Les étoiles de l'orage
Chapitre 7 :Le vent ne révèle pas ses secrets
Une fois dans la poste, Joachim s'empara d'un morceau de parchemin et s'installa à une petite table réservée à ceux qui désiraient écrire une lettre. Il hésita, ne sachant comment s'exprimer. Il leva les yeux et les promena autour de lui pour chercher l'inspiration. Son regard accrocha une publicité où se mouvaient des flammes vertes. Le slogan annonçait «Voyage par cheminée à l'extérieur de Londres à partir d'une Mornille. » La publicité se traduisait en plusieurs langues.
Joachim jeta un coup d'œil à sa montre. Il avait encore le temps, et une explication de vive voix était sans doute préférable. Il reposa la plume et le parchemin et partit à la recherche d'un employé, parlant français ou italien de préférence. Il dut payer quatre Mornilles pour un voyage à destination de l'Ecosse.
Il sortit de la cheminée dans un château situé à l'extrême nord de l'Ecosse, dans un hall réservé aux visiteurs. Un sorcier l'accueillit, et à l'aide de ses quelques notions d'anglais, Joachim parvint à lui dire :
- Bonjour, je voudrais parler à Roberto Szpilmann. C'est important.
Il aurait aimé préciser qu'il était de sa famille, mais ne savait comment l'exprimer, et d'ailleurs dès qu'il eut fini sa phrase le professeur Hugues (du moins, c'est ce qu'il comprit), l'entraîna à sa suite vers l'extérieur du château. Il lui fit traverser un jardin et l'emmena dans le parc. Celui-ci se prolongeait jusqu'à la mer, et le professeur lui désigna une silhouette debout sur le sentier de la falaise, puis fit demi-tour.
Même à cette distance, Joachim avait reconnu Roberto, son cousin et frère de Wladyslaw. Il s'avança vers lui. La longue cape noire de Roberto claquait au vent, mais il ne semblait pas le remarquer. Joachim l'observa. Roberto avait la même taille que Wladeck, et donc que Joachim. Ses yeux bruns étaient les mêmes que les siens, mais ses cheveux étaient légèrement plus sombres.
Joachim s'éclaircit la gorge.
- Bonsoir, dit-il en italien.
Roberto redressa la tête, surpris et pensant sans doute avoir affaire à l'un de ses élèves, mais aucun d'entre eux n'avait un accent napolitain aussi parfait. Ils n'avaient pas d'accent du tout, d'ailleurs, hormis l'anglais dont les sonorités mettaient régulièrement ses oreilles à mal, lorsqu'elles transformaient l'italien au point qu'il avait de grandes difficultés à le reconnaître.
Son visage s'éclaira lorsqu'il reconnut son cousin. Il se mit à parler avec volubilité, demandant des nouvelles de toutes la famille sans laisser à Joachim le temps de répondre. La nona va bien ? Et Wladeck, il a du succès dans ses concerts ? Et toi ? Et ton frère Enrique ?
A cette dernière question, Joachim eut davantage de temps pour répondre, Roberto et Enrique étant amis comme l'étaient Joachim et Wladeck, c'est-à-dire aussi proches que des frères. Roberto scruta soudain attentivement son visage.
- Tu n'es pas venu à cette heure-ci pour une simple visite de courtoisie ?
- J'ai quelque chose d'important à te demander.
- Autant le faire ici, au château les murs ont des oreilles. Seuls les pires banalités passent inaperçues.
- Connaissais-tu Jane et Francis Minton ?
Le visage de Roberto se ferma soudain.
- Pourquoi cette question ?
Joachim hésita. Son cousin savait qu'il était membre de l'Ordre du Phénix, mais il ne savait pas s'il devait tout lui confier. De toute façon, il n'en avait pas vraiment le temps. Il décida de répondre d'une manière détournée.
- Sais-tu qu'ils sont tous deux décédés au mois de novembre ?
- Oui.
Roberto laissa son regard errer vers la mer.
- Je les connaissais assez bien. Ils étaient sympathiques, et j'ai beaucoup regretté leur mort. Pourquoi t'intéresses-tu à eux ?
Encore une fois, Joachim choisit de détourner la question.
- Il se peut qu'ils ne soient pas décédés de manière naturelle. Et aujourd'hui, le père de Jane Minton, John Bennett, est tombé d'une falaise en Cornouailles. On pense qu'il aurait été poussé.
Roberto tourna soudain la tête vers lui. Il sembla à Joachim qu'une lueur d'inquiétude dansait au fond de ses yeux, et il eut l'impression fugace que Roberto lui dissimulait quelque chose.
- Poussé, tu dis ?
Joachim acquiesça.
- Encore une fois, pourquoi t'intéresses-tu à eux ?
Cette fois, pas de doute, Roberto lui dissimulait quelque chose.
- Ce serait trop long à expliquer les détails. Les Minton ainsi que le père de Jane Minton étaient censés travailler sur un plan de surveillance des ex-Mangemorts. Tous trois sont décédés dans des circonstances assez troublantes. Et aujourd'hui, on vient d'apprendre que John Bennett aurait tenté de passer un pacte avec Voldemort. Et maintenant, j'aimerais savoir si Francis Minton faisait partie de la Guilde, et ce que tu sais sur lui et sa femme.
- Francis Minton faisait partie de la Guilde, lâcha Roberto. Ainsi que John Bennett.
Joachim sursauta.
-Tu en es sûr ?
-Oui, mais écoute.
Roberto jeta un coup d'œil autour de lui. Le débit de sa voix devint précipité, comme s'il craignait d'être interrompu.
- John Bennett faisait partie de la Guilde. Et s'il est mort, cela pose un grave problème. Il y a quelque chose que l'Ordre doit savoir. Mais je n'ai pas le temps d'en parler maintenant. Mais sache que John Bennett n'était pas celui qu'il semblait être. Je crois que je sais pourquoi sa fille est morte. Mais j'ignore qui l'a tuée.
Il jeta à nouveau un coup d'œil autour de lui.
-Le début de cette histoire ne remonte pas à la mort des Minton, ni même au retour de Voldemort, mais à l'attaque des Londubat. Où est-ce que je peux te joindre ?
Excellente question. Roberto n'était pas dans le secret du Square Grimmaurd, il ne pourrait donc pas l'y trouver. Joachim pensa un instant lui dire de laisser un message au siège de l'orchestre avec lequel il jouait pendant son séjour en Angleterre, mais ce n'était guère prudent.
- Ministère de la Magie, demande Elane Rösle, ou à défaut Nymphadora Tonks, Kingsley Shackelbot ou Alastor Maugrey.
- Fol Œil ? demanda Roberto avec un sourire.
Joachim hocha la tête. Il regrettait de lui avoir dit de chercher à joindre Elane. Qu'est-ce qu'elle risque ? se morigéna-t-il. Et d'ailleurs, elle savait se protéger.
- Précise bien que tu es mon cousin et que tu viens de ma part, ajouta-t-il. Et dis que cela concerne les Minton.
Il jeta un coup d'œil à sa montre.
- Il faut que je l'en aille, j'ai une répétition à vingt heures.
- Je t'accompagne, j'ai un cours à donner.
Ils remontèrent vers le château en parlant de choses et d'autres, comme si Joachim était simplement venu pour rencontrer son cousin. Roberto parla un peu de ses cours.
- Au début, j'avais souvent recours à l'italien, mais j'étais handicapé pour donner une définition de certains mots italiens que les élèves ne comprenaient pas. Et maintenant, je n'ai plus la tentation de recourir à l'italien, je suis tout aussi à l'aise en anglais.
Arrivé dans le grand hall, une cloche se mit à sonner et des élèves déboulèrent de toutes les directions. Ils couraient dans l'escalier avec une témérité suicidaire, nœud de cravate sous l'oreille pour les garçons, jupes relevées d'une main pour les filles, livres tenus en l'air d'une main, l'autre retenant le sac qui battait le dos ou la hanche. Bref, l'agitation habituelle dans les couloirs d'une école. Le flot se ralentit et certains se mirent à invectiver ceux qu'ils pensaient être responsable de l'embouteillage.
Excédé, un élève jeta son sac sur son épaule et se laissa glisser sur la rampe, tournant le dos à ceux qui étaient debout sur les marches, les jambes pendant dans le vide. Quelques applaudissements saluèrent sa prouesse. Dès qu'il fut en bas Roberto fondit sur lui pour lui reprocher sa folie.
Joachim se dirigea vers la cheminée et avant de lancer une poignée de poudre de Cheminette dans l'âtre, il se retourna pour faire un signe à son cousin. Il réapparut dans une des cheminées de la poste et paya deux Mornilles, puis sortit dans la rue. Serrant les doigts sur la bandoulière du sac contenant ses partitions, il pressa le pas.
Seuls la moitié des musiciens était présente. Joachim salua quelques clarinettistes, échangea quelques mots avec une violoniste, se glissa derrière un autre pour parvenir au piano. A peine était-il assis que le chef d'orchestre déboula dans la salle. La plupart des musiciens étaient français, ceux venant d'un autre pays le comprenaient, aussi est-ce en cet langue que l'homme survolté s'adressa à eux. Un invité de marque allait assister à la répétition, expliqua-t-il. Il ne devrait venir que venir que vers la moitié, aussi auraient-ils tout le temps nécessaire pour l'attendre. En son honneur, ils allaient jouer la polka dont il leur avait remis la partition la dernière fois.
Ils commencèrent par répéter d'autres morceaux, et la salle étant bien chauffée, au bout d'un certain moment tous se mirent à l'aise : on desserra, voire retira les cravates, on tomba les vestons, hommes et femmes retroussèrent leurs manches et la plupart d'entre elles attachèrent leurs cheveux avec ce qu'elles avaient sous la main.
On commença également à s'énerver et c'est au cours d'une dispute particulièrement houleuse entre un saxophoniste et une flûtiste que « l'hôte de marque » fit son entrée. Ce brave homme, croyant bien faire et ayant pu se libérer plus tôt, avait pris la liberté d'arriver en avance. Le chef d'orchestre qui avait tant désiré faire bonne impression, se retrouva à tirer sur ses manches d'un air décontenancé en regardant ses musiciens. Il retrouva néanmoins rapidement sa superbe et leur ordonna de prendre la partition de la polka.
Malheureusement, celle-ci, dont la mélodie s'avérait assez simple à exécuter, présentait un enchevêtrement de reprises sournoises. Il fallait jouer le morceau jusqu'au début, puis reprendre à la sixième mesure, aller jusqu'à la fin puis recommencer à la troisième ligne… bref tout une foule de piège dont le chef d'orchestre imaginait avec une confiance naïve que ses musiciens sauraient se tirer avec brio. Quelques répétitions leur auraient permis de venir à bout de ces chausse-trappes, mais l'homme avait apparemment placé une confiance excessive en ses troupes.
Il n'avait pas tout à faire tort, car ils exécutèrent la polka avec toute la légèreté requise. Mais arrivés à la fin, quelques imprudents s'égarèrent et reprirent au début. A chaque fois que le morceau devait s'achever, il y avait un violoniste, un flûtiste ou un contrebassiste pour recommencer et il n'y avait pas d'autre solution que de le suivre. La durée du morceau était de cinq minutes, au bout de vingt ils y étaient encore. Le pauvre chef d'orchestre marquait en vain le final, la diabolique musique reprenait toujours, tel un incendie de forêt que l'on arrive plus à éteindre.
Joachim n'aurait su dire s'il se trouvait à la fin ou au milieu et un coup d'œil à ses compagnons de martyr lui apprit qu'eux aussi étaient perdus. Il dut découvrir plus tard qu'il fut l'un de ceux qui résisté le plus longtemps. Un vieil homme qui s'essoufflait dans sa contrebasse était au bord de la crise d'apoplexie.
Finalement, le dirigeant exténué prit des mesures énergiques : il leva les deux bras au ciel en un geste désespéré et les abattit d'un coup sec. Tous s'arrêtèrent brutalement. Pendant un instant le silence régna, puis tous relâchèrent brutalement leur respiration. Le contrebassiste qui avait cru s'étouffer se mit soudain à rire et son rire était si contagieux que tous partirent d'un fou rire. Joachim sortit son mouchoir de sa poche (et fut stupéfait de découvrir qu'il se trouvait pour une fois là où il était sensé être) et s'épongea le front.
Ce fiasco eut tout de même un avantage : le chef d'orchestre les libéra vingt minutes plus tôt que prévu. La plupart des musiciens annoncèrent leur intention d'aller boire un verre au Chaudron Baveur. Joachim déclina poliment l'invitation et sortit dans la rue, au moment où Elane arrivait. La pluie avait cessé mais le vent du soir continuait à jouer dans ses cheveux. Il alla à sa rencontre.
- ça va ? lui demanda-t-elle.
- Très bien.
Quelques retardataires leur adressèrent un signe de la main, auquel ils répondirent. Joachim entendit l'un deux marmonner :
- Je comprends pourquoi il ne voulait pas rester avec nous.
Il prit le bras d'Elane et l'entraîna. Elle lui proposa de se rendre au Chaudron Baveur.
- Je préférerais un endroit moins fréquenté, et si possible assez éloigné d'ici pour que mes chers collègues n'aient pas l'idée de venir se joindre à nous.
Elle sourit.
- Dans ce cas, je sais où aller.
- Tu as l'intention de me perdre dans une petite ruelle du vieux Londres ?
- J'ai l'intention de t'emmener dans un petit piano-bar quasi parisien, qui se trouve à deux pas du Chemin de Traverse. Toujours dans le Londres sorcier, ajouta-t-elle.
Elane lui traduisit le nom inscrit sur une pancarte : « Aux vieux mages expérimentés ». Joachim sourit. Elane avait vingt-quatre ans, lui vingt-cinq.
- A nous deux, nous avons bien une cinquantaine d'années d'expérience de la vie, non ?
Elle lui rendit son regard amusé.
- Vu sous cet angle, je crois que nous pouvons entrer.
Il lui ouvrit la porte et s'effaça pour la laisser passer. Une femme aux cheveux blonds mêlés de gris relevés en chignon appela un homme, probablement son mari, pour qu'ils leur fournissent une table. L'homme rejeta son torchon sur son épaule et recula une chaise pour Elane, puis changea d'avis et leur désigna un compartiment aux banquettes de velours blanc confortables.
Ils passèrent leur commande, un cappuccino pour Joachim, un café viennois pour Elane. Dans un coin quelqu'un jouait du piano. Ici, le temps semblait figé, comme si la guerre n'existait pas, comme si tout deux n'allaient pas bientôt être obligés de repartir vers le Square Grimmaurd, où les portraits d'une dynastie finie continuaient à se reposer sur une gloire en lambeaux, et où un vieil elfe de maison au cerveau malade traînait ses souvenirs d'une pièce à l'autre, vivant dans un passé à jamais révolu…
Le serveur leur apporta leur commande puis alla dire deux mots au pianiste. Joachim promena autour de lui un regard apparemment distrait, en réalité il vérifiait que personne ne pouvait les entendre. Elane avait un jour découvert que ni le patron ni sa femme ne parlait français, lorsque préoccupée elle avait passé sa commande en cette langue. Elle avait alors croisé le regard déconcerté de la propriétaire et s'était empressée de remédier à sa bévue. Joachim se pencha vers Elane :
- Tu as pu parler à Mrs Bennett ?
- Oui, soupira-t-elle. Je lui ai parlé. Elle ne sait rien des activités de son mari, a failli se trouver mal quand je lui annoncé sa mort, et a une adorable petite-fille d'environ deux ans et demie, dont elle et son mari se sont occupés depuis la mort de leur fille.
Ils restèrent silencieux un instant. Les premières victimes d'une guerre étaient toujours les innocents, les enfants… Le pianiste attaqua tout à coup un air plus vif, que Joachim identifia comme de la musique tzigane. Les passages joyeux et mélancoliques se succédaient. Elane reprit la parole.
- J'ai également appris que Jane Minton et son père s'étaient opposés à propos de son entrée dans la Guilde. Mais ils se sont réconciliés après que son père ait visité un établissement de la Guilde.
- Au point que son père décide d'ailleurs de rentrer dans la Guilde, ajouta Joachim.
- C'est vrai ?
Elane arrêta sa tasse à mi-chemin de sa bouche. Joachim se demanda s'il devait lui parler de son escapade-éclair en Ecosse.
- C'est vrai. Jane, son père et son mari étaient tous les trois dans la Guilde.
- Comment as-tu fait pour découvrir ça en si peu de temps ? Quand tu es allé à la poste, je croyais que tu allais envoyer une lettre. Tu as déjà eu une réponse ? Ou alors…
Elle se tut. Joachim vit qu'elle fixait le prospectus concernant les services qu'offrait la poste de Londres en matière de déplacements par réseaux de cheminées, qu'il avait sorti de sa poche car il avait menacé de tomber après qu'il ait cherché son mouchoir. Elane était intelligente, avait un esprit vif et logique. La conclusion ne se fit pas attendre.
- Tu avais l'intention d'envoyer une lettre, puis tu as changé d'avis. Tu es allé quelque part, j'ignore où, pour obtenir ces renseignements en personne.
- Bien joué, Miss Holmes, la taquina-t-il en faisant référence au célèbre détective moldu dont elle lui avait prêté les aventures.
Par jeu, elle lui donna un coup dans l'avant-bras.
- Quelle grande culture littéraire ! fit-elle d'un ton ironique.
- Je sais, je sais, dit-il d'un ton faussement modeste.
Ce qui lui valu un autre coup. Il lui opposa une barrière d'une de ses mains, dans laquelle elle s'amusa à taper doucement.
- Sérieusement, tu ne m'avais pas une fois dit que le frère de Waldeck était professeur dans un des collèges de la Guilde ? En Ecosse ? A…
Elle réfléchit un instant.
- Dans un château appelé Norbottens ?
- Tu m'impressionnes !
- Arrête de te moquer de moi.
- Je ne me moque pas.
Ils échangèrent un regard amusé.
- Effectivement, Roberto est professeur là-bas. Apparemment, il connaissait les Mintons.
- Pourquoi apparemment ?
- Il ne m'a pas tout dit. Il va venir te parler, précisa-t-il.
- Me parler ? Il aurait pu s'adresser à toi.
- Mais il ne savait pas où me joindre, aussi je lui ai dit que tu travaillais au ministère. J'espère que ça ne te dérange pas, après tout je peux tout aussi bien retourner le voir…
Ça ne la dérangeait pas. Joachim lui raconta alors tout ce que son cousin lui avait dit -ou pas dit.
- Cela concerne …
Elle n'acheva pas sa phrase. Joachim acquiesça.
- D'après ce qu'il m'a dit. C'est également important, il m'a aussi dit que la mort de John Bennett posait un grave problème, que Bennett n'était pas celui qu'il semblait être. Il pense que les racines de tout cela remonte à l'attaque des Londubats.
- A l'attaque des Londubats ? Tu es sûr ?
- Oui, pourquoi ?
- Car Mrs Bennett a également fait une allusion à Mrs Londubat « qui élevait seule son petit-fils ».
- Curieux. Tu sais en quoi consiste cette…attaque ? J'en ai eu quelques échos, mais ce n'est pas très clair.
Elane lui fit le récit de la tragédie, tel que Maugrey lui en avait parlé. Joachim était rempli de compassion pour Neville, mais était perplexe quant au rapport avec Mrs Bennett.
- Je l'ignore également, mais peut-être ton cousin le connaîtra-t-il. Et il y a également autre chose que j'ai appris.
Joachim lui jeta un regard interrogateur.
- Jane et Francis Minton travaillaient avec John Bennett au Département des Mystères. Et d'après Mrs Bennett, ils travaillaient sur un plan de surveillance des ex-Mangemorts.
- Mais alors comment en est-il venu à passer un pacte avec Voldemort ?
- Je l'ignore, murmura-t-elle, je l'ignore….
Ils restèrent un moment silencieux. Finalement Joachim fit un signe au serveur, qui lui remit l'addition. Il paya, puis tous deux sortirent dans la rue. Le vent avait recommencé à souffler et repoussait la pluie contre leurs visages. Ils marchèrent un peu puis transplanèrent. Arrivés au Square Grimmaurd, Joachim eut quelques difficultés à réprimer un bâillement.
- Va donc te coucher, lui conseilla Elane. Moi, je vais encore vérifier l'état du feu dans la cuisine, on ne peut pas faire confiance à Kreattur.
- Tu as besoin d'aide ? demanda-t-il.
Elle lui sourit.
- Je peux me débrouiller. Et d'ailleurs, moi je n'ai pas fait l'aller-retour jusqu'en Ecosse !
Elle le poussa gentiment vers l'escalier. Il se retourna, l'embrassa et lui murmura « Bonne nuit ».
Quand Elane arriva dans la cuisine, la seule lueur qui l'éclairait était celle du feu de cheminée. Elle décela une présence.
- Qui est là ?
- Elane, c'est toi ? Qu'est ce que tu viens faire ici ? demanda la voix de Molly Weasley.
Il sembla à Elane que la voix n'était pas très assurée.
- Je venais m'occuper du feu.
Dans la pénombre, elle distingua la silhouette de Molly qui lui tournait le dos.
- Laisse, je vais m'en occuper.
Ses épaules tressautaient bizarrement. Cette fois-ci, pas de doute, quelque chose n'allait pas.
- Molly, murmura Elane en allant s'agenouiller à côté d'elle.
Les flammes se reflétaient sur les larmes qui marbraient le visage de Mrs Weasley. Elane posa la main sur son épaule.
- Vous ne voulez pas me parler ?
Elle attendit. Au bout d'un moment, Mrs Weasley se remit à pleurer. D'une voix entrecoupée de sanglots, elle expliqua :
- J'ai peur pour vous …pour vous to-ous. Je vous vois so-sortir, et je ne sais pas quand vour r-rentrerez, ni où … où vous allez. J'ai peur pour Arthur, Tonks, Kingsley, toi, tous… tous ceux qui travaillent au Ministère et sont tellement exposés. J'ai aussi peur pou-pour Fred et Georges, sur…sur le Chemin de Traverse. Je suis inquiète pour tout le monde, et… et il y a tant à faire ici. J'ai deux bassines de repassage, que je ne sais pas quand je ferais, et cette maison est t-tellement lugubre.
Elane comprit. Ce n'était que de petites choses, qui prises séparément étaient sans importance, mais dont l'accumulation avait fini par créer un grand malaise. Elle berça doucement Molly contre son épaule puis dit :
- Pour la maison, il y a bien moyen de faire quelque chose. J'en parlerais à Harry. Le repassage, je vais le faire maintenant. Et pour les autres….
Elle hésita.
- Nous savions tous à quoi nous attendre lorsque nous avons rejoint Dumbledore. Nous savions que ce serait difficile, mais ce serait encore plus terrible de ne rien faire. Et si nous commencions à rester terrés chez nous, ce serait donner raison à Voldemort.
Mrs Weasley tressaillit en entendant le nom.
- Vous ne pourriez pas… l'appeler autrement ?
- Non, je ne pourrais pas. Là, aussi, ce serait reconnaître son autorité. Or, c'est précisément ce que nous voulons éviter. La guerre se gagne par ce genre de petites choses, qui paraissent sans importance, mais s'il nous faut autant de courage juste pour prononcer son nom, c'est bien la preuve que cela a son importance.
Il était impossible de répondre à cela, et Molly n'essaya même pas. Elle sécha ses larmes et remercia Elane puis quitta la cuisine, rassérénée. Elane resta un moment silencieuse, face au feu. Finalement elle se redressa. Elle vit la planche à repasser et les deux bassines dont lui avait Mrs Weasley. Elle jeta un coup d'œil à sa montre. Il allait être minuit dans un quart d'heure. Elle retira son manteau, alluma la lumière et la radio d'un coup de baguette et s'attela à la tache. Etudiante déjà, elle aimait travailler lorsque la maisonnée était endormie. Seule dans la cuisine. Exactement comme ce soir…
Je me demande si je ne vais pas me mettre à faire du chantage : pas de reviews, pas de chapitre ! Plus j'y pense, plus je trouve que c'est une bonne idée…
Bon, je vais continuer à mettre à jour régulièrement, mais s'il vous plaît, laissez-moi quelques mots, ça ne prend pas beaucoup de temps et j'accepte toutes les remarques qui m'aide à m'améliorer, ainsi que les encouragements (du moins s'il y en a…)
Thealie : Est-ce qu'il y aura des spoilers du tome 6 ? Franchement je l'espère pas : Cette fic me trottait dans la tête depuis très longtemps, et je me vois mal la changer de bout en bout à cause de la sortie du Tome 6. Mais je l'ai lu et j'ai constaté que certaines choses ressemblent à celles que j'avais l'intention d'inclure dans mon histoire, alors disons que je vais l'écrire comme j'en ai l'intention, mais certains événements seront les mêmes que dans le tome 6, car je voulais de toutes façons les inclure. Elane est vraiment très forte, autant magiquement que moralement. C'est sûr ! Elle va devenir l'un des piliers de l'univers de Harry. Mais je vais te laisser découvrir ça au fil des chapitres…Pour les reviews je ne compte pas m'arrêter sauf du 4 au 18 août. Alors, voyons voir, où est mon agenda…je prends note : pas de reviews de Thealie durant cette période… Je plaisante ! Mais ça ne me laisse pas beaucoup d'espoir d'obtenir des reviews durant ton absence…Dommage !
