Rating : M

Prairing : HP/SS

Disclaimer : Vraiment rien à moi, personnages et univers de JKR, histoire de l'exquise Cybèle, moi je traduis seulement (et uniquement la fin)…

Note de la traductrice : Ceci est la suite d'une traduction déjà largement entamée par la talentueuse Gaeriel Palpatine. Si vous êtes arrivés ici par hasard, je vous conseille fortement d'aller lire le début en premier. Le lien est dans mon profil. Vous y trouverez également le lien vers l'histoire originale de Cybèle, ainsi que vers les autres fics qu'elle a écrites.

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Si vous êtes prêt – III. Advienne que pourra

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Chapitre 18 : Secrets révélés

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« Severus ! »

Je lève mes yeux d'une pile de copies pour voir une scène étrange : Lupin, jetant un coup d'œil dans l'entrebâillement de la porte de mon bureau, le visage balayé par ce qui ressemble remarquablement à de la panique. Une teinte colorée parvint à se montrer sur ses joues creusées.

« Qu'est ce qu'il y a ? » Je demande, sourcils froncés, les lèvres seulement légèrement incurvées en signe de dégoût.

« Harry. Tu ferais mieux de venir. »

« Il n'est— » Ma gorge arrête l'idée.

Il secoue la tête. « C'est le Ministère. Malfoy leur a tout dit. Ils veulent l'emmener. »

Je ne sais pas par tous les diables ce que je suis supposé faire à ce sujet, exactement. Et je ne considère pas réellement la question. A la place, je suis concentré à garder correctement pour moi même le fait qu'ils ne l'emmèneront pas loin de moi. Nous. Poudlard.

« J'étais dans le bureau de Minerva quand ils sont venus. Ils doivent être en train de le faire sortir de classe maintenant, » explique-t-il alors que nous montons les escaliers. Je ne dis rien. « Il veulent le garder en lieu sûr, » dit il avec dédain.

Ils veulent l'enfermer jusqu'à ce qu'ils puissent tuer Voldemort. Ils veulent l'enterrer, d'une manière ou d'une autre. « Où est Black ? »

« Harry est dans sa classe. Je m'attends à ce qu'ils l'amènent aussi. »

Comme s'il avait entendu je perçois un fort hurlement du fond du hall. « Pas question ! Il ne va nulle part. »

La voix sourde de Vector bourdonne dans une tentative d'explication. Ils dépassent l'angle, Harry suivant derrière, regardant le sol en marchant silencieusement. Vector nous voit Lupin et moi nous tenant devant la porte qui mène au passage. Elle soupire. « Je suis désolée la Directrice est occupée, » dit elle avec raideur. « Je lui dirai que vous deux souhaitez la voir. »

Harry relève la tête par curiosité et rencontre mon regard. Une brève manifestation de désespoir est engloutie par un regard plat sans espoir. Je fixe Vector d'un regard noir avant de jeter un coup d'œil vers Lupin. Quelque chose de la bête qui l'habite perce sur son visage normalement placide. Je ne suis pas qu'un petit peu choqué de trouver du confort ici.

Vector secoue la tête. « Cela ne vous concerne pas, » maugrée-t-elle avant d'ouvrir le passage qui mène au bureau de McGonagall. Black s'y engouffre en premier, suivi par Lupin et Vector. Je m'arrête pour le laisser passer. Harry me regarde et pendant un léger moment j'ai envie de le prendre avec moi et de m'enfuir, mais je réalise que c'est précisément ce qu'ils essayent de faire. Le cacher du monde. Et il ne serait pas en sécurité avec moi. Bien sur, il serait heureux. Plus heureux que s'il partait avec eux.

Il m'effleure en passant et touche ma main avant de grimper dans les escaliers. Je le suis, asphyxié par ma rage et le fourbis d'autres émotions indescriptibles.

« Minerva, vous devez vous montrer raisonnable. Ce n'est pas sûr pour—

« Je suis parfaitement raisonnable, Mr Gint. Si je dois vous permettre d'emmener un de mes élèves hors de l'école, je requiers un peu plus qu'une demande polie. A moins que Potter ne s'en aille de sa propre volonté, ou que son tuteur ne consente à son éloignement, vous aurez besoin d'un ordre. » Elle parle calmement bien que sa colère fasse tressauter les coins de sa bouche. « Sirius, y consentez vous ? » Elle ne le regarde pas.

« Non, » bouillonne Black.

« Harry ? »

Elle tourne la tête vers lui, la penchant doucement comme un réflexe de compassion.

Il secoue la tête.

L'Auror a un accès de colère nerveuse. « Il n'est pas en sécurité ici. Est-ce que vous réalisez ce qui est en jeu ? Si Vous-Savez-Qui—

« Si Voldemort essaie quoique ce soit, il aura à faire à nous tous, » dit McGonagall, redressant les épaules.

L'Auror renifle puis jette un coup d'œil dans la pièce avec une grimace. « Vous, » raille-t-il. « Pour protéger le sorcier le plus important du monde moderne, vous avez engagé un ex taulard, un ancien Mangemort, » dit il, sa bouche se tordant de dégoût. Je grimace et il se tourne vers Lupin, ses yeux parcourant son apparence pouilleuse.

« Un actuel loup-garou, » offre Lupin avec ce sourire qui normalement me fout en rogne, mais à ce moment là c'est plutôt amusant.

Je ne parviens pas à supprimer mon sourire à temps. Je me souviendrai d'être énervé par mes étranges collègues plus tard.

« Un loup-garou ! » Dit il avec délice. « Et bien, c'est encore mieux que ce que je pensais, hein ? Je ne vois pas pourquoi le Ministère fait un scandale. Il est clair que vous avez tout sous contrôle. » Il fait de grands mouvements avec les bras et son visage semble sur le point d'exploser.

« J'aime à le penser, » dit McGonagall avec un rictus. Si ce n'était pas Minerva, j'aurais été certain d'avoir vu ses yeux scintiller. Je jette un coup d'œil au portrait de Dumbledore, qui regarde tristement la scène. Ses moustaches tressaillent tandis qu'il suce un autre sorbet au citron.

« Le fait est, Mr Glint, vous n'avez aucune autorité légale. »

L'homme semble se dégonfler alors qu'il avance un dernier argument. « Vous savez que j'aurai l'ordre. Ce jeune homme possède une histoire de se mettre tout seul en danger et s'il parvient à s'y retrouver une fois de plus… Et bien, il n'y a plus d'espoir pour nous autres. » Il offre un dernier regard implorant à une foule hautement antipathique. Seul Harry semble être touché par les inanités de l'idiot. Il regarde maussadement le sol.

« Bon, » dit l'Auror, régnant dans son self-control. « Je vous verrai demain, alors. »

« A moins que je me trompe particulièrement, le Ministère sera fermé demain. Demain est Halloween, Mr Glint. Après le week-end, peut être. » McGonagall tend cordialement sa main.

Il postillonne avant de grogner. « Bonne journée, » et passe en trombe entre moi et Harry. Une fois parti, McGonagall laisse échapper un soupir fatigué et tombe en arrière sur son fauteuil. Son regard glisse vers nous. « Je ne m'attendais pas à une audience. »

Harry relève la tête. « Professeur McGonagall, ils ne peuvent pas réellement… je veux dire… » Il mâchonne l'intérieur de sa bouche.

McGonagall baisse les yeux. « Je ferai ce que je pourrai pour l'empêcher, Mr Potter, » dit elle. Elle lance un regard grave dans ma direction.

Il acquiesce, sa pomme d'Adam rebondissant tandis qu'il avale ses supplications inutiles. Il avance après lui. « Je serai juste… » Il ne finit pas mais se retourne et part. Je me décale vers la porte, me préparant à le suivre.

« Minerva, » supplie Black.

« S'ils donnent l'ordre, Sirius, nous pouvons faire appel. Mais il sera emmené tant que l'appel sera en court, » explique-t-elle.

« Il doit y avoir quelque chose que je puisse faire pour arrêter ça. »

« Il est considéré comme une menace à la sécurité de notre monde, » dit elle. « Ils donneront l'ordre. »

« Que pensent ils pouvoir faire ? Si Albus ne pouvait pas—ils lui enlèvent sa vie ! » Hurle Black.

Je me tourne et sort de la pièce, partant derrière ces paroles, « Et ils s'efforcent de sauver des milliers d'autres. »

Je peux entendre Black continuer à argumenter sur une cause perdue, mais je n'écoute pas ce qu'il dit. Plus rien n'a d'importance. Ce mélodrame m'a rendu malade. Un garçon doit mourir pour sauver le monde. Il fut un temps où j'aurais ri à l'idée. Ce temps est passé.

Je descends vers les cachots où il fait sans aucun doute des plans pour sa fuite indéfinie. Il ne supportera pas d'être enfermé. J'ai un rictus à l'idée que McGonagall a une fois de plus acheté du temps qui servira uniquement à détruire quelqu'un. Pas pour la première fois je suis déchiré entre l'envie qu'il ait sa liberté et ne pas vouloir avoir à me cacher dans la peur pour le reste de ma vie. Tandis que son échec n'est pas imminent, son succès n'est pas garanti. Il a le pouvoir pour détruire Voldemort, mais le pouvoir n'est pas très utile sans compétence et, oui, sans courage.

Il les a. Stupide gamin.

Je ne suis pas surpris de le trouver dans mes appartements quand j'entre. Il est assis, m'attendant dans mon fauteuil, ne regardant rien en particulier. Je vais directement à ma picole, me distrayant pour ne pas tomber dans la résignation qui est un peu trop une caractéristique dans son expression ces jours-ci. Je donnerais presque tout ce que j'ai pour voir un peu de son ancienne défiance. Quelque chose qui m'assurerait qu'il n'est pas déjà mort.

Je lui offre un verre et il se lève pour me laisser m'asseoir avant de s'asseoir entre mes genoux, relaxant son dos contre mon torse. J'enfouis mon nez dans ses cheveux et nous restons assis dans un silence pensif pendant un long moment.

Le Scotch ne fait rien pour adoucir le sentiment écrasant dans ma poitrine, à ma plus grande déception. Je crains d'être immunisé à ses effets curatifs.

« Tu penses qu'il a raison ? » Demande-t-il d'une petite voix sèche. « Tu penses que je devrais m'en aller ? » A la fin de sa phrase il n'y a rien de laissé pour le contester. Je ferme mes yeux et inhale profondément. Une voix dans ma tête hurle que non, l'homme est une andouille. Sa place est ici. Avec moi. Une autre voix—la voix de la raison—me répond oui.

Cette voix est efficacement tuée par mon être tout entier.

Je ne réponds pas. Au lieu de cela j'enroule un bras atour de lui et le retiens avec possessivité. Haïssant violemment tous ceux qui voudront me dérober cela. Lui. Le haïssant lui parce que son absence est inévitable.

« Je ne peux pas, » souffle-t-il. Il couvre ses yeux avec sa main. « Je sais que je devrais. Mais…je… » Sa voix est lourde et désespérée. La boule dans ma poitrine se répand et devient plus dense et douloureuse.

Je ne peux pas respirer pour rendre le mot « non » audible. Il claque contre mes dents et je le rapproche.

S'il te plaît non.

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L'émotion se calme en une douleur constante et languissante quand l'heure du dîner arrive. Je ne peux difficilement pas être en joie d'y aller, mais il insiste. Je ne sais pas pourquoi je m'exécute mais je le fais.

Je m'assois à la table des professeurs à côté de Bibine, qui enfourne une montagne de nourriture dans sa bouche et mâche bruyamment. Je rejette la Gazette du soir quand une nuée de chouettes s'engouffrent pour délivrer l'édition du soir. Bibine attrape le journal en l'air. Ayant cessé de faire parti de ce monde au sens propre, je peux difficilement être ennuyé par les actualités. Ils changent rarement, après tout, et rien d'important ne rempliera l'air d'ici quelques secondes.

Bibine déroule le journal et renâcle. « Putain de merde, » grogne-t-elle dans un souffle.

Toujours les mêmes âneries, je présume. Le Ministre est un con. Quelqu'un est mort. Des Moldus ont eu leurs mémoires nettoyées après qu'une horde de bouches d'incendie ait attaquée leur chien. Je pourrais ouvrir le journal une fois par an et ne jamais manquer une nouvelle.

Bibine lit les gros titres à voix haute. « 'La vérité sur Harry Potter : le secret le mieux gardé de Dumbledore.' Qu'est ce que c'est que ça maintenant ? » soupire-t-elle.

Je lâche ma fourchette et lui arrache le journal des mains.

« Putain, Severus ! » Siffle-t-elle. « Tu aurais pu demander. »

Je l'ignore afin de parcourir l'article. Le son distinct de trois autres fourchettes lâchées sur des assiettes dorées peut être entendu au-delà du chaos paniqué de mon cerveau. Une source intérieure. Un lien choquant. Un déplacement d'âme. Tout est là.

Je deviens conscient du silence tendu dans le hall. Je lève les yeux pour le voir en toute certitude enfourner de la purée dans sa bouche pendant que les élèves jettent des coups d'œil hasardeux par-dessus leurs épaules et sous leurs tables, murmurant derrière leurs mains. Granger le tapote nerveusement, glissant le journal devant lui. Son visage devient pâle tandis que ses yeux parcourent les mots, puis rouge quand il relève la tête et remarque que l'attention est tournée vers lui.

J'entends Black cracher un discret « merde ».

Harry se lève lentement et marche de façon déterminée jusqu'à la porte. Du moment où il est parti le silence explose en bavardages abasourdis. Je sors par la porte de derrière. Black suit. Nous ne parlons pas tandis que nous marchons vers mes appartements. J'entre dans la pièce pour être accueilli par le bruit distant de haut-le-cœur venant de mes toilettes.

« Bon Dieu. Il ne peut plus supporter ça, » coasse Black sombrement.

Et je ne m'attends pas à ce qu'il le fasse.

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Mon whisky reste intouché sur la table basse près de moi. Les dernières étincelles sont mortes il y a une heure. Je n'ai jamais eu avant un problème avec un verre de whisky qui ne brûlerait pas. Et maintenant je n'arrive pas à parvenir à avaler quoi que ce soit à cause du plomb qui tapisse mes organes internes.

Il dort. Fait semblant en tout cas. Pour son intérêt j'espère que son inconscience lui donne un sursis. C'est trop pour une seule vie. Je dirais qu'il sera mieux sans quand cela prendra fin. Et moi, au moins, je parviendrai à respirer de nouveau. Alors que je sais cela, ça ne rend pas la perspective d'un monde sans lui plus facile.

Je suis un animal de routine. Il est ma routine.

Je sais ce qu'il veut faire. Si j'ai eu des doutes avant, ils ont été dissipés par l'urgence absolue de son heure se rapprochant. Avec la vérité maintenant publiquement connue, je n'estime pas qu'on lui accordera le week-end. Le Ministère sera ouvert demain, uniquement pour considérer sa mise à mort. Je n'ai qu'une chose à faire désormais : m'empêcher de l'arrêter.

Un doux cognement à ma porte surprend le calme pesant. Je me pousse hors de mon fauteuil et ouvre la porte sur une vue inattendue. Granger et Weasley s'agitent nerveusement et me regardent avec une peur palpable cachée sous un masque persistent de bravoure.

« Et bien, » dis je quand aucun d'eux ne parle. « Qui y a-t-il ? » Je tente de ressembler à mon interdit professoral. J'en fais une mauvaise démonstration. Je sais pourquoi ils sont là.

« Nous—euh… » commence Granger, rougissante.

« Nous cherchons Harry, Monsieur, » secourt Weasley.

Je hausse froidement un sourcil. « Et pourquoi, dites moi, le chercheriez vous ici ? »

Granger lance un regard de côté vers Weasley et prend une grande inspiration. « Nous savons qu'il est là. Nous voulons juste lui parler, » dit elle. Sa voix atteint une impertinence peu caractéristique.

Je grimace, me tenant obstinément à mon mystère. Je suis sur le point de parler quand Weasley me coupe.

« Le Professeur Black nous l'a dit, » dit il rapidement.

Je soupire et incurve mes lèvres nerveusement. Je suis incapable de comprendre comment cet homme a jamais pu être considéré assez digne de confiance pour être un Gardien du Secret. Je secoue la tête. « Il se repose. Je l'informerai de votre passage, » dis je dans un long feulement.

« Monsieur ! » Dit bruyamment Weasley, m'empêchant de fermer la porte. « Nous avons besoin de le voir. »

« S'il vous plaît, » ajoute Granger en m'implorant.

Je dois applaudir leur courage, si ce n'est maudire leur audace. Très peu d'élèves osent venir près de mes appartements. Sans compter demander d'y entrer. Une certaine part de moi-même rabâcheuse suggère que leur présence pourrait avoir une influence positive sur lui. Je blâme cette folle petite voix pour faire reculer mes pieds et tenir la porte ouverte de ma main pour les inviter. Je frémis, rebuté, quand ils y croulent.

« Attendez ici, » je grogne. « Ne touchez à rien. » Je me dirige vers ma chambre et ferme la porte avec force derrière moi. Cela n'aurait rien fait de bon que ces deux petits imbéciles sachent exactement où il se repose.

« Potter ! » J'aboie par habitude.

Il s'étire, s'assoit. « Qu'est ce qu'il y a ? » Il attrape ses lunettes.

Je prends une bonne inspiration et me compose suffisamment assez pour dire, « Tu as de la visite. » Je ne parviens pas à enlever l'accusation de ma voix.

Ses yeux s'écarquillent avec peur. « Qui est ce ? » Demande-t-il, se glissant hors du lit et enfilant son jeans.

« Deux petits galopins qui n'ont rien à faire dans ma chambre, » je maugrée. J'ai pleinement l'intention d'avoir des mots avec cette excuse pathétique de tuteur qu'il a. Deux mots. Des mots impardonnables.

Il semble perdu quand il me dépasse, ouvrant la porte et regardant dehors. Il jette un coup d'œil par-dessus son épaule. « Désolé, » dit il et parvient même à paraître sincère.

Malheureusement pour ma consternation, ses excuses dissolvent ma colère. Je ne suppose pas qu'il a besoin d'être encore plus désolé qu'il ne l'a été. « C'est bon, » je marmonne. « Fais les juste partir. »

Il sourit avec douceur et marche en direction de la pièce principale. Je ne le suis pas jusqu'à ce que j'entende la porte se fermer. Je m'assois dans mon fauteuil une fois de plus et avale le contenu impuissant de mon verre, frémissant violemment quand le liquide âcre supprime l'énergie de mon irritation. Je ne pense pas que les secrets gardent beaucoup de leur importance. Pas maintenant que le plus important d'entre eux est devenu une information publique.

Il ne peut plus supporter ça.

Il n'aura pas plus à supporter. Si j'écoute bien je peux presque entendre le cliquetis de ses heures s'écoulant. Il me vient à l'esprit que demain est Halloween et le seizième anniversaire du jour où il a survécu et est devenu la plus célèbre anomalie du monde entier. Quelle perfection effroyable qu'il choisisse ce jour pour mourir tout autant.

A moins qu'il ne le fasse ce soir. Viendront ils pour lui ce soir ?

Je ravale une angoisse se propageant. Je n'espèrerai pas pour une nuit de plus avec lui. C'est mieux que la douleur vienne rapidement et violemment plutôt qu'elle ne reste perchée sur le rebord du présent, créant l'illusion d'une menace. Je sais ce qui arrivera. Cela pourrait-il se faire pour que je puisse continuer à marcher dans ma misérable existence au lieu d'attendre…

Attendre qu'il meure. Attendre qu'il fasse sa dernière journée imprudente entre les mains de Voldemort. Attendre qu'il risque sa vie et la mienne et celle du monde uniquement pour prouver que personne ne peut le garder.

Pas même moi.

J'entends la porte s'ouvrir et le bruit de ses pieds nus foulant la pierre. Mon regarde est fixé sur le feu. Je me concentre sur la danse des flammes émotionnellement neutre.

« Est-ce que tu vas bien ? » Je demande. Ma voix est étrangement calme et douce. Je ne parviens pas à être satisfait par cela. Il ne répond pas. Je peux le sentir me regarder et je l'examine. Ses yeux sont grand ouverts et sa carrure rigide. Il serre ses poings le long de son corps et il semble que peu importe à quoi il se raccroche c'est la seule chose qui le maintienne debout.

Il a dit au revoir, je réalise.

La réalisation me fait me lever et me diriger vers lui. Il ne me dira pas au revoir. Je ne le permettrai pas. S'il essaye même…

Juste une nuit de plus. Ce n'est pas trop demander. J'ai fais tout ce qui était attendu de moi. Je mérite une autre putain de nuit paisible avant que tout ne soit repris.

Je me tiens devant lui et relève son menton. J'ai l'intention de le maudire un millier de fois pour me faire ça à moi. Pour avoir envahi ma vie, créer un chaos et puis me laisser me débrouiller avec les ruines. Seul. Mais je ne le maudis pas parce que je ne peux pas parvenir à briser un gamin qui est en train de s'effondrer devant mes yeux.

Je me penche pour embrasser sa lèvre inférieure tremblante. Il glisse ses bras autour de mes épaules et enfouit son visage dans ma nuque. Je presse mes lèvres dans ses cheveux, supportant son poids.

« Qu'est ce que je peux faire ? » Je demande. Que puis-je faire pour l'aider ? Pour le garder à l'abri ? Pour le garder ici ?

« T'en va pas, » il chuchote.

Comme si c'était même une option.

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La suite et avant dernier chapitre dans une semaine et demi… La fin se rapproche à grands pas. J'espère que vous avez apprécié ce chapitre.