Les étoiles de l'orage

Chapitre 20 : Une soirée de travail

Disclaimer : Tous les personnages, animaux, objets, créatures, lieux etc… appartiennent à J.K.Rowling, hormis certains qui existent réellement, et d'autres que j'ai crée. Je ne gagne rien à écrire cette fic, à part le plaisir que j'ai à écrire, et à faire partager ce que j'écris.

Les personnages ajoutés sont tirés de mon imagination, toute ressemblance entre eux et des personnes existant ou ayant existé est le fruit du hasard.

De retour au Square Grimmaurd, Fred, George, Bill et Charlie se succédèrent dans les deux salles de bains qui leur étaient allouées, afin de se laver, se changer et dissimuler leurs ecchymoses aux yeux de leur mère. D'un commun accord, ils avaient décidé de ne pas la mettre au courant de ce qu'ils nommaient entre eux « Les épisodes Percy ».

Par la suite, ils n'allaient que très rarement trouver le courage d'en parler.

Sur son lit, Bill était allongé sur le dos. Charlie était dans la salle de bain. Il entendit un objet tomber, et la voix de Charlie qui jurait copieusement, traitant les rasoirs de tous les noms possibles et imaginables.

Bill sourit. Bien que très adroit, Charlie avait tendance à faire preuve d'une gaucherie incroyable lorsqu'il se livrait à sa toilette. Il croisa les bras derrière sa nuque. Percy… Comment avait-il pu changer à ce point ? Ou peut-être avait-il toujours eu ça en lui…Mais Bill ne pouvait se résoudre à accepter cette idée.

Percy avait changé, sa famille avait changé, il avait changé, Charlie avait changé… le monde entier avait changé. Mais quand ? Et pourquoi est-ce que personne n'avait rien vu venir ? Il était incapable de répondre à ces deux questions. D'ailleurs, souhaitait-il vraiment avoir une réponse ?

Non, s'avoua-t-il. Il ne voulait pas savoir. Pas maintenant. Pas déjà… Tu préfères te cacher la vérité plutôt que de regarder les faits en face, lui souffla une petite voix dans sa tête. Et le pire, c'était que cette petite voix avait un accent qui ressemblait à celui de la vérité.

Charlie sortit de la salle de bains et alla s'asseoir sur son lit. Il ne dit rien. Tous les deux étaient pareillement déboussolés, dépassés, désemparés. Et au fond d'eux, ils ressentaient une envie de pleurer. Ce soir, ils avaient perdu leur dernière chance de voir Percy revenir un jour dans leur famille. Et ce n'était pas la faute des jumeaux. C'est ce que Charlie dit.

- Ce n'est pas vraiment la faute de Percy, non plus, fit Bill d'une voix basse, hachée.

- Ni la notre. C'est celle de tout le monde.

Ils se turent. Percy était parti, il ne reviendrait plus. Il n'y avait plus rien à dire, plus rien à faire. Et c'était peut-être ça, le plus douloureux…

Albus Dumbledore faisait les cent pas dans son bureau. Il réfléchissait, examinant la situation sous tous les angles. Severus avait de nouveau un « rendez-vous » avec Voldemort, il viendrait lui faire son rapport dès qu'il rentrerait, comme promis.

Fumseck lui jeta un regard agacé. Le phoenix essayait de dormir, mais les allées et venues du directeur de Poudlard le dérangeaient. Albus inclina sa tête en signe d'excuse et s'assit à son bureau. Il joignit ses mains et y appuya son menton. Il fit défiler dans sa tête tous ses souvenirs des deux dernières semaines. Quelque chose allait se passer, il en était certain. Quelque chose dont les engrenages étaient déjà en place, il suffirait que quelqu'un fasse de venir de l'eau au moulin.

Il soupira. Il fallait qu'Elane déchiffre et comprenne la signification des fragments retrouvés par Tonks, l'Ordre avait besoin de davantage d'informations. Elane… Il ne l'avait plus vue depuis quelques jours.

Il aurait aimé la voir, et ce n'était pas seulement à cause de l'Ordre. Il devait s'avouer qu'il appréciait leurs conversations. Et puis… elle était son égale.

En sortant de l'ascenseur, Arthur longea rapidement le couloir. Il espérait qu'Elane serait seule dans le bureau du médecin, afin qu'ils puissent mettre au point ce qu'ils allaient dire aux représentants du ministère. Maugrey allait être emmené au Square Grimmaurd, mais il leur faudrait d'abord trouver un moyen de l'y conduire sans attirer l'attention.

Elle redressa la tête en le voyant entrer.

- Comment va-t-il ? demanda-t-elle.

- Bien. Il a repris connaissance, et les guérisseurs font du bon travail.

Elle hocha la tête. Arthur jeta un coup significatif à l'infirmière, qui comprit le message et sortit de la pièce en fermant la porte derrière elle. Lorsqu'un un employé du ministère avait été blessé, la personne chargée de prévenir sa famille devait discuter avec elle en privé. Le fait qu'Arthur ne souhaitait pas la présence d'une tierce personne pour parler à Elane n'avait donc rien d'inhabituel.

-Qu'allons-nous faire ? demanda-t-il en baissant la voix. Le médecin estime que Maugrey devra rester couché durant un certain temps, mais il peut être dispensé de séjourner à l'hôpital, à condition que quelqu'un reste en permanence chez lui. Je pense qu'il a dit ça car il a souvent soigné Maugrey, et sait qu'il se remet vite.

- Je vais accepter. Nous allons l'emmener... là où tu sais, il y a toujours quelqu'un là-bas.

- Comment vas-tu le faire sans qu'ils ne se rendent compte que la destination n'est pas la bonne ?

-Je sais comment je vais m'y prendre.

Arthur ne demanda pas davantage d'explications, ç'aurait été une perte de temps inutile. Elane savait ce qu'elle faisait. Il la conduisit jusqu'à l'infirmerie du ministère, où un guérisseur faisait avaler une dernière potion à Maugrey. Il leur déclara que « l'Aurore casse-cou » serait bientôt prêt à regagner son domicile.

Arthur lui apprit que ce serait Elane qui s'occuperait de Maugrey. Le guérisseur lui expliqua alors longuement quelles potions lui donner, en quelles quantités et à quel moment. Il lui inscrivit le tout sur une feuille. Puis un employé arriva, muni d'un Portoloin destiné à emmener Elane, Arthur et Maugrey chez ce dernier.

Une fois arrivés, Arthur monta préparer un sac selon les indications de Maugrey. Quand il redescendit, Elane tenait à la main un vieux torchon de cuisine.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il.

- Notre moyen de locomotion vers … où tu sais. Ne t'inquiète pas, j'ai pris toutes les précautions nécessaires pour que le ministère ne le détecte pas. Viens, le départ est dans une minute trente.

Arthur arrima le sac sur son épaule et posa sa main sur le torchon que Maugrey et Elane tenaient déjà. Bientôt, il ressentit pour la deuxième fois la secousse familière.

Ils arrivèrent au deuxième étage du Square Grimmaurd. Tonks et Kingsley les attendaient, assis au beau milieu du couloir en compagnie de Joachim. Tous trois se levèrent aussitôt.

- Comment ça va ? s'enquit immédiatement Tonks.

- Bien, grommela Maugrey.

Mrs Weasley déboucha, tout essoufflée, des escaliers. Son visage s'était légèrement empourpré, elle avait probablement dû courir pour monter.

- Tout va bien ? dit-elle d'une voix anxieuse. Vous voulez que j'appelle un des guérisseurs de l'Ordre ? Que je vous amène une potion ? Ou du thé ? A moins que vous ne vouliez du chocolat chaud? Mais peut-être que vous avez faim ?

Elle le considéra avec inquiétude. Apparemment, elle avait oublié que Maugrey avait toujours été partisan de mettre les « enfants » au courant.

- Je vais bien, Molly, répondit Maugrey.

- Vous en êtes sûr ?

Il se retint de lever les yeux au ciel.

- Oui, j'en suis sûr, répondit-il patiemment.

Molly regarda le bandage qui entourait son poignet, la manière dont il devait s'appuyer sur Arthur.

- Vous ne voulez vraiment rien ? insista-t-elle.

- Vraiment rien.

Elle abandonna. Mais Maugrey n'était pas au bout de ses peines, car ce fut Tonks qui revint à la charge.

- Il faut que j'aille faire le lit ? Rajouter une couverture ?

- Tonks… tenta de l'arrêter Kingsley.

Elle fit comme si elle ne l'entendait pas. Et poursuivit :

- Allumer la lampe de chevet ? Monter un journal ?

La patience de Maugrey était épuisée. En plus, il était blessé. On pouvait donc le laisser en paix !

- Ecoutez-moi tous ! Je ne suis pas encore mort, je n'ai même pas dû rester à l'hôpital, tout va bien, alors cessez de vous empresser autour de moi ! Je crois me souvenir que le guérisseur avait parlé de calme

Arthur approuva cette dernière phrase d'un signe de tête discret.

Le Square Grimmaurd, un endroit calme ? songea Kingsley. Cela restait à prouver…

Severus Rogue remonta le col de sa cape. Il était fatigué, et voilà que la marque venait à nouveau de le brûler. Une journée de chien, se dit-il. Cette petite réflexion lui parut tellement désopilante, comparé à la gravité du moment, qu'il faillit en rire. Mais il se reprit rapidement.

Elane posa la bouteille de potion de sommeil sur la table de chevet. Maugrey la regarda faire.

- Je t'avertis, la prévint-il, si tu essaies de me la faire avaler de force comme tu l'as fait pour Harry, je préférerais me laisser être étouffé plutôt que d'ouvrir la bouche !

- Message reçu, votre demande est prise en compte, fit-elle.

Ils en sourirent tous les deux.

- Je te l'ai juste amenée pour que tu puisses la prendre si tu l'estimes nécessaire, le rassura-t-elle. Je n'allais pas te forcer à la prendre.

Il la regarda aller et venir dans la pièce, sortant un coussin supplémentaire de l'armoire, le sortant de sa housse de coton protectrice avant de le glisser dans une taie d'oreiller. Elle posa le Chicaneur à côté de la potion de sommeil, y ajouta un roman.

- Tu penses à tout, la félicita-t-il.

Elle sourit et descendit pour aller chercher un thermos de thé. Elle remonta avec un plateau sur lequel était également posé une tasse et un sucrier. Elle s'avisa que la table de nuit ne serait pas assez grande pour y poser le tout, aussi ramena-t-elle également la table basse de l'autre côté du lit.

- Pourquoi est-ce que tu n'arrêtes pas de me regarder ?

- Qu'est-ce que je pourrais bien faire d'autre ? répondit-il. Et puis tu es belle, alors…

Elane retint un sourire.

- Sérieusement, insista-t-il, la beauté peut devenir une arme.

- Tu me l'as déjà dit. Pourquoi le répètes-tu maintenant ?

- Je n'en sais rien.

La porte s'ouvrit soudain. Le bruit poussa plusieurs Mangemorts courageux, ou plutôt inconscients, à se retourner. Severus, lui resta de marbre. Même si personne n'osa parler, un léger flottement d'étonnement parcourut le demi-cercle des Mangemorts.

- Entre, siffla Voldemort.

Malgré lui, Severus se raidit intérieurement. Bien qu'il soit à un endroit de l'arc de cercle très éloigné du Seigneur des Ténèbres, et qu'il n'avait rien fait qui puisse lui déplaire, cette voix lui glaçait le sang. Mais il cachait ses sentiments depuis de longues années, et rien ne transparut.

A l'inverse de celui qui s'avançait maintenant vers Voldemort. Il tremblait littéralement, et sa taille, déjà petite, semblait encore avoir diminué de moitié, tant il courbait le dos.

Malgré les immenses services qu'il lui avait rendu, Peter Pettigrow craignait toujours autant d'approcher son maître. Peut-être à juste titre.

Maugrey avait à présent un regard pensif, presque mélancolique. Il regardait sa tasse de thé comme si certains de ses souvenirs s'y reflétaient.

- ça ne va pas ? demanda doucement Elane.

Elle ignorait pourquoi, mais elle venait de passer à l'allemand. Ce fut en cette langue que Maugrey formula sa réponse. Si on pouvait appeler ça une réponse.

- Ich weiß es nicht…(Je ne sais pas..)

- Warum( Pourquoi?)

Pendant un moment, le silence retomba. Quand Maugrey recommença à parler, sa voix était basse, lasse.

- Je me disais… Tu sais, à propos du métier d'Aurore…

Elane s'assit lentement sur le bord du lit.

- Tu peux sauver énormément de personnes, en protéger beaucoup, parfois, et même souvent, sans t'en rendre compte…Mais il suffit que tu échoues à en sauver une, et ce sera surtout de celle-là dont tu te souviendras…

Doucement, Elane prit la main de Maugrey et la serra sans rien dire. Elle n'aurait su dire combien de temps ils restèrent ainsi. Ce fut Maugrey qui se secoua le premier.

- Mais on ne va pas philosopher sur ça maintenant… Parlons d'autre chose…

Elane comprit qu'il souhaitait changer de sujet.

- Au fait… je n'ai toujours pas compris pourquoi tu t'étais trouvé près des conteneurs du ministère à cette heure-ci…

La réaction de Maugrey fut immédiate. Immédiate et pour le moins imprévue.

- Satané Dawlish ! Si jamais je l'attrape… Il n'a pas intérêt à croiser mon chemin durant les deux prochaines décennies !

- Qu'est-ce que Dawlish, cet Aurore aveuglément lié à la botte de Fudge vient faire là-dedans ?

- Il se passe quece soir les poubelles du bureau devaient être vidées dans les conteneurs. L'ont-elles été, ne l'ont-elles pas été, je l'ignore. Mais toujours est-il que lorsque j'ai voulu aller vider ma corbeille à papier, elles étaient pleines ! Et ce Dawlish de malheur s'est pointé, et m'a posément annoncé que soi-disant tout le monde venait de faire du rangement, et qu'il fallait à nouveau tout descendre, et qui est-ce qui allait s'y coller ?

- Toi.

- L'ont-ils trouvé ? demanda calmement Voldemort.

- N- non, bégaya Pettigrow.

- Comment cela, non ? fit à nouveau la voix de Voldemort.

Il était calme. Trop calme. Dangereusement calme. Severus savait que Pettigrow n'était pas totalement idiot, et avait dû le sentir.

- Ils n'ont pas pu entrer, fit-il d'une voix misérable. Impossible. Et ce n'était pas de notre faute…c'était impossible à prévoir…

- Que s'est-il passé ?

La voix de Voldemort avait à nouveau un timbre normal. Normal pour lui, du moins. Pettigrow sentit le vent tourner et reprit de l'assurance.

- Ce n'était pas de notre faute. Il y avait quelqu'un… plusieurs… beaucoup en fait. Ils n'ont même pas réussi à s'approcher de la porte…

Severus essaya de sentir si Pettigrow mentait. C'était possible. Il n'avait aucune disposition en occlumencie ou en légilimancie, mais avait néanmoins trouvé une parade. Il glissait suffisamment de vérité dans ses mensonges pour qu'on ne puisse les détecter. Severus ignorait si cette technique suffisait à abuser Voldemort, et n'avait guère envie de tenter l'expérience. En tous cas, l'astuce de Pettigrow permettait à son inventeur de tromper les Mangemorts.

Harry descendit l'escalier. Un rai de lumière filtrait sous la porte de la cuisine. Il était tard, mais n'avait pas sommeil. Ginny, Hermione et Ron étaient allés se coucher. Il avait promis à Ron qu'il le rejoindrait, mais avait longtemps traîné au salon. Il s'y trouvait encore lorsqu'il avait entendu les voix de Fred et George passant devant la pièce commenter « l'accident » de Maugrey.

Ignorant de quoi il s'agissait, il était donc rester au salon pour tenter d'en savoir plus. Finalement il en était sorti et avait croisé Tonks, qui lui expliqua ce qui s'était produit. Il avait été soulagé d'apprendre que le vieil Aurore se portait bien et était de retour au Square Grimmaurd.

Maintenant, il poussa la porte de la cuisine. Joachim s'y trouvait, lisant le journal. Il s'était confortablement adossé au dossier de sa chaise, disposée parallèlement à la table, et avait passé avec aisance l'une de ses longues jambes par-dessus l'autre. Il redressa la tête en entendant Harry.

- Tiens, un autre noctambule, sourit-il.

Harry lui rendit son sourire.

- Tu es tout seul ? lui demanda-t-il.

- Toi aussi, lui fit remarquer Joachim.

Harry fut bien obligé de se rendre à cette évidence. Joachim reposa son journal et se releva en souplesse.

- J'avais l'intention de ma faire chauffer du lait, tu veux aussi du chocolat ?

- Merci.

Elane entra dans la cuisine au moment où il versait le lait dans deux bols.

- Tu en veux ? lui proposa Joachim en lui montra la casserole fumante.

- Avec plaisir, dit-elle en s'asseyant sur le banc.

Harry vit qu'elle avait passé une veste de laine par-dessus sa robe.

- Comment va Maugrey ? demanda-t-il.

- Bien. Il a du thé et de la lecture à sa disposition, et a déjà commencé à réfléchir à un plan qui lui permettrait de dire ses quatre vérités à Dawlish sans s'attirer – davantage- d'ennuis.

- Dawlish ? releva Joachim.

Elane leur expliqua ce qui s'était passé. A travers sa voix transparaissait si bien l'humour ironique de Maugrey que lorsqu'elle eut fini, Harry partit d'un grand éclat de rire.

Eclat de rire qu'il tenta aussitôt de réprimer. Rire, avec Maugrey blessé à l'étage, blessé par on ne savait qui ou quoi, en présence d'Elane qui avait probablement dû s'inquiéter beaucoup pour lui, lui paraissait tout simplement incongru, déplacé. Indélicat.

Il fut encore plus gêné lorsqu'il s'aperçut qu'Elane et Joachim le regardaient.

- Excusez-moi… je ne sais pas ce qui m'a pris… je suis désolé…

Plus il tentait de s'expliquer plus il s'empêtrait dans son excuse. Joachim l'interrompit.

- Tu sais, tu ne vas pas en mourir, de rire.

Harry le regarda, interloqué.

- Tu as le droit de rire.

- Mais, ici… avec Maugrey qui…

Il allait s'empêtrer une fois de plus, mais cette fois ce fut Elane qui l'interrompit.

- Si tu avais été en ce moment allongé à sa place à l'étage, lui aussi aurait ri. Tu sais, en ce moment, il n'y a pas tellement d'occasions de s'amuser, alors autant en profiter si une se présente.

Harry ne trouva rien à redire à cela. Et même si cela lui paraissait encore un peu étrange, au fond de lui il savait qu'Elane et Joachim avaient raison. Il avala une gorgée de chocolat chaud.

Il se souvint soudain d'une chose dont il voulait parler à Elane.

- Heu… à propos de la mentancie… qu'est-ce qu'on fait ? Je veux dire, tu avais parlé de trois jours d'espacement…

Elane soupira.

- Je sais. Demain après-midi, ça te va ?

- Pardon ?

- Demain après-midi, répéta-t-elle. Est-ce que cela te convient ?

Il était stupéfait qu'elle lui demande son avis. Après tout, lui avait tout son temps, mais elle, elle était fréquemment occupée. Il se rendit soudain compte qu'elle attendait une réponse de sa part.

- Oui, ça me convient. Vers quelle heure ?

- En fin d'après-midi, je suppose.

Harry hocha la tête en signe d'approbation. La porte de la cuisine s'ouvrit alors, livrant passage à Wladeck qui alla directement se laisser tomber sur une chaise à côté d'eux. Il retira son chapeau en poussant un soupir et s'éventa un peu avec.

Ce n'était pas un chapeau melon comme celui de Fudge, c'était un plutôt un feutre à bords assez larges, comme ceux qu'Harry avait pu voir dans les films sur la Seconde Guerre mondiale (quand les Dursley étaient absents).

- Dure soirée ? demanda Joachim.

Wladeck acquiesça en dénouant sa cravate.

- Horrible. Jamais vu un public comme ça.

Harry comprit qu'il avait probablement joué dans un concert quelconque.

- Où as-tu joué ? demanda-t-il.

- Dans un restaurant très chic, qui avait besoin d'un pianiste pour jouer. Ils ne voulaient pas embaucher n'importe quel pianiste, il leur fallait quelqu'un qui avait déjà une réputation. Le cachet est excellent, mais pas le public ! Et je suis maintenant épuisé.

Elane lui proposa une tasse de chocolat, qu'il accepta. Il en but deux gorgées, puis reposa la tasse et reprit :

- Ce soir, j'ai eu le droit de partir plus tôt car c'était le premier soir où je jouais, mais à l'avenir j'en aurais au moins pour une heure de plus. Et davantage encore le vendredi, samedi et probablement dimanche soir. Et en idiot, j'ai signé pour un mois ! J'aurais mieux fait de commencer par une semaine.

Joachim fit un signe de tête compatissant.

- Tant pis, ce qui est fait ne peut plus être changé, soupira Wladeck, et quatre semaines, ce n'est pas la fin du monde.

A l'étage, Bill poussa un grognement en entendant la sonnette.

- Quoi, ce n'est quand même pas déjà le matin, marmonna-t-il.

- Non, fit la voix ensommeillée de Charlie. Tu peux vérifier sur ton réveil. Ce doit être un membre de l'autre qui ne sait pas où dormir. Probablement Mondingus.

Bill étouffa un juron.

- J'espère que ce n'est pas à nous de descendre lui ouvrir.

- Elane et Joachim sont encore en bas, je pense. Et Wladeck ne doit pas être rentré depuis longtemps, il doit être en mesure d'aller ouvrir.

- Quand même, si c'était moi qui lui ouvrirais, je lui donnerait en tout et pour tout un oreiller et lui dirait que comme il n'avait pas prévenu qu'il viendrait, il n'a qu'à dormir par terre, sur le tapis du couloir.

- Tu lui donnerais au moins une couverture. Et tu connais Elane, elle est trop gentille, même si elle est fatiguée, elle va encore lui attribuer une des chambres vides et mettre des draps sur le lit.

Bill ne lui répondit pas. Charlie se redressa et vit que son frère aîné s'était rendormi. Avec un sourire, il se glissa à nouveau sous les couvertures.

Severus se concentra sur l'ironie de sa situation pour oublier le reste. Pettigrow, dont l'une des actions avait échoué, n'avait pas été puni, et c'était lui, Severus Rogue, qui rentrait blessé à Poudlard. Une fois de plus. Parviendrait-il encore à le cacher à Dumbledore ? S'il parvenait à se glisser jusqu'à ses appartements et à s'occuper de ses blessures en vitesse, le directeur croirait peut-être qu'il s'était simplement changé car ses vêtements étaient sales. Ce qui n'était pas tout à fait faux, son pantalon était une fois de plus taché de boue jusqu'aux genoux.

Il soupira. Il ignorait combien de temps parviendrait-il encore à feindre devant Dumbledore. Peut-être même le vieil homme savait-il déjà, mais attendait seulement qu'il en parle de lui-même. C'était le genre de choses dont il était capable… Severus était trop fatigué pour réfléchir. Il allait nettoyer ses blessures, faire son rapport à Dumbledore. Pour le reste, le lendemain serait bien assez tôt.

Tous finirent leur tasse de chocolat et les déposèrent dans l'évier.

- On fera la vaisselle demain matin, décida Wladeck en bâillant.

Harry fut incapable de réprimer un bâillement.

- Au lit, dit Joachim en poussant son cousin et Harry vers la porte de la cuisine.

Du coin de l'œil, Harry vit Elane éteindre les lumières avant de les suivre. La sonnette retentit alors qu'ils étaient tous les quatre dans l'escalier. Harry avait déjà un pied sur le palier du premier étage. Tous se figèrent. Qui pouvait bien venir à une telle heure ?

Je sais que j'aurais dû poster ce chapitre hier soir, mais hier seules deux pages étaient écrites ! Je suis restée debout très tard pour le finir, et n'avait plus la force de le poster. Toutes mes excuses…

Mais les efforts faits méritent bien une petite review, non ? Allez, qui est-ce qui peut bien avoir sonné à la porte ?

Sinon, à la fin du chapitre « La grande et heureuse famille Weasley », j'ai posé la devinette suivante : Qui, dans les livres de J.K.Rowling, a prononcé la phrase suivante « La vérité, elle est à la fois belle et terrible, c'est pourquoi il faut toujours l'aborder avec beaucoup de précautions… » ? Je n'ai pas eu de réponses… Un petit effort, si vous trouver ça, vous aurez en main un indice important sur la suite de la fic… Bonne chance.

Thealie : La « bataille » des Weasley est vraiment rageante. J'en viens à détester Percy et sonarrogance. Tu ne dois pas être la seule… Quand une famille se déchire ainsi, c'est toujours dramatique… Mais j'adore les répliques des jumeaux. Haha ! Que serait Harry Potter sans les jumeaux Weasley !

Bartimeus : Merci pour ta review, c'était sympa de ta part.