Réponse aux reviews :
White Damon: Mechi mechi, oui la relation entre Heero et sa mère est assez bizarre, surtout si on considère qu'elle n'a même pas trente ans et qu'elle s'occupe d'un jeune ado de quinze ans qui commence à avoir des hormones… xD Et oui, ce sera un Heero/Duo, mais ça, c'était un peu prévisible.
Sailor Sayuri: Je peux pas résisté à ces yeux là! Même que je m'en veux à mort de faire attendre tout le monde! Mais bien sûr que je continue!
Iroko: Et même s'il ne le permettait pas, Duo ne tolèrerait pas d'être mis en second plan, n'est-ce pas? Au plaisir de recevoir une autre review de ta part!
Tif: Merci! C'est sûr que je m'arrête pas, même si ça doit prendre dix ans je vais finir ça! Enfin, c'est pas trop encourageant xD
EyPi: J'aime foutre Heero avec des traits de caractères étranges! Et, oui, mes professeurs m'appelaient mademoiselle moi xD Sincèrement, je trouve que ça fait austère. Mais en fait, quel prof n'est pas bizarre de nos jours… c'est une tactique pour attirer l'Attention des élèves et gagner de l'autorité.
Noan: Hum dans ce cas j'espère que ta curiosité demeurera aiguisée jusqu'à la fin!
Ephemeris: À moi aussi, ça me donne l'impression que Duo est un être exceptionnel (d'ailleurs il l'est) et que Heero lui est indissociable.
Natanaelle: J'espère me montrer à la hauteur de tes attentes! C'est ce qu'on verra.
Marnie02: En effet, en effet, c'est lorsqu'on se croit au paradis entouré de saints qu'on se rend compte qu'au fond, on est beaucoup plus bas que ça, et c'est le phénomène de la chute psychologique (inventé de toute pièce) Et on voit souvent que ce genre d'aversion ou d'adoration se transmet des parents aux enfants pendant un bout de temps… En tous cas, merci pour l'encouragement!
Angel-Of-Dead: Bizarre? Hum! C'est mon style qui est bizarre je crois xD mais tant mieux si ça te plaît!
Ilham: C'est moi qui me plaît à lire les reviews! Merci d'en avoir laissé une.
Echizen Di Luffy: Alors voilà la suite. Merci du review!
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Chapitre 2Heero rassembla rapidement ses affaires dans son sac à dos, bien qu'il ne fisse jamais ses devoirs, et verrouilla son casier. Après avoir jeter son sac de toile sur son épaule, il s'engagea d'un pas pressé sur le couloir de droite. Après quelques pas seulement, il se mit presque à courir. Il ne s'arrêta que lorsqu'il fut devant la porte de la toilette privée, celle réservée aux professeurs. Il se pencha alors, saisit une épingle à cheveux dérobée à sa mère de sa poche et crocheta la serrure avec doigté. Il ne s'était jamais demandé quel intérêt on avait eu à vouloir que cette pièce soit verrouillée, quel individu avait eu l'idée de fournir une clef à chaque professeur et pourquoi ceux-ci avaient droit à ce genre d'intimité. En fait, cela l'arrangeait pas mal. Dès que les cours finissaient, il se retrouvait là, debout sur un siège de toilette et caché au reste du monde.
Les gens ont beau passé pour des saints, en vérité, ils n'aiment pas ce qui leur est différent. Ils n'aiment pas les lunatiques. Ils les rendent mal à l'aise ou leur inspirent une répugnance, celle qu'on a vis à vis des choses qu'on ne comprend pas et qu'on ne veut pas comprendre. Le phénomène est réglé par des assistants sociaux, des classes spéciales, des écoles spéciales même, qui ont pour but de séparer ces marginaux des gens normaux. Or, pour un élève comme Heero, qui, excepté pour l'art plastique, n'obtient que des résultats largement au-dessus de la moyenne générale, il apparaît inadmissible d'être installé parmi d'autres anormaux. Ainsi, Heero est demeuré mouton noir dans son école privée, et victime de l'aversion de mains professeurs, mais surtout de ses congénères.
Voilà pourquoi Heero était maintenant accroupi sur un bol de toilette, la tête appuyée sur le mur derrière lui et les yeux fermés. Généralement, il demeurait ainsi une bonne demi-heure, sinon plus. La première fois, alors qu'il était pourchassé, il n'avait attendu qu'une quinzaine de minutes avant de sortir. Grave erreur. Ses prédateurs n'étaient pas partis et l'avaient cherché. Malheureusement pour lui, ils l'avaient trouvé avant qu'il n'ait pu quitter l'enceinte de l'école. Ce jour-là, il était rentré chez lui avec un coquard, la lèvre inférieure en sang et de nombreux bleus. Son sac avait été déchiré et certains de ses manuels n'étaient plus regardables. Mama Domenico avait piqué une crise de nerf et avait voulu le retirer de l'école. Il s'était rebiffé contre l'idée et s'était pris une gifle. Le coup l'avait surpris, mais pas plus que sa mère qui s'était mise à pleurer. Cette nuit-là, elle avait dormi à ses côtés pratiquement soudée à lui, provoquant une sensation de bien être malsaine en son sein. Heero s'était juré de ne plus se faire battre…
BANG!
Heero sursauta et chuta en bas de son siège. Il se rassied rapidement et, le cœur battant, il replia ses jambes contre lui et fixa la porte avec appréhension. Quelqu'un avait littéralement foncé dedans. Puis, son regard s'abaissa sur la paire de souliers rouges qu'il pouvait voir sous la porte. Rouge vif. Heero plissa le nez. L'école abolissait toute forme d'excentricité. Tous les garçons se devaient de porter l'uniforme et ne s'avisaient certainement pas de plier un pant de leur chemise… Et les professeurs encore bien moins, évidemment. Intrigué, Heero s'accroupit et posa sa tête sur le plancher pour mieux voir. Spontanément, l'individu de l'autre côté de la porte eut la même idée et ils se retrouvèrent nez à nez.
Ce fut d'abord une paire d'yeux violets qui l'accueillirent, suivit de très près par un regard perplexe, quoique moqueur, puis d'un sourire nonchalant. Heero reconnut avec une vague joie le 'Mr Maxwell' auquel le professeur avait fait allusion. Il sourit aussi, mais il douta que son sourire ait eut l'air chaleureux. Lorsqu'il se l'offrait dans le miroir, il lui donnait plutôt l'impression de quelque chose de risible. Mais pas un sourire. Peut-être une grimace… Ou un rictus détendu… ou…
-…ourrais sortir? Hey? Hey!
Heero cligna des yeux. L'individu claquait des doigts devant son visage.
-Je suppose que tu étais occupé, mais je crois que c'est urgent…
Comme pour appuyer ses dires, quelques gouttes de liquide rougeâtre vinrent s'écraser au sol. L'individu les suivit des yeux, siffla un merde et essuya les tâches avec sa main, ce qui ne fit qu'étendre les gouttes en une grosse tâche rouge. Heero se releva et ouvrit vivement la porte. Il écarquilla les yeux devant la vision d'horreur qui s'offrait à lui. Mr Maxwell, si son visage avait eu l'air rassurant, le reste de son corps l'était beaucoup moins. Sa pâle chemise était en lambeaux et elle était largement imbibée de rouge à l'épaule gauche. Le bras qui en descendait ne semblait même pas y être raccrocher. Les cheveux de Mr Maxwell étaient lâchement tressés et tout ébouriffés comme s'il revenait d'une tempête…
-Ça a l'air plus pire que ça ne l'ait, fit Maxwell en souriant péniblement, mais j'aurais besoin d'un médecin, je crois…
Il avait néanmoins l'air fatigué et la souffrance émanait visiblement de son corps tremblant. Heero ne sut pas quoi faire sur le moment. Il s'avança, incertain, mais pourtant calme, saisit la chemise de l'individu et la déchira. Il observa l'épaule blessée et constata qu'on l'avait profondément entaillée. Et elle était effectivement déboîtée.
-Euh… euh… je…
Heero plissa les yeux. Pas le temps de parler. Il saisit son sac par terre, prit le poignet en bon état et tira Maxwell avec lui hors de la salle de bain, ce qui lui valut un petit sifflement de douleur. Il le traîna dans les couloirs, se criant de courir, mais s'en empêchant en pensant stupidement que peut-être le bras de son modèle ne suivrait pas. Le modèle, lui, suivait passivement en jetant des regards souffrants, mais détachés autour de lui. Lorsqu'ils atteignirent l'infirmerie cependant, il vacilla et son bon bras s'agrippa à Heero. Il était sur le point de perdre conscience. Heureusement, l'infirmière de service finissait tard ce jour-là. Dès qu'elle les aperçut, elle se précipita sur eux et Maxwell fut loin de Heero.
Heero ne jugea pas bon de rester. Il sortit de l'infirmerie d'un pas flottant et se dirigea vers la sortie, oubliant totalement les brutes qui pouvaient possiblement l'y attendre. Il flottait littéralement, indifférent à l'image d'un Mr Maxwell blessé, mais plutôt fiévreux à celle de l'avoir revu, de l'avoir touché, d'avoir croisé son regard…
Il s'arrêta alors brusquement et fronça les sourcils. Pourquoi au juste pensait-il cela? Ce devait être un piège. Mama Domenico lui avait parlé des hommes. Les propos qu'elle avait tenus l'avaient choqués tant ils étaient emplis de colère et d'un autre sentiment plus effrayant encore. Mama Domenico lui avait dit, il n'avait que cinq ans alors, que les hommes étaient des mangeurs de cœurs, qu'ils les arrachaient des poitrines, les piétinaient, les brisaient avant de les déchiqueter entre leurs dents. Cette nuit-là, Heero avait rêvé de monstres humanoïdes hideux qui venaient lui bouffer le cœur avec leurs énormes canines. Évidemment, il avait appris depuis que les hommes ne mangeaient pas réellement les cœurs. Néanmoins, il évitait toute relation avec eux. Or, Mr Maxwell, avec ses longs cheveux tressés et son visage délicat, avait les attributs d'une femme. Un homme qui ressemble à une femme ne devait pas être si mauvais, n'est-ce pas? Lui-même, n'était-il pas un homme? Oui, mais il n'était pas comme les autres. Il était spécial. Il ne parlait pas vraiment, n'écoutait pas vraiment, ne voyait pas vraiment. Il vivait à un rythme différent…
Heero éternua soudainement et tourna sur lui-même. Il était encore resté prisonnier de ses songes, comme disait sa mère. Il renifla. Les brutes devaient être parti. Il quitta l'école prudemment, puis se mit à courir.
Le chemin jusqu'à chez lui équivalait à une quinzaine de minutes de marche, soit en courant, un peu moins de dix. Et s'il courait vite et qu'il empruntait les ruelles pour éviter les feux de circulation et le trafic, il pouvait arriver chez lui en cinq minutes. Alors il courait toujours pour revenir à la maison. Il contournait le marché public et passait par le cartier d'à côté. Avec ce détour, il passait la porte en huit minutes. Ça n'était pas trop mal, surtout qu'il ne rencontrait jamais personne sur son chemin, excepté la vieille Barton évidemment qui était toujours assise dans l'escalier de secours de son appartement qui donnait dans l'une des ruelles qu'empruntait Heero. Une fois, il s'était arrêté pour la saluer. Étant donné les rumeurs qui circulait sur la vielle femme et son apparence autoritaire et renfermée, il aurait cru qu'elle l'aurait simplement regardé avec mépris, mais elle lui avait fait signe de la tête. Heero en avait conclu qu'il pouvait passer par là quand il le voulait et cela l'arrangeait bien, car les autres ruelles étaient moins fameuses et plutôt malfamées.
Il s'arrêta devant l'une d'elles pour appuyer sa pensé. Sombre, silencieuse et creuse. La noirceur devait gobber tous ceux qui y demeuraient. Une porte s'ouvrit tout à coup et une femme à demi nue en fut éjectée. Elle passa presque par dessus la rambarde du balcon et vomit par dessus celle-ci. Un homme la rejoint et lui tapota le dos d'un geste ennuyé. Heero, ébahit, le regarda faire. Aussitôt que la femme releva la tête, l'homme se mit à l'embrasser et à la bousculer sur le balcon. La femme, elle, vacillait, mais se laissait faire mollement. Elle eut un soubresaut et l'homme la relâcha à temps pour un nouveau vomissement. Ses yeux se posèrent alors sur Heero qui tressaillit. L'homme lui jeta un regard torve et eut un rictus. Heero s'enfuit à toute jambe. Il ne croisa personne sur son chemin et ne remarqua même pas la vieille Barton, assise sur les marches, qui caressait son chat lestement.
Lorsqu'il entra dans l'appartement minable qui lui servait de demeure, il se buta au même silence qu'à l'habitude. Généralement, ce silence perdurait jusqu'à très tard le soir quand sa mère revenait. Alors, tout n'était plus que bruits et fracas. Sa mère n'était jamais la même le matin et le soir, lorsqu'elle travaillait. Elle partait heureuse et magnifique pour revenir nerveuse et colérique. Une fois, quand il était gamin, elle avait déchiré sa palette de dessins et lui avait hurlé que les artistes n'avaient pas d'avenir, ou un truc comme ça. Ils étaient restés stupéfaits tous les deux, elle plus que lui. Le lendemain, elle lui avait acheté une nouvelle palette et avait recollé l'ancienne maladroitement. Quand il l'avait remercié, elle avait fondu en larme et l'avait étreint à en lui faire mal…
Mais tout ça, c'était à cause du boulot. Ce devait être stressant, voilà tout. Et puis son patron était un homme, ce qui n'arrangeait pas les choses. Heero savait qu'autrement, sa mère serait toujours douce et paisible. Même en colère, elle était la plus belle maman qu'il ne puisse rêver d'avoir et tout le reste importait peu, autant ses cahiers de dessins que l'école toute entière…
Heero posa son sac sur la table et en retira la commission de sa mère. Le pharmacien lui donnait toujours la même enveloppe contenant près d'une trentaine de petites pilules colorées. Apparemment, c'était pour les migraines de sa mère. Or, il se doutait fortement que l'usage était différent. Après tout, pour ses migraines à lui, il prenait des comprimés beaucoup plus gros et entièrement blancs. Cependant, il n'avait jamais posé la question. Sa mère ne lui aurait pas répondu.
En posant le sac en papier à côté du sien, Heero constata qu'il avait du sang sur la main. Le sang de Mr. Maxwell, évidemment. Il tendit la main vers le robinet, puis eut une autre idée. Il prit l'ébauche de dessin qu'il avait conçu en art le matin même –celle de son modèle préféré, justement- et étendit le liquide sur le bras dessiné. Il lava le reste et alla ranger ses affaires. Ensuite, il alla s'asseoir sur son lit et contempla le mur en face de lui, interdit. Il ne savait jamais quoi faire quand sa mère n'était pas là. En fait, il n'y avait pas grand chose à faire. Sa chambre ne comptait qu'un lit et une armoire. Le reste était une tapisserie de dessins collés un peu partout, exceptés bien sûr ceux de Mr Maxwell qui traînaient sous le lit. Il y avait aussi trois ou quatre manuels scolaires qui ramassaient la poussière sur le sol. Finalement, une lumière éclatante et aveuglante suspendue au plafond complétait le tableau. Il n'avait même pas de fenêtre. De toute manière, il n'aimait pas tellement le soleil. Il préférait la pluie. La pluie était plus inspirante que le soleil et s'agençait mieux à lui.
Soudain mal à l'aise, il plongea sous ses couvertures et ramena ses jambes contre son torse. Il s'efforça de ne penser à rien, comme il le faisait souvent pour empêcher les larmes de couler. Il repensa à l'homme sur le balcon, à la femme. Ce devait être ça, un mangeur de cœur. Quelqu'un dont le baiser vous fait vomir. Quelqu'un dont le regard vous transperce. Quelqu'un qui inspire la peur. Heero tressaillit et secoua la tête…
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Et voilà pour le second chapitre.
