Les étoiles de l'orage
Chapitre 18 : La grande et heureuse famille Weasley
Disclaimer : Tous les personnages, animaux, créatures, objets, lieux etc…appartiennent à J.K.Rowling, hormis certains qui existent réellement, et d'autres que j'ai crée. Je ne gagne rien à écrire cette fic, à part le plaisir que j'ai à écrire et à faire partager ce que j'écris.
Les personnages ajoutés sont tirés de mon imagination, toute ressemblance entre eux et des personnes existant ou ayant existé est le fruit du hasard.
Fred se pencha vers George.
- Alors, on lui envoie ou pas ? souffla-t-il, en prenant garde à ce que personne ne l'entende.
- On lui envoie, décida George sur le même ton.
Ils se redressèrent et adressèrent un joyeux salut à Kingsley qui venait d'entrer, suivi de Lupin. Tous les deux s'installèrent à leurs côtés. Lupin servit tout le monde en café, alors que Fred l'observait. La pleine lune approchait, mais Lupin n'en portait pas encore les marques. Au contraire, il paraissait bien plus en forme qu'il ne l'avait plus paru depuis longtemps.
Bill entra en claironnant :
- Bonjour, tout le monde !
Il embrassa affectueusement les têtes brune et rousse d'Hermione et Ginny, gratifia Ron et Harry d'une tape sur l'épaule chacun. Il fit de même avec les jumeaux, qui prirent des mines horrifiées.
- Tu vires comme Maman, maintenant ?
Bill éclata de rire et alla s'asseoir, sous le regard de Lupin, qui remarqua :
- Il a l'air particulièrement content, ce matin.
- Fleur a enfin eu le temps de lui écrire une lettre, et pas des plus courtes !expliqua George. Il l'a reçue à l'aube, alors du coup son moral est au plus haut.
Joachim, Wladeck et Charlie entrèrent en même temps et s'installèrent à côté de Bill. Tous les quatre engagèrent aussitôt une conversation où il était question de « Chemin de Traverse », « Quartier sorcier », « travail ».
Les jumeaux éclusèrent rapidement leurs tasses, se levèrent et annoncèrent leur départ pour leur boutique.
- Si Maman s'inquiète de ne pas nous avoir croisés ce matin, dites-lui que nous étions encore en vie la dernière fois que vous nous avez vus…
Après qu'ils eurent redressé les volets de leur boutique, le soleil entra à flots. Fred mit de la monnaie dans la caisse, tandis que George, à l'aide de sa baguette, passait le chiffon à poussière sur certaines étagères. Il était en train de faire léviter une pile de boîtes de « Feuxfous Fuseboum » pour faire glisser le torchon dessous lorsque Fred l'appela :
-On l'envoie maintenant ?
- Ok.
- Il va falloir retirer toute trace pouvant indiquer sa provenance… Je vais m'en occuper.
- Pendant ce temps, je vais louer les services d'un des hiboux de la poste.
Quand il revint, un hibou moyen-duc installé sur son bras, Fred avait préparé l'emballage. Ensembles, ils fixèrent le paquet enrobé de papier brun à la patte de l'oiseau, puis George ouvrit la fenêtre et le messager s'y engouffra. Ils le regardèrent un instant s'éloigner dans le ciel matinal, puis d'un commun accord refermèrent les panneaux vitrés.
Tonks soupira. Elle avait passé une mauvaise nuit, se réveillant à plusieurs reprises. A l'aube, elle s'était à nouveau éveillée et n'était pas parvenue à se rendormir. Finalement, elle était descendue à la cuisine, où deux tasses de café étaient plus ou moins venues à bout des brumes de sommeil qui envahissaient son esprit. Elle était sortie en avance avec l'intention d'en profiter pour flâner un peu. Les quartiers sorciers étaient particulièrement pittoresques le matin, pour ceux qui se levaient suffisamment tôt.
Maintenant, elle n'était plus aussi sûre que ce soit une bonne idée. Elle se sentait épiée, suivie. A plusieurs reprises, elle avait fait mine de s'intéresser à une vitrine pour pouvoir observer les personnes se trouvant derrière elle. Mais elle n'avait rien remarqué d'anormal. Elle serra les dents. Un seul mangemorts, aussi puissant soit-il, n'oserait pas s'attaquer à elle dans une rue fréquentée. Elle n'avait qu'à éviter les petites impasses. Elle se remit en marche.
L'impression persistait. Elle pressa le pas, attentive à tout signe d'accélération chez un de ceux qui marchaient. Elle enfila plusieurs rues à ce rythme avant de ralentir. Personne ne s'était trahi. Elle inspira profondément. Ce n'était pas la première fois dans sa carrière d'Aurore qu'elle avait à faire face à ce genre de situation. Maugrey les avait toujours mis en garde contre cela. Vigilance constante !se répéta-t-elle. Il disait aussi de ne pas céder à la panique.
Tonks eut soudain une idée. Elle chercha des yeux des toilettes publiques. Il lui en fallait un avec plusieurs cabines, si elle voulait que celui qui la surveillait se laisse prendre au stratagème… Ou celle qui la suivait, songea-t-elle. Si cette personne était une femme, elle allait avoir intérêt à faire vite. Elle avisa soudain le panneau en forme de flèche qu'elle recherchait. Elle dut traverser un dédale de couloir, attentive à tous bruit de pas derrière elle. Une fois devant les lavabos, elle ferma la porte. La moitié des cabines étaient occupées. Parfait, se dit-elle.
Elle pénétra dans une de celles qui étaient libres. Là, elle fronça les sourcils. Ses cheveux s'allongèrent, prirent une teinte d'un brun sombre. Ses yeux passèrent du brun au gris. Elle changea également la forme de son nez, sa peau prit une couleur plus claire. Quand ce fut fait, elle avisa ses vêtements. Elle retira son foulard, voulut le glisser dans son sac mais eut une meilleure idée. Elle sortit toutes ses affaires de son sac à main, qui était réversible. Un côté vert émeraude, l'autre noir. Elle ouvrit sa cape, pour que l'on puisse voir sa robe.
A l'aide d'un sortilège de Changement de couleur, elle en changea radicalement la nuance. L'étoffe, auparavant vert amande, devint vert d'eau.
La femme qui sortit des toilettes n'avait pas grand-chose en commun avec celle qui y était entrée. Elle portait un sac à main vert émeraude, une robe vert d'eau, aucun foulard. Ses cheveux étaient plus longs et bouclés, sa peau claire. Si quelqu'un l'attendait à la sortie, il patienterait un bon moment avant de se rendre compte qu'elle avait réussi à le semer.
Elle fit quelques détours avant de transplaner au ministère. Une fois assise à son bureau, elle rendit sa couleur d'origine à sa robe et retourna à nouveau son sac à main. Puis elle attacha ses cheveux à l'aide de son foulard et se plongea dans la pile de dossiers qui s'était matérialisée sur sa table durant la nuit.
Bill se laissa tomber sur sa chaise. Sa bonne humeur n'avait pas duré longtemps face à la pile de paperasses qui l'attendait. Pour couronner le tout, un gobelin lui avait annoncé qu'il allait devoir mettre à jour les coordonnées des clients ayant ouvert ou modifié un compte ces six derniers mois. Il regrettait l'Egypte… Le boulot de conjureur de sorts travaillant sur le terrain lui avait mieux convenu…
Puisqu'il fallait y passer, autant commencer tout de suite. Il attrapa les cinq premiers parchemins. Quelqu'un qui demandait l'ajout d'un nouveau sortilège de sécurité sur la porte de son coffre… Quelqu'un qui souhaitait pouvoir effectuer des retraits depuis l'étranger… Prenant une plume, il commença à remplir un formulaire.
Percy Weasley reposa sa plume et promena un regard satisfait autour de lui. On venait de lui accorder un nouveau bureau, plus spacieux et plus confortable. Son poste d'assistant du ministre avait bien des avantages. Si seulement sa famille avait pu se réjouir avec lui… Son visage s'assombrit à cette pensée. Tout aurait été parfait si au lieu de rentrer tous les soirs dans son appartement désert, il avait pu revenir régulièrement au Terrier.
Il rejeta cette pensée aussi loin de son esprit qu'il le put. Il lui fallait aller de l'avant, et non pas s'appesantir sur le passé. Son passé ne pouvait être changé, son avenir en revanche restait à construire. Il allait se lever pour chercher un des rapports rangés sur l'étagère quand on frappa à la porte.
- Entrez ! cria-t-il.
- Un paquet pour vous vient de passer les contrôles, monsieur.
L'employé des services postaux du ministère s'avança et posa le colis sur le bureau.
- Merci.
Lorsque la porte se fut refermée, Percy déchira l'emballage brun. Une boîte se trouvait à l'intérieur, contenant de nombreux bonbons de couleurs différentes. Plus grands que des Dragées surprises de Bertie Crochue, ils en avaient néanmoins les couleurs éclatantes.
Percy farfouilla parmi les papiers déchirés, à la recherche d'une carte ou d'un mot quelconque indiquant la provenance de la boîte, mais ne trouva rien. De toute façon, les services l'auraient détecté si les bonbons contenaient un poison. Il en choisit un de couleur verte. Le goût était légèrement acide, pas désagréable.
La porte s'ouvrit à nouveau et Fudge entra sans frapper.
- Weasley, j'aurais besoin de vous pour…
Il resta bouche bée.
- Oui, monsieur le ministre ? demanda Percy.
Aucune réaction. Il attendit un instant avant d'insister :
- Monsieur le ministre ? Mr Fudge ?
Percy commençait à être sérieusement inquiet.
- Weasley, vous… Savez-vous que… Enfin… Vous avez …
- Qu'est-ce que j'ai ?
Il s'attendait à tout, sauf à la réponse que Fudge lui donna.
- Des fleurs.
- Pardon ?
- Des fleurs. Enfin, du lierre.
Percy passa les mains sur le bord de son bureau. Il était vrai qu'une guirlande de lierre sculptée dans le bois l'ornait, mais ce n'était pas nouveau, le ministre l'avait même remarquée et admirée, après qu'il eut choisi cette table !
- Sur la table ? Oui, je sais.
- Pas sur la table ! Sur vous, Weasley !
Percy se demanda avec effroi si le ministre n'était pas devenu fou. Trop de pression, peut-être… Il frissonna. Il avait déjà eu un supérieur brillant, mais dont la raison avait décliné. Il oubliait rarement une leçon, et celle donnée par son expérience avec Mr Croupton l'avait profondément marqué.
Il baissa les yeux sur ses vêtements. Il ne portait pas d'épingle à cravate, et la cravate elle-même ne portait aucun motif floral. Il remarqua soudain que Fudge tendait le doigt vers son visage.
- Là, Weasley. Du lierre…
Percy commençait à se demander si il ne valait pas mieux vérifier les dires du ministre. Il se précipita vers la fenêtre la plus proche. Il l'ensorcela, et il put voir son visage… dont le côté était orné d'une guirlande de lierre !
Il s'approcha davantage de la vitre, pour vérifier s'il ne s'agissait pas d'une illusion quelconque. Mais il n'y croyait qu'à moitié. L'image s'effaça et Percy retourna vers le centre de la pièce. Qui avait bien pu lui faire ça ? Son regard accrocha soudain la boîte, au milieu du papier déchiré. Les bonbons ! Il était sûr que c'était lié à ces maudites confiseries !
- Vous avez vu, Weasley ?
La voix de Fudge ramena l'attention de Percy vers son supérieur.
- Pour l'avoir vu, je l'ai vu ! s'exclama-t-il.
- Vous devriez aller faire un tour à l'infirmerie du ministère. Peut-être pourront-ils vous arranger ça… Sinon, je vous donne votre journée, pour aller éventuellement à St Mangouste, ou chez un conjureur de sorts…
Percy le remercia rapidement, s'empara de sa cape et sortit.
- Ce n'est pas dû à un sortilège, lui déclara-t-on à l'infirmerie ministérielle.
- Alors, à quoi ?
- Une farce… un filtre de Changement de Couleur, peut-être… Il serait peut-être possible de régler ça à l'aide d'un sort…Allez voir à St Mangouste, ils ont des guérisseurs spécialisés…
- Merci.
Il sortit en un coup de vent, avant que l'autre n'ait le temps d'ajouter quoi que ce soit.
Un gobelin frappa à la porte.
- Vous allez avoir un travail de conjureur de sorts à faire, lui annonça-t-il. Nous avons un petit problème dans l'une de nos succursales…
Bill sursauta.
- Comment ?
Il songea aussitôt que c'était une erreur. La patience n'était pas la vertu la plus prisée chez les gobelins, et ils n'aimaient guère avoir à se répéter. A sa surprise, celui-ci ne s'énerva pas. Il ne prit même cet air « Je-n'ai-guère-de-temps-à-perdre-mais-puisqu'il-le-faut-je-vais-vous-consacrer-quelques-minutes-de-mon-temps-si-précieux » que Bill détestait tant.
- Quelques sorts à conjurer, répéta-t-il. Dans une de nos succursales. Ne vous inquiétez pas, elle est en Angleterre. D'après les estimations, il faudra au moins une semaine avant que vous n'en veniez à bout. Vous en saurez plus demain.
Il sortit et referma la porte derrière lui. Bill resta un instant abasourdi. Puis il lança sa plume en l'air de joie. Juste quand il recommençait à regretter l'Egypte !
Charlie frappa deux coups secs et énergiques à la porte. On cria :
- Bill Weasley. Entrez !
- C'est Charlie.
Il entra dans la pièce au moment où la plume retombait sur la tête de Bill, trop étonné pour réagir.
- Chra…Chalr…Charlie ? bégaya-t-il.
- En personne.
Il repoussa la porte et s'assit tranquillement sur l'une des chaises, promenant son regard autour de lui.
- Qu'est-ce que tu viens faire ici ?
- Venir saluer mon frère aîné préféré…
- Je te rappelle que je suis ton seul frère aîné….
- Et accessoirement essayer de voir s'il ne peut pas convaincre ses gobelins…
- Ce ne sont pas mes gobelins, ils seraient furieux s'ils t'entendaient, eux qui se targuent de n'appartenir qu'à eux-mêmes…
- De m'accorder une bourse supplémentaire pour étudier les dragons !
Charlie arborait à présent un grand sourire. Confortablement installé sur sa chaise, il attendit patiemment que son frère se remette de sa surprise, fouille dans ses tiroirs et ses étagères pour trouver les formulaires de demande de bourse.
- Bon, alors tu remplis ça, ça et ça… je vais compléter ceux là… et le reste sera pour plus tard.
- Tout ça pour une bourse supplémentaire ?
- L'administration gobeline est presque aussi compliquée que celle du ministère, commenta Bill.
Ils remplirent les papiers en silence. Finalement, il se leva, prit congé et voulut sortir. Mais avant même qu'il ait pu posé les doigts sur la poignée, la porte s'ouvrit brutalement, manquant son nez de peu.
Percy ressortit de St Mangouste à bout de nerfs. Il avait été voir un de ses amis, qui avait été dans la même promotion que lui. Il était encore en formation, mais il aurait au moins pu le conseiller. Il lui avait demandé s'il ressentait des tiraillements au visage, s'il souffrait de maux de tête depuis l'apparition de ce lierre, s'il avait une certaine tendance à se prendre pour un oiseau. Après avoir rétorqué « non » de plus en plus bruyamment, Percy s'entendit placidement dire que son problème n'entrait pas dans la liste des priorités, qu'il allait donc devoir attendre jusqu'à demain matin. Mais l'hôpital préférait le garder sous la main, en cas de brusque aggravation de son état.
Percy interrompit son ami au beau milieu d'une phrase où il était question de faire prévenir sa famille et sortit à nouveau en coup de vent. L'autre se posa vaguement la question de savoir s'il ne devait pas lui courir après et le faire interner durant quelques jours. Quoique… quelques jours en compagnie de Gilderoy Lockart risquaient de faire plus de mal que de bien.
Percy remonta le Chemin de Traverse aussi vite qu'il le put, s'attirant les regards étonnés de quelques passants. Il pénétra dans le hall de Gringotts au pas de charge et se força à prendre une voix aimable pour demander au gobelin le plus proche où se trouvait le bureau de Bill Weasley. L'autre le regarda, les yeux légèrement plissés.
- Oui, mais vous voulez le voir à propos de quoi ? Car d'autres employés sont libres…
- C'est mon frère, articula Percy. J'aurais besoin qu'il me rende un petit service, c'est urgent. Je vous promets que ça ne prendra pas longtemps.
- Son frère ?
Percy fit de gros efforts pour conserver son self-contrôle. Probablement la créature le faisait exprès… Dans ce cas s'énerver ne servirait à rien. Mieux valait lui rappeler à qui il parlait.
- Je suis Percy Weasley, du ministère de la magie. Je suis l'assistant du ministre.
Pour impressionner davantage le gobelin, il fit exprès de marquer une pause avant d'ajouter :
- Vous savez, Mr Fudge, Cornélius Fudge.
A son grand désappointement, son interlocuteur ne parut pas le moins du monde impressionné et grogna :
- ça va, je ne suis pas idiot. Je sais encore qui est le ministre. Ça me paraissait juste bizarre que vous veniez tous voir votre frère en même temps.
- Tous ? prit le temps de relever Percy.
- Oui, un autre de ses frères est venu le voir, avant.
A présent, Percy était sûr que le gobelin faisait exprès de faire traîner les choses en longueur. Excédé, il dit d'un ton brusque :
- Et bien, très bien ! Mais ça ne me dit toujours pas où se trouve son bureau !
Le gobelin prit son temps pour lui indiquer le numéro du bureau et l'itinéraire pour s'y rendre. Après avoir bousculé deux personnes, s'être perdu quatre fois, avoir redemandé son chemin trois fois, il parvint enfin à la porte où était inscrit « Bill Weasley, Conjureur de sorts ». Il poussa le battant brutalement, manquant de peu le nez de Charlie. Il fut un instant déconcerté de voir ses deux frères aînés, mais se reprit rapidement et claqua la porte.
Les trois frères se dévisagèrent. Bill sentit très nettement la tension grimper dans la pièce. Assis, il se sentait en situation d'infériorité. Il se leva donc, comme il l'aurait fait pour n'importe quel client. Etant l'aîné des trois, et se trouvant en plus dans son propre bureau, c'était à lui de parler en premier. Il s'accorda le temps de penser qu'il aurait bien aimé déléguer ses pouvoirs, puis se jeta à l'eau.
- Bonjour, Percy, dit-il d'un air cordial.
Mais son ton était froid. Il voulut donner à Percy le temps de se sentir gêné, mais se souvint que son frère avait un ego plus développé et qu'il en faudrait donc davantage.
- Je ne te cache pas que je suis surpris de te voir… surtout après tout ce temps…
Percy l'interrompit.
- Si je suis venu, c'est uniquement car j'avais besoin de toi.
Bill et Charlie se dévisagèrent. Leur frère ne paraissait même pas s'apercevoir de l'arrogance de cette phrase. Bill haussa les sourcils.
- Tu es venu … parce que tu avais besoin de moi, répéta-t-il calmement.
Il avait la sensation étrange de voir la scène de l'extérieur. Il était en même temps acteur… et spectateur. Dans le fond, cette distance était bien confortable. Mais son frère ne lui laissa pas le temps de s'étendre là-dessus.
- Oui, il faut que tu fasses ton travail de Conjureur de sorts ! J'ai ceci…
Il désigna le lierre de l'index.
- … qui est apparu sur mon visage alors que je discutais avec le ministre ! J'ai consulté plusieurs personnes, qui m'ont dit qu'un Conjureur de sorts pourrait sûrement arranger ça ! Sinon, il faudrait simplement attendre que cela passe ! Et comme je ne peux pas attendre, le ministre compte sur moi, je suis allé à St Mangouste, où m'a dit d'attendre jusqu'à demain matin, ils s'occuperaient de moi ! Mais je n'ai pas autant de temps devant moi !
Percy s'était échauffé au long de sa tirade, et par contraste la voix de Charlie parut deux fois plus calme lorsqu'il demanda :
- Pourquoi ne peux-tu pas aller… aider le ministre avec ça sur le visage ?
Il avait délibérément laissé planer l'ombre d'un doute entre les mots « aller » et « aider ». Percy éructa :
- Tu n'y penses pas ! Ce serait la fin de ma carrière ! Et les sorts de dissimulation ne foncti….
Bill en avait suffisamment entendu.
- Dans ce cas, je crains que le ministre n'ait à se passer de tes… services. Je ne vais pas te… rendre service. Je ne vais pas te dire que je suis flatté que tu aies pensé à moi, ce serait proférer un énorme mensonge. Au revoir.
Il se rassit et prit le premier dossier qui lui tomba sous la main, pour signifier que l'entretien était clos. Il s'aperçut rapidement que le dossier était en réalité l'exemplaire de Sorcière-hebdo que sa mère lui avait demandé d'acheter. Il le repoussa d'un geste agacé.
Percy, lui, n'avait plus rien dit, n'avait plus bougé, il gardait les yeux fixés sur l'aîné de ses frères. Mais son regard semblait étrangement vide, à tel point qu'au bout d'un moment Charlie se demanda s'il ne devait pas essayer sur lui le contre-sort du sortilège de Stupéfixion.
Cette peine lui fut épargnée. Percy eut un bref instant l'idée de lancer un maléfice quelconque à Bill, mais se retint. Lancer un sort à un Conjureur de sort n'était pas seulement stupide, cela pouvait également se révéler dangereux lorsque le Conjureur de sort en question était votre frère aîné qui vous en voulait un peu. Percy ne l'ignorait pas. De plus, Charlie était également présent, et il n'y avait aucun doute sur l'identité de la personne au secours de laquelle il se porterait si les choses venaient à se gâter. Du temps de sa scolarité, Charlie avait été réputé pour sa réputation de bon duelliste, et étudier les dragons avait probablement contribué à améliorer ses réflexes, déjà excellents à sa sortie de Poudlard.
Voilà pourquoi Percy se contenta de crisper ses doigts sur sa baguette dans sa poche et sortit sans accorder un regard supplémentaire à ses deux aînés. Une fois qu'il fut dans le couloir, il entendit Bill lui crier « La porte ! ». Il fit quelques pas en arrière, tendit le bras derrière lui, et d'une manière tout à fait puérile claqua la porte aussi fort qu'il le put.
Après son départ, Bill et Charlie se regardèrent et poussèrent le même soupir désabusé.
- Il ne changera jamais, énonça Charlie comme une simple constatation.
Se borner à dresser la liste des dégâts faisait moins mal que penser à ce qui les avait causés, et à ce qui en découlerait.
- Jamais, répondit Bill.
Ils restèrent un moment silencieux, avant qu'il ne vienne à Charlie l'idée de se rasseoir. A présent, ils avaient quelques problèmes supplémentaires à régler. Il finit par rompre le silence.
- Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?
- Bonne question, soupira Bill.
- Ne pas en parler à qui que ce soit semble un bon début, suggéra Charlie.
- A qui que ce soit ? Certaines personnes mériteraient tout de même de savoir. Ginny… Fred et George…
- Ron aussi ? Tu connais ses réactions…
Ils hésitèrent une fraction de seconde, puis, d'un commun accord :
- Ron aussi.
- Mieux vaut ne pas cacher la vérité à ceux qui sont en mesure de la connaître, cita Charlie.
Bill compléta :
- La vérité, elle est à la fois belle et terrible, c'est pourquoi il faut toujours l'aborder avec beaucoup de précautions…
Ils sourirent. La vieille phrase leur était revenue en mémoire. « Vous saurez vous en souvenir quand le moment viendra… »
Aucun des deux ne demanda s'il fallait en parler à leurs parents. Ils connaissaient la réponse à cette question.
Percy redescendit le Chemin de Traverse, encore plus furieux qu'avant être entré à Gringotts. Perdu dans ses pensées, aveuglé par sa colère, il marchait à grandes enjambées sans prendre garde à l'endroit où il allait. Ce n'est qu'après avoir manqué prendre la direction de l'Allée des Embrumes qu'il recommença à s'intéresser à ce qui l'entourait.
Il prit de profondes inspirations pour se calmer. Une Bièraubeurre ne serait pas de trop … Porté par la brise, un papier vola vers lui et se colla à son pantalon. Excédé, Percy secoua sa jambe pour tenter de s'en débarrasser, mais le parchemin était tenace. Finalement, il n'eut d'autre choix que celui de se baisser et de le ramasser. Il allait le jeter, quand un nom attira soudain son attention.
Il déplia soigneusement la publicité et la lissa pour pouvoir lire. « Weasley, Farces pour sorciers facétieux … » Apparemment, Fred et George avaient réussi à ouvrir leur boutique de farces et attrapes... Où avaient-ils pu trouver cet argent ? Avec un poinçon de jalousie, il se demanda si ses parents n'avaient pas fini par céder et par gratter les fonds de tiroir afin de réunir la somme nécessaire. A moins que leur vente par correspondance n'ait eu tant de succès… Avec ces deux-là, on pouvait s'attendre à tout…
Il allait jeter le parchemin dans la poubelle la plus proche quand il songea que maintenant qu'il l'avait trouvé, autant le lire jusqu'au bout. Tout ce que vous désirez… Feuxfous Fuseboum…Il devait reconnaître qu'ils avaient de l'imagination à revendre…Boîtes à Flemmes…Qu'est-ce que c'était que cette invention ? Et prochainement : Bonbon Floral…suivaient tout une liste de produits…et pour la rentrée…
Les yeux de Percy s'arrêtèrent soudain et revinrent en arrière. Bonbon floral…Si l'illustration à côté était une reproduction du bonbon en question, il ressemblait à s'y méprendre à ceux qu'il avait reçus le matin même.
Il sortit le paquet de sa poche, où il l'avait mis au cas où les guérisseurs de St Mangouste désiraient les faire analyser et compara une pastille bleue à celle de la publicité. Même forme, mêmes reflets… Percy ne croyait plus aux coïncidences depuis quelque temps.
Il mit le parchemin dans sa poche et se rendit au centre du Chemin de Traverse. Là, il demanda à un jeune la direction de la boutique « Weasley, Farces pour sorciers facétieux ». L'autre tendit le doigt. Percy se hâta dans la direction indiquée.
Après avoir accueilli toute une tornade de clients à l'heure de pointe, Fred et George profitaient d'une accalmie. George s'approcha d'une des fenêtres et regarda dans la rue. Quelques mères traînant leurs bambins, trois mages vénérables qui devisaient tranquillement tout en marchant, une bande d'étudiants qui couraient dans la direction de Fleury et Bott… Il cligna soudain des yeux et colla son nez contre la vitre. Là-bas, c'était… ça ne pouvait pas être…ça ne pouvait qu'être…
- Je crois que l'on va bientôt vérifier si notre dispositif anti-Percy fonctionne, annonça-t-il à Fred.
Celui s'approcha également de la vitre et regarda dans la direction indiquée par le doigt tendu de son frère. Il LE vit.
- Apparemment. Je crois que nous ferions mieux de nous reculer, il ne faudrait tout de même pas qu'il croie que nous l'attendions avec impatience… et puis, on ne sait jamais… peut-être aurons-nous besoin de fuir…
Ils se mirent derrière le comptoir. George feignit de coller des étiquettes sur des boîtes, tandis que Fred fit mine d'astiquer la caisse enregistreuse. Leur frère ne se fit pas attendre.
La porte s'ouvrit avec force, la clochette tinta brutalement. Percy rugit :
- Fred, George ! Vous avez…
Ils ne surent jamais ce qu'ils avaient fait. Un énorme Swwwooouiiissshhh ! retentit et Percy fut catapulté en arrière, atterrissant devant la devanture de la boutique d'en face. La porte claqua derrière lui, ajoutant ainsi le tintement de la cloche au vacarme.
Un attroupement se forma. Certains balancèrent leurs regards de Percy à la boutique « Weasley, Farces pour sorciers facétieux », d'autres se contentèrent de rire à gorge déployée. Rouge de honte et de colère, un rouge qui ne mettait pas spécialement le lierre de son visage en valeur, Percy hurla alors :
- Je suis du Ministère de la Magie ! Dispersez-vous, il n'y a rien, plus rien à voir !
Il se releva d'un mouvement de chef outragé et transplana. Une fois le danger que représentait leur frère écarté, Fred et George sortirent devant leur boutique, pour bien montrer que les clients n'avaient rien à craindre de leurs systèmes de protection.
- Simple système d'alarme, dit Fred en levant les mains devant lui pour faire baisser les conversations.
George renchérit :
- Rejet des intrus, pour le plus grand plaisir des passants.
Ils rentrèrent dans leur boutique sous les applaudissements des badauds qui se dispersèrent. En refermant la porte, il sembla à George qu'il avait vu la silhouette de Maugrey Fol Œil, il ressortit la tête quelques instants pour scruter la rue, mais ne le vit nulle part et finit par se convaincre qu'il s'agissait d'une illusion.
Tonks referma son sac à main et prit une profonde inspiration. Elle allait ressortir du ministère côté sorcier et faire marcher un peu dans les rues plutôt fréquentées à cette heure-ci. Elle avait bien calculé son moment, elle ne voulait pas risquer de s'aventurer dans un lieu désert avec son suiveur aux trousses.
Par mesure de précaution, elle avait précisé à Maugrey ce qu'elle allait faire et l'itinéraire qu'elle allait emprunter. On n'est jamais trop prudent… Elle sortit.
Maugrey était fatigué. Tonks venait de partir, et maintenant il s'apercevait qu'il allait devoir aller interroger quelqu'un sur le Chemin de Traverse. Et comme il ignorait si l'entretien serait vraiment révélateur, il ne pouvait envoyer un subalterne. Et tous les Aurores à qui il faisait confiance étaient sortis ou occupés. Tant pis… Il se leva et mit sa cape.
Petite devinette : dans les livres de J.K.Rowling, quelqu'un a déjà dit la phrase « La vérité, elle est à la fois belle et terrible, c'est pourquoi il nous faut l'aborder avec beaucoup de précautions » Qui était-ce ?
A lire absolument :
En raison de la reprise des cours, je ne pourrais plus ajouter qu'un seul chapitre par semaine. De temps à autre, il se peut que j'en envoie deux, mais ça reste à voir… Je pense que j'ajouterais les chapitres le vendredi soir, alors vous saurez quand vérifier… Je préviendrais si je décide de changer de jour…
Sinon, cela va bientôt faire deux mois que j'ai commencé ma fic, et j'ai pensé que le moment était peut-être bienvenu pour faire une sorte de bilan… alors voilà.
Cette fic me trottait dans la tête depuis presque un an, avant que je ne me décide enfin à commencer de l'écrire. C'était la première fois que je publiais une fic sur le site, et j'ai également subi les habituels déboires avec Fanfiction ( caractères qui disparaissent dans la nature, tirets de dialogues mystérieusement évaporés…)
Aujourd'hui, un peu moins de deux mois plus tard, je voudrais remercier tous ceux qui sont venus me lire, et qui vont continuer (du moins je l'espère !), tous ceux qui m'ont laissé de temps en temps une review, cela fait toujours aussi plaisir (et je les guette toujours avec autant d'impatience !).
Un petit salut à Moustik, qui même s'il ne me laisse pas de commentaires, m'a néanmoins mise sur sa liste de favoris, ainsi que sur sa liste d'alertes.
Egalement un petit coucou à Sailor Ocean, qui m'a également mise sur sa liste d'alertes.
Je tire mon chapeau alsacien à Taliesyn, dont les reviews sont toujours bienvenues, et les remarques intéressantes.
Une grosse bise à Thealie, la première de mes revieweuses et qui ne s'est pas découragée depuis. Ça fait très plaisir de savoir que l'on a une lectrice aussi assidue.
Un clin d'œil à Calypso 63, dont les reviews enthousiastes sont toujours aussi aimées.
Et pour finir, salutations à Snapye, qui doit toujours se languir de Rogue. Tes remarques et encouragements arrivent toujours à point nommé. Je voudrais te dire que maintenant, le décor est planté, l'action commence ! Je vais bien m'amuser…
Thealie :Je trouve Harry un peu plus réfléchi dans ce chapitre. Il est moins gêné, surtout… Mais il est effectivement en train de devenir plus « adulte ». On avance dans le mystère. Tu ne peux pas savoir à quel point… Sev et de retour et ça fait très plaisir. Il a été blessé. Il est très aimé parmi les lecteurs… Je crois que j'ai intérêt à ne pas trop le malmener, sous peine de voir ma messagerie exploser sous les reviews de récriminations ! Le loup-garou et Voldie ne parlent-ils pas de la même chose ? Heu… quel loup-garou ? Si tu parles de Lupin, pour l'instant il n'a pas dit grand-chose. Et quant à Voldemort… et ben je ne vois pas de quoi tu veux parler… à moins que tu ne fasses référence à ce que Severus rapporte à Dumbledore… Explique-moi ce que tu entends par là dans ta prochaine review, s'il te plaît…
