Les étoiles de l'orage

Chapitre 15 : Le Fol Œil, l'Irlandais et un carnet

Disclaimer : Tous les personnages, animaux, créatures etc…appartiennent à J.K.Rowling, hormis certains qui existent réellement, et d'autres que j'ai crée. Je ne gagne rien à écrire cette fic, à part le plaisir que j'ai à écrire et à faire partager ce que j'écris.

Les personnages ajoutés sont tirés de mon imagination, toute ressemblance entre eux et des personnes existant ou ayant existé est le fruit du hasard.

Un rugissement tira Ron de sa torpeur matinale et fit sursauter Ginny, qui manqua renverser son bol de café. Maugrey débita une longue suite d'imprécations tout en lisant le journal. Pour finir, il le lança avec force sur la table, d'un geste qui trahissait sa mauvaise humeur. Pattenrond ressortit prudemment de sous la table, balançant son épaisse queue touffue à droite et à gauche. Tonks, elle, était habituée aux hurlements de Maugrey. Elle prit un toast et le beurra sereinement comme si ne rien n'était. Avec un peu d'hésitation, Harry décida de l'imiter.

Maugrey continuait à marmonner dans sa barbe, et de temps à autre on saisissait une expression du genre « Veut ma mort… Si je l'attrape… Sal quart d'heure… ». Elane entra soudain dans la pièce.

- J'ai entendu quelqu'un hurler. Qu'est-ce qui s'est passé ?

Dans le dos de Maugrey, Joachim lui désigna le journal (après s'être assuré que l'œil magique n'était pas tourné dans sa direction). Elane voulut le prendre, mais Maugrey le lui faucha et marmonna quelque chose que seule elle comprit. Avec un sourire malicieux, Fred demanda alors :

- Y aurait-il un quelconque secret d'état dont nous ne devons pas entendre parler ?

Maugrey marmonna à nouveau quelque chose, mais un peu plus fort. George insista :

- Pardon ? Pourriez-vous répéter ? Je commence à craindre pour mon ouïe…

Maugrey s'écria alors :

- Kevin O'Connell !

Kevin O'Connell était un irlandais. Ce fait n'aurait eu aucune importance s'il n'avait été journaliste en prime. Les scoops qu'il livrait avaient pris le nom de « Marmites d'or du farfadet journaliste », ce qui donnait un bon aperçu du personnage, qui était l'ami de Maugrey lorsqu'il n'écrivait pas d'articles sur lui. Elane savait que ces derniers temps, O'Connell n'avait pas été en odeur de sainteté pour ce qui restait du nez du vieil Aurore. Et de toute évidence, ce n'était pas près de s'arranger.

- Qu'a-t-il écrit ? interrogea-t-elle prudemment.

- Ceci !

Il lui lança plus qu'il ne lui tendit le journal. Elane ne releva cette brusquerie, car Maugrey aurait pu encore faire un long discours sur les méfaits des journalistes en général et ceux d'un certain rouquin en particulier. Sans parler des journaux contrôlés par Fudge, ceux qui débitaient des mètres d'insanités, et les articles de Rita Skeeter… Elle connaissait la chanson.

Tandis que Maugrey se servait du café en répandant des gouttelettes sur toute la table, elle lut rapidement l'article. Celui-ci constituait en un progrès, comparé à ce que O'Connell avait déjà pu écrire.

De grandes photos de l'Intérieur de bureau des Aurores s'étalaient sur la première page. En titre « Vie quotidienne en direct du quartier général de nos protecteurs et défenseurs ». Elane jeta un coup d'œil à Maugrey avant de continuer sa lecture.

« Pour certains Aurores, le bureau est une seconde maison et les collègues, des voisins de palier avec lesquels l'entente est plus ou moins cordiale. Comme dans n'importe quelle grande famille, l'entretien des pièces communes est réparti entre les différents membres, même si il laisse de temps à autre à désirer, et est souvent la source de conflits. Par exemple il y a quelques jours, le célèbre Aurore Alastor Maugrey a réprimandé un étudiant en formation, lui expliquant que « laisser traîner un tas de désordre sur son bureau ne signifie pas que l'on es un professionnel, il signifie seulement davantage de travail pour l'équipe d'entretien. »

Il est vrai que le rangement des bureaux paraît quelque aléatoire, même s'il est en réalité le reflet de l'activité intense qui règne en ces lieux. La facilité avec laquelle les Aurores retrouvent un document lorsqu'ils en ont besoin laissent pantois, et… »

Elane en avait assez lu et reposa le journal. Probablement le journaliste cherchait-il à faire exploser les ventes, mais un coup d'œil à Maugrey lui permit de vérifier que les ventes n'étaient pas la seule chose qui risquait d'exploser…. Elle échangea un rapide regard avec Tonks, qui hocha imperceptiblement la tête et proposa des toasts à Maugrey. Celui-ci parut tout d'abord ne pas entendre, mais c'était compter sans la ténacité de la jeune Métamorphomage, qui répéta plus fort :

- Tu veux des toasts ?

Soit Maugrey l'entendit enfin, soit il comprit qu'il était davantage dans ses intérêts de lui répondre, en tous cas il finit par en accepter deux. Elane prit le journal et le glissa dans son sac, pensant qu'il pourrait peut-être lui être utile au cours de la journée. Quand Maugrey eut fini de manger, il repoussa sa chaise et déclara qu'il était temps de partir pour le ministère. Il paraissait calmé, et pour la première fois il remarqua les fleurs mauves sur le visage de Ron, qui dut lui expliquer d'un air penaud qu'il s'agissait des effets causés par l'une des inventions de Fred et George. A quoi Maugrey affirma qu'à son avis Fred et George feraient une grande carrière.

D'après l'expression de Molly qui entrait à ce moment-là, Harry comprit que le commerce des farces et attrapes ne correspondait pas exactement à l'idée qu'elle se faisait d'une grande carrière. Mais elle n'eut pas le loisir de répliquer quoi que ce soit, Maugrey, Tonks et Elane ayant déjà transplané. Elle en fut donc réduite à rappeler à sa fille de se tenir correctement. Ginny, qui avait remonté une jambe sur sa chaise pour s'agenouiller à moitié, fit la moue et sa jambe rejoignit l'autre sous la table.

Pendant ce temps, les trois autres se trouvaient pris dans le chaos matinal habituel de la salle de transplanage. Tout le monde apparaissait et disparaissait dans des pops, tandis que de longues files d'attente se formaient devant les portes de sorties. Après que le ministère eut reconnu le retour de Voldemort, la sécurité avait été renforcée, et chaque employé devait présenter patte blanche avant d'être autorisé à pénétrer dans le hall. Quand ce fut le tour de Maugrey, il grogna un appréciateur « Bon travail, Cavendish. » à celui qui lui fit passer la porte massive, renforcée par des sortilèges.

Il retrouva Elane et Tonks dans le hall. Elane annonça qu'elle retournait dans son cagibi, où elle se trouverait probablement durant toute la matinée, si quelqu'un la cherchait. Tonks lui proposa de passer d'abord par le bureau des Aurores, pour lui rendre sa traduction du journal de Wilhelm. En chemin, elles expliquèrent à Maugrey de quoi il retournait et il marmonna qu'il était grand temps que le ministère fasse enfin quelque chose pour améliorer le sort des loups-garous.

Une fois la traduction dans son sac, Elane dut faire face à un problème : l'Aurore au catogan l'avait immédiatement repérée, et avait attendu d'un air occupé qui ne trompait personne qu'elle ait fini de parler à Tonks. Les deux amies firent durer leur conversation aussi longtemps que possible, mais il apparut bientôt évident que l'autre attendrait jusqu'à la fin de la journée s'il le fallait. Elane soupira intérieurement, mais afficha son habituelle expression douce et souriante en quittant le bureau de Tonks. Elle tenta de prendre un itinéraire qui ne la ferait pas passer près du sorcier au catogan, mais il la rejoignit en deux enjambées. Tonks observa la scène en riant sous cape.

Le sorcier fit un grand sourire à Elane, changea le dossier qu'il tenait de main et présenta son bras de manière à ce qu'elle puisse le prendre si elle en avait envie. Ce qui eut pour seul effet de la faire s'écarter. L'autre ne se laissa pas démonter et engagea la conversation.

- Quel est votre nom ? dit-il avec un autre sourire.

Une vraie publicité pour dentifrice, s'amusa Tonks. Elane lui répliqua :

- Et si vous me disiez d'abord le vôtre ?

- Julius.

- Et votre nom de famille ?

- Julius Clyde. Et vous, vous êtes...

- Miss Rösle.

Elle appuya sur le « Miss » de manière à lui faire comprendre qu'elle ne tenait pas à lui révéler son prénom.

- Vous voulez me parler de quelque chose, Mr Clyde ?

Il ne paraissait pas s'attendre à cette tournure de la conversation, mais ne se laissa pas déstabiliser. Elane décida qu'il était temps de prendre des mesures radicales et bifurqua sur sa droite, dans la direction de bureau de Maugrey.

- Vous êtes française, c'est bien cela ?

- Oui.

Elle accéléra légèrement le pas, et lui allongea également la foulée. Elle savait que Maugrey les avait vus arriver. Sans relever la tête à leur approche, il demanda :

- Vous avez quelque chose à me dire, Mr Clyde ?

L'intéressé ouvrit la bouche, puis la referma faute de ne savoir que répondre.

- Dans ce cas, je vous prierais de laisser Miss Rösle tranquille.

L'autre marmonna « Bien Monsieur » et hésita sur la manière de prendre congé. Maugrey lui facilita la tâche.

- Je voudrais vous parler, Elane. En privé.

Le sorcier au catogan n'eut d'autre choix que celui de tourner les talons. Maugrey ferma la porte, demanda la traduction à Elane, et tout en lisant ses premières pages il surveillait de son œil magique l'Aurore éconduit. Finalement il rendit le dossier à Elane et dit théâtralement :

- Encore un qu'il va me falloir des jours à récupérer ! Et un bon élément, encore ! Bon, il s'en remettra.

Ses deux yeux (le magique et le bon) rencontrèrent ceux d'Elane. Ils se mirent à rire. Maugrey pencha légèrement sa tête vers Elane et dit sur le ton de la confidence :

- Je crois que je ferais mieux de ne pas évoquer ceci devant Joachim, si je devais un jour lui parler de notre collaboration…

Ce qui lui valut un coup de coude. Il lui ouvrit la porte en riant silencieusement pour la laisser sortir. Elane sortit du bureau des Aurores le plus vite possible et alla se réfugier dans son placard. Assise derrière son bureau, elle céda alors au fou rire qui menaçait de la submerger. Quand elle eut repris son calme elle ramena une mèche de cheveux derrière ses oreilles et sortit la suite de la traduction du journal de Wilhelm de son sac. Quelques heurs plus tard, elle avait bien avancé. Elle rassembla les morceaux de parchemin couverts de son écriture, les remit dans l'ordre et les numérota. Après les avoir remit dans un dossier, elle se laissa aller en arrière sur sa chaise.

La dernière fois qu'elle avait eu cette traduction en main, elle avait ensuite reçu la visite de Roberto Szpilmann et Mrs Bennett. Elle repassa tout ce qu'elle avait appris lors de ces deux entretiens en revue. L'entretien qu'elle avait surpris avait-il été une tentative de discréditer John Bennett, ou alors quelqu'un avait-il réellement tenté de conclure un pacte avec Voldemort, en faisait porter le chapeau à Bennett ? Peut-être un peu des deux : une personne avait essayé de passer un accord avec Voldemort, et si cela ne marchait pas, elle aurait dénoncé Bennett. Mais pourquoi l'avoir tué, alors ?

Elle se concentra sur ceci. Elle était sûre d'être en train d'effleurer un élément d'importance, seulement elle ignorait lequel. Il fallait qu'elle le trouve ! John Bennett avait été tué alors que l'on tentait de le discréditer… La lumière se fit alors dans son esprit. Si quelqu'un avait voulu le discréditer, pourquoi le tuer au moment même où le piège se refermait sur lui ? La conclusion était inévitable : deux personnes s'en était prises à lui, l'une voulait le faire accuser, l'autre voulait le tuer.

C'était comme un puzzle, elle venait d'assembler deux pièces et lui fallait à présent trouver où les placer dans le reste de l'assemblage. Roberto avait dit qu'ils faisaient de l'espionnage pour la Guilde… et elle avait déjà remarqué que dans les deux cas ils revenaient de Cornouailles avant d'être tués. Les découvertes qu'ils avaient faites en espionnant devaient déranger ceux qui les avaient tués. En recoupant ceci avec ce que Maugrey lui avait dit à propos de la demeure de Lucius Malfoy, on pouvait supposer que ceux qui les avaient tués étaient vraisemblablement des Mangemorts.

Quant à l'autre « bande »… elle n'avait aucune idée de ses motivations. Etaient-ils également mangemorts ? Pouvait-il y avoir deux équipes rivales, prêtes à tout pour remporter les faveurs de leur maître ? Après l'attaque au ministère, un flottement avait été ressenti parmi les troupes de Voldemort. Il se pouvait que ce soit une des conséquences d'une scission parmi les Mangemorts.

Elane soupira. Dans cette affaire, l'Ordre du Phénix se trouvait dans le brouillard. Chaque fois qu'ils faisaient un pas en avant pour dépasser une des écharpes de brume, une autre se dessinait à l'horizon. Elle sourit. Un des meilleurs moyens de se repérer dans le brouillard était de se faire éclairer par une lumière. Et elle savait chez qui la trouver, cette lumière.

On frappa à la porte. Elane répondit « Entrez » en priant le ciel, Merlin et les farfadets que ce ne soit pas Fudge. C'était Tonks. Une Tonks qui entra avec son expression habituelle, mais après avoir vérifié que personne ne se trouvait dans le bureau, elle laissa son sourire s'effacer pour faire place à l'air de la poule qui aurait trouvé un couteau, ce volatile légendaire dont Molly leur parlait fréquemment.

- Quelque chose ne va pas ?

- « Quelque chose », comme tu dis, soupira Tonks.

Elane fronça les sourcils.

- Tu as un problème ?

- Oui.

- Donc, réfléchit Elane. Il y a « quelque chose », et il y a un problème. Donc, je crois pouvoir conclure sans me tromper qu'il y a un « quelque chose » qui te pose problème.

Sa réflexion amena un sourire sur le visage de Tonks. Elane fut contente de la voir redevenir elle-même.

- Tu devines bien. Est-ce que tu pourrais…

Elle fit un geste de la main vers l'arrière. Elane comprit le message et lança plusieurs sorts sur la porte destinés à empêcher leur conversation de filtrer. Tonks poussa un soupir de soulagement et se laissa tomber sur la deuxième chaise (après avoir soigneusement vérifié que rien ne s'y trouvait). Elle sortit un objet enveloppé d'un foulard de son sac à main.

- Qu'est-ce que…

La question mourut sur les lèvres d'Elane. Tonks déplia le foulard et en sortit une petite boîte en verre, comme celles qu'utilisait le Ministère pour ranger des objets insolites avant de faire étudier leur teneur en magie et leurs propriétés. Que Tonks eut cru bon de cacher la boîte dans un rectangle de satin n'était pas le plus étrange. Le plus étrange, c'était le contenu de la boîte elle-même.

Des morceaux de papier aux bords brûlés, voir à demi calcinés, de différentes tailles. Pour ce qu'Elane en voyait, ils semblaient avoir été arrachés d'un carnet.

- Maugrey a reçu l'ordre de désigner un Aurore pour aller… classer le contenu du bureau de John Bennett avant que sa famille n'y ait accès, expliqua Tonks. Pour récupérer des documents confidentiels et les classer… tu vois ce que je veux dire. Enfin, bref, sachant l'importance que la mort de John Bennett avait pour l'Ordre, Maugrey m'a envoyé moi.
J'ai tout de suite vu que quelque chose restait dans la cheminée.

Elle s'interrompit et Elane en profita pour poser une question.

- Est-ce que quelqu'un a eu accès à son bureau depuis son décès ?

- Non. Comme il occupait un poste important, son bureau a été verrouillé à l'aide de plusieurs sortilèges tout de suite après que l'on ait appris son décès. Ça m'étonnerait que quelqu'un ait réussi à contrer ces sortilèges, étant donné que Maugrey s'en est occupé. Et comme toujours, il n'a pas lésiné sur la puissance des sortilèges. En plus, comme Arthur lui avait raconté en avant-première ce qui s'était passé, il savait que cet homme avait quelque chose à voir avec l'Ordre, alors tu peux imaginer les charmes mis en place ! Il en a notamment ajouté un, le charme d'Avertissement à Distance… Il a gardé tout le temps sa pierre sur lui, et à aucun moment elle n'a réagi pour l'avertir que quelqu'un tentait d'entrer par effraction. Pour résumer, si quelqu'un avait voulu brûler quelque chose dans la cheminée de Bennett, il aurait dû faire ça à la vitesse de l'éclair après sa mort, car le ministère a réagi illico -pour une fois…

Tonks marqua une pause pour reprendre son souffle avant de continuer :

- Tout ça pour te dire que ceci…

Elle agita légèrement la boîte.

-…a été brûlé dans le bureau de John Bennett avant sa mort. Ou du moins a été partiellement brûlé. Et comme il fermait toujours soigneusement son bureau en doublant la sécurité à l'aide de moyens magiques- j'ai vérifié ça auprès de ses collègues- je pense qu'il a dû le brûler lui-même.

- C'est son écriture ?

Tonks hocha la tête.

- J'en ai bien l'impression. J'ai regardé dans ses papiers pour vérifier, et les écritures m'ont l'air identiques. Je t'ai apporté une note pour que tu puisses vérifier, tu as un œil de dessinatrice, j'ai pensé que tu pourrais me le confirmer.

Elle sortit un morceau de parchemin vert de son sac.

- On utilise cette couleur de parchemin pour écrire à l'intendance lorsqu'il nous manque de l'encre, du parchemin… et aussi pour d'autres fournitures.

Elle lui tendit la note. Le coin supérieur gauche portait l'en-tête du ministère de la magie, à droite figuraient les mots « À l'attention du bureau de l'intendance… ». Suivait un court texte qui indiquait que John Bennett avait apparemment eu besoin de deux bouteilles d'encre supplémentaires. Tonks poursuivit :

- Pour en revenir aux faits, en m'approchant de la cheminée, j'ai trouvé ça. Je les ai mis dans cette boîte, et j'ai bien retiré les bûches et remué les cendres pour être sûre que plus rien ne restait. Alors, voilà.

Elle lui tendit la boîte en verre. Elane la leva dans la lumière artificielle pour tenter de voir à travers. Quelques mots tracés à l'encre, quelque chose qui ressemblait à un schéma… rien de facilement identifiable. Il allait falloir sortir les fragments, découvrir lesquels s'associaient ensemble, déchiffrer le texte et deviner les mots manquants. Mais pas ici, où n'importe qui pouvait venir frapper à la porte n'importe quand.

- Tu as le temps de te rendre au … ? demanda Tonks.

- J'ai bien avancé dans mes traductions, alors oui, je peux y aller.

-Tu as de la chance, soupira Tonks. Moi je suis encore coincée là pendant quelques heures. Au fait… tu auras peut-être besoin de ça.

Elle lui tendit son foulard pour envelopper à nouveau la boîte. Quand ce fut fait, Elane remit un peu d'ordre sur son bureau, hésita puis mit ses traductions dans son sac (elle ignorait si elle aurait le temps d'y travailler). Tonks lui tendit la boîte dans son foulard qu'elle glissa au fond de son sac à main, sous son mouchoir.

- Pendant que j'y pense, Maugrey est aussi rentré. Je crois qu'il a l'intention d'aller parler à Kevin O'Connell. Je crois que tu ferais bien de le surveiller… sinon un certain journaliste risque de se trouver à nouveau dans son étang, et je ne crois pas qu'il éprouve une passion immodérée pour le parfum des nénuphars…

De retour au Square Grimmaurd, la première personne qu'Elane vit fut Joachim. Elle lui sourit, mais n'eut pas beaucoup de temps pour lui parler, car les jumeaux Weasley firent leur apparition. A la question d'Elane ils répondirent que tout allait parfaitement bien. Elle sentit qu'ils ne disaient pas la vérité, ou plutôt qu'ils tentaient de dissimuler quelque chose, mais n'eut pas le temps d'approfondir la question. Maugrey entra en annonçant son intention d'aller prendre un verre entre amis avec Kevin O'Connell. Il proposa à Elane de l'accompagner et lui dit qu'elle avait une demi-heure pour être prête. Fred et George s'étaient déjà éclipsés.

Resté seul avec Elane, Joachim s'approcha d'elle.

- Comment se fait-il que tu sois rentrée si tôt ?

- Il n'est pas si tôt.

- Deux heures de l'après-midi, c'est tôt.

Elane sembla soudain préoccupée par autre chose.

- Si tu le dis…, fit-elle distraitement. Je dois y aller.

Il la retint en posant une main sur son bras.

- Elane… est-ce que quelque chose ne va pas ? demanda-t-il doucement.

Elle le regarda un instant dans les yeux, puis détourna le regard.

- Tout va bien, dit-elle en rassemblant ses affaires.

Elle le regarda à nouveau dans les yeux et lui fit un sourire rassurant. Elle lui fit une bise rapide avant de sortir dans la cuisine. Joachim la regarda partir. Il la connaissait bien, très bien même. Il savait quand elle n'allait pas bien, et devinait si elle désirait ou non en parler. Elle avait détourné le regard au moment de lui répondre.

Dans sa chambre, Elane posa ses affaires sur son lit et s'assit à côté. Pourquoi avait-elle répondu que tout allait bien ? La réponse ne se fit pas attendre : car elle-même ignorait ce qui n'allait pas. Et c'était bien ce qui l'inquiétait. Elle soupira et jeta un coup d'œil à sa robe. Sa couleur parme lui plaisait. Et le décolleté en forme de V, bordé d'une fine bande de taffetas, mettait en valeur sa longue silhouette. Elane jugea sa tenue suffisante pour aller dans un pub en compagnie de Maugrey et de son ami journaliste.

Elle sortit la boîte en verre de son sac et posa le foulard sur le lit de Tonks. Elle ignorait où la ranger. Finalement elle la posa dans le tiroir qui lui était réservé de la coiffeuse. Elle sortit de la chambre en refermant son sac à main et s'étonna intérieurement du calme qui régnait dans la grande maison. Pas de bruits de disputes, pas de hurlements venant du hall, pas de musique ni de bruits de pas… Elle dû admettre que c'était assez reposant.

L'ambiance du pub était moins reposante, le nom de l'établissement était « Le dragon tapageur », et il convenait à merveille pour cet endroit. Des sorciers s'entassaient parfois à dix sur une banquette verte, bleue ou rouge, ou avaient rassemblé autant de chaises en bois de pin qu'il était possible autour d'une table minuscule. Les murs jaunes étaient ornés de photographies de dragons et de personnages plus ou moins célèbres s'étant attablés ici. (La notoriété de certains semblait ne pas avoir franchi les limites du quartier). Dans un coin, une radio faisait concurrence à un vieux juke-box, dont Elane craignait qu'il ne tombe en poussière à tout moment. Par-dessus le vacarme ambiant, les deux serveurs élevaient la voix pour se faire entendre des cuisines. En même temps, c'était l'endroit idéal pour avoir une conversation privée, personne ne faisant attention à ce qui pouvait se dire à la table d'à côté.

Maugrey avait salué Kevin O'Connell en lui lançant un :

- Bonjour, farfadet ! Toujours à la recherche de marmites d'or ?

- Hello, face de troll ! avait répliqué le journaliste aux cheveux d'un roux flamboyant.

Une fois ce témoignage d'amitié échangé, Maugrey avait fait les présentations, bien qu'Elane ait déjà vu le journaliste dans une rencontre éclair au Chaudron Baveur où O'Connell et Maugrey avaient bu un whisky Pur Feu à une période où Kevin n'avait pas écrit d'articles sur Maugrey depuis quelques mois.

- O'Connell, je te présente Elane Rösle, une ancienne apprentie, française mais qui séjourne en Angleterre pour une durée indéterminée. Elle est professeur de sortilèges et experte en Défense contre les Forces du Mal. Elane, voici Kevin O'Connell, gratte-papier de son état, et passé docteur honoris causa dans l'art de rédiger des feuilles de choux sur moi. Soi dit en passant, ces feuilles de choux font un excellent engrais, bien plus efficace que la plupart de ceux qu'on peut acheter dans le commerce. C'est d'ailleurs le seul mérite qu'il soit possible de leur trouver – enfin, passons…

L'irlandais avait adressé quelques compliments à la mode de son pays à Elane, s'était incliné sur sa main puis ils avaient réussi à trouver une table libre entre un portrait d'un Boutefeu chinois et celui de l'un des poursuiveurs de l'équipe de Quidditch du club de Kolereverte. Maintenant, Elane sirotait tranquillement sa Bièreaubeurre tandis que Maugrey expliquait en termes très imagés à O'Connell ce qu'il pensait de ses articles. Le journaliste interrompit l'aurore au beau milieu d'une métaphore particulièrement…expressive en lui disant d'un air narquois :

- Je pense que vous n'avez tout de même l'intention de choquer votre ancienne apprentie.

A quoi l'ancienne apprentie répondit que si elle avait déjà entendu mieux, elle avait également eu l'occasion d'entendre pire.

- Hum, on sent un peu le caractère Maugrey. Tu peux en être fier, déclara Kevin à Maugrey.

- Fier ?releva-t-il.

Avec le sourire du chat qui a mangé la crème (ou du journaliste qui vient de dénicher un scoop), O'Connell lui apprit alors que Dumbledore lui-même lui avait révélé qu'Elane Rösle était quasiment la fille adoptive d'Alastor Maugrey.

- Tu ne vas pas publier ça !s'écria Maugrey.

Le rouquin leva une main d'un geste apaisant.

- Non, bien sûr que non. Je n'ignore pas que si j'écrivais ça, certaines personnes pourraient s'en prendre à elle pour tenter de t'atteindre. Tu vois que je ne publie quand même pas n'importe quoi. Pour en revenir à notre problème…Mon rédac'chef m'a demandé d'écrire sur le bureau des Aurores. Crois-le ou pas, j'ai été tenté de refuser. Seulement, si je refusais, un autre aurait été ravi de s'en charger, et il aurait probablement été moins… délicat que moi.

Il s'interrompit pour boire une gorgée. Maugrey vit sur son visage les signes avant-coureurs d'une grande envolée lyrique.

- De plus, je me suis dit que les liens entre nous, le respect…

Maugrey fit une grimace.

-…les intérêts professionnels, la convivialité, oserais-je dire l'amitié – non, je n'oserais pas- bref, tous ces liens feraient que cela passerait mieux si c'était moi qui l'écrivait, car je n'aurais jamais osé commettre de grosses indiscrétions – enfin, pas trop. De plus, je n'ai pas écrit seulement ce qui plairait aux lecteurs – du moins, pas uniquement-, mais j'ai tenté de rendre la réalité ! s'enflamma-t-il.

- Garde tes arguments pour tes lecteurs, fit Maugrey. Bon, je passe l'éponge pour cette fois…

O'Connell évita soigneusement de lui faire remarquer qu'il avait déjà souvent passé l'éponge.

- … et je te dis à un de ces jours au Chaudron Baveur !

Le journaliste estima que le moment était peut-être venu de faire une petite précision.

- Heu, en fait, il n'y a pas qu'un seul article… il y en a plusieurs.

- Je suppose qu'il ne sert à rien de tenter de modifier l'inchangeable, soupira Maugrey d'un ton désabusé. Et il est temps pour moi de retourner au ministère. Où est-le serveur ?

Kevin s'empressa de dire qu'il allait payer. Une fois que ce fut fait, ils sortirent tous les trois dans la rue. Maugrey transplana après avoir qu'Elane lui annonça qu'elle allait voir Dumbledore. , Kevin salua Elane, lui fit à nouveau un baisemain et transplana en faisant une révérence, quant à Elane, elle partit pour Poudlard.

Le directeur se trouvait au bord du lac, il marchait les mains dans le dos. Un sourire illumina son visage lorsqu'il aperçut la jeune femme. Son sourire disparut lorsqu'elle lui rapporta le récit de Tonks. Il laissa son regard errer sur la surface argentée du lac.

- Elane, vous allez devoir passer un mauvais moment à reconstituer ces bouts de papier et essayer de découvrir leur signification, je le crains. J'espère seulement que ce travail laborieux se révélera utile…

- Espérer est déjà beaucoup, dit Elane. Espérer, donner l'espoir…

Elle n'acheva pas sa phrase. Elle sentit une main se poser sur son épaule. Surprise, elle réalisa que c'était celle de Dumbledore.

- Fort heureusement, je crois que je n'ai pas besoin de vous donner d'espoir, car vous n'en manquez pas. Et je m'en réjouis, car en ces temps troublés, l'espoir est un trésor…

Ils se turent. Le seul bruit que l'on entendait à présent était le clapotis du lac. Une famille de cygnes s'avança, glissant majestueusement à la surface. Pour la première fois depuis le début de la journée, Elane se détendit. Dumbledore retira sa main et s'assit dans l'herbe, l'invitant à en faire autant.

- Y a-t-il autre chose dont vous voulez me parler ?

Elle lui exposa ses déductions concernant la mort des Minton et de John Bennett, et l'explication qu'elle avait trouvée aux mouvements parmi les troupes de Voldemort.

- Qu'en pensez-vous ? dit-elle en guise de conclusion.

- Votre raisonnement se tient, je crois même que c'est la seule explication possible. Nous ne sommes pas plus avancés en ce qui concerne les renseignements découverts par John Bennett, mais en parlant du doute parmi les Mangemorts, je dirais que tout ce qui peut causer de l'urticaire à Voldemort est le bienvenu…

Elle sourit avec lui.

Au même moment, à Londres, Tonks racontait elle aussi ce qui s'était dit dans le bureau d'Elane. Même si Joachim fut troublé car Elane ne lui avait rien dit, il n'en laissa rien paraître. Quand les membres se furent dispersés, il sortit dans le carré d'herbe entouré par de hauts mur, communément désigné sous le nom de jardin par les membres de l'Ordre. Il fit quelques pas, appréciant le calme. Wladeck le rejoignit.

- Tu ne vas pas bien.

Ce n'était pas une question, car Wladeck pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert, et l'inverse était vrai également. Joachim tenta tout de même de feinter.

- Qu'est-ce qui te faire dire ça ?

- Personne ne l'a remarqué, mais lors de la réunion, je voyais bien que tu étais…disons dérangé car Elane ne t'avait pas parlé de sa conversation avec Tonks, et qu'elle t'avait caché l'existence des fragments de papier…

- Caché ! Tu emploies un mot un peu fort, non ? fit-il remarquer.

- Mais c'est ce que tu ressens, non ?

Il ne parviendrait pas à dissimuler ce qu'il ressentait à Wladeck.

- Tu as sans doute raison.

- J'ai raison.

- Malheureusement.

Wladeck vit qu'ils s'écartaient du sujet.

- Et tu lui en veux de ne pas t'avoir dit qu'elle allait à Poudlard après.

- Un peu. Mais je suppose que c'est complètement idiot de ma part.

- Pour citer grand-mère : « En amour rien n'est idiot ».

Ils rirent puis Wladeck rentra dans la maison. Il croisa Elane dans le hall et lui indiqua où se trouvait Joachim. Lorsqu'elle le rejoignit elle vit immédiatement que quelque chose n'allait pas. Il se retourna en l'entendant venir.

- Tu étais à Poudlard ?

- Oui.

Le silence retomba entre eux. Mais ce n'était pas leur silence habituel, c'était un silence lourd, pesant, gênant. Elane cherchait un moyen de le rompre. Elle opta pour la franchise.

- Qu'est-ce qui ne va pas ?

- Rien.

- Vraiment ?insista-t-elle.

Il la regarda droit dans les yeux.

- Ou plutôt, c'est à toi de me dire ce qui ne va pas.

Elle frissonna, et ça n'avait rien à voir avec la température.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Tu ne m'avais pas parlé des fragments retrouvés dans la cheminée par Tonks.

Elle ouvrit la bouche mais il ne lui laissa pas le temps de parler.

- Alors que je t'avais demandé pourquoi tu rentrais si tôt. Tu m'as simplement dit que deux heures de l'après-midi, ce n'était pas si tôt. Tu n'as même pas daigné me regarder dans les yeux lorsque je t'ai demandé si tu allais bien, tu ne viens pas à la réunion de l'Ordre du Phénix, alors que tu n'en rates aucune dans la mesure du possible, et tu décides au dernier moment d'aller voir Dumbledore, et je suis le dernier imbécile à le savoir ! Même Mondingus était au courant !

Sans crier, le ton de sa voix monta progressivement dans les dernières phrases. Quand il se tut son cœur battait rapidement, comme s'il venait de courir sur une longue distance. Sans prendre le temps de réfléchir, Elane répliqua :

- Excuse-moi de ne pas avoir précisé à Maugrey qu'il devait tout laisser tomber pour te prévenir que j'allais à Poudlard ! Autre chose que je dois savoir ?

Joachim lui aussi était en colère.

- Pourquoi tu m'évites depuis quelques temps ?

- Moi, je t'évite ?

- Parfaitement !

- Si tu daignais m'accorder un peu d'attention lorsque je voudrais te parler !

- Quand tu voudrais me parler… Cela signifie peut-être que je dois attendre la tasse de café à la main que tu rentres, prendre sagement de tes nouvelles et m'éclipser gentiment lorsque tu me fais comprendre que tu ne veux pas me parler !

- Non ! C'est….

Personne ne sut jamais ce qu'elle allait dire. Probablement elle-même l'ignorait. En tous cas, Elane fut interrompue par la voix de Tonks, qui avait ouvert une des fenêtres donnant sur le jardin et claironna :

- Peut-on savoir ce qui se passe ?

A ses côtés, la crinière rousse de Ginny flamboyait, et l'on devinait Harry, Hermione et Ron derrière elles.

- Il ne se passe rien ! lança Elane.

Puis elle tourna les talons et rentra dans la maison. Sans courir, elle monta néanmoins les escaliers d'une traite jusqu'au grenier. Là, elle referma la porte et se laissa glisser contre. Elle croisa les mains derrière ses genoux et mit sa tête entre ses bras. Qu'est-ce qui lui avait pris pour qu'elle réagisse ainsi ? Ce n'était pas seulement la dispute, elle se rendait compte que Joachim avait eu raison sur la plupart des points. Elle regrettait ses faits et gestes des derniers jours. Une larme coula sur sa joue. Elle ne s'était jamais sentie aussi mal de toute sa vie…

Taliesyn : 3 ou 4 tomes de 60 chapitres chacun ça fait…ça fait… (compte sur ses doigts)…environ 200 chapitres…glups…J'aime bien faire les choses en grand… Plaisanterie mise à part, dès que j'avais tracé les grandes lignes de ma fic je me suis rendue compte que l'histoire d'Harry Potter ne se limitait pas à ses années à Poudlard, et d'ailleurs qui nous dit qu'il vaincra Voldemort immédiatement à la fin de sa septième année ? Alors j'ai décidé de continuer un peu plus loin…

Calypso63 : Les mots tu les inventes ou tu fais une recherche étymologique ? Un peu des deux : je commence par rechercher l'équivalent du mot français en d'autres langues (allemand, latin…) puis je crée un nouveau mot à partir de ce que j'ai trouvé. Pour l'instant ça s'est limité à ajouter une terminaison à « Seele » et « mens ».

Snapye :A propos du chapitre 14, il est vrai (e tous cas je pense que peu me contrediront) que Sév ne demanderait de l'aide à personne, d'un côté par fierté, de l'autre pour n'avoir aucune dette…Ce n'est pas moi qui va te contredire…Et il faut aussi dire que d'une certaine façon, il veut aussi épargner les autres, en ne venant pas ajouter ses propres problèmes aux leurs…Le Rusard complémentement à la masse est pas mal aussi je me suis bien amusée sur ce petit passage…d'ailleurs Mcgo ne préférerait-elle pas Peeves ?Tu m'étonnes il est un peu soulant c'est vrai, mais il nous a tous fait marrer dans Odp. J'ai dit que Mcgonagall était sûre de la personne qu'elle souhaitait voir rester, mais je ne suis pas allée plus loin. D'un autre côté il ne faut pas oublier qu'elle aime bien les gens qui savent prendre leurs responsabilités quand il le faut, et ceux qui ont du caractère… Et Peeves n'en manque pas…Au fait dans ta fic, les persos français viennent d'Alsace… Oui, mais tous ne sont pas d'origine alsacienne…Et attention, il y a les français et les francophones…Tu connais cette région ? Il me semble l'avoir déjà mentionné en répondant à Taliesyn, mais oui, je connais cette région, en fait j'y habite.

Thealie : Tu t'es bien amusée pendant tes vacances ? J'adore cette séance avec Elane, c'est très différent d'avec Rogue. Je suis heureuse que ce soit elle qui entraîne Harry. Lui aussi en est ravi…Dans le passage Dumbie-Elane, Dumbledore met en garde (en quelque sorte) Elane, non ? Il ne veut pas qu'elle finisse comme lui, non ? A devoir toujours prendre des décisions importantes, toujours tout prendre sur lui, à devoir toujours être sur ses gardes, à devoir rester seul. Effectivement, il voit que comme lui bien des années plus tôt, elle se retrouve à la place de celui sur les gens comptent toujours. Mais il voit bien que comme lui, elle en a les capacités. En fait, ce qu'il voudrait surtout lui éviter, c'est de se retrouver seule avec ce poids immense sur les épaules. Mais les « passages Dumbie-Elane » ne sont pas terminés, et on va en apprendre beaucoup, sur l'une comme sur l'autre…