Les étoiles de l'orage
Chapitre 19 : Les poussins de Maugrey
Disclaimer : Tous les personnages, animaux, objets, créatures, lieux etc…appartiennent à J.K.Rowling, hormis certains qui existent réellement, et d'autres que j'ai crée. Je ne gagne rien à écrire cette fic, à part le plaisir que j'ai à écrire et à faire partager ce que j'écris.
Les personnages ajoutés sont tirés de mon imagination, toute ressemblance entre eux et des personnes existant ou ayant existé est le fruit du hasard.
Tonks, assise dans la cuisine en compagnie d'Elane, Harry, Joachim, Hermione, Ginny et Ron leur racontait ce qui s'était passé au début d'après-midi dans les couloirs du ministère.
- Percy courait comme un dératé, et moi je venais en sens inverse. Normalement, c'est lui qui aurait dû s'arrêter, mais comme il ne semblait pas disposé à le faire, je me suis mise sur le côté. Ce qui ne l'a pas empêché de me rentrer dedans. Alors il a commencé à hurler qu'il était interdit d'obstruer les couloirs. Comme c'était sa faute et que j'étais déjà bien énervée comme ça…
Elle s'interrompit un instant pour boire quelques gorgées d'eau. Dès qu'elle eut fini son verre, Elane la resservit, alors qu'elle continuait son récit :
-
… je lui répondu que cela ne figurait nulle part dans le
règlement du ministère. Il ne s'est pas démonté
pour autant et m'a rétorqué que ce n'était
pas précisé car toute personne ayant quelques rudiments
de l'art de circuler dans les lieux publics devait savoir qu'il
était interdit de les encombrer.
Là,
il a commencé à bafouiller et à s'empêtrer
dans ses phrases alors j'en ai profité pour lui faire
remarquer que « toute personne ayant quelques rudiments de
l'art de » se conduire en société savait
que bousculer les gens sans excuser, et à plus forte raison
leur crier dessus que c'était de leur faute, était
extrêmement impoli.
Elle reprit son souffle et constata que Ron faisait de gros efforts pour dissimuler son immense intérêt pour son récit.
- Mais le plus étrange dans l'histoire, c'est…qu'il portait des fleurs sur le visage. Exactement comme toi, Ron.
L'intéressé rougit, baissa les yeux et marmonna quelque chose où il était question de « Fred et George…une blague stupide… pas vraiment important… ». Voyant son embarras, Elane demanda à Tonks de poursuivre son récit.
- Enfin, sauf que c'était du lierre… mais ce n'est pas important. Ce que je me demande, c'est où diable a-t-il bien pu se le procurer ? M'étonnerait qu'ils le lui aient envoyé…
Personne ne fut en mesure de répondre à cette question.
- Donc, je reprends. Vous avez eu l'impression d'entendre des bruits suspects, mais vous ne savez pas à quoi ils ressemblaient. Ça fait quelques temps que vous les entendez, mais vous ne pouvez même pas estimer la durée approximative, récapitula Maugrey.
Il se demanda s'il devait dire exactement à son interlocuteur ce qu'il pensait de lui. Peut-être devrait-il remplacer certaines… expressions trop colorées par des synonymes… L'autre soupira bruyamment.
- Tout ce que je sais, c'est que j'entends de temps à autre des bruits, s'obstina-t-il.
Maugrey décida courageusement de repartir encore une fois à l'attaque.
- Mais quel genre de bruits ? Des grattements ? Des couinements ? Des bruits de pas ? Des bruits d'objets qui tombent ? Des voix ? Des voix qui lancent des sorts ? Des gens qui s'interpellent ? Des altercations ? Des…
- Plutôt des couinements, estima-t-il. Comme… des gens qui s'interpelleraient.
Maugrey se demanda si en fait d'Aurore, ce n'était pas plutôt un guérisseur spécialisé dans les problèmes de l'ouïe que l'homme devrait consulter.
- Vous avez dit des bruits. Vous entendez des couinements et des bruits de voix, je suppose.
- Oui… je crois bien que c'est ça.
- Vous êtes sûrs que ce ne sont pas vos voisins qui chassent les gnomes de leur jardin au clair de lune ? Certaines personnes prétendent que c'est le meilleur moment…
Le sarcasme rentré échappa à l'autre. Maugrey serra les dents. Encore un petit effort… Il approchait du but…
- Est-ce que vous entendez ces… bruits régulièrement ? Tous les soirs, tous les deux soirs ? Une fois par semaine ? Plus, moins…
Son interlocuteur fronça les sourcils en levant les yeux au ciel, dans un effort de concentration. Effort réel, ou feint ? s'interrogea Maugrey.
- Deux fois par semaine, je dirais… enfin, trois fois de temps en temps…
Maugrey s'empêcha de pousser un cri de joie.
- Très bien. Bon, je vous remercie, monsieur. Je crois que je vais faire poster une équipe de surveillance devant votre maison, tous les soirs. Encore une dernière question : à quand remonte la dernière fois ?
- Hier soir.
Maugrey réfléchit rapidement.
- Donc, d'après votre chronologie… il ne devrait rien se passer ce soir ?
- Je ne pense pas…
- Très bien. La surveillance commencera donc demain soir. Mais je désirerais tout de même jeter un œil à l'endroit d'où provenaient ces cris. Comme la dernière fois ne remonte qu'à hier, il se peut qu'il reste des traces. Pouvez-vous m'indiquer l'endroit ?
L'autre se tortilla sur sa chaise, mal à l'aise.
- C'est que… enfin… je n'y suis pas encore allé… vous comprenez, j'avais trop peur de ce que je risquais de trouver…
Maugrey ressentit à nouveau une pointe d'agacement.
- Vous savez qui je suis ? dit-il d'un ton ferme.
- Oui, bien sûr, dit respectueusement son vis-à-vis. Vous êtes Alastor Maugrey, l'un des plus grands Aurores que le ministère n'ait jamais eu.
- Précisément. Vous connaissez donc ma réputation, et d'après vos propres estimations il ne devrait rien se passer ce soir. J'estime donc que nous pouvons y aller sans risques.
Il se leva, et après un moment d'hésitation l'homme l'imita d'un air résigné. Ils sortirent dans le jardin et s'approchèrent de la palissade arrière.
- C'est de là que ça provenait, dit-il en tendant le doigt.
Il resta sur place tandis que Maugrey s'approcha, la baguette à la main. Il longea les planches de bois blond, son œil normal dirigé vers le sol, l'œil magique regardant derrière la palissade. Aucune trace de pas, pas d'herbe piétinée ou roussie. Rien d'anormal.
- Il n'y a rien, annonça-t-il en revenant vers le milieu du jardin. Je reviendrais probablement demain soir pour donner quelques instructions à l'équipe de surveillance.
De toute évidence soulagé, l'autre sorcier lui proposa de rentrer pour boire un verre, qu'il refusa. Puis il transplana.
Alors qu'elles étaient toutes assises dans la cuisine, Elane demanda à Tonks :
- Comment s'est finie ton… entrevue avec Percy ?
Ginny releva la tête, imitée par Hermione.
- Oh, Maugrey est arrivé… et tu le connais…
- Il n'aime pas, mais alors pas du tout, que l'on s'en prenne injustement à l'un de ses poussins, compléta Kingsley qui venait de faire son entrée dans la cuisine. Bonjour à toutes.
Au mot « poussins », Ginny avait failli s'étrangler avec son verre d'eau. Par mesure de sécurité, Hermione lui donna une petite tape dans le dos. Kingsley reprit, le sourire aux lèvres :
- Où sont passés tous les autres ? On n'a laissé que ce charmant bastion féminin pour m'accueillir ? Encore que je ne m'en plains pas …
Il accrocha sa cape au portemanteau et revint vers la table.
- Cela fait quelques temps que je ne vous avais plus vues. Depuis…
Elane savait quelle était la dernière fois qu'elle l'avait vu. C'était lorsqu'elle était venue lui rapporter la conversation surprise en allemand. Kingsley se plaça entre sa chaise et celle de Tonks, et leur fit une bise à chacune. Puis il fit de même avec Ginny et Hermione.
- Les autres sont en haut, je crois, dit Hermione.
Kingsley poussa un grognement.
- Tant pis.
Il prit une chaise, qu'il rapprocha de la table et s'assit.
- Je suis trop fatigué pour monter encore les escaliers, puis les redescendre car ils n'étaient pas là où ils étaient censés être. Ils n'ont qu'à descendre, eux. En plus, je suis en charmante compagnie.
- Je devais de toute façon monter, je peux aller les chercher si tu veux, proposa Elane. Qui est-ce que tu veux voir ?
- Tu es trop gentille… Lupin de préférence.
Après le départ d'Elane, Ginny se tourna vers Kingsley pour lui demander :
- Qu'est ce que c'est, les « poussins de Maugrey » ?
A sa grande surprise, Tonks et Kingsley sourirent. Kingsley expliqua :
- Ce nom désigne les anciens élèves de Maugrey. Maugrey choisit avec soin ses apprentis, mais il est… pas vraiment du genre protecteur, mais disons qu'il leur reste très attaché. Ses élèves aussi. Dans les couloirs du ministère, on prétend qu'il n'est guère prudent de chercher des noises à l'un de ses anciens apprentis, car cela revient à se mettre à dos Maugrey lui-même. Et lorsqu'il vous a dans le collimateur… mieux vaut se faire oublier. Alors, on a finit par surnommer ses élèves « les poussins de Maugrey ».
L'image d'un Maugrey rassemblant sous les pans déployés de sa cape tous ses apprentis fit pouffer Hermione. Et de toute évidence, Ginny avait eu la même pensée, car elle cacha sa bouche derrière ses mains. Tonks ajouta :
- Et dans le manuel de survie du parfait mage noir, il doit y avoir mentionné quelque part : « Ne pas provoquer le courroux d'Alastor Maugrey, également désigné sous le nom de « Fol Œil », sous peine de se retrouver à Azkaban. Eviter soigneusement de croiser le chemin d'un de ses élèves, pour les mêmes raisons que celles énoncées précédemment. »
Ils éclatèrent tous les quatre de rire, au moment où Elane revenait avec Lupin, qui annonça :
- Bill, Charlie, Fred et George sont allés au Terrier.
- Pour quoi faire ? demanda Ginny, surprise.
- On dit « Pour faire quoi », corrigèrent Tonks, Elane et Lupin à l'unisson.
- Pour faire quoi, se reprit Ginny. Mais ne commencez pas à changer de sujet, sinon…
Souriant devant le visage déterminé de Ginny, Lupin leva ses mains devant lui en signe d'apaisement.
- Loin de nous cette idée ! s'exclama-t-il. Mais Fred et George voulaient récupérer deux ou trois chaudrons supplémentaires, Bill devait vérifier les sortilèges de protection – et vérifier si une personne ne se retrouvait pas prise au piège telle une mouche dans une toile d'araignée-, Charlie les accompagne.
De retour au bureau des Aurores, Maugrey regarda sa table de travail. Elle était couverte de notes de services, de brouillons… tout un fatras de choses diverses et variées. Lorsqu'il travaillait fiévreusement, il ne prenait pas la peine de classer et jeter au fur et à mesure. Mais il avait néanmoins pris l'habitude de griffonner « Vu » sur les notes de services sitôt qu'il en avait pris connaissance, ce système lui permettait de les jeter sans avoir à les relire.
Soupirant, il murmura « Accio poubelle ». Une des plus grandes corbeilles à papier du bureau se posa à côté de lui. Il sortit sa baguette et s'en servit pour faire léviter papiers à jeter jusqu'à leur destination. Ce travail lui demanda bien une demi-heure. Si on en croyait les fenêtres magiques, l'horizon rougeoyait déjà à l'extérieur.
Il prit également le temps de dépoussiérer les meubles, ce qu'il n'avait pas fait depuis longtemps. Les personnes chargées de l'entretien ne touchaient jamais aux tables recouvertes de matériel, les Aurores devaient donc s'en occuper eux-mêmes. Cela ne le dérangeait pas, il aimait la quiétude du soir, lorsque l'agitation de la journée était retombée. Seules quelques personnes restaient au ministère pour travailler à cette heure-ci.
Maugrey fit léviter sa corbeille à papier devant lui, jusqu'aux poubelles à l'autre bout de la pièce. Elles étaient pleines. Il fronça les sourcils. Quel jour était-on ? Normalement rien ne devrait s'y trouver, puisqu'à l'aube les conteneurs du ministère devaient être vidés. Il demanda à un collègue, comme lui un vieux de la vieille :
- Ce n'est pas aujourd'hui que nous devons impérativement descendre tout ça ?
L'autre acquiesça d'un signe de tête, sans relever les yeux de son rapport. Ce fut un collègue plus jeune qui lui expliqua :
- On l'avait fait, mais nous avons tous fait notre rangement après, alors elles sont à nouveau pleines…
Il y avait toujours eu en Dawlish quelque chose qui déplaisait souverainement à Maugrey, et le ton fielleux qu'il employait actuellement n'était pas fait pour améliorer les choses. D'une voix suave, Dawlish ajouta :
- Il faudrait les descendre…
Puis il tourna les talons. Traduction : c'est à toi de tout descendre, ne compte pas sur moi pour t'aider. Pour une fois, Maugrey eut envie de céder à un mouvement d'humeur et d'envoyer à quelqu'un un maléfice. Il se contint.
- Bon, personne n'a été pris au piège dans les sortilèges de sécurité, annoncèrent Bill et Charlie en rejoignant Fred et George dans le salon du Terrier.
Tous les quatre regardèrent autour d'eux. Ce fut George qui exprima ce qu'ils pensaient sans le dire.
- Quand tout est désert, on reconnaît à peine la maison.
Il avait indubitablement raison. En temps normal, il y aurait leur mère dans la cuisine, en train de préparer le repas en compagnie d'un volontaire (ou d'une victime), tandis que quelqu'un mettrait la table. A la radio passeraient diverses chansons, il y en aurait pour les goûts de tout le monde. Ron serait en train de tirer la langue sur ses devoirs, Ginny lirait le journal. Si Harry et Hermione seraient là, l'une lirait avec Ginny tandis qu'Harry travaillerait avec Ron. Fred et George seraient en train de faire les comptes de leur boutique, d'un instant à l'autre leur père rentrerait en compagnie de Percy.
Charlie soupira. Percy… Probablement le moment était venu d'en parler à Fred et George. Il commença :
- Vous savez, pendant que j'étais avec Bill dans son bureau… quelqu'un a déboulé au moment où je voulais sortir, et a failli m'aplatir le nez avec la porte. C'était …
- Percy, dit George.
- Comment le savez-vous ? s'exclama Bill, stupéfait.
- Pas Percy dans ton bureau, Percy ici, dit George.
Il regardait fixement dans la même direction, celle de la fenêtre. Fred également. Tous les deux arboraient la même expression fixe et dure, qui ne leur ressemblait pas. Bill et Charlie pivotèrent sur leurs talons, retenant leur souffle.
Leur frère s'approchait de la maison. N'ayant pas allumé la lumière, il ne pouvait pas les voir. Il ralentit un instant. Probablement se demandait-il pourquoi tout semblait désert, supposa Charlie. Il se dirigea vers la porte.
- Tu es sûr de vouloir lui ouvrir ? demanda Fred.
Charlie haussa les épaules.
- Du toute façon, nous ne pouvons pas rester indéfiniment là, à espérer qu'il ne nous verra pas.
Il n'eut pas le temps d'atteindre la porte. Ils entendirent un tintement de clé.
- Il l'a gardée ? s'étonna Bill à voix basse.
La porte s'ouvrit avant qu'il n'ait eu le temps d'approfondir la question et Percy entra.
- Il y a quelqu'un ? appela-t-il.
Puis il aperçut Charlie. Promenant son regard autour de lui, il vit également Bill, Fred et George. Mais en dehors d'eux, la maison était déserte, les lumières éteintes.
- Bonsoir, Percy, dit Charlie.
Sa voix aurait pu être celle d'un étranger, tant elle lui paraissait lointaine et différente de la sienne. Il avait dit machinalement cette formule de politesse, un réflexe l'y avait poussé. Il avait cessé de réfléchir à la minute où son frère était entré. Fred lui épargna la peine de trouver une autre banalité :
- Qu'est-ce que tu viens faire ici ?
Bill le remercia intérieurement de sa franchise. Et maintenant qu'il y réfléchissait, le lierre sur le visage de Percy lui rappelait un certain Bonbon Floral… Si c'était effectivement les jumeaux qui le lui avaient envoyé, ils avaient provoqué une chance de vider l'abcès qui infestait leur famille depuis presque un an.
- Je venais voir à nouveau Bill pour qu'il fasse quelque chose pour ça ! s'exclama Percy. Je suis sûr qu'il en est capable !
- Bien sûr qu'il en est capable ! dit George d'un ton menaçant.
Percy sentit qu'il aurait mieux fait de se taire. Il s'efforça de se calmer.
- J'ai absolument besoin que ceci s'en aille, dit-il en luttant pour ne pas s'emporter.
- Et qu'est-ce qu'il aurait en échange ? rétorqua Charlie. Un peu moins de mépris ? Un signe de tête de temps à autre pour Papa ? La promesse que tu ne changeras pas de trottoir si vous venez à vous croiser dans la rue ? Des lettres de bons conseils, comme celles que tu envoyais à Ron ? Ou mieux : ta reconnaissance éternelle, ainsi que celle du ministre pour l'aide apportée à son précieux collaborateur ?
Percy perdit patience.
- Bill, écoute-moi bien, si tu ne le fais pas, je te ferais renvoyer de son poste de Conjureur de sorts !
Tout d'abord, Bill ne dit rien. Pendant un instant, tous les frères crurent que leur aîné prenait sur lui pour s'approcher de Percy et conjurer le sort. Mais il se borna à dire d'un ton calme, mais froid, comme s'il annonçait à un gobelin que le stock de bouteilles d'encre était en baisse :
- Tu ne peux pas. Le ministre de la magie n'a rien à voir dans les affaires de Gringotts. Et de toute façon, qu'est-ce que tu leur dirais ? Je suis en froid avec toute ma famille, et quand je suis allé voir mon frère, je lui ai demandé de me rendre un service en présentant ça comme une faveur que je lui accordais et il n'en a pas voulu, ce serait ça ton motif ? On te rirait au nez !
Percy semblait au bord de l'explosion. Durant un moment, il ne trouva rien à répliquer. Finalement, il retourna sa colère contre Fred et George.
- Et vous, je pourrais faire fermer votre boutique ! Croyez-vous que j'ignore la provenance de… de ceci ?
Il sortit le paquet qu'il avait gardé dans sa poche depuis qu'il avait quitté son bureau en trombe et le brandit.
- Hein, croyez-vous que je l'ignore ? Je ne suis pas un idiot ! Si les effets sont irréversibles…
- Tu n'es pas un idiot ? fit George, méprisant. Et bien, ça valait le coup de venir ici, rien que pour apprendre ça ! C'est stupéfiant ! Et pour ta gouverne, les effets ne sont pas irréversibles. Ils s'estomperont.
- Quant à faire fermer votre boutique, ajouta Fred dédaigneusement, tu ne peux pas puisque aucun de nos produits ne sont dangereux. Et de toute façon, il faudrait d'abord que tu parviennes à en passer le seuil.
La colère de Percy explosa dans toute son ampleur.
- Vous… vous… vous pensez que je ne suis qu'un minable qui ne comprend rien à rien, rien à la vie, c'est ça ? Qui a appris des tas de choses dans les livres mais est incapable de les mettre en pratique avec sa baguette ? Que je suis un idiot de Serpentard, parce que j'ai su manœuvrer pour obtenir de l'avancement, que je ne vaux pas mieux que Rogue ? Mais regardez-vous ! Regardez-vous ! Deux brillants hommes d'affaires ! Un éminent spécialiste des dragons, un grand Conjureur de sorts ! Les deux aînés ont réussi leurs études, ont un bon travail, sont intelligents, et veulent rester où ils sont ! Ils n'en profitent pas ! Quand Ron est devenu préfet, j'ai pensé qu'il serait possible de lui indiquer une autre voie ! Mais c'était déjà trop tard ! Et Ginny, j'ai appris qu'elle avait du succès, et qu'apparemment elle n'était plus stupidement amoureuse d'Harry Potter, puisqu'elle avait d'autres petits amis ! Peut-être que pour elle…
D'un même mouvement, Fred et George sortirent leurs baguettes.
- Pour elle ? Pour elle quoi ? Et Ron n'a pas besoin d'une autre voie !
Percy sortit à son tour sa baguette.
- Tu veux qu'il finisse par être votre associé dans votre boutique ?
- En tous cas, nous serions prêts à l'accueillir ! Et tous ses camarades de dortoir avec s'il le faut ! Peut importe leur nom, ou les personnes influentes qu'ils fréquentent !
Bill et Charlie échangèrent un rapide regard. Eux aussi avaient failli sortir leurs baguettes, mais avaient réussi à ne pas céder à la tentation. Mais le tour que prenaient les choses ne leur plaisait pas du tout.
Percy ne se contint plus.
- Taren..., commença-t-il.
Les jumeaux réagirent au quart de tour.
- Furon…
- Arrêtez ! crièrent Bill et Charlie d'une même voix.
Trop tard. Les sorts partirent. Bill tira violemment Fred et George de côté, tandis que Charlie éjectait brutalement Percy de la trajectoire des sortilèges. Mais dès que Bill relâcha les poignets de Fred et George, ils se ruèrent sur Percy.
S'ensuivit une bataille où poings et baguettes eurent une part égale. Charlie plongea dans la mêlée pour éviter à George un coup de poing destiné à son nez. Bill évita un éclair de Stupéfixion perdu, et voulut en renvoyer un. Mais il ne voulait pas toucher Charlie, qui lui serait bien utile pour calmer les deux combattants qui resteraient, et il ne tenait pas trop non plus à immobiliser Fred ou George. En définitive, il dut s'avouer que le seul qu'il voulait vraiment atteindre, c'était Percy.
Mais tout le monde bougeait trop pour qu'il puisse y voir quoi que ce soit. Il maudit les têtes rousses des Weasley qui étaient trop remplies d'air, ce qui expliquait pourquoi ils ne les avaient pas sur les épaules. Il maudit Fudge jusqu'à la cent dix-septième génération (incluse), idem pour les deux Croupton et ceux qui avaient laissé Percy entrer au ministère. Tant qu'il y était, il voua également Voldemort aux gémonies.
Il finit par se lancer dans la bagarre, sans but précis. La porte d'entrée s'ouvrit alors à la volée et deux personnes se précipitèrent dans la pièce.
- EXPELLIARMUS ! rugit l'une d'elles.
- STUPEFIX ! ajouta l'autre.
Bill se félicita d'avoir gardé sa baguette dans sa poche car l'onde de choc dégagée par les sortilèges le rejeta violemment à l'autre bout de la pièce. Clignant des yeux, il essaya d'y voir quelques choses à travers la poussière qui flottait dans l'air. Il entendit une voix féminine dire :
-Enervatum.
Se rapprochant à quatre pattes du centre de la pièce, il vit Tonks, qui tendait la main à Charlie pour l'aider à se relever. La main de Kingsley s'agita alors devant son nez. Il la saisit pour se remettre debout.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-il, hébété.
Baissant les yeux, il vit Fred, George et Percy encore stupéfixés.
- Ce qui s'est passé ? Ce qui s'est passé ? s'enflamma Tonks.
En cet instant, Charlie trouva qu'elle avait un petit quelque chose de sa mère. Pour faire diversion, Kingsley conseilla à Tonks de réanimer d'abord Fred et George, pour qu'elle n'ait pas à se répéter. Conseil qu'elle suivit.
Fred et George avaient encore l'esprit un peu brumeux, et n'étaient pas revenus totalement de la surprise de découvrir que tout était calme que Tonks recommençait déjà.
- Vous pouvez vous estimer heureux qu'Elane se soit inquiétée en ne vous voyant pas revenir et nous ait envoyé voir ce qui se passait ! En arrivant ici et en voyant les lumières éteintes mais les lueurs de la bataille nous avons craint le pire !
Fred jeta un regard inquiet à Percy.
- Tu ne crois pas qu'il faudrait d'abord faire quelque chose de lui avant d'en parler ? Si jamais il nous entend…
- Ne t'inquiète pas, lui aussi a été stupéfixé. Bon, alors Elane nous a envoyé voir, et vous étiez en train de vous battre entre vous alors que Kingsley et moi pensions déjà à une attaque de Mangemorts ! Elle- Elane- était aussi inquiète, vu ce qui était arrivé à Maugrey…
- Il est arrivé quelque chose à Maugrey ? l'interrompit Bill.
- J'y viens. Maugrey a eu des problèmes, et elle a craint que votre absence ne signifie la même chose. Elle n'en a rien montré à votre mère et nous a envoyé vérifier que tout allait bien tandis qu'elle allait s'occuper de Maugrey. Et apparemment, elle a eu raison parce que demain matin vous auriez encore été en train de vous battre ! Pour en revenir à Maugrey, il a eu des ennuis.
Fred s'écria :
- Des gros ennuis ?
- Le grand problème de Maugrey, fit remarquer Kingsley, c'est qu'il n'a que de gros ennuis…
Quand Maugrey alla mettre les poubelles dans le containeur du ministère, qui se trouvait du côté sorcier, il commençait déjà à faire sombre. Il pesta intérieurement. Avec un endroit aussi mal éclairé, n'importe qui pourrait s'infiltrer dans le bâtiment par surprise. Il murmura « Lumos », autant prendre un maximum de précautions .Il fit léviter les poubelles et souleva le couvercle du containeur d'un geste rageur de sa baguette allumée. Après avoir rabattu le couvercle, il entendit soudain du bruit.
Il se retourna silencieusement. Il avait senti une présence, et ce n'était pas celle d'un chat errant… Mentalement, il enjoignit à la lueur de sa baguette de s'éteindre, puis se rapprocha discrètement en rasant le mur. Il s'immobilisa. Il venait de déceler une autre présence, derrière lui. Il en était sûr…
Quelqu'un se trouvait devant lui, et quelqu'un derrière. Soit une personne voulait lui faire une plaisanterie, soit c'était une présence amie, soit ennemie. Dans ce dernier cas, sa situation n'était pas brillante, il se retrouvait coincé.
En tous cas, il n'avait pas intérêt à faire connaître sa présence pour le moment. Les deux groupes se rapprochaient. D'après les précautions que prenait celui qui se trouvait devant lui, celui-là au moins n'avait d'intentions amicales.
Un sort fusa soudain dans l'obscurité. Un sortilège d'endormissement. Maugrey, caché contre le mur, ne fut pas touché. La réponse ne se fit pas attendre, un éclair de Stupéfixion vint du groupe opposé. D'après les remuements du premier groupe, ils n'avaient pas prévu la présence d'un autre groupe.
Tout s'accéléra soudain. Des sorts fusèrent de part et d'autre. Maugrey usa d'un « Protego ! » retentissant pour les éviter. Il avait toujours été capable d'analyser une situation critique rapidement. Cette faculté ne lui fit pas non plus défaut cette fois-ci. Le groupe de devant était animé de mauvaises intentions, celui de derrière voulait les contrecarrer, lui-même se trouvait au milieu.
Au moins, il savait maintenant pour quel camp lutter. Il envoya plusieurs sortilèges sur le groupe de devant, et eu la satisfaction de voir des silhouettes sombres s'effondrer. Un sort heurta son dos de plein fouet. Il eut un instant le souffle coupé. Il avait été atteint par le sort de l'un des employés du ministère. Il résista, puis se jeta un sort de protection, et en évita d'autres. Ce fut lui qui fit tomber les deux dernières silhouettes du groupe de devant, avant de sombrer dans l'inconscience.
Je tiens à préciser que ce n'est pas parce que c'est la rentrée que je peux me passer de reviews! Et je rappelle que je réponds aux questions que vous pouvez avoir envie de me poser sur ma fic...
Sailor Ocean : Oui, j'ai mis ta fic dans mes alertes, parce que je l'aime beaucoup, même si je ne laisse pas beaucoup de reviews. Je suis comme qui dirait une lectrice silencieuse. Tu sais, ça fait autant plaisir à un auteur de savoir que sa fic est sur la liste d'alertes de quelqu'un que de recevoir une review. Et quand on a les deux, c'est la consécration !J'aurais une petite question à te poser : pourquoi est-ce que tu ne parles pas beaucoup d'Harry, Hermione et Ron ? Le point de vue est surtout concentré sur les adultes…Je sais, mais il faut dire que pour l'instant Harry et ses amis ne font pas grand-chose, à part tourner en rond. Mais quand ils seront à Poudlard, il se pourrait que la tendance aille jusqu'à s'inverser…
Thealie : Le journal du loup-garou parle de quelque chose « qui se trouve sous le nez mais que l'on remarque toujours en dernier » et Voldemort a l'air de chercher quelque chose. Est-ce la même chose ? Ah oui, je comprends maintenant. Je crois que j'ai dû mal expliquer quelque chose quelque part… En fait, la citation exacte parle de « quelque chose que l'on ne voit pas alors qu'elle se trouve sous notre nez… » Et en fait, c'est écrit dans les fragments que Tonks a trouvés dans la cheminée de Bennett et qu'elle a amenés à Elane. C'est John Bennett qui avait écrit ça… Mais effectivement, la chose mentionnée et celle que cherche Voldemort sont les mêmes. J'adore ce chapitre, on y parle de membres que l'on oublie très souvent. C'est bien le but de la fic… « L'histoire des héros de l'ombre »…J'adore les jumeaux, ils sont formidables. Et ils n'ont pas fini de l'être ! J'aime bien l'idée d'une grande fratrie comme celle des Weasley, alors je m'en donne à cœur joie ! Et moi aussi, j'aime beaucoup les jumeaux.
