Réponses aux reviews:
Intoccabile: Mdr je suis d'accord avec toi, j'ai juste besoin d'un bon coup de pied pour avancer.. ou d'une carotte au bout d'une corde!
Ilham: Ah ah! Oui, en fait Heero a une vision erronée de la plupart des sentiment. C'est à peine s'il se rend compte de ses propres sentiments! Tant qu'à Duo.. eh bien tu vas voir xD Merci pour la review
Xiao-Mai: C'est vrai que pour le moment, l'amour et tout ça, ce n'est pas bien parti, mais je ne voulais pas rendre le trajet trop facile. Ah, vi, Heero est lunatique, mais son caractère, il le doit surtout à son étrange éducation.
Iroko: Ah vi, que de questions! Il vaudrait mieux que je ne laisse pas ça mijoter dans le mystère trop longtemps! Au plaisir que tu me lises!
Echizen D Luffy: Bonne année aussi! Oui, les autres pilotes vont tous apparaître dans l'histoire! Pas en tant que pilotes, mais bon! Et non, Duo n'est pas un professeur, il est à peine plus âgé que Heero. Il s'est retrouvé là pour une certaine raison et il lui est arrivé malheur. Enfin, j'espère que tu comprendras mieux en lisant ce chapitre. Je ne suis jamais très claire, faut dire!
Chapitre 3
-Bon anniversaire…
Heero s'observait dans le miroir de la salle de bain. Un an de plus. Il avait maintenant 15 ans. Et cela ne lui faisait rien du tout. En fait, il ne voyait pas ce que cela pourrait changer. Il avait seulement pris quelques centimètres depuis un an. Ses traits étaient restés les mêmes. Un visage sérieux au teint mat encadré d'une épaisse tignasse de cheveux bruns emmêlés, des yeux cobalt finement bridés, mais absents, une carrure plutôt moyenne et un corps plutôt moyen. Rien avoir avec sa mère. Il avait raflé tous les traits d'un homme qu'il ne connaissait pas…
Heero se rendit dans la chambre de sa mère et la regarda dormir, incertain. Il devait être huit heures trente et il allait se mettre en retard s'il ne se bougeait pas, mais il était rare que Domenico dorme autant. Habituellement, elle se levait avant l'aube, parfois un peu plus tard, et des cernes délicates se formaient sous ses yeux. Ce matin, sa respiration était plus calme et plus profonde, son visage était serein et elle n'avait même pas pris le temps d'enlever sa robe. Ce qui aurait dû lui plaire inquiétait Heero. Nerveusement, il passa sa main sur la joue de sa mère et replaça une mèche de cheveux intrépide. Sa mère soupira et sourit dans son sommeil. Elle n'avait pas de fièvre. Heero en déduit qu'elle ne travaillait pas ce jour-là. De toute façon, il n'aurait pas osé la réveiller alors qu'elle semblait si bien.
Machinalement, Heero retourna à sa chambre et troqua son sous-vêtement pour un débardeur et un jean salis aux genoux. Surpris, Heero regarda l'état de ses autres vêtements. Plusieurs avaient des taches de peinture ou de nourriture et, en reniflant les autres, une certaine odeur lui monta au nez. Heero grommela. Une fois encore, il n'irait pas à l'école le matin. Il allait plutôt aller à la buanderie pour nettoyer ce que sa mère lui avait promis qu'elle nettoierait. Elle ne respectait évidemment pas ses propres promesses. C'était la seule chose que Heero détestait d'elle.
Il emplit un sac à ordure de ses vêtements et, silencieusement, en emplit un autre avec ceux de sa mère qui avaient également leur odeur particulière. Ensuite, il rabattit une casquette noire sur ses cheveux emmêlés et quitta l'appartement, les deux sacs sur le dos. La buanderie n'était pas très loin, heureusement pour lui, et n'était jamais très pleine. Les gens avaient tous leur propre laveuse dans les alentours et les gens des cartiers pauvres devaient s'en foutre pas mal. Ainsi, Heero se ramassait seul dans l'endroit avec pour compagnie le ronronnement de la machine. Finalement, Heero aimait bien cette corvée. Ce qu'il aimait moins, c'était de rater ses cours pour ça. Après tout, sa mère payait pour l'envoyer dans une école privée. Dieu sait comment elle y arrivait.
Heero entra dans la buanderie et déposa sa charge sur une table. Comme il s'y attendait, il n'y avait pas grand monde. Un homme d'une quarantaine d'années ronflait sur un banc, un journal qui menaçait de glisser d'entre ses mains, une femme d'un âge indéterminé lisait un roman d'un air désintéressé et… Le regard de Heero se posa sur la vieille Barton. Ce n'était pas si surprenant qu'elle se trouve dans un pareil endroit, mais il était peu habitué à la voir autre part que sur son escalier. La vieille dame pliait soigneusement son linge avec des mouvements lents et précautionneux. Ensuite, elle les déposait dans un panier en osier. Sur la sécheuse où elle sortait les vêtements, un enfant de bas âge cognait les pieds. Il était très mince, peut-être trop, et avait une belle tignasse de cheveux brun et lisses. Il avait également un air absent, mais un sourire candide sur les lèvres. Heero s'approcha de lui, curieux. C'était fou comme il lui ressemblait. Pas vraiment par le physique, mais plutôt par l'air qu'il affichait. S'en était presque comique. Mais Heero ne souriait pas.
-Il s'appelle Trowa.
Heero sursauta au son de la voix nasillarde et aérienne. Il dévisagea la vieille dame. Celle-ci fronça les sourcils.
-C'est impoli de fixer les gens, mon garçon.
Heero baissa la tête, et ses lèvres formèrent quelques excuses inaudibles. La vieille fit claquer sa langue sur ses dents.
-Tu es le môme qui passe toujours devant chez moi, résonna-t-elle, Je suis Amélia Barton. Et lui c'est mon petit neveu. Trowa, qu'il s'appelle.
Bien qu'il trouvât la dame étrange, Heero sourit poliment et ouvrit la laveuse d'à côté. Le petit garçon, Trowa, se retourna au son de la porte et planta son regard dans celui de Heero. Un regard vert, pénétrant, mais à la fois très innocent. Comme s'il avait prit conscience de la présence de Heero, il tendit la main, ferma les doigt et les rouvrit. Heero lança un regard interrogateur à la vieille Barton.
-Il te dit qu'il a cinq ans, grinça-t-elle sans lever le regard, C'est toujours ce qu'il dit aux étrangers…
Heero tendit ses propres mains et fit le même geste avec les deux. Ensuite, il en retira une et répéta le mouvement. Trowa sourit –un sourire fermé- et attrapa la main de Heero entre ses mains. Il abaissa les doigts un à un avec un malin plaisir. Interdit, Heero jeta un nouveau regard à Amélia Barton. Celle-ci ne les regardait même pas. Il prit alors sa casquette et la rabattit sur la tête de l'enfant qui gloussa. Une épaisse mèche de cheveux brune était retombée devant son œil droit et lui donnait un petit quelque chose en plus. Enfin, Heero avait le don des détails artistiques… Trowa Barton, donc? Il avait déjà entendu ce nom-là quelque part. Et ce n'était pas le nom d'un gamin, il en était certain. Et il avait déjà vu ces traits aussi, sur un autre visage.
Il ouvrit un des sacs et commença à lancer pêle-mêle ses vêtements dans la machine. Le petit cligna des yeux et observa chaque mouvement de son aîné. Comme s'il avait compris le principe, il enleva la casquette d'Heero et la lança par dessus la pile. Fier de lui, il offrit un nouveau sourire à Heero qui, perplexe, secoua la tête et repris son couvre-chef. Pas débiné pour autant, le petit enleva ses chaussures. Les godasses subirent le même traitement. Dépité Heero se tourna vers Amélia qui, sans les regarder, affichait une expression ironique. Sans lever les yeux, elle se posta devant la machine à laver, récupéra les souliers et, soudainement, talocha son petit neveu avec. Heero eut un mouvement de surprise, mais l'enfant ne fit que se frotter la tête paresseusement.
-Excusez Trowa, dit la femme, Il est un peu bête. Il assimile de travers et prend tout au mot. Il sera un idiot de plus dans ce monde. T'as la même expression que lui d'ailleurs…
Heero se sentit plus troublé qu'insulté. La façon de parler de la dame lui était étranger, mais en même temps, sa franchise le fascinait.
-Ne t'offusque pas, mon garçon, continua-t-elle sur un ton pas très désolé, Les idiots valent plus que les génies, crois moi. Les génies se rendent compte de tout. Ou alors ils profitent de vous, ou alors ils se rendent malheureux à toujours penser à tout… En tout cas, moi, ils m'énervent…
Il se demanda ce qu'elle penserait de lui s'il lui montrait ses notes de bulletin. 95/100 par ici, 98/100 par là.. Et cela sans vraiment ouvrir un bouquin. Personne ne comprenait pourquoi. Après tout, ne souffrait-il pas d'un déficit d'attention? N'avait-il jamais remis un devoir? Quoi qu'il en soit, la seule matière qu'il échouait demeurait l'art, où il aurait dû exceller. Du reste, il avait été dispenser d'oraux.
Madame Barton se mit à la tâche de remettre ses souliers à Trowa avec une certaine violence. Celui-ci, indifférent à la brusquerie de sa tante, avait reprit son air absent, regardant fixement le monsieur endormit dont la bouche s'était entrouverte. Lorsqu'elle eut terminé, elle tapa dans ses mains, saisit son panier sous un bras et fit mine de partir. Trowa, soudain de retour à ses esprits, se jeta pratiquement par terre et la suivit en trottinant. Heero, tant qu'à lui, demeura sur place les bras battants.
Il se demanda s'il n'aurait pas dû dire quelque chose. C'était toujours ce qu'il se demandait après une rencontre. En fait, il ne savait jamais quoi dire. Les gens se lassaient vite de lui. Au primaire, les enfants qui s'essayaient à devenir son ami perdaient patience après la troisième journée. Selon tous ses professeurs jusqu'à maintenant, il était trop sérieux, trop froid, trop machinal, trop rêveur, trop silencieux, trop effacé, trop solitaire… trop ci, trop ça. Si bien qu'il avait accepté l'idée qu'il n'aurait jamais d'avenir stable et qu'il ferait bien de rester avec sa mère.
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-Quelqu'un peut-il me donner la réponse à l'équation?
Le silence résonna dans la classe et le professeur lâcha un soupir irrité. Il replaça ses lunettes et chercha une tête sûre qui ne répondrait pas que par des bredouillements. Évidemment, son regard se posa sur Heero.
-Monsieur Yuy?
-X est égale à 3.
-Et comment en êtes-vous arrivé à cette conclusion?
-Je sais pas.
-Voyons, vous avez dû faire l'équation pour arriver à cette réponse! Faites un effort!
-Je sais pas.
-Avez-vous seulement dit un chiffre comme cela pour éviter de passer pour un idiot?
-Je sais pas.
Quelques gloussements retentirent dans la pièce au grand dam du professeur. Heero ne leva même pas les yeux, occupé à gribouiller quelques dessins sans forme dans le coin de son cahier. Son professeur, qui l'avait cerné, s'approcha avec la ferme intention de lui étendre sa règle sur le nez quand on cogna à la porte. Il y eut des murmures d'excitation immatures. Seul Heero ne tendit pas le cou pour voir qui était à la porte. Il revint quelques instants plus tard et fit un geste impatient à Heero.
-On vous demande au bureau du directeur monsieur Yuy. Ça vous sauvera de votre ignorance…
Heero se leva et sortit de la classe en silence, indifférent aux quelques rires moqueurs. Il détestait les mathématiques, de toutes manières. Il n'y avait rien de plus ennuyeux que les maths. C'était si rationnel, si droit, si… parfait. C'en était juste chiant et même s'il obtenait des résultats impressionnants sans se forcer, il se répugnait à participer au cours.
Heero suivit la secrétaire jusqu'à son bureau et s'y installa en silence, attendant qu'on lui fasse quelques reproches à propos de ses absences injustifiées ou de son comportement. Il remarqua tout de même que l'air de Mlle Lucrezia Noin était plus sérieux qu'à l'habitude et que son regard était moins dur. Légèrement plus intéressé, il se demanda s'il ne s'était pas passé quelque chose de grave. Ou peut-être allait-on le renvoyer? Cela ferait sans doute le bonheur de sa mère.
-Alors Heero…
Elle était la seule personne dans cette école à l'appeler par son prénom. Pour les professeurs, c'était Monsieur Yuy. Pour les autres étudiants, c'était légèrement moins sympathique. Des trucs comme l'attardé, le freak, le débile… Et que d'autres jolis synonymes. Alors Heero se plaisait à s'entendre apostropher par Mlle Noin, bien qu'elle semblât frigide et sans chaleur.
-Heero, vous m'écoutez?
Heero leva la tête et sourit poliment.
-Oui…?
-Il n'est pas bon de vous encrer dans votre bulle. Ce que j'ai à dire est important, le réprimanda-t-elle.
Heero hocha la tête sans rien répondre. Elle et lui n'avaient pas la même notion de ce qui était important ou pas.
-Je disais donc… Hier après les cours, il semble qu'il vous soit arriver un petit incident. Vous avez fait la rencontre d'un certain Duo Maxwell et l'infirmière en chef nous a confirmé que c'est vous qui le transportiez jusqu'à l'infirmerie. Il avait plusieurs lésions, de nombreuses coupures et un bras déboîté.
Elle s'arrêta et attendit que Heero approuve. Il opina légèrement. S'en contentant largement, Noin poursuivit.
-Il se trouve que ce Duo Maxwell ne s'est pas présenté à ses cours depuis un bon bout de temps. Le numéro de téléphone noté dans son dossier est invalide et il nous est impossible de rejoindre ses parents. Une fois son bras remis en place et ses blessures soignées, nous l'avons interrogé. Il a refusé de nous dire quoi que ce soit. Nous respectons la vie privée des élèves, mais les blessures de ce genre sont graves et nous aimerions bien en connaître les coupables pour éviter qu'il n'y est d'autres victimes, d'autant plus qu'il y a déjà une enquête en cours sur une certaine bande dangereuse. Vous comprenez?
Heero avait suivit le monologue avec une certaine distance, mais il comprenait un peu mieux pourquoi on l'avait fait venir ici. Et il n'aimait pas cela. Il ne voulait pas être mêlé à une histoire de délateur, de coupable, de vengeance ou de quoi que ce soit qui lui attirerait nécessairement des ennuis. Aussi se leva-t-il, prêt à partir.
-Je n'ai rien vu, déclara-t-il, Je l'ai trouvé.
Il tourna les talons. Noin se racla la gorge. Heero s'arrêta et lui jeta un coup d'œil par-dessus son épaule.
-Vous êtes sûr, Heero?
-Oui.
-Vous êtes un peu pressé. Vous me dites toute la vérité?
-Oui.
-Bien… Si vous changez d'idée, vous viendrez me voir. En attendant, retournez à votre cours et assurez-vous de faire en sorte que je n'ai pas à supporter les discours incessants du professeur J. comme quoi votre comportement est insaisissable.
Étonnant. Elle aurait pourtant dû le retenir. Heero se douta qu'il n'en avait pas finit avaec cette histoire. Il quitta le bureau, sentant le léger sourire flotter sur les lèvres de la secrétaire. En sortant, il se butta littéralement sur le sujet de la discussion. Duo Maxwell, un pansement sur la joue, le bras immobilisé par des bandages, les cheveux bien tressés, paraissait beaucoup plus vivant que la veille. Il avait toujours ses souliers rouges aux pieds, mais sa chemise n'était plus recouverte de liquide rougeâtre. C'était nettement plus joli à regarder. Heero sourit bêtement. Duo le lui rendit au centuple.
-Ah, t'es le chic type d'hier, toi, hein? J'ai eu de la chance que mon héros se trouve dans ces toilettes abandonnées!
Il tendit son bras en bon état.
-Duo Maxwell, mais ils doivent te l'avoir déjà dit. On peut même dire qu'ils t'en ont appris plus que tu ne leur en as dit, pas vrai?
Duo avait l'air d'être tout un phénomène. D'autant plus qu'il se tenait sur une jambe, comme un flamant. Heero considéra la main un moment. Il ne la saisit que lorsque Duo allait la rabaisser.
-Heero Yuy, dit-il.
-Eh bien, heureux de te connaître. Non, en fait, heureux de te revoir! D'ailleurs, je t'en dois une…
-Non, répliqua Heero.
-Ah, d'accord. Dans ce cas-là, je vais te laisser. Si je traîne trop, un vieux copain à moi va me repérer et comme je suis sûr qu'il est déjà au courant pour ça –il remua son mauvais bras et grimaça- il va en faire toute une histoire… Alors… salut!
Il tourna le dos à Heero et progressa vers la sortie. Peut-être était-ce étrange, mais Heero était déçu. Il s'attendait à plus d'insistance. Soudain fébrile, il s'élança et parcourut la courte distance qu'avait laisser Duo entre eux et l'agrippa par la manche. Celui-ci se retourna, l'air interrogateur.
-Euh… je… ma.. manger!
Duo le dévisagea sans comprendre. Heero, tant qu'à lui, prenait compte peu à peu du ridicule de la situation. Il lâcha la manche de Duo et tâcha de retrouver son calme. S'il était chanceux, il n'avait pas rougit.
-J'ai faim, dit-t-il sur un ton évadé, Souvent.
Interdit, Duo le jaugea un petit instant avant d'éclater de rire. Honteux, Heero se dit qu'il ferait mieux de déguerpir et de ne plus revoir cet individu. Or, il voulait le revoir. Et le dessiner encore. Il avait trouvé un modèle autre que sa mère, pourquoi le perdre? C'était dommage qu'il ne soit pas plus doué que ça en terme relationnel… La preuve, Duo se moquait de lui. Mama Domenico avait raison sur les hommes, ils étaient…
-Tu aurais dû me le dire avant, si ce n'est que ça! Ironiquement, je connais un endroit super! Mais là, je peux pas. Désolé. Une autre fois? Tient…
Il sortit un stylo tout mordillé de la poche de son jean et le donna à Heero. Puis il montra son bras.
-Écris-moi ton numéro ou ton adresse. Je reviendrai sûrement pas ici, c'est trop risqué.
Musé, Heero se pencha et songea un instant. Si Duo débarquait chez lui, il allait se faire rembarrer par sa mère. Pareil s'il téléphonait et que c'était elle qui répondait. Il ne savait même pas si le téléphone fonctionnait toujours… Il leva les yeux.
-Je peux pas…
-Oh… c'est embêtant.
Duo leva les yeux au ciel et fit mine de réfléchir. Il sourit et haussa les épaules.
-Bon… ben c'est toi qui me joindra alors.
Il reprit son crayon et, profitant du bras de Heero toujours tendu, il écrivit une adresse dessus. Une fois écrite, il enfonça le stylo dans sa poche et ouvrit la bouche pour ajouter quelque chose, mais il se figea. Il avait dû voir quelque chose par dessus l'épaule de Heero, car il recula vivement. Il sourit nerveusement et lança :
-Passe me voir!
Il tourna les talons et se mit à courir aussi vite qu'il le pouvait avec son bras blessé. Heero se retourna lentement et aperçut le remplaçant d'art plastique qui s'approchait, l'air embêté. Tout compte fait, il ne savait que penser de ce professeur. Si autoritaire qu'il paraissait être, son regard, lorsqu'il se posait sur lui, était conciliant. En fait, il n'aimait pas tellement ça. La conciliation lui donnait plutôt une impression de pitié et il préférait encore le mépris… Quel était le nom de ce professeur, déjà?
-Monsieur Yuy, m'avez-vous mentit lorsque vous avez prétendu ne pas connaître Duo?
Heero leva les yeux et enfouit ses mains dans ses poches. Il ne répondit rien. Le professeur s'irrita et le saisit par les épaules.
-C'est très important! Est-ce que vous le connaissez ou non?
Heero, insensible au ton de la voix, érpouva de la répugnance face à la pression sur ses épaules. Il baissa le regard sur une des mains. Elle était chaude et la poigne était plus désespérée qu'agressive. Avec un certain mouvement, il s'en défit et toisa longuement le professeur.
-Non, dit-il enfin.
-Alors pourquoi vous parlait-il?
-Pourquoi ne vous parle-t-il pas à vous?
Hébété, le professeur parut se calmer. Il croisa les bras et soupira profondément.
-Je suis désolé, murmura-t-il, Il est si exaspérant… je ne peux que m'inquiéter pour lui…
Heero se souvint alors de son nom. Winner. Quatre Winner. Il avait écrit cela au tableau de la classe d'art. Ensuite, il lui avait fait des reproches sur son retard et s'était nettement adoucit en voyant le portrait de Duo. Par la suite, il s'était adressé à Heero avec politesse et gentillesse, mais sans quitter cet espèce de regard conciliant. Quatre Winner. Il devait être ce que sa mère appelait un 'blanc-bec'. Les blanc-bec, selon elle, étaient des beaux parleurs ambitieux et plein d'entrain face à l'avenir. Par la suite, leur visage devenait triste et fatigué. Sans qu'il ne sache pourquoi, Heero songea à son père. Était-il un blanc-bec ou un dévoreur de cœur? Sa mère n'en parlait jamais. Il se raidit et passa près de M. Winner sans lui accorder un regard.
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Heero rentra chez lui et en déposant son sac, il aperçut sa mère assise à table. Elle lisait, chose qu'elle n'avait pas fait depuis longtemps, faute de temps. De plus, elle était en sous-vêtement, ce qui indiquait clairement qu'elle n'était pas allé travailler, comme il le pensait. Les yeux de Heero se posèrent sur la peau de la mère. Elle était ce qu'il avait vu de plus beau dans sa vie… Déjouant sa gêne grandissante, Heero alla chercher une couverture et lui couvrit les épaules. Elle tourna la tête et sourit.
-Amore… comment s'est passé ta journée? J'ai vu que tu avais fait la lessive. Pardonne-moi…
Elle se retourna complètement et enlaça son fils. Mal à l'aise, Heero commençait à s'inquiéter. Sa mère était-elle malade? S'était-elle fait renvoyé?
-Ce n'est pas grave, souffla-t-il, Pourquoi n'es-tu pas au travail?
-…
Domenico se détacha de son fils et se leva doucement. Elle passa sa main dans ses cheveux défaits et sourit, pensive. Puis son regard revint se planter dans celui de Heero.
-Je n'allais pas travailler le jour de ton anniversaire, quand même!
Heero réprima un geste d'irritation. Sa mère avait pratiquement manqué tous ses anniversaires, souvent après lui avoir promis d'être là. Cette excuse était piètre, et elle le savait, car elle baissa les yeux, honteuse. Elle se mordit la lèvre inférieure. Elle faisait toujours ça lorsqu'elle se préparait à mentir.
-On m'a donné quelques jours de congé pour… réfléchir à quelque chose. Alors toi et moi, on va pouvoir passer un peu de temps ensemble.
Heero se douta qu'il y avait quelque chose de terriblement louche dans cette réponse, mais il s'en contenta. Sa mère voulait passer du temps avec lui…
-Maman, qui était papa? demanda-t-il spontanément afin de changer de sujet.
Le visage de Domenico se ferma. Elle fit une moue de mépris et renifla.
-Personne. Ton père, c'était personne. Tu n'as pas de père, Heero. Tu as une mère. Une mère seule qui se fend en quatre pour toi. Ça ne te suffit donc pas?
-S-Si, bien sûr, mais je pensais que…
-Si je te suffis, pourquoi me parles-tu d'un père? Tu veux que je me sente coupable?
Heero se tut. Il détestait quand sa mère se mettait dans cet état.
-Réponds, Heero.
Heero ne répondit pas. Il préférait éviter d'avoir à dire quelque chose qui serait de toute façon mal interprété.
-Heero, tu sais que je déteste quand tu joues les muets!
Il hésita, mais demeura obstinément silencieux.
-Merde!
Domenico frappa sur la table et fonça droit vers sa chambre. La porte claqua. Heero s'assit là où était sa mère et contempla le livre ouvert en silence.
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Tadam! Troisième chapitre!
