouvoir faire pleinement confiance au jeune Jedusor. À l'inverse, du vieux sorcier ou même de Bedivere, Tom avait une belle mine, qui donnait confiance. Les gens, moins méfiants, se laissaient plus facilement convaincre. Quant à user subtilement de la magie, le garçon l'avait bien vite compris, plus vite que Bedivere.

« Dommage que Tom ne soit pas né plus tôt, je l'aurais bien pris comme associé, » soupira Caractacus.

Encore que... le vieil homme sentait bien que Jedusor avait, certainement, de plus grandes aspirations que boutiquier en ces lieux. Au vu de ses résultats scolaires, il aurait pu postuler à bien des postes. Lui, à l'inverse de Barjow, aurait réussi à devenir briseur de sorts. Mais non, étrangement, il avait préféré venir ici.

Il fallait avouer que Caractacus s'était attaché au garçon, même s'il ne le lui montrait pas. Tom, depuis son adolescence, traînait souvent dans l'Allée des Embrumes. Un jour, alors qu'il était encore étudiant, il était entré dans le magasin. Bedivere Barjow était absent, parti pour traiter une affaire, le fameux collier d'opale, ce fut Beurk qui l'accueillit. Ils discutèrent sur les articles, mais dévièrent bien vite sur d'autres sujets. Caractacus savait bien pourquoi Tom avait poussé la porte, c'était à cause des rumeurs. Il y avait un peu moins d'une vingtaine d'années qu'il était installé ici. Son passé de briseur de sort, ses problèmes avec des gens peu recommandables en Hongrie, tout cela était à l'origine de bien des rumeurs. Pour la plupart, elles disaient qu'il était un de plus grands connaisseurs de la magie, même la plus noire. Ce qui en soi était vrai. Après tout pour accéder aux antiques tombeaux égyptiens, une grande érudition était la base de tout. Tom n'avait donc pas été le premier à venir le voir pour acquérir certains savoirs, mais ce fut le seul à qui Caractacus Beurk céda.

Le garçon était intelligent, et avait déjà certaines connaissances. Par-dessus tout, il avait envie d'apprendre, encore et encore, à l'inverse des autres candidats. Ceux-ci s'attendaient à ce que ce fusse Caractacus qui s'occupât de leurs problèmes, ils n'avaient aucune volonté d'apprentissage. Tom venait souvent rendre visite à Beurk, quand il était dans le coin. Le vieil homme dissertait alors avec lui et le laissait feuilleter ses livres, dont certains incunables et codex rares. Ce garçon aimait vraiment apprendre, et Caractacus appréciait sa compagnie cultivée.

Lorsque Tom, après sa scolarité, s'était présenté, se disant en quête d'un emploi, ni Barjow, ni Beurk n'avaient hésité. Depuis, ils ne pouvaient nier que les articles rentraient plus facilement, et les clients aussi, enfin plutôt les clientes. Caractacus surveillait d'un oeil curieux les femmes, cherchant parmi elles, celle qui séduirait Tom. Pour le moment, aucune ne semblait trouver grâce à ses yeux. « Mais il est encore jeune, il aura bien le temps de trouver, » pensa le vieil homme.

On frappa à la porte, puis peu après le jeune vendeur entra avec la caisse sous le bras. Il la posa sur le bureau pendant que Caractacus se mettait à son bureau. Il se frotta les mains.

« Nous avons eu une bonne journée, aujourd'hui.
- Très bonne, en effet, Monsieur Beurk, répondit Tom.
- Parfait, parfait. »

Caractacus sortit son livre de comptes et y rédigea la recette du jour. Une somme rondelette, qu'il eut plaisir à lire. Il releva les yeux pour apercevoir le jeune homme, plongé dans ses réflexions. Il s'enquit alors, faisant sursauter son employé.

« Quelque chose ne va pas, Tom ?
- Oh ! Euh... non, tout va bien. Je réfléchissais.
- Une femme serait-elle au centre de ces pensées ? »

Le jeune homme fut surpris, mais le sourire un peu madré de Caractacus lui fit comprendre qu'il le taquinait. Tom répondit d'un air mystérieux, un sourire énigmatique sur les lèvres.

« Vous ne croyez pas si bien dire.
- Hoho ! Une femme a réussi à gagner ton coeur, il faut fêter cela. - Caractacus fit alors apparaître des flûtes de champagne et trinqua — Alors est-elle charmante ?
- Elle a des trésors de charme, Monsieur.
- Excellent, » fit le sorcier en sirotant son verre.

Puis il fit signe à Tom, tout en arborant un sourire joyeux.

« Elle doit t'attendre, non ? Vas vite la rejoindre !
- Monsieur Beurk, s'inclina légèrement Tom, bonne soirée.
- Toi de même, toi de même, » lui répondit-on d'un clin d'oeil grivois.

Le lendemain, le jeune homme ne se présenta pas à son travail. Mais Beurk rassura son associé en lui parlant de la discussion de la veille. Les deux hommes échangèrent quelques plaisanteries égrillardes, avant de se mettre au travail. Le surlendemain, Tom ne vint pas non plus, alors que la Gazette annonçait le décès d'Hepzibah Smith. Cette nouvelle occulta l'absence du vendeur, car dès qu'il avait lu le titre, Caractacus s'était précipité chez la vieille dame. Il voulait profiter du désarroi de la famille pour récupérer le médaillon de Serpentard. Seulement, il découvrit que ce dernier avait disparu ainsi que la coupe d'Helga Poufsouffle, « qui était dans notre famille depuis des générations, » lui avait dit le neveu d'Hepzibah.

Quand il retourna à son magasin, les soupçons de Caractacus n'avaient pas totalement pris forme. Les jours suivants, la disparition de Tom était acquise. Bedivere s'était rendu au petit logement du garçon, pour découvrir qu'il était parti sans laisser d'adresse. Un malaise croissant montait en Caractacus. Même l'article mettant en cause une erreur d'Hokey, l'elfe d'Hepzibah, ne le rassura pas.

C'est à ce moment que le vieil homme s'aperçut que certains documents personnels, ainsi que des livres avaient disparu. Tout ce qui touchait, de près ou de loin, à la Hongrie s'était volatilisé. Alors Caractacus comprit. Il comprit que Tom, malgré les mises en garde de son patron, était parti sur les traces de Cadevrius Lecorpus(1), ce sorcier noir que l'Histoire liait, disait-on, à Elizabeth Bathory(2). Pourquoi, comment ; ces questions-là étaient sans réponse. Mais une chose était certaine, Tom avait volé Beurk, le médaillon, les livres ! Il devait faire quelquechose.

Oui, mais retourner en Hongrie... Non, impossible. Repartir là-bas et voir ce que sa cupidité avait créé, ce qu'il avait perdu. Non, impossible. Il n'avait pas oublié celle qui, à cause de lui, était maintenant maudite. Il n'avait pas oublié que chaque phrase de l'oracle de Siwa s'étaient réalisées. La seconde partie de cet oracle, il ne l'avait pas oubliée, non plus. Et elle lui faisait peur, très peur. Non, il ne pouvait pas poursuivre Tom, il n'en avait pas le courage. Alors Caractacus resta à Londres, ressassant sans cesse sa lâcheté.

Un soir, des années plus tard, un homme vint à la boutique. Un célèbre sorcier, à la barbe grisonnante et portant des lunettes en forme de demi-lune, Caractacus le reçut, maussade. Ils avaient été élèves à Poudlard, ensemble, à peu près pendant la même période. Tous deux d'excellents élèves, très appréciés par leurs professeurs. Mais Albus Dumbledore avait mieux réussi sa vie que Caractacus, les années avaient été plus heureuses pour le vainqueur de Grindelwald.

Albus ne tergiversa pas sur les raisons de sa venue à Barjow et Beurk. Il avait bien compris l'humeur de son ancien camarade. Il venait se renseigner sur le médaillon de Serpentard, c'étaient les héritiers d'Hepzibah Smith qui avaient mentionné le nom de Caractacus. Ce dernier se demandait si Dumbledore savait où se trouvait le médaillon, mais apparemment, non.

« J'aimerais juste que vous me racontiez les circonstances de l'achat. Je suis pour le moment plus intéressé par la jeune femme qui vous l'a vendu, » dit Albus.

Le fondateur de Barjow et Beurk conta alors comment il avait mis la main sur le médaillon. Son interlocuteur semblait vraiment intéressé, revenant sur certains points de l'histoire, posant des questions sur d'autres. Dumbledore ne fit aucune remarque sur l'escroquerie de Caractacus, mais à une lueur fugitive dans ses yeux, on ne pouvait douter de son écoeurement. Mais Beurk acheva sans ciller, ni regrets. Finalement quand il eut fini l'entretien, Albus demanda :

« À tout hasard, Caractacus, avez-vous des nouvelles de Tom Jedusor ?
- Non, tonna l'intéressé, ce petit ingrat a disparu sans laisser de traces ! »

Le visiteur quitta alors les lieux, laissant derrière lui un vieillard aigri et humilié. Caractacus haïssait Tom Jedusor, parce que ce dernier avait réussi à le berner, lui qu'autrefois, on ne pouvait mystifier. Il lui avait volé un de ses plus grands trésors, il lui avait dérobé les lambeaux maudits de sa vie. Caractacus se tenait contre le manteau de la cheminée, fixant son reflet dans le miroir au-dessus. En fin de compte, après toutes ces années d'hésitation, Caractacus se décida. Il ne pouvait continuer ainsi. Tous ses regrets le dévoraient.

« Erzsi, murmura-t-il, je reviens. »

Le lendemain, Barjow ouvrit, comme à son habitude, la boutique. Ce n'est qu'à midi passé, qu'il s'inquiéta de ne pas voir son associé. Il monta donc dans le bureau. La pièce était vide mais bien rangée, et le feu devenu cendres froides. Sur le manteau de la cheminée, Bedivere trouva deux choses, une lettre lui donnant la pleine gestion du magasin et une tablette de bois à moitié brûlée. Les signes gravés dessus, il n'en comprit le sens qu'après qu'un de ses clients lui ait aimablement fait la traduction.

« Deux fois, tes pas te mèneront sur les terres de la Dame sanglante.

Ainsi, là-bas, tes erreurs tu retrouveras.
Vieillard, le regret, dans tes veines, coulera.
Te glissant dans le sillage du Déloyal,
Tu perdras, quand, elle te tiendra dans ses bras pâles.

Deux fois, tes pas t'auront mené sur les terres de la Dame sanglante. »


(1)Cadevrius Lecorpus aurait, selon la légende, eu une forte influence sur Elizabeth Bathory, dite la Comtesse Sanglante. En tous les cas, les descriptions qu'on a à son sujet, le font ressembler à un vampire, ou à un sorcier noir. (C'était une hyptothèse trop séduisante pour moi ! J'ai cédé à la tentation )

(2)Elizabeth Bathory (1560-1614), dite la Comtesse Sanglante, est une aristocrate hongroise, tristement célèbre pour les tortures et meurtres qu'elle a perpétués à l'encontre de nombreuses jeunes filles. La légende en a fait une vampire, ou du moins à influencer la culture populaire en ce sens.


THE END

Un petit mot pour la fin : Je vous remercie de m'avoir lu jusqu'ici, et j'espère vous avoir diverti un peu. Vous pouvez maintenant reprendre une activité normale ou me faire part de vos impressions et critiques (bonnes ou mauvaises, je prends tout ).