Réponses aux reviews :
Neko At Work: Merci, tu me flattes dans le sens du poil! Vi, le shonen-aï avance, tout doucement! J'ai hâte. XD Ce sont les auteurs qui attendent le plus impatiemment le moment fatal, mais ils font exprès pour les retarder.. erf!
MDR La chanson tordue! Ça convient tout à fait à mon histoire! Je devrais la faire chanter à Duo à un moment!
Ilham: Hello! Oui, la relation avance du mieux que je peux la faire avancer! Et j'en suis fière, pour éviter toute modestie xD Enfin, merci du review!
Echizen D Luffy: Ahhh… il peut bien devenir chaud, innocent comme il est, ça ne peut que lui être utile!
Marnie02: Ah, ça aurait pu être Zech, oui. Je n'ai pas été très explicite sur le physique de Quatre après tout! Et petit Heero va finir par ne plus être petit, évidemment… Merci de continuer à me lire!
Chapitre 5
Heero était arrivé chez lui à 18 heures moins le quart, ce qui signifiait qu'il avait passé près de six heures au près de Duo. Oh, pas qu'ils aient fait grand chose. Ils s'étaient baladé en moto presque tout le temps et s'étaient arrêté à divers endroits; dans un parc, dans un bar laitier… Ensuite, Duo avait été prendre des commandes du restaurant et était allé les rendre à Meiran. Finalement, il s'était proposé pour aller reconduire Heero qui avait poliment refusé, prétextant commencer à avoir le tournis à cause de la vitesse. Heureusement, Duo avait simplement haussé les épaules et lui avait demandé de revenir.
Heero était donc rentré à pied, rebutant l'autobus, et s'était attendu à une grande scène de la part de sa mère. Eh non. Elle n'était même pas à la maison. Surpris, il avait d'abord pensé qu'elle avait pu sortir pour faire des courses, ou alors partir à sa recherche par inquiétude (ce qui était un espoir vain). Mais après cinq heures à l'attendre, il s'était fait une raison. Le fait qu'il parte avait bien fait l'affaire de Domenico. Elle n'avait sans doute pas hésité une seconde avant de quitter le logis, comme lui l'avait fait.
Heero était en colère. Normalement, cela lui aurait passé six pieds par dessus la tête. Après tout, il connaissait bien sa mère et ça n'aurait pas dû le surprendre qu'elle disparaisse sans laisser de note. Or, cette fois-ci était différente, il n'aurait pas su dire pourquoi. Peut-être parce qu'il venait de passer un bon moment avec Duo? Enfin, quoi qu'il en soit, il en voulait à sa mère. Assis contre, le mur, il donnait de grands coups de crayons à sa tablette à dessin. Le croquis représentait un cœur –un vrai cœur humain- saignant entre des mains griffues qui s'enserraient étroitement autour, jusqu'à le faire éclater. Heero était si précis que le dessin semblait réel. Une réalité affreusement morbide. Il lui arrivait rarement de faire des esquisses si noires, mais sur le moment, il en avait ressenti le besoin. Au dernier coup de crayon, il appuya si fort que la feuille se déchira. Il arracha la page et la réduis en morceaux. Il ne gardait jamais ce genre de dessin. Il les trouvait d'abord jolis et bien représentatif de ses émotions, mais par la suite, ils lui faisaient peur et il insupportait de les avoir dans son champ de vision. De plus, il craignait que sa mère ne finisse par les découvrir, bien plus que les portraits de Duo. Aux yeux de Domenico, Heero était heureux. Enfin, c'est du moins ce qu'il aimait à lui faire croire. Lorsqu'elle le savait malheureux, tout allait de pire en pire. Il l'avait bien vu lorsqu'il était rentré avec un coquart…
Il quitta sa chambre et alla dans la cuisine. Il mit les résidus de papier dans un pot et chercha un paquet d'allumette. Une fois trouvé, il mit le feu aux papiers et attendit qu'ils soient réduis en cendres. Par moment, les papiers se mettaient à voltiger et il devait les ramener dans le feu. Au final, il passa le bol sous l'évier, répandant de la vapeur partout, et jeta le contenu noirci dans la poubelle.
Plus ou moins satisfait, il jeta un coup d'œil sur l'horloge. 11 heures trente. Peut-être son patron avait-il appelé pour qu'elle retourne au travail de toute urgence? Il se rendit à la fenêtre et toisa le ciel sombre dénudé d'étoile. Non… sa mère était une simple hôtesse. Si elle était en congé, il n'y avait aucune raison pour qu'on revienne sur cette décision. Il se cogna durement la tête contre la vitre.
-Mais où es-tu… murmura-t-il pour lui-même.
Il retourna dans sa chambre, prit une veste dans sa commode et sa casquette sur le lit, et quitta la demeure. Il ne pensa pas à une destination concrète et se mit simplement à marcher. Il passa par la ruelle de la vieille Barton. Elle n'était évidemment pas sur ses marches d'escalier, mais d'une fenêtre jaillissait une lumière qui trahissait la présence de la dame. Heero s'approcha de l'escalier et jeta un coup d'œil. Il y avait un chat qui y dormait et, à l'approche de Heero, il se réveilla, cracha, et gravit l'escalier à toute vitesse jusqu'au premier balcon.
Une petite bouille familière apparut alors à la fenêtre. Trowa, il se souvenait bien. Le gamin semblait heureux de le voir. Il avait un grand sourire, un beau sourire. Heero le lui rendit. Apparemment, il était apprécié. Il fit un léger signe de la main auquel Trowa répondit immédiatement. Il disparut alors de la fenêtre et, quelques secondes après, la porte du premier étage qui donnait sur la ruelle s'ouvrit et Trowa venait se planter devant Heero. Celui-ci s'en trouva assez malaisé. Il ne pensait pas rester longtemps et ne voulait surtout pas se faire inviter à entrer. Cependant, Trowa ne fit que demeurer planté là comme un piquet, l'expression joyeuse, mais le regard profond. Après quelques minutes de confrontation visuel, Heero décida qu'il perdait un temps précieux et que la vieille Barton était une bien mauvaise gardienne pour ne pas se rendre compte que son rejeton avait quitté la maison.
-Tu devrais rentrer dormir, il est tard, tenta finalement Heero.
Trowa pencha la tête de côté sans faire un mouvement pour s'en aller. Son regard pénétrant observait les moindres gestes de son aîné avec un grand intérêt.
Heero prit alors sa casquette et l'abattit sur la tête du petit. Celui-ci gloussa et s'enfuit dans la maison avec le couvre-chef, refermant vivement la porte. Hébété, Heero sourit quand même et continua son chemin.
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Heero marchait depuis une bonne vingtaine de minute. Il faisait frais, mais surtout, il faisait noir. Les rues étaient mal éclairées et pratiquement désertiques. Il distinguait parfois quelques bruits étouffés provenant de ruelles, mais il ne se retournait pas par peur de ce qu'il pourrait y voir. Il ne savait pas exactement ce qu'il cherchait, n'ayant jamais vu le lieu de travail de sa mère, mais ça le relaxait et il sentait sa colère contre sa mère retomber peu à peu. Maintenant, il était plutôt inquiet, d'autant plus qu'il se sentait de plus en plus perdu à chaque pas. Il avait dû prendre un mauvais tournent à un moment ou un autre, car il ne reconnaissait plus les maisons. L'ombre ravageait entièrement la rue et seuls les réverbères lui fournissaient une mince aide de leurs lumières blafardes.
Heero finit tout bonnement par s'arrêter et se traiter mentalement d'idiot. Il était perdu et il continuait d'avancer sans penser qu'il s'enfonçait peut-être loin de sa maison. Il fit donc demi-tour et tenta de refaire le chemin en sens inverse. Pas de chance, à force de tourner et de prendre des routes aléatoires, il ne s'y retrouvait plus. Pas étonnant, il ne distinguait rien du tout. Allait-il devoir dormir dehors, ou marcher toute la nuit?
Heero vira dans une ruelle, à présent très nerveux, et s'assit contre un mur de briques. Il avait l'air d'un enfant de cinq ans qui avait perdu sa maman le temps de se laisser distraire une seconde par un oiseau ou un écureuil. Repliant ses jambes contre son torse, Heero se maudit. S'il était sagement resté à la maison, cela ne se serait pas produit et sa mère aurait fini par rentrer. Mais non. Il fallait qu'il parte à sa recherche alors qu'il n'avait pas la moindre idée de l'endroit où elle se trouvait dans cette ville immense. Fallait-il qu'il soit stupide à ce point? Soupirant de fatigue, il s'autorisa à fermer les yeux. Le mur était dur contre sa tête, le sol était froid et des bruits survenaient à tout moment, mais malgré tout, il commença à s'assoupir tout doucement…
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Heero sentit quelque chose bouger devant lui. Il ouvrit les yeux à temps pour recevoir un coup au visage. Le choc le fit s'étaler au sol. Sonné, il releva lentement la tête, n'ayant pas le réflexe de se relever. Il eut cependant celui de protéger son visage avant de recevoir un autre coup. Entre ses doigts, il distingua une grande silhouette effacée à cause de la noirceur. Large, elle émanait une certaine puissance et une solidité de plomb. Mais plus que ça, Heero eut l'impression qu'il n'avait pas affaire à quelqu'un de normal, d'humain. Il n'eut pas peur, mais il fut assez ahuri pour figer lorsqu'il reçut un troisième coup. Cette fois, sa vue se troubla et il sentit quelque chose couler le long de son menton. Comme électrisé, il se releva à pleine vitesse et évita une nouvelle attaque. Il s'élança hors de la ruelle et se pencha en sentant la présence. Il réussit encore à esquiver un coup, mais il s'étala par terre en trébuchant. Un rire rocailleux retentit derrière lui, un rire cruel, empli de méchanceté volontaire. Heero se sentit soulever et retourner.
-Pauvre fils de pute, murmura-t-il, Une vrai poupée de chiffon, comme l'autre connasse…
La voix était grave. En fait, elle n'avait rein d'une voix. À travers sa frayeur, Heero entendait plutôt des grognements et des sons gras. Enfant, il avait écouté un film d'épouvante alors que sa mère dormait. C'était un flop; les effets spéciaux étaient ringards et les personnages n'avaient pas l'air naturel. Néanmoins, le monstre était très réaliste. Si moche pouvait-il être, son attitude, sa voix, son regard ne s'assimilaient qu'à la haine… La haine que sa mère éprouvait pour les hommes, la haine que les jeunes de son âge éprouvaient pour lui, même la haine que Duo éprouvait vraisemblablement pour son père… Heero eut alors très peur. Peur que cette haine soit contagieuse. Peur de la ressentir en son être. La main qui lui enserrait le cou le brûlait.
Devant l'air semi-absent de Heero même en pareil situation, le 'monstre' sembla s'irriter. Le bras s'étendit soudainement vers l'arrière. Ça y était. La haine allait le frapper de plein fouet s'il ne faisait rien. Apeuré, Heero leva vivement le genou et l'écrasa là où il savait que son agresseur aurait mal, tout droit dans les parties. L'autre poussa un grognement mêlé de surprise et de douleur et Heero fut tout fin libre. Étourdit et confus, il hésita un moment. Ce fut lorsque le monstre leva la main pour l'agripper de nouveau qu'il eut un mouvement de recul, tourna les talons et s'élança pour courir. Il sentit une pression sur son pied et trébucha. Il agita vigoureusement la jambe, et finalement, son soulier demeura dans la main du monstre alors que lui se sentit projeter vers l'avant par perte d'équilibre. Alors qu'il tentait de se relever malgré la sensation de tournis qui l'assaillait, deux phares l'aveuglèrent. Un klaxon retentit dans le silence paniqué. Heero n'eut pas le temps de faire un mouvement qu'en moins de quelques secondes, il se sentait percuté.
Le choc fut très grand, mais la douleur ne vint qu'après. Vive et stridente, elle se propageait partout dans son corps. Heero tremblait convulsivement, un goût métallique dans la bouche. C'était la haine, assurément… La haine l'avait frappé… Le temps d'entendre des bruits divers, paniqués, stressants, Heero était déjà dans les vapes.
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Et voilà, le cinquième chapitre est un peu tragique, mais surtout mélangeant… Eh! Mais pas pour longtemps!
