Les étoiles de l'orage
Chapitre 26 : Liens du sang, liens du cœur
Disclaimer : Tous les personnages, animaux, objets, lieux, créatures etc…appartiennent à J.K.Rowling, hormis certains qui existent réellement et d'autres que j'ai inventés. Je ne gagne rien à écrire cette fic, à part le plaisir que j'ai à écrire et à faire partager ce que j'écris.
Les personnages ajoutés sont tirés de mon imagination, toute ressemblance entre eux et des personnes existant ou ayant existé est le fruit du hasard.
Wladeck réfléchissait, assis dans le jardin. Il songeait à sa conversation avec son frère, la veille. Il était allé le voir au Chaudron Baveur, et ils étaient tous les deux montés dans sa chambre, que Roberto avait pris soin d'insonoriser et de protéger contre les intrus et indiscrets en tous genres.
Il changea légèrement de position sur le banc. Il n'avait jamais vu son frère aîné ainsi…
Il ferma soigneusement la porte derrière lui et retira sa veste. Roberto lui désigna une chaise et s'installa en face de lui.
- Pourquoi est-ce que tu voulais me voir ? demanda Wladeck sans préambule.
- Parce que tout est très… confus. Avec la mort de John Bennett…
La pendule sonna et Roberto tressaillit. Il se pencha en avant et, saisissant les mains de son frère, se mit à parler d'un débit rapide, dans la plus pure tradition italienne.
- J'ai l'impression que toute cette histoire n'est pas ce qu'elle semble être. Il y a trop de faits étranges, trop de dissimulation. Et il y a plus que ça…Je sens, je sais qu'il y a quelque chose de trouble… Quelque chose qui sera difficile à faire remonter à la surface… Et certaines personnes vont tenter de l'empêcher, et je ne parle pas uniquement de Tu-Sais…
Roberto prit une profonde inspiration.
- De V…Voldemort, acheva-t-il d'un ton qui montrait son effort de détermination. Tu te souviens peut-être de Mr. MacAllister ?
Wladeck hocha la tête en signe d'assentiment. Il lui avait parlé une ou deux fois, alors qu'il accompagnait Roberto en Ecosse.
- Il m'a dit…il m'a conseillé, plutôt, de parler.
- Parler ? Parler de quoi ?
- Il m'a dit que j'en savais peut-être plus que je ne le pensais moi-même sur les Mintons. Et que je pourrais éventuellement en savoir plus si j'essayais.
Wladeck fronça les sourcils, soucieux.
- Comment en est-il si sûr ? Je veux dire…tu ne sais rien ?
Roberto garda le regard baissé. Wladeck fut pris d'un brusque pressentiment.
- Roberto…tu ne sais rien ?
Son frère poussa un soupir et le regarda à nouveau.
- Je crois bien avoir dit tout ce que je savais à …Elane, c'est bien ça ?
Wladeck fit un signe de tête affirmatif.
-Oui, je lui ai dit tout ce que je savais. Et il m'a aussi laissé entendre quelque chose. C'était un peu comme… une énigme.
- Une énigme ?releva Wladeck.
- Quelque chose de ce genre…Il m'a dit que lui-même ne pouvait rien faire, mais qu'en revanche il était libre d'accorder sa confiance à qui il le voulait. « Je suis tenu sous le sceau du secret », ce sont ses mots.
- Et comment se fait-il qu'il t'ait dit ça ? demanda Wladeck, un peu perdu.
Roberto sembla soudain se rendre compte que ce dernier point de son exposé n'était peut-être pas très clair, et reprit les faits dans l'ordre chronologique.
- Il m'a dit que certaines personnes – au sein de la Guilde – avaient pour premier but de découvrir ce que John savait, et non pas de faire éclater son innocence à la face du monde. Il ajouté que selon lui, ce serait pourtant une des premières choses à faire, même s'il est d'accord avec eux sur le fait qu'il faille empêcher les Mangemorts de découvrir ce qu'il savait. Pour le citer, « sur ce point ils ont raison ». Je lui ai alors demandé s'il voulait dire qu'ils avaient tort sur d'autres points …
- Et là, il t'a répondu qu'il ne pouvait pas dire tout ce qu'il voulait, compléta Wladeck, songeur.
Il commençait à se demander ce que la Guilde ne dissimulait pas des secrets plus profonds encore que ce que les rumeurs prétendaient.
- Exact. Il a ensuite enchaîné en disant que je ne pouvais prétendre connaître ce qu'il ne me disait pas, alors je devais me contenter de ce qu'il me disait. Il a bien insisté sur ce point, comme pour me faire passer un message. Puis il a dit qu'une « lourde charge impliquait non seulement de lourdes responsabilités, mais aussi quelques restrictions », mais qu'en revanche il pouvait accorder sa confiance à qui le souhaitait, et que moi je pouvais parler. Il m'a conseillé de bien choisir mon interlocuteur.
Une lueur d'amusement passa dans le regard des deux frères à ces mots.
- Ce que je pense avoir fait…
Wladeck sentit soudain sa gorge se nouer d'une façon inexplicable. Il avala sa salive, mais cela ne détendit que très peu la boule qui, il lui semblait, bloquerait tous ses mots s'il tentait de parler. Heureusement Roberto sembla s'en rendre compte et continua à parler pour lui donner le temps de se reprendre.
- Et pour terminer, il m'a dit de…faire un bon usage de mon" temps à présent libre". Si ça, ça ne contient pas de message implicite, je…
Roberto réfléchit un court instant.
- …je suis prêt à repasser mes examens de littérature, termina-t-il.
Wladeck eut un rire doux-amer. Leurs tentatives d'humour désespérées ne cachaient pas la vérité, elles ne faisaient que la rendre plus éclatante. Mais au moins ni l'un ni l'autre ne se voilaient la face.
Wladeck écarta son front de la vitre fraîche et soupira .Il écarta machinalement une mèche noire qui le gênait, sur son arcade sourcillière. Il faudrait peut-être qu'il pense à se faire couper les cheveux… Ils étaient de toute façon longs, mais tout de même …
Il repensa alors à son frère, quand il l'avait quitté…
Wladeck se leva et remit sa veste.
- Tu es sûr que tu ne veux pas que je reste pour te tenir encore un peu compagnie ? lui demanda-t-il.
- Ce n'est pas ce que tu as fait durant tout l'après-midi ? sourit Roberto. Ne t'inquiète pas, la solitude ne me pèse pas, et de toute façon je dois encore faire quelques petites courses à droite à gauche avant de repartir en Ecosse...
- Tu repars demain ?
Roberto acquiesça.
- Oui, mais je ne reste pas longtemps… Il y a de grandes chances pour que je sois de correction cette année, alors je devrais à nouveau partir pour deux-trois jours. Et de toute façon, je peux venir à Londres n'importe quand, comme je l'ai fait pour aller parler à Elane… Je ne suis jamais bien loin…
Ils hésitèrent, puis Roberto lui tendit la main, faute d'autre idée. L'étreinte des doigts de Roberto autour des siens apprit à Wladeck que lui aussi ressentait cette vague inquiétude sourde, et que lui aussi ressentait cette émotion qui lui nouait la gorge.
- Je…
Wladeck tenta de dire quelque chose, mais aucun mot ne franchit ses lèvres. Sans lâcher sa main, son aîné posa alors son autre main sur son épaule, avant de l'étreindre brièvement.
- Ne te fais pas de souci, murmura Roberto.
- Si seulement je pouvais…
Wladeck sortit sans ajouter un mot de plus. Alors qu'il descendait l'escalier, il éprouva soudain l'envie de lever la tête. Roberto était là, appuyé à la rampe de l'étage supérieur, à le regarder descendre. Wladeck lui fit un signe de la main et se hâta d'achever sa descente. L'air du Chaudron Baveur l'oppressait…
Wladeck entendit soudain un cri étouffé à l'étage inférieur, qui le tira de ses pensées. Il écouta plus attentivement… Cela provenait de la chambre de Maugrey… Il bondit aussitôt sur ses pieds et se rua dans l'escalier.
….
….
Sous les yeux stupéfaits d'Elane et Tonks, Mrs Mutterworth souleva la toile qui protégeait le balluchon.
- Assez caqueté ! Assez caqueté ! Abomination !
Tonks émit un hoquet de stupeur. Dans une cage aux barreaux cuivrés, debout sur un perchoir du même métal, se tenait un perroquet aux teintes dominantes de vert criard et jaune. Elane, elle, ne tressaillit même pas. Le menton dans sa main, elle fit observer :
- Voilà un oiseau qui n'a pas peur de s'exprimer.
- C'est bien le moins que l'on puisse en dire ! s'exclama Mrs Mutterworth. Je crois que mon frère l'a acheté il y a…trois, non, quatre ans. Il l'emmenait parfois avec lui au bureau, et cette abomination a acquis un solide répertoire d'expressions… pittoresques, dirons-nous, et de phrases sans queue ni tête. Elles parlent tour à tour d'incendie, puis de honte, de silence et que sais-je encore ?
Tonks ne put s'empêcher de sourire.
- Cette abomination…
- Abomination ! Abomination ! s'écria le perroquet en battant des ailes. Et le vent souffle sur la lande déserte ! Abomination !
Tonks espéra que l'expression vaguement indécise sur le visage d'Elane indiquait qu'elle se rendait compte que ses intentions généreuses risquaient de mettre sérieusement en péril sa santé mentale.
- Et maintenant, que dois-je faire ? demanda Mrs Mutterworth, les bras croisés, fixant d'un air réprobateur l'oiseau qui ne cessait de s'agiter.
Elle fixa Elane du regard, et celle-ci soutint les yeux verts sans ciller. Puis Mrs Mutterworth changea imperceptiblement d'expression, et quelque chose dans son regard sembla s'adoucir, et Elane sentit qu'elle avait trouvé grâce à ses yeux.
- Pourriez-vous me le confier durant quelques jours, s'il vous plaît ? finit-elle par demander.
- Je serais ravie de me débarrasser quelques temps de cette abomination, assura son interlocutrice.
« Abomination » devait être le mot préféré de la sœur de feu John Bennett, car il déclencha un nouveau monologue chez le perroquet. Mais aucune des trois femmes dans le bureau n'y prêta attention.
- Et encore autre chose, poursuivit Elane. Pourrais-je venir vous rendre visite ? Dans votre maison ?
Mrs Mutterworth haussa les épaules.
- Tout dépend quand…
- Disons après-demain ? proposa Elane.
Tonks commençait vraiment à se demander où son amie voulait en venir. Mrs Mutterworth réfléchit un court instant.
- Hum…d'ici-là, je serais probablement encore dedans… Dans l'après-midi, cela vous convient ?
Elane lui assura que c'était parfait, et Mrs Mutterworth sortit sa carte de visite de son sac et la lui tendit, puis se leva.
- Bon, maintenant, il me faut dénicher un notaire… Et je vous laisse cette ab…
Le perroquet se pencha en avant avec espoir, et ouvrit déjà son bec.
-… cette absurde créature, Casanova de son prénom.
Le dit Casanova referma son bec dans un claquement, dépité, tandis que sa maîtresse se préparait à quitter le bureau.
- Je vous laisse ceci, dit-elle en désignant la toile verte. Je pense que vous en aurez besoin…
Elle serra la main d'Elane, puis celle de Tonks, et sortit. Dès que la porte se fut refermée derrière elle, Tonks s'exclama :
- Mais enfin, à quoi penses-tu ? Tu ne vas tout de même pas…
Elle s'interrompit, ne sachant comment terminer exactement sa phrase.
-Une originale, apparemment, fit remarquer Elane tout en examinant la carte de visite.
- Pour en être une, c'en est une ! s'enflamma aussitôt Tonks. Tu as vu comme elle parlait ?
Elane sourit.
- Je ne parlais pas de ça… Regarde.
Tonks se pencha également sur la carte. Au-dessous de l'adresse conventionnelle se trouvaient quelques petits dessins.
- On dirait un rébus…murmura Tonks, à présent intriguée.
- Exactement. Apparemment, Mrs Mutterworth a un sens de l'humour assez développé, et plutôt particulier- le même que celui de son frère, il paraît.
Les gribouillis représentaient une motte de …beurre, et une pile de pièces. A partir de cet instant, il fut très difficile pour Tonks de suivre les réflexions d'Elane, bien qu'elle les fit à voix haute, car elle pensait tour à tour en anglais et en français.
- De l'argent et du beurre ?... Butter and money… L'argent du beurre… En avoir pour son argent ? Money's worth… Money's worth, butter… Mutterworth !
Tonks comprit le dernier mot, et se pencha à nouveau sur la carte de visite pour vérifier.
- Effectivement… cette originale s'est amusée à faire figurer un rébus avec son nom sur sa carte de visite. Tu dois être une des rares personnes à l'avoir résolu, je suppose! Curieux sens de l'humour…
- Et le même que celui de son frère, d'après ses dires, ajouta Elane.
Tonks poussa un soupir.
- De toute évidence tu as vu ou compris quelque chose. Et si tu pouvais maintenant me dire quoi…Pourquoi est-ce que tu insistes autant sur cet humour ?
- Réfléchis : ils avaient le même goût pour les rébus et les devinettes…
- Ça, je l'aurais compris…
Elane continua sans relever la remarque :
- John Bennett a brûlé des textes qui ressemblaient à une devinette. Et il a laissé à sa sœur une lettre dans laquelle il lui confiait une sorte de mission, mais elle devait deviner laquelle. Tu me suis ?
- Jusqu'ici, oui. Continue.
- Si je lis entre les lignes du message qu'il lui a laissé, il lui conseillait d'écouter un peu le perroquet, qu'il a apparemment emmené avec lui au bureau de temps à autre, et cet oiseau y a appris un certain nombre d'expressions. Peut-être son maître lui faisait-il part de ses réflexions… Et dans les textes que tu as trouvés, il parlait d'une vérité cachée dans une «lumière colorée »… or cet oiseau est tout sauf terne !
- Je crois que là je ne suis plus…
- Réfléchis : il parle de souvenirs se transmettant de mains en mains et en même temps d'esprit à esprit… Or cet oiseau est quelque chose qui est passé de ses mains à celles de sa sœur, et qui parle !
- Attends, tu n'es quand même pas en train d'essayer de me dire que cet oiseau…
- Bien des vérités peuvent être dissimulées dans la grossièreté… Ce perroquet n'en manque pas…Bien des secrets peuvent être trahis par le babillage… Il n'arrête pas de parler…Mais qui irait écouter ? Personne, justement…Tout se tient !
- Assez caqueté !
….
….
Curieusement, ce fut Kevin O'Connell qui vint indirectement en aide à Maugrey. Le vieil Aurore était affaibli, et il avait beau le dissimuler sous des airs bravaches, il était manifeste qu'il n'allait pas bien. Mais ce n'était pas cela qui inquiétait tant ceux qui lui étaient proches : des blessures, Maugrey en avait eu une quantité indénombrable au cours de sa carrière, et s'en était toujours relevé. Mais cette fois-ci, la force de caractère qui lui avait toujours permis de s'en sortir semblait lui faire défaut. Il était manifeste que sa volonté, sans être brisée, était du moins fêlée, et quelque chose semblait le préoccuper au point qu'il semblât plus facile à Maugrey de garder le lit.
De toute façon, il devait encore y être cantonné durant un certain temps, mais on ressentait qu'il n'était pas pressé de guérir. Mais pour quelle mystérieuse raison ? Cela, les membres de l'Ordre l'ignoraient…
Bill lui avait apporté un exemplaire de la Gazette du sorcier, et discutait avec Fred et George tandis que Maugrey lisait. Par-dessus l'épaule de Fred, Bill voyait que cela faisait bien deux minutes que les yeux de Maugrey (même l'œil magique) lançaient des éclairs.
- O'CONNELL !
Des années plus tard, les jumeaux prétendraient encore avoir vu du plâtre tomber du plafond à ce cri formidable. Bill, lui sursauta et se retourna vivement, en portant la main à la poche dans laquelle se trouvait sa baguette. Lorsqu'il vit ne vit rien de menaçant, il se détendit. Ses deux frères cadets, eux, avaient déjà compris.
- Et bien, que se passe-t-il ? fit Fred en s'approchant du lit, traînant sa chaise derrière lui.
- Ce gentil scribouillard aurait-il eu l'audace de vous déplaire ? renchérit George, qui avait fait de même. Il a annoncé que vous alliez monter un orchestre symphonique ? Vous lancer dans la culture intensive de la Branchiflore ? Partir dans une expédition visant à ramener de jeunes Héliopathes dans le but de les entraîner à vous assister ? Ou encore…
- George… grogna Maugrey d'un ton menaçant.
- Franchement George, s'exclama Fred. Qui, à part toi, aurait pu imaginer ce genre de bêtises ? C'est pourtant évident, non ?
Il marqua une pause théâtrale.
- Kevin O'Connell a publié l'annonce du mariage prochain de Maugrey ! Et tu sais avec qui ?
Maugrey grogna « Fred… » de la même façon qu'il l'avait fait avec son jumeau, mais Fred n'en tint pas compte.
- Hein, tu le sais, toi ? insista-t-il en se tournant vers Bill.
Celui-ci estima qu'ouvrir la bouche signifiait prendre le risque de dire une bêtise, et décida par conséquent qu'il était préférable de se taire. Maugrey leva les doigts dans un geste menaçant.
- Avec…
Un oreiller jaillit alors dans les airs et écrasa la bouche de Fred. Bill et George partirent d'un grand rire, et Maugrey arborait un sourire sur son visage dissymétrique. Fred marmonna quelque chose d'indistinct.
- Pardon ? fit Maugrey.
Fred répéta la même chose (sembla-t-il).
- Pardon, je crois que tu devrais parler plus fort, je ne t'entends pas très bien…
George riait tellement qu'il dut se pencher en avant pour conserver son souffle.
-Je suis sincèrement désolé, Fred, répéta Maugrey, mais je ne comprends franchement rien.
…
…
- Et comme ça, d'un claquement de doigts…
George mima le geste devant les visages hilares de Ginny, Hermione, Harry et Ron.
- …l'oreiller s'est soulevé et est allé étouffer Fred ! Je te jure, ce type est génial !
Il imita Fred se débattant avec le coussin, sous les sifflements de ce dernier.
- D'un simple claquement de doigts, s'émerveilla Ron.
…
…
- Elane, tu ne penses tout de même pas sérieusement que ce…cet oiseau soit la mémoire dont parle Bennett ? Je préférerais croire que c'est une sorte de plaisanterie qu'il a jouée post-mortem à sa sœur !
- Tu peux croire ce que tu veux, répondit calmement Elane, je n'en pense pas moins que…
Tonks la coupa :
- Confier des souvenirs, qui apparemment sont très importants, à un simple oiseau, qui les crie à tous les vents ! Mais c'est absurde !
- C'est justement parce que c'est absurde que c'est génial. Qui aurait pu s'en douter, sans indices ? Et il a pris soin de ne donner ces indices qu'aux personnes de son choix.
- Pas seulement : dans sa lettre il dit que d'autres auront des indices…
- Il dit : « Mais je crains que d'autres ne s'en rendent compte avant toi…Car j'ai semé des indices, que toi tu n'auras pas. » Il craignait que des personnes mal intentionnées ne les trouvent, et ne les comprennent.
Tonks ne s'étonna pas de cette citation exacte et chercha un autre angle d'attaque.
- Mais c'est impossible ! finit-elle par s'exclamer.
- Impossible ? L'impossible est souvent ce qu'on ne pense pas à envisager. Et tu as toi-même parlé des indices à l'instant, au lieu d'essayer de me contredire. C'est la preuve que quelque part au fond de toi, tu considères ça comme possible…
Elle la regarda droit dans les yeux, et après un instant dit d'une voix lente, douce :
- Est-ce que tu vois quelque chose d'irréalisable là-dedans ? Pas moi. Je peux me tromper, tout comme je peux avoir raison. Réfléchis…
Tonks regarda alors le perroquet, qui l'observa en retour, la tête penchée. Elane n'était pas du genre à s'emballer pour n'importe quelle possibilité de solution lorsqu'elle rencontrait un problème. Et si elle défendait une solution aussi étrange… c'était qu'elle pensait sincèrement que cela pouvait être la vérité.
- D'accord, d'accord ! Si tu dis que dans les paroles de ce perroquet se cachent effectivement les souvenirs de John Bennett, je te fais confiance ! J'espère seulement que tu fais ce que tu fais !
Elane lui adressa un sourire rayonnant.
- En tous cas, je pense que TU sais ce que je fais. Tu ne fais pas confiance aveuglément, Tonks.
Tonks se racla brutalement la gorge et marmonna quelque chose à propos de prendre les gens par les sentiments… Un fou rire éclata bientôt dans le bureau.
…
…
Harry monta lentement les escaliers, quand il entendit soudain des éclats de voix provenant de la chambre de Maugrey. Les conversations très animées étant monnaie courante au Square Grimmaurd, il n'y prêta tout d'abord aucune attention. Jusqu'à ce qu'il reconnaisse la voix de Mrs Weasley, qui filtrait par la porte fermée. L'autre voix était celle de Maugrey. Tous les deux semblaient réellement en colère.
- Vous ne pouvez pas jouer ainsi avec son avenir, Alastor ! cria alors Mrs Weasley.
Malgré lui, Harry entendit. Il hésita, puis empreint d'un sentiment de culpabilité, il s'arrêta néanmoins.
- Jouer ? Pensez-vous que je joue, Molly ? Pensez-vous que je ne mesure pas pleinement les conséquences possibles de mes actes ?
- Oui, je le pense ! Ou du moins je pense que vous ne les voyez pas toutes ! Quelqu'un d'aussi jeune, vous ne pouvez planifier sa vie de cette façon, aussi froidement !
Harry sentit les battements de son cœur s'accélérer. Il sentait confusément qu'il n'était pas question de lui, pourtant il se sentait incapable de s'en aller comme s'il n'avait rien entendu.
- Ne croyez pas que je n'ai pas mûrement réfléchi, ne croyez pas que je l'ai fait aussi froidement que si j'avais joué aux échecs ! Et je n'ai rien planifié, je n'aurais pas régi sa vie à son insu !
- Pourtant, vous l'avez fait !
- C'est faux !
Il y avait presque un accent de désespoir dans la voix de Maugrey à cet instant. Il y eut un instant de silence, puis Maugrey reprit d'une voix étrangement voilée :
- Pensez-vous que j'aurais pour ainsi dire jouer cette vie à pile ou face ? La vie d'une personne qui compte à mes yeux plus que ma propre vie ? Non, Molly. Je ne suis toujours pas sûr que ce soit une bonne idée, j'en doute car justement, aujourd'hui plus que jamais, ce sont mes sentiments qui sont engagés.
- Et pourtant vous avez accepté en son nom !
- Je n'ai rien accepté en son nom ! Il m'en a parlé, de ce qu'il envisageait, et j'ai tout d'abord tempêté, refusé de l'écouter… Je ne voulais pas en entendre parler. Et elle aura toujours le choix, je lui ai fait promettre de la mettre au courant petit à petit. Car voyez-vous, Molly, j'ai fini par accepter de l'écouter, et par comprendre son pont de vue. J'ai fini par comprendre certaines choses…
- Et il y a autre chose qu'il faut que compreniez maintenant, Alastor ! Ce n'est pas votre fille !
Il plana soudain un silence de mort.
- C'est comme si elle l'était, répliqua Maugrey d'une voix sourde et féroce.
- Mais elle ne l'est pas ! Ne l'oubliez pas, Alastor ! Et elle, pensez-vous qu'elle vous considère comme un père ?
Harry sentit que ces mots avaient fait mouche. Et assurément, ils avaient blessé Maugrey.
- Ne parlez pas de ce que vous ignorez, Molly. Ne m'en parlez pas… Car si je suis coupable, jamais coupable n'aura tant voulu épargner sa victime. Et si je suis innocent, jamais innocent n'aura eu tant de remords…
Harry s'écarta de la porte sans faire de bruit, et s'éloigna dans le couloir aussi discrètement qu'il le put.
Je sais que je suis très en retard pour poster, et je présente mes excuses. Je crois bien qu'à l'avenir je n'annoncerai plus jamais de délai…Je vais juste dire que puisque je suis maintenant en vacances, le prochain viendra plus rapidement.
J'avais également parlé de l'éventualité la création d'une page perso autour des Etoiles de l'orage, avec des Fans Arts et des commentaires…Alors donnez-moi votre avis ! (Et s'il vous plaît, laissez moi un petit commentaire, ça m'encouragerait peut-être à me dépêcher un peu plus…)
