Les étoiles de l'orage

Qui a le droit….

Harry vit Kingsley tomber par terre en hurlant de douleur. Bellatrix Lestrange tourna les talons et prit la fuite tandis que Dumbledore faisait volte-face. Il lui jeta un sort mais elle parvint à le dévier. Elle était déjà arrivée à mi-hauteur des gradins, à présent.

-Harry…non ! s'écria Lupin.

Harry se réveilla en sursaut, le cri de Lupin résonnant encore dans ses oreilles. Il ne reconnut pas immédiatement la petite chambre du 14 Privet Drive. Ce fut le hululement indigné d'Hedwige qui lui fit réaliser qu'il ne se trouvait plus au Département des Mystères, qu'il était bien au chaud- trop au chaud, même, car il était en nage- dans son lit.

La douleur fulgurante qui traversa son crâne l'avertit qu'il s'était cogné la tête contre le mur, exactement au même endroit que Dobby, quatre ans auparavant. Il se leva en se massant le cuir chevelu et alla ouvrir la fenêtre. L'air frais acheva de le réveiller et l'aida à raisonner lucidement.

Cela faisait maintenant presque une semaine qu'il avait quitté Poudlard, mais pourtant il n'avait pas encore fait de cauchemars au sujet de cette nuit terrible. Sans doute le gardien de ses rêves estimait qu'il culpabilisait bien assez lorsque il était éveillé… La mort de Sirius, les blessures d'Hermione, celles de Tonks, celles dont avaient souffert, à un degré moindre,Luna, Neville et Ginny , ainsi que Ron, le cri de douleur de Kingsley, les blessures de Maugrey (quoique ce dernier n'en soit plus à un passage à l'infirmerie près)….. Toutes ces pensées tournoyèrent dans l'esprit de Harry.

Stop ! se morigéna-t-il. Il se força à se concentrer sur le ciel étoilé. La Grande Ourse, la Petite Ourse … Soudain cette dernière lui fut dérobée au regard par une forme sombre. Harry attrapa sa baguette à tâtons, prêt à se défendre.

La forme passa alors devant un lampadaire et Harry reconnut un hibou. Il s'écarta de la fenêtre pour le laisser entrer. Le volatile exténué s'engouffra dans l'ouverture et alla se laisser tomber sur le lit d'une manière que n'aurait pas dédaigné Errol, le vieil hibou des Weasley. Harry s'empressa de le libérer de son fardeau (une simple lettre) et le porta jusqu'à la cage d'Hedwige, qui fit immédiatement de faire de la place pour le voyageur. En le voyant boire, Harry fut persuadé qu'il avait déjà vu un jour ce hibou, mais où ? L'oiseau était brun, mais l'extrémité de ses ailes était recouverte de plumes blanches piquées d'un motif de points noirs. Peu courant, comme animal.

Le regard d'Harry tomba alors sur la lettre. Elle provenait probablement de Tonks, c'était à elle qu'il avait écrit hier matin afin de donner de ses nouvelles. Je vais bien, les Dursleys sont corrects, il ne se passe rien. C'était tout ce qu'il avait à dire.

Harry se décida à ouvrir la lettre.

Mon cher Harry, je suis ravie que tu ailles bien. Excuse mon écriture brouillonne, il fallait que je me dépêche. Tu dois être vendredi soir chez Arabella Figg, à 19 heures. Prévois un pull, il se peut que tu rentres tard. (Et n'oublie pas de prévenir tes moldus !)

Il fronça les sourcils. Vendredi… c'était ce soir !

Un peu avant dix-neuf heures, il remonta la rue jusqu'à la maison de Mrs Figg. Avant même qu'il eut le temps de sonner, celle-ci lui ouvrit. Il fut accueillit par le chat Pompom, qui se prélassait dans un des fauteuils du salon. Mrs Figg le pria de « se mettre à l'aise en attendant que les autres te rejoignent ». Harry voulut demander quels autres, mais la vieille dame s'était déjà éclipsée. Il salua donc Pompom d'une caresse machinale sur le dos puis sentit une présence.

Dans l'embrasure de la porte se tenait une jeune femme. Magnifique, très grande (presque sa taille), elle avait de longs cheveux bruns, des yeux bleus, mais sa beauté naissait davantage des formes de son visage plutôt que des couleurs. Une beauté qui lui resterait bien des années plus tard.

Mais ce qui attira l'attention d'Harry fut cet air de douceur, de gentillesse mêlée d'assurance qui émanait d'elle. Elle lui tendit la main.

-Elane Rösle.

-Harry Potter.

Elle avait un léger accent. L'accent alsacien, devait-il apprendre plus tard.

-Tu viens ? (Je précise que je ne sais pas si elle m'avait tutoyé, car l'anglais ne fait pas de distinction entre le tutoiement et le vouvoiement.)

Elle le mena jusqu'à la cuisine de Mrs Figg où la première personne qu'aperçut Harry fut Tonks, qui le serra dans ses bras. Elle n'avait jamais usé d'une telle démonstration d'affection avec lui, auparavant.

Tonks n'était pas la seule personne présente : il y avait également Mondingus, qui le salua d'un signe de la main tout en continuant d'échanger des regards de travers avec Mrs Figg, Kingsley, Mrs Weasley qui ne put venir l'embrasser car Mondingus lui barrait le passage, Lupin qui fit de même pour des considérations identiques et un homme qu'Harry ne connaissait pas et qui devait avoir le même âge qu'Elane et Tonks.

Mrs Weasley fit taire les autres d'un geste de la main.

-Nous avons décidé de te rendre visite et de tenir une sorte de réunion de l'Ordre pour que tu ne te sentes pas seul et pour voir comment allait se dérouler la suite de tes vacances… commença-t-elle.

-Ainsi que t'informer du déroulement des choses, fit Mondingus.

Molly lui jeta un regard aigu. Harry sentit que l'atmosphère venait de se remplir d'électricité.

-Je ne vois pas de quoi tu parles, dit-elle froidement.

De toute évidence, le sujet avait déjà été discuté et tous n'étaient pas tombés d'accord. Harry sentit une bouffée de colère monter. On ne prenait toujours pas la peine de lui dire quoi que ce soit, même après la mort de Sirius qui aurait pu être évitée, même après la promesse de Dumbledore de le traiter autrement ! Il prit soudain la parole.

-Je vois qu'on ne se donne toujours pas la peine de me mettre au courant, qu'on me ménage toujours comme un enfant de cinq ans. Je commence à me demander pourquoi je suis venu. Est-ce que c'est toujours comme ça, dans la vie ?

-Bien sûr que non, s'écria Molly.

Elle voulut se précipiter vers lui, mais la chaise de Mondingus était toujours dans son passage. Peut-être s'était-il placé là à dessein.

-C'est toujours comme ça.

L'inconnu venait de parler. Il s'était exprimé en français mais pourtant Harry comprit ce qu'il avait dit. Il n'eut pas le temps de s'interroger sur ce phénomène. Molly s'écria « Mr Szpilmann ». Néanmoins il plongea son regard brun dans celui d'Harry et continua.

-C'est toujours comme ça, à moins que tu expliques aux gens qui tu es et que tu es prêt à connaître la vérité, même si elle est dure. Ce n'est pas une difficulté propre à ta personne, mais chez toi elle est plus marquée car tout le monde veut te préserver. Cela part d'un bon sentiment, ne l'oublie jamais, mais cela ne t'aide pas.

Mrs Weasley tenta d'intervenir. Mais Elane prit la parole.

La vérité est à la fois belle et terrible, Harry. C'est pourquoi il faut l'aborder avec prudence et ménagement. Mais il faut l'aborder tout de même.

Elle poursuivit dans un sourire.

-Tu sais, tu as de la chance : tu as des amis, je dirais même une famille qui t'aime assez pour se disputer à ton sujet tout en essayant de ne pas t'inquiéter.

Harry ne savait qui était ces deux personnes, ni d'où elles venaient, mais pour ces paroles il leur était éternellement reconnaissant.

Ce premier chapitre vous a plut ? Dites-le moi. J'accepte toutes les remarques qui m'aident à m'améliorer.(Ainsi que les encouragements, s'il y en a !)