Les étoiles de l'orage
Chapitre 6 : Retour à Londres
Elane soupira et se massa la nuque. Machinalement, elle retira un bout de fil provenant d'on ne sait où qui se trouvait sur son jean. Elle se trouvait entre deux fleuves : la Tamise à sa gauche, les voitures à sa droite. La file de voitures devant elle s'ébranla à nouveau et elle put avancer d'une cinquantaine de mètres, ce qui était tout à fait exceptionnel vu l'embouteillage. Elle jeta un coup d'œil vers les autres occupants de l'habitacle. A l'arrière, Tonks lui adressa un sourire, Harry regardait d'un air intéressé le paysage à travers la vitre, Joachim à côté d'elle était appuyé au dossier de son siège et regardait à travers le pare-brise les nuages s'amonceler et enfin Mondingus, également à l'arrière qui… il était difficile de dire précisément ce que faisait Mondingus, hormis être lui-même.
La réunion de l'Ordre du Phénix remonta à la surface de sa mémoire. La seule chose sur laquelle ils étaient tombés d'accord, c'était l'innocence de Fudge. Il y aurait une seconde réunion ce soir, à laquelle Harry assisterait. Peut-être y aurait-il du nouveau….
Elane redémarra puis jeta un coup d'œil à la jauge d'essence. Le réservoir était plein de carburant sorcier, qui avait l'avantage de ne pas être polluant. La circulation semblait se fluidifier et ils parvinrent au 11, Square Grimmaurd plus tôt qu'elle n'avait osé l'espérer.
Ils passèrent devant les portraits des ancêtres des Blacks. Il sembla à Elane qu'Harry se raidit en passant devant les rideaux qui camouflaient celui de la mère de Sirius. Leur arrivée passa inaperçue, tant l'ambiance de la cuisine était survoltée. Chacun hurlait son avis dans l'oreille de son voisin sans se préoccuper de savoir s'il l'écoutait. Ce qui donnait lieu à quelques « Donc, comme je le disais…Et mais tu m'écoutes, là ? »Elane tenta sans succès de ramener le silence puis sortit sa baguette et fit retentir plusieurs explosions. Tout le monde se tut.
- Maintenant que j'ai -enfin- votre attention, je vous ferai remarquer qu'Harry Potter est ici. Ne vous précipitez pas tous pour lui parler, vous en aurez tout le temps plus tard, s'empressa-t-elle de dire, anticipant le mouvement de Molly Weasley.
Harry vit que tous l'écoutaient attentivement.
- Vous savez tous pourquoi nous sommes ici, je ne prendrai donc pas la peine de le préciser une seconde fois.
-Pourquoi est-ce vous qui présidez la réunion ? l'interrompit une voix agressive.
C'était Emmeline Vance.
- Pardon ?
-Pourquoi est-ce vous qui présidez la séance ?répéta-t-elle hargneusement.
Harry éprouva une envie subite de dire quelque chose, n'importe quoi, pourvu que cela puisse aider Elane. Celle-ci fixa Emmeline Vance avec un sourire, mais ses yeux la fixaient sans ciller.
- Si vous voulez le faire à ma place…proposa-t-elle courtoisement en lui tendant quelques rouleaux de parchemins.
Elle continuait à la fixer de son regard droit et franc, et Emmeline détourna le regard en marmonnant que c'était une question en l'air. Elane reprit :
- Quelqu'un a-t-il des informations sur la chose qui nous a réunis, ou une hypothèse qu'il voudrait faire partager ?
Plusieurs personnes se mirent à parler en même temps, et Elane venait de les faire taire d'un geste de la main quand la porte s'ouvrit brutalement et Arthur Weasley apparut, hors d'haleine et s'écria :
- J'ai du nouveau !
Elane lui proposa une chaise, sur laquelle il se laissa tomber et lui dit de parler, mais un concert de protestations s'éleva, certains objectant qu'on pouvait tout d'abord le laisser se reposer, d'autres voulaient proposer à boire au nouvel arrivant, d'autres encore disaient qu'ils avaient ouvert la bouche avant qu'il n'entre. Elane dit :
- Arthur en premier.
Une voix vexée s'éleva :
- Je crois que j'ai également une opinion intéressante, mais seulement moi, je ne suis pas entré en coup de vent !
D'autres voix approuvèrent.
Elane haussa légèrement le ton :
- J'ai dit « Arthur en premier » ! Y a-t-il quelque chose que vous ne compreniez pas dans cette phrase ? Mais peut-être avez-vous des nouvelles que vous ne pouvez plus gardez pour vous plus longtemps, continua-t-elle d'un ton paisible.
Personne n'en avait. Elle donna alors la parole à Arthur.
- Un employé du ministère est mort, lâcha-t-il. Et apparemment, c'est lui qui était à l'origine de ce pacte avec Voldemort. Il aurait tout programmé, mis l'interprète de Fudge de son côté, décidé d'en parler à l'émissaire allemand- il s'est occupé de tout.
- Comment s'appelait-il ? demanda Tonks.
- John Bennett.
-On m'a chargée d'annoncer sa mort à sa famille, souffla-t-elle. Je le connaissais assez bien, il me paraissait sympathique. Comment est-il mort ?
- Tombé d'une falaise en Cornouailles ce matin. Il s'y était rendu à l'aube pour une mission. Mais ce n'est pas ça, le plus troublant.
Arthur marqua une pause.
- Il avait une fille qui travaillait au département des Mystères, ainsi que son mari. Tous deux ont été parmi les premiers à croire Dumbledore l'été dernier quand il a fait part du retour de Voldemort.
- Jane et Francis Minton, non ?
C'était Joachim qui avait parlé.
-On avait discuté de l'idée de leur proposer de faire partie de l'Ordre, il me semble. Mais je ne me rappelle plus pourquoi l'idée avait été abandonnée.
- Toi et Elane étaient en France lorsque j'avais annoncé que c'était impossible, le renseigna Arthur.
- Pourquoi impossible, s'étonna Mondingus.
Un silence complet régnait dans la cuisine.
- C'est justement ça qui est troublant, dit Arthur. Tous deux sont morts au début du mois de novembre.
Des murmures de sympathies s'élevèrent.
- Et ce n'est pas sûr qu'ils soient décédés de manière naturelle, ajouta alors Arthur.
Un silence de mort suivit ses paroles.
-Mais John Bennett est tombé, non ? objecta Emmeline Vance.
- Mais c'est lui qui était le premier sur les lieux après la mort de sa fille et de son gendre. Et il n'est pas tombé.
Arthur la regarda bien en face.
-On l'a poussé.
- Mais qui l'a poussé ? Serait-ce Celui-dont-on-ne-doit-prononcer-le-nom qui ait décidé de le tuer ? demanda Tonks, l'air hébétée.
- Je n'en sais pas plus, malheureusement, soupira le Directeur du Service des détournements de l'Artisanat Moldu.
- Mais s'il voulait lui proposer un accord qui lui offrait tant d'avantages, il n'avait pas intérêt à le supprimer, réfléchit Joachim à haute voix. A moins qu'il ne réclamait encore d'autres avantages que nous ne connaissons pas.
Tous restèrent silencieux, tentant d'intégrer ces nouvelles données. Finalement Lupin eut le bon sens de demander :
- De quoi s'occupait la fille de Bennett ? S'opposait-elle à son père ? Qui aurait pu trouver un quelconque avantage à la supprimer, ainsi que son mari ? Et est-ce que…
Tout le monde comprit la question qu'il n'osait formuler à haute voix. Est-ce que John Bennett aurait lui-même tué sa fille et le mari de celle-ci ?
- La seule question à laquelle je peux apporter une réponse, c'est la première, dit Tonks. Tous deux travaillaient à la lutte contre la lutte contre les mages noirs. Il est difficile de dire exactement ce qui se passe au Département des Mystères, mais je crois que tous deux s'occupaient de surveillance, et travaillaient dans le renseignement.
- Et Jane Minton était également membre de la Guilde, ajouta Arthur. J'ignore si son mari l'était aussi, mais c'est probablement le cas. Il faudrait le vérifier. Qui s'en charge ?
A ces mots, Joachim se redressa.
- Je m'en occupe.
- Je vais maintenant en parler à Dumbledore, tu veux que je lui demande une lettre d'introduction, un laissez-passer, ou je ne sais quoi, proposa Arthur.
- Ce n'est pas la peine, je sais exactement comment je vais m'y prendre, dit-il d'un ton ferme.
- Ceci étant réglé, y a-t-il d'autres questions ?s'enquit Elane.
- Moi j'en ai une, annonça Tonks. Qu'est-ce que je suis censée dire à la veuve de John Bennett quand j'irai la voir ? Est-ce que je dois lui préciser que son mari a peut-être été poussé de la falaise ?
- Evite en tous cas de lui dire qu'il est soupçonné d'avoir voulu passer un accord avec Voldemort, conseilla Georges Weasley.
Harry tourna la tête dans sa direction, surpris, et s'aperçut que Fred était également présent. Il était étonné de ne pas les avoir encore remarqués. Généralement, les deux frères ne passaient pas inaperçus, à moins qu'ils ne l'aient décidé. Et encore, la plupart des professeurs de Poudlard avaient appris (le plus souvent à leurs dépens), que c'étaient lorsque ils tentaient de ne pas se faire remarquer dans une assemblée qu'il était le plus nécessaire de les avoir à l'œil.
Tonks prit le temps de décocher une œillade meurtrière à George avant de reprendre :
- Qu'est-ce que je dois lui révéler exactement ?
- Attends de voir si elle était au courant des activités de son mari, dit alors Lupin. Il faut que tu observes la manière dont elle réagit, les questions qu'elle pose, ce genre de choses.
Tonks paraissait désespérée. Elane annonça la fin de la réunion et les membres se dispersèrent. Seuls restèrent les parents Weasley, Fred et George, qui s'empressèrent de venir serrer la main d'Harry, Lupin, Tonks, Mondingus, Elane et Joachim. George félicita Elane pour la manière dont elle avait conduit la réunion, sans imposer son autorité, se contentant de l'affirmer lorsque le besoin s'en faisait sentir. Tonks grimaça :
- Je dois encore aller ce soir chez Mrs Bennett et je ne sais toujours pas quoi lui dire.
Gentiment, Elane lui proposa de s'en charger à sa place :
- Je préfère ça à affirmer mon autorité !
Tonks accepta. Elane était la personne tout indiquée : elle saurait réconforter la veuve avec sa gentillesse coutumière et son excellente connaissance de la nature humaine. Elle saurait également déterminer si Mrs Bennett était au courant des activités de son mari.
- Voici l'adresse.
Tonks sortit un morceau de parchemin de son sac, qu'elle lui tendit. Elane y jeta un coup d'œil et put vaguement situer l'endroit : un quartier résidentiel sorcier. Le mieux pour s'y rendre était de passer par le Chemin de Traverse, et de le parcourir jusqu'au deux tiers, puis prendre l'Allée des Soupirs et la suivre jusqu'à son extrémité. Là, quelqu'un pourrait lui indiquer son chemin de manière plus précise, la renseignèrent Fred et George.
Molly lui proposa un parapluie qu'elle refusa, arguant que sa capuche lui suffirait bien si la pluie venait à tomber. Joachim déclara alors qu'il devait également se rendre au Chemin de Traverse. Devant leurs regards étonnés, il livra une explication :
- Je sais que ma répétition n'est qu'à vingt heures, mais il faut que je m'y prenne maintenant si je veux obtenir les renseignements concernant le mari de Jane Minton.
Avant qu'ils ne partent, Harry s'enquit :
- Qu'est-ce que c'est, la Guilde ?
Joachim lui répondit :
- Une organisation internationale regroupant des sorciers du monde entier. Elle est présente dans presque tous les pays du monde. Elle a été fondée environ à la même date que Poudlard. Durant la précédente guerre contre Voldemort, elle a joué un rôle important dans la défense. Elle a de nombreux collèges où la magie est enseignée. Ses universités sont parmi les plus prestigieuses. Tous ses membres ne sont pas des professeurs, et tous ceux qui sont issus de ses écoles ne deviennent pas membres de l'organisation, bien au contraire. Il n'est pas nécessaire d'être issu de l'une de ses écoles pour faire partie de l'organisation, elle est ouverte à tous. Et elle est universellement respectée.
Arrivés au Chemin de Traverse, Joachim accompagna Elane jusqu'à la hauteur de la poste, puis lui dit :
- Je dois te laisser là. J'ai quelque chose à y faire.
- Tu t'en sortiras avec l'anglais ?
- C'est une grande poste internationale, il doit bien y avoir quelqu'un parlant français ou italien, ou à défaut allemand.
Il redressa le col de la veste d'Elane afin qu'elle soit mieux protégée du vent, hésita puis lui proposa :
- Il est dix-huit heures trente, et ma répétition finit à vingt-deux heures trente. Si par hasard, tu étais encore dans les parages à cette heure-ci, tu pourrais venir me rejoindre, qu'on aille prendre un café ensemble.
Elle lui sourit derrière la longue mèche qui barrait son visage.
- Ce serait avec plaisir, M. Szpilmann.
- Très bien, mademoiselle Rösle.
Elle rit puis profitant de sa taille au-dessus de la moyenne, elle se haussa sur la pointe des pieds et lui murmura à l'oreille
- Dans ce cas, à ce soir peut-être.
Elle l'embrassa sur la joue et il la serra un instant contre lui, puis elle s'écarta et s'en alla. Il la suivit un instant du regard, jusqu'à ce que elle tourne dans l'Allée des Soupirs.
Elane découvrit rapidement l'origine du nom : la rue était battue par les vents et même la plus légère brise soupirait contre les murs des vieilles maisons, presque toutes frileusement serrées les unes contre les autres. En raison de la force du vent, un vrai concert de lamentations accueillit la jeune femme. Le bruit ne s'entendait pas depuis le chemin de Traverse, à cause de l'agitation qui y régnait ou grâce à un sortilège, Elane l'ignorait.
Elle sortit un plan du Londres sorcier de son sac, mais mit tout de même trois bons quarts d'heure à arriver à l'adresse fournie par Tonks. Elle leva les yeux vers le vieil hôtel particulier, maintenant divisé en quatre appartements. Chaque famille était propriétaire de son logement, lui apprit une vieille publicité collée sur la porte. Elane prit une profonde inspiration puis donna deux coups du heurtoir portant l'étiquette « Mr et Mrs Bennett. » Se trouvant dans un quartier exclusivement sorcier, elle ne fut pas surprise lorsque celui-ci lui demanda d'une voix grinçante « Qui êtes-vous ? »
- Elane Rösle, du ministère de la magie. J'ai quelque chose d'important dont je dois parler à Mrs Bennett.
Celle-ci s'avéra être une agréable dame aux cheveux blonds tirant légèrement sur le gris, vêtue de noir. Probablement en signe de deuil après la mort de sa fille. Certains sorciers respectaient ces coutumes. Après l'avoir saluée, elle lui demanda :
- Pardonnez-moi mon indiscrétion, mais vous avez un accent étranger. Comment se fait-il alors que vous veniez de la part du Ministère ?
- Je suis française.
Elane précisa la fonction qu'elle occupait en Angleterre et sa profession en France, sans toutefois s'étendre sur les détails.
- Qu'avez-vous à m'apprendre ?
Elane avala difficilement sa salive. De toute évidence, elle ne soupçonnait pas la tragédie dont elle allait une nouvelle fois être victime.
- Votre mari… Votre mari est décédé.
Mrs Bennett pâlit terriblement, et Elane crut un instant qu'elle allait s'évanouir. Mais elle se ressaisit et demanda d'une voix enrouée :
- Que s'est-il passé ?
- Il se trouvait en Cornouailles ce matin et est tombé d'une falaise.
Après un instant elle ajouta :
- Je suis navrée.
Et elle l'était réellement. De toute évidence, Mrs Bennett était très attachée à son mari. Probablement ignorait-elle ses agissements avec Voldemort. Mais il lui fallait en être sûre.
Mrs Bennett souffla :
- Tombé ? Comment ça ? Il adorait la Cornouailles, où il était né. Il avait passé son enfance à jouer sur ces falaises. Il avait un pied très sûr et n'était pas sujet aux vertiges.
Brusquement elle redressa la tête.
- Et que faisait-il en Cornouailles ce matin ?
- Il ne vous a pas dit ce qu'il allait y faire ?
Lentement, Mrs Bennett secoua la tête. Elane eut la certitude qu'elle était sincère.
- Je l'ignore également.
Se fiant à son intuition, elle ajouta :
- Je suis désolée de vous dire ça, mais… on pense qu'il n'est pas tombé. Il aurait été poussé. Excusez-moi de vous demander cela, mais avait-il des ennemis ?
- Il travaillait au Département des Mystères, avec ma fille et son mari. Tous les quatre, nous avons immédiatement cru Albus Dumbledore lorsque il a annoncé le retour de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom.
Elane ignorait que John Bennett avait travaillé avec sa fille.
- Et je crois qu'ils tentaient de mettre au point une sorte de plan pour surveiller les ex-Mangemorts, ainsi que ceux qui n'avaient pas été condamnés.
Mrs Bennett changea soudain d'expression. Elle regarda un point derrière Elane, avec un sourire forcé. Celle-ci se retourna. Une petite fille blonde venait d'entrer dans la pièce. Elle ne devait pas avoir plus de trois ans, jugea-t-elle.
- Coucou, Harriet. Tu viens dire bonjour à Miss Rösle ?
La petite s'avança en trottinant vers Elane et lui tendit sa main avec sérieux en lui disant :
- Bonjour. Je suis Harriet Minton.
Elane sentit son cœur se serrer en entendant le nom. La précision que lui fit Mrs Bennett après avoir suggéré à Harriet de retourner dans sa chambre était inutile : elle avait déjà compris qu'il s'agissait de la fille de Jane et Francis Minton.
- Ma fille et son mari sont décédés au mois de novembre dernier, soupira Mrs Bennett. Et eux aussi…
Elle s'interrompit comme si une idée lui était venue, puis repris, le souffle accéléré :
- On suppose qu'eux aussi ne sont pas décédés de manière naturelle. Croyez-vous que cela ait un lien avec la mort de mon mari ? Que quelqu'un ait voulu les supprimer pour une raison ou une autre… peut-être à cause de ce sur quoi ils travaillaient ?
C'était la même hypothèse que celle qui avait été évoquée au cours de la réunion du Square Grimmaurd. Et malheureusement, Elane n'avait pas plus de preuves que quelques heures auparavant.
- Rien ne le prouve, mais c'est une piste à envisager.
-Ma fille faisait partie de la Guilde. Elle s'était fâchée à ce sujet avec son père au début. Il ne voulait pas qu'elle rejoigne cette organisation au début mais avait finalement été convaincu après un aperçu de l'un de ses collèges.
Mrs Bennett se laissa aller en arrière et soupira :
- Pauvre Harriet. Plus de mère, plus de père, plus de grand-père. Que va-t-elle devenir ? J'ignore si j'aurais la force de l'élever. Il le faut, pourtant. Mrs Londubat a bien réussi à élever son petit-fils, pourtant. Il va falloir que je me montre aussi forte qu'elle.
Mais je vous ennuie, ajouta-t-elle, confuse.
- Pas du tout, assura Elane.
Sur le moment, l'allusion à Mrs Londubat ne la frappa pas. Pourtant, elle allait bientôt devoir s'en souvenir.
- Je suppose qu'il va falloir que je passe au Ministère pour… récupérer les affaires de mon mari, dit-elle d'un ton désenchanté.
- Ne le faites pas tant que vous ne vous en sentirez pas la force, dit Elane d'une voix chaleureuse, qui rassura Mrs Bennett.
Elle fit un pauvre sourire tandis qu'Elane remettait sa veste et la remercia. Elane se tourna vers elle et voulut ajouter quelques mots de réconfort, mais eut quelques difficultés à les trouver.
- J'aimerais pouvoir vous dire que la douleur s'apaise avec le temps, mais ce n'est d'aucun réconfort pour quelqu'un qui souffre en ce moment même. Je suis vraiment désolée.
Ce n'était pas grand-chose, mais cela réconforta un peu Mrs Bennett. Elane sentit qu'elle voulait maintenant rester seule avec son chagrin.
- Vous pouvez toujours me faire parvenir un message quand vous serez au Ministère. Au revoir.
Elle sortit et une fois dans la rue elle s'adossa à la vieille porte de bois. Pour la première fois elle réalisa combien l'immeuble était modeste. Propre et confortable, mais sans plus. Elle se jura qu'elle saurait ce qui était arrivé aux parents d'Harriet. Plus que des larmes, le petit visage sérieux de l'enfant l'avait émue. Elane jeta un coup d'œil à sa montre. Presque vingt-et-une heure. Elle se souvint que John Bennett avait somme toute, fait part de la lutte contre Voldemort. Pourquoi avait-il alors voulu passer un pacte avec lui ? Par dégoût après la mort de sa fille ? Peut-être avait-il su la vérité sur la mort de sa fille et de son gendre. La pluie se mit à tomber.
Elane sentit qu'elle avait besoin de se changer les idées. Elle prit la direction du port sorcier, situé sur l'un des affluents secrets de la Tamise. Elle ralentit une fois dans l'Allée des détours et se fondit dans la foule hétéroclite et cosmopolite qui s'y trouvait.
Je sais que le tome 6 « Harry Potter and the Half-blood prince » est sorti, je l'ai moi-même lu, et je vais tenter de faire en sorte que ma fiction ne soit pas anachronique lorsque la version française sera disponible.
Ça vous a plu ? Faites-le moi savoir !
Thealie : Merci de répondre à mes questions, ça éclaircit beaucoup mes idées. De rien, moi aussij'aime quand les auteurs répondent à mes interrogations. Tu ne parles pas beaucoup de Harry pour l'instant. Va-t-il intervenir bientôt ? Oui ! Je sais que je n'ai pas beaucoup parlé de lui pour l'instant, mais son tour viendra bientôt. Seulement il y a quelques petites choses dont je dois parler d'abord. Mais il va bientôt revenir sur le devant de la scène.
Darkdea : Continue ainsi et n'abandonne pas malgré le peu de reviews : Merci pour tes encouragements ! Lorsque j'ai posté mon premier chapitre, je m'étais dit que si même si je ne recevrais qu'une review tous les trois chapitres, cela voudrait dire qu'au moins une personne me lirait plus ou moins régulièrement, alors je continuerais, ne serait-ce que pour cette personne.
