Rating : M
Prairing : HP/SS
Disclaimer : Vraiment rien à moi, personnages et univers de JKR, histoire de l'exquise Cybèle, moi je traduis seulement (et uniquement la fin)…
Note de la traductrice : Ceci est la suite d'une traduction déjà largement entamée par la talentueuse Gaeriel Palpatine. Si vous êtes arrivés ici par hasard, je vous conseille fortement d'aller lire le début en premier. Le lien est dans mon profil. Vous y trouverez également le lien vers l'histoire originale de Cybèle, ainsi que vers les autres fics qu'elle a écrites.
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Si vous êtes prêt – III. Advienne que pourra
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Chapitre 17 : Surprises désagréables
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Je suis distrait de ma lecture lorsque quelque chose tombe sur mes genoux. Je baisse la tête pour voir et saisit une fiole de lubrifiant de mon entrejambe.
« Je pensais que tu étudiais. » Je pose la fiole sur la table basse et retourne mon attention sur mon livre. J'ai déjà baisé un de mes élèves aujourd'hui. Je suis difficilement d'humeur pour le refaire.
Le livre disparaît de mes mains. « Potter ! »
Ses mains tombent sur mes épaules pour les masser, dégageant au loin mon irritation. « Tu ne peux pas t'attendre à ce que j'étudie ça. Honnêtement, c'est indécent. » Ses doigts caressent fermement chaque côté de ma nuque.
J'autorise ma tête à se relaxer contre le dos du fauteuil. Je n'ai pas l'énergie pour le combattre. Pour une fois, il est la seule chose pour laquelle je ne m'inquiète pas maladivement. Je soupire lourdement. « Ton texte de Potions est indécent, » dis je platement.
« Mmm-hmmm, » hume-t-il, se déplaçant maintenant à la base de ma tête et appuyant en doux cercles de chaque côté de ma colonne. Je fais tout ce qui est possible pour ne pas exprimer mon approbation par un gémissement satisfait. « Tout ça parle de bâtons parallèles, d'angle de pénétration… » Ses mains se retirent et il vient devant moi, complètement nu. Peu importe le nombre de fois où je le vois, je suis toujours rendu momentanément muet. Mon souffle se bloque quand il commence à se caresser. Son érection brille avec le lubrifiant.
Je hausse un sourcil intéressé.
« J'ai été distrait, » il sourit de façon salace et mon estomac se retourne de lui-même. « Je ne pense pas que ce soit une source de lecture convenable, Professeur Snape. » Il marche vers moi, tendant une main huilée.
Et merde mais je la prends, me levant du fauteuil. Je mérite une pause dans l'angoisse permanente que ma vie est devenue.
« Oui, je peux voir à quel point cela peut être une étude perturbante pour un esprit impressionnable. » J'ai un rictus. Mes mains se lèvent pour manœuvrer le haut col de mes robes, uniquement pour avoir mes robes tombant sans cérémonie à mes pieds. Mes mains s'abaissent avec force sur ses épaules. Je me penche, plissant mes yeux. « La prochaine fois que tu fais ça, je t'ensorcelle. » L'irritation qui donne sa force à l'avertissement manque tandis que je balance mes hanches nouvellement nues contre son estomac.
Il tend sa nuque pour m'embrasser. « Peux pas m'en empêcher, » il sourit contre ma bouche, ses yeux à moitié ouverts. « Je suis impatient. J'ai lu sur l'angle de pénétration toute la nuit. » Une main s'enroule d'elle-même dans mes cheveux, tandis que l'autre se presse contre le bas de mon dos. Son doigt du milieu frotte en petits cercles le bas de ma colonne.
« Je suppose que je pourrais prendre un peu de temps pour t'éduquer sur le sujet. » Je vais pour approfondir le baiser dont il narguait mes lèvres mais il se retire avec la moitié d'un sourire. Quelque chose d'étrange s'illumine dans ses yeux.
« Je crois que je préfère te montrer ce que j'ai appris. » Le léger rougissement qui colorent ses joues n'a pas lieu d'être sur ce qui peut seulement être considéré comme une expression criblée d'intention. Il prend la longue pause qu'il me faut pour retrouver l'utilisation de ma gorge comme un accord et m'incite gentiment à me tourner. Un dernier essai de protestation est coupé court par un doigt explorateur glissant entre mes fesses. Il m'embrasse le long de ma colonne, fait passer ses dents sur mes vertèbres. La main sur mon épaule forme un plaidoyer silencieux de complaisance.
Je résiste mentalement par pure habitude. Mais je m'abaisse sur le sol, de toute façon, et laisse mes bras sur l'assise du fauteuil tandis qu'il continue à susciter des frissons, florissants n'importe où il place sa bouche. Mes fesses se contractent en signe d'interdit quand il introduit son doigt envahissant. Ses lèvres caressent mon oreille et il murmure, « Est-ce que c'est bon ? »
Son doigt se retire, remplacé par quelque chose de plus consistant et poisseux. Sa main vient s'aplatir contre mon abdomen. Il respire déjà brutalement et je peux sentir la moiteur de son anticipation quand son sexe se presse contre moi. Il attend ma permission.
J'exhale brusquement. « Vas y, » je souffle, me penchant légèrement en avant et ajustant mes genoux pour compenser la différence de taille.
Il pousse obstinément contre la résistance, me pénétrant rapidement, s'enfonçant dans mes chairs douloureusement, exquisément. Gracieusement, je réalise puis écarte cette réalisation quand elle menace de me rappeler à l'esprit la raison pour laquelle il s'est autant amélioré depuis son premier essai brouillon à la pénétration.
Il souffle légèrement quand il est complètement en moi, son front se pressant entre mes omoplates. « Parfait, » gémit-il, ses deux mains se glissant sous mes bras pour entourer mes épaules. Il me sert étroitement. « Comme est mon angle ? » Dit il avec un petit rire.
Avant que je ne puisse répondre (pas que j'eusse répondu), il se retire et revient. Son angle est un peu décalé, quand il sort, mais néanmoins appréciable. Il installe un rythme agréable, prenant soin de me recouvrir complètement, me gardant contre lui, me poussant contre lui avec ses mains fermes sur mes épaules. Je n'ai jamais été baisé si intimement. Et ce n'est pas le plaisir me traversant à chaque coup suave qui me fait tourner la tête. Ce sont ses bras, son torse bougeant contre mon dos, le mouvement fluide de ses hanches, le souffle ardent réchauffant et chatouillant ma nuque et mes oreilles.
Comme si un poids longtemps formé dans ma poitrine s'était soudainement dissout, mes poumons se gonfle librement. Respirer n'a jamais semblé être une tâche aussi ardue avant mais maintenant, quand ma poitrine se relâche de son plein gré je me sens partout plus léger. Mes mains se dirigent vers ses hanches, doigts plantés ni pour le faire aller plus vite ni pour le faire s'arrêter, mais pour l'assurance de s'accrocher à quelque chose de réel.
Ma tête tombe en avant quand il glisse une main et enroule ses doigts autour de moi, me caressant avec le même mouvement tranquille avec lequel il me baise.
Je suis heureux que mon visage lui soit caché. Je frissonne à la pensée de ce que mon abandon puisse révéler dans mon expression. Le martèlement du sang dans mes oreilles est noyé par le son lessivant d'un souffle et de doux gémissements qui ne peuvent possiblement pas venir de moi.
J'y suis presque. La douce montée grandissante et la tension s'accrochant fermement à ma précédente légèreté. Un râle se presse hors de ma gorge et le martèlement devient plus intense et il ne bougera pas plus vite. Je ne veux pas qu'il bouge plus vite. Je ne veux pas que cela—
« Merde ! »
Il se retire abruptement et se redresse sur ses pieds.
Mon cerveau est parcouru par une échappée contrariée et un résidu de vertige, de ceux dont je suis certain n'avoir jamais ressentis. Pas sobre, en tout cas. J'essaye de trouver désespérément les mots pour lui demander pourquoi il s'est arrêté, putain de merde.
Le martèlement revient.
Je frissonne quand un coup de vent refroidit ma peau.
« Quelqu'un est à la porte, » halète-il, offrant sa main pour m'aider à me relever.
Martèlement.
Porte.
Qui que ce soit recevra un sort si c'est pour autre chose qu'une situation de vie ou de mort. J'attrape mes robes et m'y glisse hâtivement. Mes doigts bougent à une vitesse folle pour les fermer car je suis beaucoup trop fier pour demander de l'aide. Je reste de dos. Une honte écarlate brûle ce qui reste de mon excitation.
Des mains me retournent. J'évite ses yeux. Il prend mon visage entre ses mains et m'embrasse fermement. Se retirant, il rayonne, ses yeux splendides et son visage toujours rougi. « Je t'aime, » murmure-t-il.
« Va dans la chambre, » dis-je d'une voix basse tandis que je finis de fermer mes robes.
Il détale quand une série de cognements furieux atteignent une fois de plus la porte. Seulement une personne est assez idiote pour cogner comme cela. Je vais jusqu'à la porte et la tire grande ouverte. « Black ! »
Mais ce n'est pas Black. C'est une baguette. « Luc—
Je n'entends même pas le sort quand une agonie beaucoup trop familière se répand violemment dans mes muscles. Je suis conscient d'être frapper et que je soit conscient de ça est remarquable en lui-même. Douleur. Et un éclair de lumière, blanche et déchirante derrière mes yeux. L'enfer et rien d'autre. Je peux sentir mon âme essayant de s'échapper.
Et ça s'arrête. Je presse mon visage contre le pavage froid du sol, mon corps se crispant. Je commence à entendre des cris et je tente de séparer les mots de leurs significations. Je ne peux pas bouger. Je ne peux pas penser.
Plus de cris et je reconnais la voix. Harry. J'essaye de relever la tête et, échouant, je tente de nouveau de me concentrer sur les mots.
« Jamais vous le toucher… »
Je roule sur le côté et prie mes yeux de s'ouvrir.
« Harry, » je parviens à coasser. Quelque soit le pauvre son que je suis parvenu à produire il reste vain.
« Putain de bâtard… »
Je concentre mon regard pour le voir épingler par terre un Lucius Malfoy inconscient. Du rouge se répand hors de son nez long et fin et de sa bouche.
« Harry, » dis-je plus fort. Il ne m'écoute pas. J'inspire profondément et me pousse sur mes mains et mes genoux, avec l'intention de l'arrêter avant qu'il ne tue le bâtard. Je me lève sur mes genoux et enroule mes bras autour de lui, essayant de remplacer par mon poids ce dont je manque en force. Après une pause, il s'affaiblit et tombe sur le sol. Je regarde par-dessus son épaule pour voir de violentes marques rouges autour du cou de Lucius.
Mais il respire, je m'en assure moi-même.
Ainsi que le garçon dans mes bras. Un peu trop.
« Harry, » dis-je d'une voix sourde, tressaillant quand je bouge mes jambes de dessous moi.
« Il-il-, » il hyperventile. « Tu-tu c-cri-ais—
« Harry. Tu as besoin de te calmer. J'ai besoin que tu ailles chercher la Directrice, » je lui dis et puis serre les dents avant d'ajouter, « Et ton parrain également. » Dégoûté à l'idée d'inviter l'homme à nouveau dans mes appartements, il est un membre de l'Ordre et une vue plus crédible que sa contrepartie lycanthropique.
Il secoue catégoriquement la tête contre ma poitrine. « Je-ne—
« Ça va aller, » j'insiste, le repoussant loin de moi et me relevant douloureusement. Je lui offre une main et il l'accepte, me faisant face maintenant. Son visage est rougi et humide et il ne peut toujours pas respirer correctement. Je frémis quand il jette ses bras autour de moi. Mes muscles et ma peau protestent au contact. Je tapote son dos et le pousse vers la cheminée. Je m'arrête un instant pour me demander s'il est prudent de l'envoyer quelque part dans son état. Je prends son visage entre mes mains et le force à me regarder. « Est-ce que ça va ? » S'il ne se calme pas il pourrait terminer n'importe où dans le château. Sa respiration se transforme en halètements rapides et brefs désormais. Il renifle et je le regarde se reprendre.
Il acquiesce.
Je retire mes mains et il prend une grande inspiration, faisant un pas dans la cheminée. Il s'en va.
Même dans le chaos du moment, je trouve l'image d'un Lucius Malfoy battu étrangement amusante. Je suis pratiquement sûr qu'il ne s'est jamais lui-même retrouvé du mauvais côté d'un poing furieux avant maintenant. Il trouverait les coups de poings en dessous de lui. Une baguette est tellement plus efficace et propre.
Je masse mes muscles endoloris et marche vers lui pour examiner les dommages. Je mets la baguette de l'homme dans ma poche et me demande vaguement à quoi pensait Voldemort en envoyant son serviteur à Poudlard. Même sans Dumbledore, je n'arrive pas à imaginer qu'il ait planifié une attaque directe. Il n'aurait pas pu penser que ça marcherait.
Un frisson me parcourt alors que je considère que cela aurait très bien pu marcher si Harry n'avait pas été là.
Je pointe ma baguette et l'attache, le réveillant juste après. Il cligne des yeux pour mettre son regard au point. Il les plisse une fois qu'ils tombent sur moi. Son regard est acéré et dur avec un dégoût peu caractéristique.
« Tu l'as tué, » grogne-t-il.
Je hausse froidement un sourcil, ignorant le fait que même mon foutu visage me fait mal. Je me rappelle avoir eu un meilleur temps de rétablissement dans ma jeunesse. « Lui. Qui ? »
« Tu as tué mon fils, » il bouillonne.
Quoi que ce soit d'autre quand le garçon est descendu dans le Hall d'Entrée, il était parfaitement vivant. « Je n'ai pas touché ton fils, » dis-je, ma gorge se resserrant à cause d'une peur inexplicable.
La cheminée annonce l'arrivée de McGonagall qui en sort et puis trébuche légèrement en arrière à la vue de Malfoy. « Merlin, Severus. Que lui avez-vous fait ? »
Je n'ai pas la présence d'esprit de grimacer en toute incrédulité à l'absurdité de sa question. « Lucius, où est Draco ? » Je demande à la place.
Le grondement aigre dans sa gorge me donne la nausée.
Il est mort.
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J'administre les trois gouttes requises.
Comme il a refusé de parler et comme il y a probablement quelqu'un de mort, l'utilisation de Veritaserum est admissible. Je recule et permet à Black de s'avancer. Le regard de Lucius se brouille, son visage se lâche.
Je m'arrête pour penser un instant à quel point c'est étrange de ne voir aucune arrogance ni de dédain généralisé sur son visage. J'ai soudainement en mémoire un garçon assez charmant que j'ai connu autrefois. Lucius a toujours été un bâtard prétentieux. Mais cela ne se voyait pas trop quand il n'avait pas à prouver à chacun qu'il était meilleur que lui. Il l'était juste.
Mon attention est distraite par le son de dents claquant venant du fauteuil. Harry y est assis, tremblant comme si l'hiver était soudainement descendu dans les cachots. J'invoque une couverture pour lui. Il se fourre dedans reconnaissant.
McGonagall est assise, austère dans l'autre fauteuil. Je m'appuie contre le foyer.
« Quel est ton nom ? » Black commence, accroupi devant l'homme drogué. Lucius lui répond d'une voix caverneuse. « Pourquoi es tu venu à Poudlard ? »
« Pour tuer Severus Snape. » J'aurais pu répondre à cette question également. Je combats l'envie d'invectiver Black d'aller à l'essentiel.
« Qui t'a envoyé ? »
« Personne. »
Black me lance un coup d'œil, fronçant les sourcils. Il s'éclaircit la gorge. « Où est Draco ? »
« Il est mort. »
« Qui a tué Draco ? »
« Mon maître, » répond Lucius. Ses paupières tiquent.
« Pourquoi Voldemort a tué Draco ? » Dit Black. Sa voix craque comme du vieux parchemin.
« Parce que je ne voulais pas le faire, » dit Lucius. Plus étrange que le sang séchant autour de son nez et de sa bouche sont les larmes gonflant ses yeux. La vision est encore plus irréelle avec le manque total d'expression sur son visage.
Je croise les bras sur ma poitrine, me sentant soudainement assez froid moi-même.
« Pourquoi Voldemort voulait que Draco meurt ? »
« Traîtrise, » dit gravement Lucius. « Draco est venu au Manoir pour essayer de me convaincre de quitter mon maître. Severus Snape l'a avertit d'une enquête. Draco m'a supplié de me rendre aux Aurors. Mon Seigneur était au Manoir. Il a tout entendu. »
Je suis conscient d'avoir un lourd poids vert perçant mon crâne, mais je l'ignore en faveur de supplier la bile dans ma gorge de retourner à un niveau acceptable. Mes yeux se tournent vers McGonagall, qui ne regarde rien en particulier.
« Qu'est ce qui est arrivé ensuite, » urge Black.
« Il voulait que je prouve ma loyauté. Il m'a ordonné de tuer Draco. Quand je n'ai pas levé ma baguette de suite, il a lancé un Endoloris. Draco criait. Il m'a redemandé de le tuer et j'ai levé ma baguette. Je ne pouvais pas le tuer. Je savais que si je ne le faisais pas, mon maître le ferait puis il m'aurait aussi tué. J'ai Transplané quand je l'ai entendu commencer le sort. Je suis venu à Poudlard. C'était la faute de Severus. Je suis venu à Poudlard pour le tuer. Il a ouvert la porte et je lui ai fait sentir ce que Draco a sentit. Puis quelque chose m'a envoyé contre le mur. J'ai perdu conscience… »
Pendant le temps, où il a atteint la partie où il me jette un sort, je suis déjà retourné à lui. Distraitement, je m'assois sur le bord de son fauteuil. J'oublie de me soucier que quelqu'un puisse me voir assis aussi proche de lui. Il ne me vient ni à l'esprit de me débarrasser de la main qui parcourt mon dos. Cette main devient la seule chose réelle dans l'existence.
« Nous devrons l'amener au Ministère, » j'entends dire Black. « Minerva, voudriez vous leur envoyer un hibou et leur faire connaître la situation ? Je l'amènerai par portoloin. »
Il se lève, s'attachant lui-même au corps.
« Severus ? » Dit calmement McGonagall. Je me libère de sa main en frémissant alors qu'elle caresse ma tête. « Lucius est le seul à être blâmé. » Sa voix craque sous le poids de son mensonge. Je renifle quand elle sort son mouchoir de sa manche et se tamponne le nez. « Je pense qu'en ses circonstances, les classes seront annulées demain. Essayez de vous reposer. »
Je m'émerveille devant son habilité à demeurer si composée malgré le fait que sa stupidité ait tuée un garçon. Je suis horrifié qu'elle puisse si facilement se débarrasser du blâme qui lui appartient rigoureusement. J'accepte ma part gracieusement et compte pleinement me rendre malade de regrets. Elle a déjà en toute opportunité oublié son rôle.
Si elle m'avait écouté, rien de ceci ne serait arrivé.
Si Zabini était venu me voir, rien de ceci ne serait arrivé.
Si je n'avais pas interdit l'accès à la Volière, il serait toujours vivant et dormirait tranquillement dans son lit. Ou peut être pas tranquillement, mais en toute sécurité cependant.
Je secoue la tête, hébété par mon dégoût pour moi-même et ma haine envers chaque personne qui a quelque chose à voir avec ça.
J'entends McGonagall dire, « Prenez soin de lui, » et je sens la main remonter mon dos et serrer mon épaule. Je tourne la tête et tente un regard noir dans sa direction. Il ne semble pas remarquer. Il recommence à passer sa main et McGonagall sort par cheminette.
« Harry. » Je regarde vers la porte et Black qui paraît être mal à l'aise de ma proximité avec son filleul, mais peu enclin à protester pour une quelconque raison. « Ça va ? » Demande-t-il.
« Chuis bien, » dit il, pas plus fort qu'un murmure.
Black acquiesce, puis s'en va, traînant un Malfoy flottant derrière lui. La porte se ferme et je suis pressé dans des bras chauds et serré fort. C'est étrangement revivifiant et je ne veux pas me pousser même si une partie de mon cerveau m'urge de le faire.
« Je suis désolé, » chuchote-il. Ses jambes s'insinuent autour de moi et il peut ainsi me tirer plus près. Ma tête se repose sous son menton et je regarde droit devant. Je ne pense à rien en particulier, simplement regardant à la place tandis que les images que Lucius a conjurées flottent au travers de mon esprit.
Mes yeux se fixent presque de désespoir sur un objet posé sur ma table basse. Doucement cet objet s'enregistre de lui-même comme étant une fiole de lubrifiant. Je l'attrape, en grognant.
« Merde, » dit il abasourdi par la réalisation.
Je rigole tristement et m'installe plus proche de lui.
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Mes yeux parcourent une congrégation de Serpentards abasourdis. Tous ont la même question dans leurs yeux, mais aucun d'entre eux ne demandera pourquoi. Certains d'entre eux apprendront l'histoire bien assez tôt.
Mais pas de moi.
« Je vous rappellerai à tous que personne n'ait autorisé à quitter le sol de Poudlard sans permission formelle. » Je dirige mes mots vers les seuls enclins ou même capables de transplaner chez eux. Crabbe et Goyle semblent perdus sans leur meneur. Je ne peux pas m'empêcher de sentir un peu de pitié pour ces morveux imbéciles. Bien que je sois certain que dès qu'ils auront trouvé quelqu'un d'autre ils le suivront sans dire un mot.
Mes yeux tombent sur Zabini qui est assis en silence dans un coin, semblant plus pâle qu'habituellement. Pas de doute qu'il est arrivé à la conclusion que c'est de sa faute. Et alors que ça l'est, en partie, je devrai trouver un moyen de lui assurer le contraire. Et de rendre absolument clair que toutes les choses qui se déroulent dans ma Maison sont à me rapporter à moi et pas à des sorcières ignorantes qui n'ont pas la moindre notion sur ce qu'un peu d'indulgence peut faire comme dommage.
Il rencontre brièvement mon regard avant de se lever et de marcher devant moi pour passer par le trou du portrait. Je prends une profonde inspiration et dit, « Les Préfets doivent garder une attitude d'ouverture et devront être disponible au cas ou quelqu'un veuille discuter du problème. Je serai, également, disponible à mon bureau. Mais je ne donnerai pas plus d'informations qu'il vous a déjà été offert. »
Je me retourne et m'en vais, me sentant vaguement reconnaissant que mes élèves tendent à canaliser leurs émotions. Je suspecte qu'il n'y aura pas de longue queue d'élèves pleurnichant en ayant un besoin de réconfort prit sur mon temps pour satisfaire l'envie d'un autre tour d'auto-apitoiement et de culpabilité et d'autres telles joies de la vie.
Je me fige quand je vois Zabini dans le couloir en train de m'attendre. M'arrêtant seulement assez longuement pour rencontrer ses yeux, je recommence à marcher en disant, « Je sais ce à quoi vous pensez et vous vous trompez. »
« Oui, Monsieur, » dit une voix basse tandis que je passe.
Je m'arrête abruptement et me tourne pour le voir, pressé contre le mur.
« Je ne vous donnerai pas les détails sur ce qui est arrivé. Mais vous pouvez rester assuré que cela avait peu à voir avec la lettre. Cela était entièrement dû à quelques décisions particulièrement folles et dangereuses que Mr Malfoy a faites. » Je veux que cela soit mon dernier mot, mais il stoppe mon départ.
« On ne peut pas lui en vouloir pour avoir obéi à son père, Monsieur, » dit Zabini. Sa voix ne charrie aucune colère que ses derniers mots portent.
« On peut, Mr Zabini, quand il savait que son père avait tort. » Je hausse un sourcil, le défiant de continuer. Après une pause, il acquiesce. Je recommence à partir, mais me stoppe moi-même. « Je m'attends à ce que la prochaine fois que vous découvrez quelque chose sur vos camarades de Maison, vous me rapporterez la chose à moi. »
Je le vois tordre ses lèvres contre n'importe quelle réparti qu'il ait pu avoir. Quelque soit le raisonnement qu'il ait pu avoir pour aller voir McGonagall en premier lieu. Je suis vaguement curieux de l'entendre, mais je peux voir qu'il s'est déjà décidé à ne pas me le dire. Il acquiesce promptement et se pousse du mur pour retourner dans la Salle Commune.
Je décide de ne pas y penser plus et me dirige vers mon bureau où, si tout va bien, je me torturerai sans interruption jusqu'à ce qu'il me soit permis de consumer mon devoir de deuil.
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« On doit l'arrêter. »
Sa voix résonne gravement contre le plafond quand j'entre dans ma chambre. Je ne demande pas de qui il parle.
« Tu te rends compte de cela maintenant ? » Dis je aigrement, m'asseyant sur mon lit et retirant mes bottes.
« Je pense que je suis le seul à pouvoir le faire, » dit il pas plus fort qu'un murmure.
Je ne peux pas faire ça maintenant. Après avoir passé toute la journée faisant le deuil d'un garçon que j'ai tué par inadvertance, je ne veux pas penser à faire le deuil d'un autre. Ma mâchoire se crispe et je repousse la vague sensation de pressentiment. « Tu penses beaucoup choses de toi-même, » je maugrée, enserrant ma tête dans mes mains.
« C'est juste un sentiment que j'ai. »
« Je pourrais te donner quelque chose pour soigner ça. » Je suis pris entre le souhait de m'allonger tranquillement dans mon lit et le désir de m'échapper de la pièce. De lui. De ses sentiments.
« Je suis sérieux, » insiste-il.
« Moi aussi. » Je me tourne pour le voir.
« Je sais où il est. Je veux dire… je ne pourrais pas trouver sur une carte ou quelque chose comme ça, mais je peux le sentir si je me concentre un peu. » Il s'assoit.
Je prends la fuite. « Félicitation, » je maugrée.
« Sev—
Je m'arrête à la porte menant au salon. « Potter, si ça ne te fait rien, je préfèrerais ne pas discuter de tes plans pour te faire tuer toi et le foutu reste du monde ! » Je hurle, je réalise, mais il semble que je ne peux pas m'en empêcher.
« Nous devons y faire face parfois ! » Répond il en hurlant.
Une pause me permet de regagner un peu du contrôle que j'ai perdu. « Bien, » dis-je d'une vois basse. « Qu'est ce que tu feras ? Lui tomber dessus directement ? Pourquoi, il sera enchanté. Ça rendra son boulot beaucoup plus simple. »
« Alors je suis supposé rester ici sain et sauf pendant qu'il assassine tout le monde juste parce que j'ai peur de mourir, putain ? »
« Non, tu laisses ceux qui sont entraînés s'occuper de son sort eux même. » Ce n'est pas un foutu concept si difficile à comprendre pour n'importe quel humain. Lui, cependant, n'est pas normal. Il est un pauvre Griffondor.
« Ils ne peuvent pas s'approcher de lui, Severus, » dit il comme s'il implorait une raison. « Mais moi je peux. »
Je crache. « Harry, si tu penses une seconde à courir après lui je te tuerai moi-même par principe ! » Je suis rempli d'un indomptable besoin de balancer quelque chose sur le gamin stupide. Un sort. Je frotte mes mains sur mon visage et inspire profondément pour pallier à ce sentiment soudain de profonde impuissance. Je presse mon front contre le mur.
« D'accord, » dit il calmement après un instant. « Tu as raison. C'était… juste une idée. »
Je le regarde, plissant mes yeux suspicieusement. « Potter. »
« Je ne ferai rien de stupide, » dit il. « Juste… c'est le chaos partout. Ça me pèse. » Il donne une mauvaise impression d'un sourire innocent. Le petit imbécile va essayer. Je me laisse presque aller dans l'impulsion accablante de le supplier de ne pas le faire.
« Reviens au lit, » dit il doucement, me tendant une main. Je le regarde et ouvre ma bouche pour plaider mon cas encore une fois. « S'il te plaît. Je n'ai pas envie de me battre. S'il te plaît. »
J'ai toujours su que cela arriverait. Je m'y suis préparé depuis longtemps maintenant. Du moins j'aurais dû. Cela devait nécessairement arriver. Comme Albus avait dit que ça arriverait. Je secoue ma tête. « Si tu échoues… » Un dernier appel à la raison pour un garçon déraisonnable. Un garçon voué au calvaire. Je ne pourrais pas l'arrêter.
« N'en parlons plus. » Aboutit-il en implorant et j'accepte son invitation, enveloppé par une froideur d'âme glacée. Il m'entoure de son côté.
Je ferme les yeux, caressant son bras distraitement. Je prétends qu'il m'écoutera. Et qu'il n'est pas déjà résigné à mourir.
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A suivre…
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La suite jeudi prochain. Pour celles qui ont demandé mais ne m'ont pas laissé de mail pour une réponse, il ne reste que trois chapitres après celui-ci…
