Disclaimer : Je ne possède pas Naruto, remercions Masashi Kishimoto.

Bla-bla : J'ai passé les cinq derniers jours à faire de la couture et je n'en peux plus alors, j'ai besoin de me défouler.

Merci : à Mokoshna pour sa bêta lecture.

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Trente manières stupides de tuer Itachi.

Assassin 11 : Anni

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Itachi Uchiha était une grande diva. Lui préférait s'appeler un esthète confirmé, un fin connaisseur en matière de beauté, un homme de goût, un dandy proustien. Mais les autres dans leur rustrerie primaire préféraient le traiter de diva, de grande folle ou encore de demoiselle en manque de fanfreluches. Il leur en coûtait bien sûr quelques litres de sang et des kilowatts de signaux de douleurs transmis jusqu'au cerveau, mais, le reste du monde semblait s'obstiner à persévérer dans son erreur et à l'appeler d'un nom qu'il jugeait fallacieux.

Ce jour-là, donc, le Beau Brummell des shinobi se trouvait en pleine conversation avec un créateur visionnaire et génial qui avait promis de re-designer toutes les tenues des membres de la mystérieuse et incroyablement tendance organisation de la Lune Rouge, nom des plus poétiques et prometteurs qui méritait d'être mis en valeur par un uniforme adapté et conforme aux modes les plus avant-gardistes. Qui avait jamais vu un personnage d'un certain statut comme Osukaru Wairedo, célèbre écrivain et maître de la mode à travers tout le Pays de la Brume porter un tissu, certes d'un noir très classe, mais ponctué de ridicules nuages rouges bordés de blanc comme autant de moutons shootés au LSD, sans parler de ce rideau collé au chapeau semblable à d'invraisemblables dreadlocks blanches.

Le maître de haute couture au nom aussi exotique que prometteur de Djanpol montrait donc à la prima donna des ninja les croquis qu'il avait imaginés pour satisfaire les goûts et les attentes de son cabalistique client aux allures de ténébreux héros de nouvelle gothique. Avec un goût confinant à l'exquis, son mécène et lui discutèrent matières, teintes, accessoires et assortiments ainsi que des derniers écrits de maestro Wairedo. Ils riaient aux mêmes boutades et se délectaient des mêmes calomnies, c'était l'osmose parfaite.

Pour célébrer cette rencontre divine et délicieuse, Djanpol invita son nébuleux hôte à visiter les merveilleuses installations qui permettaient à son génie fantasque de s'exprimer en toute liberté en créant des oeuvres d'art pour une somme modique et forfaitaire équivalant au PIB du Pays de la Neige.

"Voilà donc, mon cher, la merveilleuse Maari-chan qui s'occupe de toutes les dentelles. Est-ce que ses doigts fins ne sont pas de vrais merveilles ?" demanda l'artiste en montrant la cascade d'entrelacs blancs qui s'échappait, inlassable, du frétillement surhumain des mains de la jeune femme au regard vide fixé sur son ouvrage.

Ils passèrent devant Ameri, la spécialiste des paillettes dont le teint était aussi terne que ses pastilles de couleur étaient brillantes ; puis il y eut Djineto la brodeuse courbée comme un vieux saule au-dessus de son tambour ; et aussi Renne le spécialiste des patrons aussi transparent que son papier de soie. A côté de ses artisans, le maître semblait plein de vie et d'enthousiasme et menait son amphitryon avec une joie débordante.

"Et voilà ma meilleure ouvrière, le clou de ma collection, la superbe et inégalable Anni." déclama-t-il en désignant une immense machine qui trônait royalement dans la meilleure moitié de la pièce.

Itachi s'approcha avec une certaine circonspection.

"Cette petite merveille de technologie coupe, surfile, bâtit et coud en un tour de main. Grâce à elle plus besoin de toutes ces mijaurées de petites cousettes qui m'emplissaient la tête de leur babillement incessant. A présent il ne règne dans ces murs que le doux cliquetis de cette beauté." soliloqua le couturier un sourire extatique aux lèvres tandis qu'il laissait sa main droite bardée de bagues caresser la carlingue froide de sa bête de métal.

"Mais un beau geste vaut mieux que mille paroles !" philosopha-t-il en abaissant le grand levier. "Regardez attentivement, car sous vos yeux de fin connaisseur c'est un nouveau chef-d'oeuvre qui va naître !"

Et en effet, sous les yeux uniques et artistiquement dessinés au khôl, le terrible engin sifflant et branlant découpait, surfilait, bâtissait et cousait. Intrigué, Itachi se rapprocha encore d'un pas pour observer de plus près l'étrange forme que prenait ce vêtement qui se constituait devant lui.

Par un malheureux concours de circonstance, alors qu'il découvrait avec stupeur la superbe forme de cette robe au motif d'éclairs, un coup de vent s'engouffra par la porte d'entrée laissée ouverte pour que les doigts de Maari ne se mettent pas à fumer. Dans un fol élan la bourrasque d'air emporta le tissu aux nuages rouges et démodés et le posa dans l'un des rouages de la machine. Mais, trop occupé à contempler la genèse de cette nouvelle oeuvre d'art, le Uchiha ne sentit pas le déplacement avant qu'il ne soit trop tard. Les énormes cisailles dentelées s'abattirent sur ses jambes, ses bras furent surfilés au fil d'argent et ses cuisses furent dûment bâties au fil de coton avant que son visage ne soit cousu à cette robe qu'il admirait tant.

Voyant sa merveilleuse Anni souffrir et hoqueter en tentant de digérer le shinobi, le maître tourna de l'oeil. Profitant de l'absence de l'oeil du maître, les ouvriers se jetèrent sur leur terrible rivale pour la mettre en pièce dans un rugissement de rage. Le cadavre du génie Uchiha disparut dans les décombres de l'infernal automate.

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Moralité : Victime de la mode, tel est son nom de code.