Les étoiles de l'orage

Chapitre 13 :Devoirs de vacances

Disclaimer : Tous les personnages, animaux, créatures, objets, lieux etc…appartiennent à J.K.Rowling, hormis certains qui existent réellement, et d'autres que j'ai crée. Je ne gagne rien à écrire cette fic, à part le plaisir que j'ai à écrire et à faire partager ce que j'écris.

Les personnages ajoutés sont tirés de mon imagination, toute ressemblance entre eux et des personnes existant ou ayant existé est le fruit du hasard.

Minerva Mcgonagall se renversa dans son fauteuil en poussant un soupir. Son bureau était recouvert de piles de parchemins. Devant elle, s'étalait la liste des élèves en cinquième année à Gryffondor. Et en tant que directrice de la maison aux couleurs rouges et or, elle avait reçu les résultats de ses élèves aux Buses et avait maintenant pour tâche de comparer leurs résultats à leurs aspirations. Chacun des professeurs lui avait, comme chaque année, remit par écrit les conditions que les élèves devaient remplir pour être acceptés dans leurs cours en sixième année, mais il était toujours possible de discuter le passage d'un élève qui avait échoué, ou pour qui l'option était indispensable à son orientation mais qui n'avait pas les résultats requis dans un certain domaine, alors qu'il était à niveau dans tous les autres.

Sur le parchemin indiquant le niveau requis en cours de potions, le professeur Rogue n'avait pas gaspillé d'encre. Son écriture serrée formait simplement les mots : « Mention Optimal en potions. De bons résultats en botanique seraient également souhaitables ».

En relisant ces mots, Minerva songea qu'ils étaient à l'image de l'homme. Sans fioritures, intransigeants. Les mots de quelqu'un pour qui seul viser l'excellence était honorable. Rogue n'ignorait pas que l'excellence n'était pas à la portée de tous, mais il fallait au moins essayer… Seulement, il ne présentait pas les choses ainsi à ses élèves…

Au moment où elle tendait la main vers le dossier de Neville Londubat, Argus Rusard fit son entrée (sans frapper) dans son bureau.

- Professeur, il faut que vous veniez… c'est urgent, haleta-t-il. C'est grave… Venez voir…

Minerva étouffa un soupir et se leva. Dans ces temps troublés, le concierge se raccrochait aux petits détails quotidiens pour oublier le danger. Du coup, une expédition de hiboux qui avait laissé des fientes sur les marches du perron était devenu une catastrophe pour lui, et une rupture de stock de détergents de la mère Grattesec équivalait à une condamnation de six mois à la prison d'Azkaban (à l'époque où les Détraqueurs s'y trouvaient encore.)

Rusard emmena le professeur de Métamorphose jusqu'à un couloir situé près des cuisines et lui désigna une grande tache brune sur le sol. D'après la forme, on aurait pu croire qu'un elfe de maison aurait renversé une gigantesque casserole pleine de chocolat fondu. Les cris de Rusard lui apprirent qu'il en était tout autre.

- C'est ce maudit esprit frappeur, professeur ! Il a pris un saut de boue récupéré je ne sais où et est venu le vider ici à plusieurs reprises. En plus ce…ce … cet être abominable y a ajouté de la colle liquide « Mage gluant », alors maintenant il va falloir que je gratte pendant des heures ! Si j'étais vous, professeur, je demanderais immédiatement au professeur Dumbledore de signer son ordre d'expulsion ! Et pendant que, j'y suis, je lui demanderais également de…

- Mon cher Rusard, il se trouve que vous n'êtes pas à ma place, et que vous n'avez aucune autorité pour me dire ce que je dois faire, ou ne pas faire. Mais si j'étais à votre place, j'irais immédiatement chercher mes seaux et mes balais et commencerais à nettoyer.

Devant le ton sec du professeur Mcgonagall, Rusard n'osa pas dire ce qu'il pensait. Mais il s'arrangea tout de même pour lui en faire part. Lorsqu'elle tourna les talons après lui avoir assuré que le professeur Dumbledore serait mis au courant de cet incident – et elle appuya sur le mot « incident » de manière à faire comprendre au concierge que ses paroles lui seraient rapportées mot pour mot- il marmonna dans son dos :

- Si le professeur Ombrage était encore là, elle aurait signé l'ordre d'expulsion de Peeves depuis longtemps…

- Et elle aurait signé votre ordre d'expulsion immédiatement après, rétorqua le professeur de Métamorphose depuis l'extrémité du couloir.

Rusard estima préférable de faire bénéficier l'un des elfes de maison de ses commentaires. Eux, au moins, se taisaient quand on voulait qu'ils se taisent…

Minerva Mcgonagall monta à l'étage, mais bifurqua vers une des fenêtres. De l'endroit où elle se trouvait, elle voyait très bien l'allée que Mrs Ombrage avait descendu, il y avait peu de temps de ça, en étant poursuivie par Peeves qui s'amusait à la frapper avec sa canne et sa chaussette remplie de craies. Elle sourit à ce souvenir, puis ses pensées revinrent vers Peeves. L'esprit frappeur était agaçant au possible, mais pouvait parfois se révéler très utile, notamment pour déloger des intrus…

Elle soupira. Un de ces jours, la guerre entre Rusard et Peeves prendrait de telles proportions que l'un des deux devrait être expulsé, et Minerva n'avait aucun doute sur l'identité de celui qu'elle souhaitait voir rester…. Elle vit soudain Severus Rogue traverser son champ de vision, l'air aussi sombre que d'ordinaire. Elle fronça les sourcils. Il lui semblait qu'il marchait avec précaution, comme si il souffrait quelque part.

Elle tenta de rejeter cette idée. Il avait promis qu'il en ferait immédiatement part à quelqu'un s'il venait à être à nouveau blessé. Mais il n'a pas vraiment promis, souffla une petite voix dans sa tête. Il a juste dit qu'il le ferait… Venant de Severus Rogue, cela revient au même, rétorqua Minerva. Mais cela n'apaisa pas totalement ses craintes, et elle retourna à son bureau en se demandant s'il ne valait pas mieux demander à Mrs Pomfresh quelle était la dernière visite de Rogue à l'infirmerie.

Le dit Rogue était présentement en train de fulminer contre Dumbledore. Ce dernier venait de l'avertir d'une voix aimable que dorénavant, il ne pourrait plus se contenter de faire ses rapports à Minerva Mcgonagall ou Filius Flitwick, mais devrait les faire au Square Grimmaurd. Ce qui impliquait donc de se rendre là-bas au moins une fois par jour. Mais il pouvait en être dispensé en cas de force majeur, avait ajouté le directeur de Poudlard.

Il se demanda vaguement si préparer ses cours pour la rentrée était un cas de force majeure, mais Dumbledore aurait été capable d'envoyer Hagrid le tirer des profondeurs de son bureau par la peau du cou. Il soupira. A première vue, il n'y avait aucun moyen d'échapper à cette corvée.

Et il n'en voyait toujours pas un lorsqu'il reconsidéra la situation quelques heures plus tard. Il se trouvait dans les serres de Poudlard, en train de cueillir des herbes nécessaires à la fabrication de grandes quantités de diverses potions de soin. Il se redressa un instant et massa distraitement son bras, qui le faisait encore souffrir. Il considéra les plants d'amarante à ses pieds. Il faudrait qu'il se rappelle de dire à un elfe de maison de dire au professeur Chourave de les arroser. Il l'aurait volontiers fait lui-même, mais le professeur de botanique poussait les hauts cris dès que quelqu'un d'autre qu'elle-même touchait à ses plantes.

Serrant les dents pour réprimer un cri de douleur, il se baissa à nouveau et rassembla les ingrédients puis reprit le chemin du château. Une fois dans son laboratoire personnel, il alluma d'un geste de la main le feu sous les cinq énormes chaudrons préparés à l'avance et rangea les ingrédients dans de petites boîtes qu'il plaça à côté des chaudrons correspondants en attendant que l'eau ne soit à la température adéquate. Les ingrédients qu'il avait pris dans ses placards étaient déjà à côtés des feux, prêts à servir.

Il jeta différentes herbes dans chacun des chaudrons, réservant l'amarante pour le dernier. Les fleurs mauves s'enfoncèrent lentement sous la surface de l'eau.

Les fleurs mauves réapparurent bientôt, déclenchant les rires de Ginny, Harry et Hermione. Ron se précipita à nouveau sur le miroir en voyant leurs expressions.

- Oh, non, gémit-il.

Une guirlande de fleurs encadrait à nouveau le côté gauche de son visage, d'une manière qui n'était pas sans rappeler à Hermione le papier à lettre que Lavande Brown utilisait pour écrire à son petit ami. Mais charitable, elle ne le dit pas à Ron. Ginny, elle, ne s'en priva pas. En entendant leurs rires et la voix de Ron qui menaçait sa sœur des pires représailles si elle avait le malheur de faire une telle comparaison devant Fred et George, ou Bill, ou Charlie, ou sa mère, ou Wladeck, ou….

- Suis-je également frappé par cette interdiction ? s'enquit Lupin en passant sa tête par la porte. Et d'ailleurs, de quelle comparaison s'agit-il ?

Personne ne fut capable de prononcer plus de deux mots l'un après l'autre sans éclater de rire, et Lupin préféra ne pas reposer sa question devant la mine de Ron. Il se borna à leur conseiller de faire un peu moins de bruit, sous peine de voir Mrs Weasley venir voir ce qui se passait. A ces mots, une expression horrifiée apparut sur le visage de Ron et les fleurs prirent une teinte encore plus éclatante. Quand Lupin fut parti, il se tourna vers ses amis.

- Mais qu'est ce qui m'arrive, gémit-il.

- Des fleurs mauves n'arrêtent pas d'apparaître sur ton visage, et ça te donne l'air encore plus stupide que d'habitude, le renseigna aimablement sa sœur.

- Très drôle, Ginny, grogna-t-il.

- Effectivement.

Ron s'effondra dans un fauteuil, au bord de la crise de nerfs.

- Mais qu'est ce que je vais bien pouvoir faire ?

- Te cacher derrière une écharpe…

- Te promener avec un sac en papier sur la tête…

- Voir si tu peux trouver du fond de teint complètement opaque….

Il préféra se boucher les oreilles.

- Ou tout simplement demander à Fred et George de te donner un antidote, suggéra Hermione.

- Hein ? Ron se redressa. Qu'est-ce que ces deux….

Il ne trouva pas de mot adéquat.

- Qu'est-ce que ces deux-là viennent faire là-dedans ?

Hermione leva un sachet de papier aux couleurs de « Weasley- Farces pour sorciers facétieux » devant ses yeux et lut :

- Décoration florale- Vous voulez ajouter une touche d'originalité à votre tenue ? Vous voulez vous faire remarquer dans n'importe quelle foule ? Ou encore jouer une farce à vos amis ? Ceci est fait pour vous ! Choisissez un bonbon de la couleur qui vous plaît, avalez-le, attendez que les fleurs apparaissent et … admirez le résultat !

A travers la voix d'Hermione, Ginny pouvait presque entendre les intonations moqueuses de Fred et George. Elle se détourna pour dissimuler son rire aux yeux de Ron, qui s'était à nouveau avachi dans son fauteuil.

- Oh non, soupira-t-il. Je suis sûr qu'ils l'ont fait exprès. Je ne veux pas leur demander d'antidote, ils se moqueraient de moi…

- Tu as le choix, déclara Harry. Ou tu passes un sale quart d'heure entre les mains, ou plutôt entre les rires de tes deux jumeaux de frères, ou alors c'est nous et Fred et George qui nous payons ta tête jusqu'à ce que les fleurs disparaissent.

Ron en resta bouche bée.

- Vous ne feriez pas…ça ! se révulsa-t-il.

- Moi en tous cas, je ne me gênerais pas, lui affirma Ginny.

Harry prit pitié de lui.

- Je peux dire à Fred et George que ce produit m'intéresse, et leur demander s'il existe un antidote, ou combien de temps doit d'écouler avant que les effets ne disparaissent. Ça t'éviterait au moins d'avoir à leur réclamer un remède qui n'existe pas ! Et je ne leur dirais pas que c'est pour toi, ajouta-t-il.

- Je suppose que c'est tout ce qui peut être fait pour l'instant, fit Ron d'un ton résigné.

- Comment ? s'indigna Ginny. Je trouve que c'est déjà beaucoup ! Moi à sa place, je t'aurais laissé te débrouiller tout seul ! Et si tu le prends comme ça, j'empêcherais Harry de rendre service à un ingrat !

- Ginny, murmura Hermione d'un ton apaisant.

La rousse se tourna vers elle.

- Comment, tu ne le trouves pas ingrat, toi ?

- Si, sourit Hermione. Mais je voudrais savoir comme tu comptes t'y prendre pour empêcher Harry d'aider Ron…

- Oh, il y a bien des moyens, assura Ginny en caressant doucement sa baguette magique.

- Tu n'es pas obligée d'aller jusque là, dit Harry d'un ton faussement effrayé.

Ce qui fit rire tout le monde, même Ron. Ce fut l'instant que choisit Bill pour entrer dans le salon.

- Maman annonce que le repas est… Il s'interrompit en voyant Ron.

Celui-ci lui jeta un regard noir et Bill préféra ignorer la mode inaugurée par son frère.

- Que le repas est presque prêt, acheva-t-il lentement. Il faut que vous alliez vous laver les mains dans une des salles de bain, car l'un des robinets de la cuisine est réquisitionné pour la préparation du repas et l'autre s'est brusquement arrêté de couler.

Les deux filles allèrent dans la salle d'eau attenante à leur chambre tandis que Bill accompagnait Harry et Ron jusqu'à la leur. Il s'adossa à la paroi de la douche et les regarda se savonner consciencieusement les mains, au cas où il viendrait à Mrs Weasley l'idée de les vérifier de très, très près…

- Décoration florale ? interrogea-t-il.

- Hein ?

Ron se retourna tandis qu'Harry observait les deux frères dans le miroir. Bill répéta :

- Décoration florale de chez « Weasley- Farces pour sorciers facétieux » ?

Ron soupira puis redressa la tête, interdit.

- Comment tu le sais ?

- Tu as des fleurs mauves sur le visage, crois-moi, c'est difficile à cacher, sourit Bill.

- Très drôle, grogna Ron. Je veux dire : comment sais-tu que cela provient de chez Fred et George ?

Bill s'appuya plus confortablement à la douche.

- Je me suis moi-même promené un peu en arborant de magnifiques bleuets. Je ne vais pas te raconter comment j'ai fait sensation en me présentant ainsi à la banque !

Il continua d'un air songeur :

- C'est comme ça que j'ai découvert pourquoi les gobelins ne riaient pas beaucoup…

- Pourquoi ? demanda Harry en se tournant vers eux.

Bill sourit d'un air malicieux.

- Parce qu'une fois qu'ils ont commencé, ils ont beaucoup de mal à s'arrêter !

Harry tenta d'imaginer des gobelins riant aux éclats, se tenant les côtes, allongés par terre à force de rire ou basculant par-dessus leurs bureaux… Ce fut lui qui éclata de rire, bientôt rejoint par Bill. Ron les regarda d'un air stupéfait. Il inspira à fond. Il se retrouvait avec des fleurs violettes sur le visage, tout le monde allait se moquer de lui…Ce n'était pas grave, il y survivrait… Les inventions de Fred et George se multipliaient dans leur sillage…Ce n'était pas grave, il était capable de faire attention à ce qu'il avalait… Même Bill s'était fait prendre au piège… Probablement les jumeaux lui avaient présenté le bonbon comme une confiserie inoffensive… Les gobelins étaient capable de rire aux éclats mais lui ne savait toujours pas faire rire les gens lorsqu'il le souhaitait…. Ce n'était toujours pas grave, il n'aurait qu'à observer Dumbledore et à l'imiter…

Et maintenant, son frère aîné et son meilleur ami se tordaient de rire sous ses yeux mais il ne comprenait toujours pas pourquoi… Ce n'était pas grave, Hermione pourrait le lui expliquer… Tout irait bien… Ron se trouva tellement stupide qu'il éclata de rire à son tour.

Lorsque Ginny décida d'aller voir ce qui retardait tant les garçons, elle les trouva affalés au sol, en train de se tordre de rire. Elle les considéra d'un air mi-amusé, mi-résigné.

- Vraiment irrécupérables, soupira-t-elle.

Ce qui eut pour effet d'attirer sur elle l'attention des « irrécupérables » en question. Ils redressèrent la tête vers elle d'un air gêné. Ginny hésita entre éclater de rire et se mettre à les traiter d'imbéciles. Elle finit par adopter un compromis :

- Maman a dit qu'elle voulait vous voir en bas tous les trois dans cinq minutes. Maintenant, il n'en reste plus que….

Elle jeta un coup d'œil à sa montre.

- Il n'en reste plus que deux. Si vous ne respectez pas ce délai… couic !

Harry songea que Mrs Weasley n'avait sûrement exprimé les choses ainsi. Les paroles de Ginny le confortèrent dans cette opinion :

- Le dernier mot est de moi, mais il rend très bien ce que Maman voulait dire.

Elle ajouta dans un demi-sourire :

- Si j'étais vous, je me dépêcherais car il ne reste plus qu'une minute et trente secondes.

En se précipitant vers la porte, Bill et Ron tentèrent de s'engouffrer en même temps dans l'embrasure et restèrent coincés. Ils cessèrent de gesticuler à la demande de Harry et commencèrent à se rejeter la faute. Harry prit son élan et leur fonça dedans. Tous trois s'étalèrent au sol, mais Harry se releva aussitôt et courut dans l'escalier en criant par-dessus son épaule :

- Viens Ginny, dépêche-toi ! Laissons-les traîner et se débrouiller tous seuls avec ta mère !

Elle ne se fit pas prier et dévala les marches à sa suite. Ils avaient déjà un étage d'avance lorsqu'un bruit de tonnerre leur annonça que Ron et Bill s'étaient relevés et commençaient eux aussi à descendre. Harry tendit la main derrière lui pour attraper celle de Ginny et força encore l'allure. Elle le suivit en se retenant à sa main. Ils passèrent dans une course effrénée mais silencieuse devant le portrait de Mrs Black, dont les rideaux frémirent dangereusement. Ils franchirent les marches menant à la cuisine d'un bond. Harry poussa la porte et freina pour ne pas se heurter une seconde fois au dos de Wladeck.

Prise de court, Ginny ne parvint pas à piler net et ce fut Harry qui sentit quelque chose heurter son dos violemment. Il se retourna vivement pour l'empêcher de tomber.

- Tu vas bien ? lui demanda-t-il.

Elle riait tellement qu'elle en était hors d'haleine et ne put articuler une réponse. Harry sentit le fou rire le gagner à son tour, et bientôt lui aussi fut incapable de formuler une phrase intelligible. Ginny enfouit son visage contre sa chemise pour tenter d'étouffer son rire. Harry referma ses bras autour d'elle tout en riant. Il sentait la tête de Ginny appuyée contre sa chemise.

Finalement ils se reprirent. Harry prit conscience des regards amusés des autres personnes présentes. Il tenta de fournir une explication :

- Nous, euh, enfin… Ron et Bill…

- Vous avez fait la course contre Bill et Ron dans les escaliers pour descendre, et apparemment vous les avez largement dépassés, dit Joachim à sa place.

Harry acquiesça et les conversations reprirent. Il songea que le professeur Joachim Szpilmann devait avoir un instinct infaillible, tout en restant indulgent envers ses élèves. Il baissa la tête vers Ginny.

Elle s'était écarté de lui et avait lissé sa jupe bleue pour tenter de reprendre une contenance, mais le rire brillait toujours dans ses yeux.

- Je crois que Ron et Bill ont hérité de la tempête Black, sourit-elle.

Effectivement, hurlements et vociférations leurs parvenaient du hall, et la voix de Bill s'élevait par intermittence pour tenter de ramener le calme. D'autres cris s'élevèrent.

- On dirait que les autres portraits se sont également réveillés, dit Hermione d'un ton léger.

- Je crois que Bill va avoir besoin d'aide, fit Joachim.

Il se leva en compagnie de son cousin et tous deux partirent prêter main-forte au pauvre conjureur de sorts. Des « Stupéfix » résonnèrent bientôt. Hermione ferma la porte et le bruit s'affaiblit.

- Je crois que nous ferions mieux d'aller nous asseoir, dit Ginny.

- Excellente idée, dit la voix de sa mère juste derrière son épaule.

Tous les trois obtempérèrent Ils s'installèrent en bout de table, Ginny à côté d'Harry et Hermione en face d'eux, avec une place vide pour Ron à côté d'elle. Son hilarité s'étant apaisée, Harry parcourut la table des yeux. Tonks et Charlie se trouvaient présents, ainsi que Mr Weasley. Remus discutaient avec Maugrey, et Harry savait que quatre autres personnes se trouvaient pour l'instant dans le hall, en train d'encourir les foudres des portraits.

- Qu'est-ce que tu cherches ? lui demanda Hermione en le voyant froncer légèrement les sourcils.

Ginny le regarda également. Il leur expliqua :

- Je cherche Elane. Elle avait promis qu'elle me commencerait cet après-midi à me donner des cours de…

Il s'aperçut qu'il ignorait le mot exact pour désigner le fait d'entrer en transe.

- Qu'elle commencerait cet après-midi à m'enseigner comment entrer en transe. Mais elle ne m'en a plus parlé depuis, et je ne la vois pas. Alors, je me demandais…

- Elle n'a pas oublié, dit Ginny. Tu sais, l'après-midi est long.

- Et vous avez vos devoirs à faire, leur lança Mrs Weasley en posant le pain sur la table.

Ron qui entrait à cet instant étouffa un grognement en l'entendant. Il se laissa tomber sur la chaise à côté d'Hermione.

- Pff…soupira-t-il. Il faudrait vraiment faire quelque chose pour ces portraits…

Il prit une tranche de pain et mordit dedans énergiquement.

- Tu es doué pour énoncer des évidences, se moqua sa sœur.

- Toi, tu…

Il ne trouva pas de menaces adéquates.

Taliesyn : Y a beaucoup mention d'allemand, mais en Alsace on parle alsacien et ça a pas grand-chose à voir avec l'allemand. Et viens pas me dire que c'est la même chose, je serais pas content ! Grr ! Je ne vais sûrement pas te dire que c'est la même chose, étant donnée que je suis moi-même alsacienne, que je comprend l'alsacien, et que j'ai le charmant accent qui pousse les gens à me dire que je parle très bien le français pour une étrangère lorsque je pars en vacances (grincements de dents). Je ne sais pas si tu es alsacien, mais au cas où je précise que l'alsacien n'est pas la langue (ou le dialecte) que les gens emploient le plus couramment en Alsace, ils utilisent plutôt le français ! Il est vrai que l'allemand est souvent mentionné dans ma fic, mais c'est dû aux études et/ou aux origines de mes personnages. Mais je suis quand même contente de voir qu'il y a des gens qui savent qu'en Alsace il y a un dialecte... Et merci pour tes encouragements.

Snapye : Un peu que ça me plaît ! J'ai adoré chaque phrase ayant trait à mon petit Sev ! Alors, ça valait le coup d'attendre un peu, non ! Mais plus sérieusement, J.K.Rowling a dit que Rogue était un personnage très intéressant à écrire, et ce n'est pas moi qui vais la contredire…J'ai adoré écrire ce chapitre12 « Sur les hauteurs » en grande partie parce que j'y parlais de Rogue ! C'est un excellent début…surtout qu'on apprend qu'il est un espion dans les rangs de ce très cher Tom ( ouai bof… j'ai du mal à l'encadrer lui !)… Je crois que tu n'es pas la seule… Mais sans lui il n'y aurait pas de Harry Potter, et Séverus ne serait pas ce qu'il est ! Alors on peut bien le supporter…

Calypso 63 :Au début tu dis que c'est une bio des héros de l'ombre, je trouve que l'idée change beaucoup des autres fanfics que j'ai lues ( et j'en ai lues bcp). J'ai fait ça parce que je me suis dit qu'Harry Potter n'était pas le seul à prendre des risques, alors j'ai pensé que des années plus tard il aurait peut-être envie de leur rendre hommage. Et même temps, même si je change souvent de point de vue je ne le raconte pas comme des souvenirs détachés les uns des autres, mais plutôt comme un roman raconté à plusieurs voix. Tu dis aussi que ce sera triste, j'ai hâte de voir une nouvelle émotion de ta fic. Ça ne sera pas triste d'un bout à l'autre, mais le combat contre Voldemort est difficile, et ne se fera pas sans pertes, alors je préviens d'avance que certains passages seront plutôt émouvants… L'un d'eux est d'ailleurs déjà écrit…