Rating : M
Prairing : HP/SS
Disclaimer : Vraiment rien à moi, personnages et univers de JKR, histoire de l'exquise Cybèle, moi je traduis seulement (et uniquement la fin)…
Note de la traductrice : Ceci est la suite d'une traduction déjà largement entamée par la talentueuse Gaeriel Palpatine. Si vous êtes arrivés ici par hasard, je vous conseille fortement d'aller lire le début en premier. Le lien est dans mon profil. Vous y trouverez également le lien vers l'histoire originale de Cybèle, ainsi que vers les autres fics qu'elle a écrites.
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Si vous êtes prêt – III. Advienne que pourra
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Chapitre 19 : Résignation
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« On lui a dit que Sirius nous avait dit où tu étais, » dit Hermione en s'excusant quand nous entrons dans le couloir juste devant ses appartements. J'arrête de rendre clair le fait que je n'ai aucune envie de quitter les cachots. De me lever et de sortir dans un monde où ils chuchotent et me jugent. Là où tout le monde sait.
Je retrousse mon nez. « Super. Donnez leur une raison de plus pour se battre, » dis-je avec une légèreté forcée même si toutes les implications, tout ce que je ne leur ai jamais dit, occupent lourdement l'air entre nous.
Je ne leur ai pas dit. Je peux voir l'accusation et la peine dans chacune de leurs expressions. Ils veulent savoir pourquoi. Pourquoi je ne leur ai pas fait confiance ? Que puis-je dire, que je ne voulais pas qu'ils sachent. Que personne ne sache. Je ne voulais pas savoir. « Je suis désolé, » dis-je calmement et un peu de la tension se brise.
Hermione jette ses bras autour de moi et enfouie sa tête dans mon épaule. Ron s'affaisse contre le mur la mâchoire tendue.
« S'il y a quoique ce soit… » La voix d'Hermione tremble quand elle s'écarte de moi pour me regarder. « Je veux dire il doit y avoir quelque chose que l'on puisse faire. »
Je secoue la tête et regarde les larmes couler de ses yeux. Je me sens vide. Je ne suis même pas sûr que je puisse encore pleurer. Je cajole son épaule, mon regard glissant vers Ron dont le visage est rouge écarlate. Sa gorge bouge quand il déglutit. Je me laisse glisser contre le mur.
« Le Ministère va essayer de m'emmener. Pour me protéger, je suppose, jusque… jusqu'à ce qu'ils puissent le tuer. » Ma gorge se resserre douloureusement à cette pensée. La pensée de tout quitter. De les quitter. Et lui aussi. Tout ce qui rend ma vie valable d'être vécue.
Ils s'assoient de chaque côté de moi.
« Qu'est ce que tu vas faire ? » Dit tout d'un coup Ron.
J'exhale âprement avec un sourire tranquille. La seule chose que je puisse faire. « Je ne sais pas. Quoi que ce soit que j'ai à faire, je suppose. »
« Tu vas aller après lui, n'est ce pas ? » Hermione renifle et essuie ses yeux avec le revers de sa main.
« Harry, tu ne peux pas ! Je veux dire… est ce que si tu… » Ron s'interrompt et regarde ailleurs.
Je pousse mes genoux contre mon torse et appuie ma tête contre le mur. « Ne t'inquiète pas. Je ne ferais rien de stupide, » dis-je. Et je ne ferais rien. Pas vraiment. « Ecoutez, » je soupire, « D'une façon ou d'une autre, je ne vais plus être à Poudlard pour longtemps. » Je presse mes yeux fermés contre les picotements. « Le Ministère sera de retour pour moi assez tôt. » Peut être plus tôt à cause de l'article. « Est-ce que vous… je sais que ça paraît stupide, mais est ce que vous pourrez s'il vous plaît faire en sorte que Sev—le professeur Snape… qu'il… » J'essaie de respirer mais mes poumons ne veulent pas fonctionner. D'autres nouveaux puits sans fond de larmes sont découverts. Je sais que c'est ridicule de leur demander de prendre soin de lui. Même s'ils étaient consentants, je n'arrive pas à imaginer qu'il les laisserait. Mais…
« Je veux dire vous deux vous êtes là l'un pour l'autre, pas vrai ? Et Sirius a le Professeur Lupin. Snape…. Il est juste… Si vous pouviez juste passer dans son bureau et l'embêter de temps en temps. » Je tousse et essuie mon visage inutilement avant de presser mon front contre mes genoux.
Je reste comme ça un bon moment, ne sachant pas quoi leur dire. Tout ce que je veux dire semble si insignifiant. J'aurais aimé les remercier d'avoir été mes amis, même quand je me comportais en crétin fini. Pour avoir gardé mes secrets et eu des ennuis avec moi. J'ai envie de leur dire tout ce que je leur ai caché, mais je ne sais même pas où commencer. Et je ne pense pas qu'ils aient vraiment envie de tout entendre de toute façon.
« Maman veut savoir si tu as besoin de quelque chose, » dit Ron la gorge nouée.
Est-ce qu'elle a une âme en plus quelque part ? Je songe amèrement. Je secoue ma tête à la place. Quelque chose me dit qu'ils n'auraient pas apprécié l'humour. Je lève ma tête, reniflant fortement. « Ça va, » je coasse.
Nous restons assis en silence. Je ne pense pas vraiment à quelque chose. A tout. Mon temps ici. Le bonheur parfait que j'ai eu lors de ces premières années. Même quand il y flottait toujours une menace de mort. Je crois que je ne l'avait pas alors remarquée. Pas avant le Tournoi des Trois Sorciers. C'est là que tout a commencé à aller mal. C'est là que j'ai commencé à aller mal. Mais ils étaient là. Toujours.
Ils sont toujours ici, je me rappelle aigrement. Et moi de même pour le moment.
« Quand penses tu qu'ils viendront pour toi ? » Demande calmement Hermione.
Je hausse les épaules. « Maintenant que tout le monde sait ? Bientôt. Peut être ce soir, » dis-je sombrement. « Ils doivent avoir une espèce d'ordre du Ministère d'abord. »
Ron renifle à côté de moi et je tourne mon regard vers lui. Je ne peux pas voir son visage car il le détourne de moi. Ses oreilles sont rouge écarlates.
« Tu n'as pas peur ? » Demande Hermione.
Peur ? De toutes les choses que j'ai ressenties ces derniers mois, la peur est la dernière d'entre elles. Mais j'ai peur. Peur que Voldemort tue quelqu'un d'autre. Je n'ai pas peur de mourir. J'ai peur que lui ne meure pas. « Je ne m'attends pas à ce que la peur reste une fois qu'on est mort, » dis-je, essayant de sourire.
Hermione enfouit son visage dans ses mains. Ron fait la même chose. Je réalise que je suis un crétin insensible. « Désolé. Je suppose que j'ai eu suffisamment de temps pour y penser. » Je commence mentalement à me frapper.
« Ils ne peuvent pas juste te laisser mourir ! Il doit y avoir… »
Ron se remet sur ses pieds et commence à faire les cent pas dans le couloir. Je le regarde partir puis revenir en fixant le sol. Je me sens reconnaissant qu'il soit en colère pour moi. Quelqu'un a besoin de l'être. Je ne le peux plus désormais.
« Ils ne peuvent pas juste l'enfermer ? Je veux dire… jusqu'à ce qu'il trouve un sort réversible ? »
Je soupire. « Même s'ils pouvaient l'attraper, ils ne le retiendraient jamais. Et s'ils pouvaient, ils ne seraient pas capables d'inverser le sort. Pas sans enlever mon âme. Je ne veux pas vivre sans âme. » Je ne veux pas vivre avec cette âme. « Ils ne peuvent pas laisser l'opportunité qu'il m'arrive quelque chose. Voldemort doit mourir. » Et ainsi moi aussi.
C'est effrayant le peu que je ne ressens à dire cela. Froideur. Résignation complète. Elle l'entend et me fixe étrangement. Elle semble vouloir dire quelque chose, mais elle pince sa bouche pour l'arrêter. Elle se penche pour m'embrasser sur la joue, s'attardant là un moment avant de se reculer et de se lever.
« Je devrais aller voir Ron. » Elle renifle. « Tu diras au revoir avant de partir, pas vrai ? » Elle essuie ses yeux et respire profondément.
J'acquiesce, sachant que je ne dirai rien. « A plus, » je mens.
« A plus. »
Elle marche comme si elle s'échappait. Je la regarde partir et prends le temps pour me reprendre avant de retourner vers lui.
« Est-ce que tu vas bien ? » Demande-t-il sans me regarder.
Je secoue la tête, incapable de parler sans risquer de me briser en mille morceaux. Il regarde vers moi quand je ne réponds pas. Je ne peux pas le regarder dans les yeux. Je le trahis. Le laissant seul.
Je n'ai pas le choix.
Il se lève et s'approche de moi. Relevant mon menton, il me fixe jusqu'à ce que je sente mes résolutions s'émietter. Il embrasse ma bouche et c'est fini. Mon contrôle se dissout et j'enfouis mon visage dans sa nuque. Si ce n'était pas pour son bras s'enveloppant fortement autour de moi, je pense que je pourrais casser.
« Qu'est ce que je peux faire ? » Dit il d'une voix étrange.
Pardonne moi.
« T'en va pas, » dis je.
Il resserre son étreinte.
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Il me cherche quand il dort. Ça a été comme ça depuis mon anniversaire. Je ne pense pas qu'il le réalise et s'il s'en aperçoit il fera probablement un effort conscient pour arrêter. Il ne voudrait pas me faire penser qu'il a besoin de moi.
J'essaye de ne pas l'imaginer seul ici. Au-delà de toute autre chose—la peur d'échouer, le regret de perdre ma vie, plus fort même que le tourment constant de savoir que je suis Voldemort—il y a la douleur à la pensée de le laisser seul. De lui cherchant pour ne trouver rien d'autre que des draps froids pour le réconforter. C'est cette pensée qui me retient ici. Qui me retient d'aller à Voldemort et de tout mettre fin.
Et maintenant…
Maintenant, je n'ai pas le choix. Ils m'emmèneront. Ils me forceront à partir loin de lui et me garderont enfermé. Si je dois le laisser seul, je préfère le faire selon mes propres termes. Je ne veux pas vivre imaginant que quelque part dans le monde il est allongé dans un lit froid, dans des cachots froids, essayant de m'oublier. Je ne veux pas vivre sachant que je devrais être ici près de lui. C'est ma place. Si je ne peux pas être là, il ne reste rien d'autre que la mort.
Peut être qu'ils sont déjà venus pour moi. Je l'ai convaincu de remettre les protections ainsi, juste pour cette nuit nous pouvons oublier. Il les enlèvera demain. Mais nous avons cette nuit. Maintenant.
J'exhale un souffle tremblotant et m'installe un peu plus contre lui. Le doux rythme de sa respiration est interrompu. Il s'étire. « Ça va ? » Coasse-t-il endormi.
Je tiens son bras pour l'empêcher de l'enlever. « Mm-hmm, » je réponds, ne faisant pas confiance à ma voix. Je renifle aussi discrètement que possible. Il exhale profondément et se relaxe une fois de plus.
Je ferme les yeux.
Je ne sais pas comment le quitter. Je ne sais pas comment j'arriverai même à m'en aller, sachant que je le trahi quelque part.
Il survivra, il me l'a dit. Mais je ne veux pas qu'il survive. Je sais ce que ça veut dire pour lui. Il sera misérable, se laissant à la dérive, ne s'arrêtant pas de réfléchir. Ou de se souvenir. Il me courra après et boira pour me chasser de son esprit. Il se convaincra lui-même qu'il aime être seul. Et il me haïra pour l'avoir laissé seul.
Mais je n'ai pas le choix. D'une façon ou d'une autre, il faut que j'y aille. Et si j'y vais de mon plein gré, au moins je saurais que c'est fini. L'attente. La conscience constante que je peux mourir à chaque minute. La peur que si un quelconque abruti de Mangemort décide de s'introduire dans Poudlard et de me tuer alors que je vais en classe, tout est fini. Sans espoir.
Je dois y aller.
Et si j'échoue ? J'alterne entre des moments de confiance ferme et de doute terrifiant. Si j'échoue j'aurais condamné le monde et mis en danger tous ceux que j'aime. Si j'échoue, il aura à se cacher pour le reste de sa vie parce que Voldemort ne s'arrêtera pas avant qu'il soit mort.
Si je réussis, je les libère tous.
Je dois réussir. Je n'ai pas le choix. Et Voldemort le sait. Je peux ressentir sa peur. Le désespoir qu'il ne peut pas me cacher. Il ne peut pas se cacher de moi. Pas plus que je ne peux me cacher de lui. Je peux le sentir. Une présence constante au-delà du présent, ici au bord de ce lit, juste en dehors de ses bras, Voldemort est là. M'attendant. Tirant avec insistance sur mon âme.
Et il attendra pour toujours s'il le doit.
Un petit peu plus longtemps. Juste pour un dernier moment de paix. Une dernière nuit serré fort contre lui, sou souffle s'échouant doucement contre ma nuque et son cœur battant contre mon dos me rappelant que mon corps est mien. Mon corps, mon cœur, sauf mon âme empruntée, m'appartiennent à moi. A Severus.
Je prends une grande inspiration et caresse le bras qui me maintient en sûreté. « Je t'aime, » je murmure, dissipant cette maudite présence, la gardant éloignée pour un dernier moment. « Je t'aime, » redis-je, plus doucement quand sa chaleur s'enroule autour de moi.
« Je t'aime aussi, » répond une voix sourde.
Mes yeux s'ouvrent en claquant. Je reste allongé et surpris pendant un instant, effrayé de regarder en arrière. Effrayé de l'avoir imaginé. Ou malentendu. Effrayé qu'il soit seulement en train de parler dans son sommeil.
Effrayé qu'il ne le soit pas.
Je parviens finalement à me retourner pour le voir fermer ses yeux. « Tais-toi et rendors-toi, » maugrée-t-il irrité.
Je ne peux pas respirer et mon cœur cogne sauvagement dans mon torse. Il tonne contre mon dos. Je ne peux pas parler pour le maudire. C'était assez de savoir. C'était assez de savoir qu'alors il ne le dirait jamais, il m'aimait. A sa façon. C'était assez. De savoir qu'alors il ne l'admettrait jamais, il me cherchait inconsciemment et me serrait comme si je comptais.
C'était assez. Maudit soit-il.
« Maudit sois-tu, » dis-je et me tourne pour enfouir mon visage dans son torse.
Il caresse ma tête et mon dos pendant que je me calme. Cela prend plus de temps que cela devrait, je pense. Je relève finalement la tête et attire la sienne vers moi. « Bâtard. Tu ne vas pas rendre tout ceci facile pour moi, hein ? »
Il s'écarte et ouvre ses yeux, me regardant pendant un long moment. Il retient son souffle comme s'il voulait dire quelque chose avant de relâcher ses lèvres et les refermer. Il ferme les yeux et secoue la tête.
« Severus. » J'écarte ses cheveux. Ses narines se dilatent. « Je suis désolé, » je murmure. Ma gorge se ferme et mes poumons se contractent.
« Arrête d'être désolé. » La brisure dans sa voix fait éclater la tension montante dans mon torse, qui a un haut-le-cœur douloureux. Un pleur rageur se loge dans ma gorge. Ses lèvres s'écrasent douloureusement contre les miennes, sa langue balayant ma bouche de la douleur épaisse et salée qui la recouvre.
Un moment de désespoir est écarté quand son corps couvre le mien, m'épinglant à l'instant, à lui, son corps. Mon corps. Je gémis, mes mains prenant en coupe son visage, mes hanches se soulevant contre lui. J'entoure mes jambes autour de lui, le retenant contre moi. Il est dur, mais il ne bouge pas pour faire avancer les choses. Il m'embrasse doucement jusqu'à que je sois presque convaincu que cela puisse durer pour toujours. Son corps est lourd et chaud et tendre. Il me va parfaitement. Je suis en sécurité et entièrement sien. Je serai toujours sien. Aussi longtemps qu'il s'en souviendra, aussi longtemps qu'il n'oublie pas, je serai là. Avec lui. Sous lui. En sécurité.
Il se retire au final, respirant difficilement. Il cherche dans la table de nuit avant de se mettre sur les genoux. Il ne parle pas alors qu'il se prépare. Son expression est parfaitement composée mais ses yeux brillent étrangement. Ils me rappelaient autrefois des tunnels, froids et immenses. Je ne peux pas dire maintenant s'ils ont changé ou si j'ai changé, mais ils ne me font plus penser à des tunnels. Mais à un endroit sûr et proche. Le type de noirceur qui fait disparaître le monde et vous embrasse. Sécurisant. Protecteur. Paisible.
« Je t'aime, » dis-je. Et je veux dire plus car je lui dis toujours que je l'aime mais je ne peux rendre compte de tout ce que j'ai besoin qu'il sache. Je l'ai dit trop souvent et cela n'a plu la même signification que sa réponse 'je t'aime aussi'. Cela ne peut pas exprimer que c'est toute ma vie. Que l'aimer fut la seule chose bonne que j'ai jamais faite.
« Je sais, » dit il, se pressant contre moi. Il se tient sur ses bras, relevant mes hanches avec ses genoux et se glissant en moi doucement. Sa tête est penchée en avant et nous sommes protégés par un rideau de cheveux. Il ferme les yeux alors qu'il s'enfonce profondément. Il reste là, tombant sur ses coudes et m'embrassant de nouveau. Ses hanches poussent encore plus profondément et ne se retirent jamais. Ses mains appuient sur mes épaules.
Il sait. Il comprend. Tout.
C'est assez.
« Dis-le, » je murmure contre sa bouche.
Il s'écarte et me regarde. « Quoi ? »
Je ravale tout ce qui est mal et souris. « Severus, je veux que tu m baise. » Je ris. « Maintenant toi. »
Il grogne. Sa main vient pour repousser mes cheveux de mon front, son pouce s'attardant sur ma cicatrice. Je resserre ma mâchoire et prie pour qu'il ne pense pas. Qu'il reste ici avec moi. Il rencontre mon regard et éclaire sa gorge. « J'ai envie de te baiser, Harry. »
Je laisse échapper un souffle anxieux juste quand il m'embrasse. Il se retire doucement. Je gémis et essaye de le faire aller plus vite, l'embrassant précipitamment. Il revient, tout aussi doucement et longuement, prolongeant chaque seconde jusqu'à ce que je ne puisse rien faire d'autre que trembler. Quand il s'enfonce de nouveau je suis presque en train de pleurer d'envie et haletant dans sa bouche.
« Putain. » Je prends avantage du peu de mouvements auxquels je peux parvenir, geignant quand j'utilise mes jambes pour faire levage et me précipiter sur lui. Il est sans merci. Je l'aime comme ça.
Il a un rictus. « Patience, Mr Potter. »
Je grogne et l'attire vers moi, désespéré pour faire quelque chose. Je fais pression autour de lui et j'entends son souffle s'échapper dans un sifflement. « Baise moi, » j'insiste. Il geint sourdement quand il revient et donne un autre coup de rein. Attendant pendant que le frisson extatique subsiste et puis le fait de nouveau. Durement mais lentement, il me baise. Il me regarde avec ses dents mordant sa lèvre, sa mâchoire se resserrant à chaque coup. Je ne regarde pas ailleurs. Mes doigts se plantent dans ses épaules quand je soulève mes hanches pour rencontrer ses mouvements. Sa main se place entre nous et s'enroule autour de moi. Il me caresse au même rythme lent.
« Severus, » dis-je étranglé, le désespoir prenant sur quoique ce soit d'autre ait pu avoir été là avant. « S'il te plaît, » je murmure, incapable de respirer proprement à cause de la tension se resserrant en moi.
Il accélère, venant maintenant moins profondément, s'arrangeant pour me toucher parfaitement. Mes yeux sont clos fermement et je gémis bruyamment. Je soulève mes jambes et il passe ses bras dessous, les surélevant légèrement et attrapant mes hanches. Il m'attire vers lui, se pressant en moi durement et rapidement désormais. Je me caresse et bientôt je suis à la lisière et je cours vers elle. Je ne peux pas respirer. Ma bouche bouge autour de son prénom mais aucun son ne sort.
« Jouit, Harry, » grogne-t-il et mon corps se laisse aller, relâchant tout. Toute la tension et la colère et la tristesse se liquéfient dans une longue explosion sans fin. Ça se dissipe, s'échappant de mes yeux et de ma peau, porté par un lourd cri. Je suis rempli par lui. Habité. Possédé. Sien.
Nous soufflons ensemble. Il avale mon souffle et mes geignements et embrasse mes joues. Je le serre. Je ne peux pas le laisser partir.
« S'il te plaît ne m'oublie pas. »
Il rit et enfouit sa tête dans l'oreiller à côté de ma tête. L'instant d'après il relève sa tête pour me regarder. Son pouce caresse ma tempe. « Est-ce que tu vas quelque part ? » Demande-t-il avec un haussement de sourcil.
Je cligne des yeux et crispe ma mâchoire. Je secoue la tête. « Non. »
Je ne vais nulle part.
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Il reste jusqu'à ce que je me réveille. Je lui suis reconnaissant pour ça. Je réussi avec succès à ne pas le supplier de laisser les protections. De ne jamais les laisser nous trouver. De rester dans cette pièce avec moi pour toujours. Je suspecte qu'ils s'en rendraient compte en fait, de toute façon. On ne peut pas se cacher indéfiniment.
Il ne voudrait pas me regarder quand il quitte son bureau, clamant qu'il a du travail à faire même si c'est Halloween. Je lui suis reconnaissant pour ça aussi. C'est trop tentant de tout oublier quand il est là. Trop difficile de rassembler le courage nécessaire pour faire ce que j'ai à faire quand il me regarde en sachant.
Aussi bien qu'il soit parti.
Je rassemble une pile de lettres que j'ai écrites ces quelques dernières semaines. Explications. Des choses que je ne pourrais jamais vraiment dire aux gens. Ron. Hermione. Sirius. Excuses et instructions. Les Dursleys. Le professeur Lupin. Une autre lettre que j'ai déjà donnée à Hedwige pour être délivrée ce soir. Elle semble contente du travail.
Je vais là où ma malle est rangée dans le placard et dépose le chargement dedans. J'estime qu'ils iront regarder dans ma malle après que je sois parti. Trouvant tout.
Mais pas sa lettre. Sa lettre et mon journal son sur mon bureau. Il va probablement retrousser son nez et railler le fait que je sois sentimental. Mais je vais mourir et il devra faire avec. Une dernière attaque émotionnelle. Une longue en plus. Un journal entier adressé à lui. Tout ce que j'ai toujours voulu dire. Tout ce que j'ai ressenti. Mon esprit et mon cœur sont là dedans. Préservé. Et à lui.
Je ne sais pas s'il le lira. Mais il le gardera. Seulement sur une étagère où il n'a pas besoin de regarder. Il le gardera. Et c'est assez.
Je sursaute au bruit de la porte d'entrée s'ouvrant et ferme ma malle. J'entends Sirius m'appeler. Je marche dans l'autre pièce, me pétrifiant à l'expression sur son visage. Sans espoir. Mon estomac plonge.
« Snape a dit que je pouvais entrer, » dit il doucement.
« Qu'est ce qu'il se passe ? » Je demande, bien que j'imagine connaître déjà la réponse.
Il éclaircit sa gorge et baisse les yeux. « Le Ministère. Ils ont… » Il respire profondément et ferme les yeux. « Nous ferons appel à l'ordre, Harry, mais, tu sais, avec ce foutu article… » Il crispe sa mâchoire.
J'exhale lourdement. « Quand ? »
« Ils vont te laisser rester pour la Fête, » dit il d'une voix serrée. « Mais tu devrais faire tes valises avant. »
Je déglutis difficilement et puis acquiesce. Je m'attendais à ça, je me rappelle à moi-même. Je savais que cela arriverait. J'essaye de dire ça à la douleur dans ma poitrine. La boule qui s'accroît et me fait suffoquer. Il n'y a plus le temps. Il n'y a plus de retour.
« Je vais me battre, » promet-il.
Je sourire faiblement. Je ne sais pas quoi lui dire. Et si j'ouvre ma bouche il saura ce que j'ai l'intention de faire. Et il me stopperait, je pense. Il devrait. Cela me prend un instant pour éclaircir ma propre gorge. « Je vais faire mes valises, alors. Je viendrai te chercher quand j'aurai fini, » je mens. Je parviens à garder un visage neutre mais je me sens devenir chaud. Brûlant. Souffrant.
« Je suis si désolé, Harry, » dit il et semble vouloir venir vers moi, mais il s'arrête. Je me sens reconnaissant. Je pense que je ne serai pas capable de le supporter.
« Je te vois tout à l'heure, » je murmure.
Il me fixe durement et pendant un instant je crois qu'il sait que ce sera la dernière fois qu'il me voit.
Il acquiesce gauchement, mais ne bouge pas tout de suite. Tout ce que je veux lui dire, je l'ai dit dans la lettre. C'est une façon de lâche, je réalise. Mais je n'arrive pas à voir d'autre façon à part celle là. Ils me stopperaient tous. Ils seraient fous de ne pas le faire.
Il part et la porte claque doucement pour se fermer.
Je m'appuie contre le bureau pendant un instant et attends jusqu'à ce que tout se calme de nouveau. J'ai été préparé pour ce moment. Je savais que ça arriverait. Tout le monde savait que ça arriverait. Je pourrais reculer maintenant si je voulais, mais la réalité de ce qui m'attends n'est pas supportable.
Je prends une grande inspiration et retourne vers ma malle, cherchant ma cape d'invisibilité. Je vais y aller directement. La Fête est prévue de commencer dans une heure ou deux de toute façon. Si je vais m'y frotter je pourrais en parler moi-même. Je pourrais perdre mes nerfs.
Je mets rapidement mes chaussures et attrape ma cape d'invisibilité, m'assurant que ma baguette est dans ma poche. Je vais vers la cheminée et jette une poignée de poudre dans les flammes. Je vais chez Hagrid et de là je marcherai jusqu'au portes de l'école et transplanerai. Je regarde derrière moi, m'assurant que le journal et la lettre sont toujours sur mon bureau. Je ne pense pas à lui les trouvant. Je ne peux pas penser à ça. Pas maintenant. Jamais.
Je saute hors du foyer quand la porte s'ouvre.
Il me regarde. Je ne peux pas lire son expression. Il hausse un sourcil et se redresse. « Tu vas quelque part ? »
Mes mains se resserrent fermement autour de ma cape. Je rencontre son regard et secoue la tête. « Pas vraiment, » dis-je calmement. Ma propre voix est noyée par le bruit de mon cœur tonnant dans mes oreilles. Une part de moi veut qu'il m'arrête. Une plus grosse part a besoin qu'il s'en aille et me laisse faire ça.
« J'ai pensé que je pourrais venir voir si tu avais besoin d'aide, » dit il abruptement. C'est yeux se dirige vers le sol. « Je vois que tu as tout ce dont tu as besoin. » Il se tourne pour partir et je cherche quelque chose à lui dire mais je ne sais pas ce que je pourrais possiblement lui dire. Il s'arrête de nouveau avec sa main sur la porte. « Je pourrais venir avec toi, » dit il calmement.
Je respire profondément et secoue la tête. « Tu essaierais uniquement de me sauver, » je murmure. Je ne sais pas s'il m'entend.
« Ta cheminette attend, » dit il froidement et part, claquant la porte derrière lui.
Je veux lui courir après et lui hurler qu'il ne peut pas partir comme ça. Que tout était supposé se finir calmement et pas avec lui me haïssant. Je pose ma tête sur le linteau de la cheminée et tente de repousser la douleur écrasante en moi. Mais c'est futile. Ça ne veut pas partir.
Je fais un pas dans la cheminée et dis au revoir à mon monde.
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La seconde où j'apparais, la douleur me touche, ouvrant ma tête avec une force que je n'ai jamais ressentie avant. Je m'y accroche et tombe sur mes genoux, essayant de garder mes yeux ouverts assez longtemps pour voir dans quel enfer j'ai transplané. Quand j'ai parcouru les scénari dans ma tête ce million de fois où j'y ais pensé, il ne m'ait jamais apparut de prendre en compte ma putain de cicatrice.
Un léger écoulement d'eau se fait entendre, faisant écho à ce qui semble être un tunnel. Je cligne des yeux autour de moi. Si ce n'était pas impossible, je penserais que je suis encore dans la Chambre des Secrets. J'écoute avec prudence pour un mouvement. Il n'y en a pas.
Je me lève en tremblant et part à sa recherche. Pas avec mes yeux. Je peux difficilement voir à travers la douleur. Mais je le cherche. Et je le sens attendre.
Harry…
Je peux l'entendre, mais aucun son ne fait écho dans le tunnel. C'est dans ma tête, qui palpite plus fort à chaque pas que je fais.
Après toutes ces années, tout ce que j'ai eu à faire était d'attendre que tu viennes à moi. Ça c'est une plaisante surprise.
Mais il n'est pas surpris. Il s'attendait à cela. Ecoutant mes pensées. M'envahissant. « Où es tu ? » Dis-je à voix haute. Je le ressens encore, mais il semble bouger. Au sinon je ne peux pas me concentrer à cause de la peine dans ma tête.
Pressé, sommes nous ? Qu'est ce que tu penses faire ? Me tuer ? Harry, je ne peux pas mourir.
Il ment. Il peut mourir. Il doit. Nous le devons chacun. Et il en est effrayé. Mais je ne le suis pas. Je distingue le murmure sibilant d'un serpent et je marche vers lui.
Et même si je meurs, où cela te mènera, Harry ? Tu n'existes nulle part en dehors de ce monde. Un simple souvenir. Il n'y aura pas d'au-delà pour toi.
J'essaye de bloquer ce qu'il dit. Ça ne compte pas, me dis-je. L'âme porte l'empreinte de la vie qu'elle a menée, a dit Dumbledore. Ce qui signifie…
Je ne veux pas penser à ce que cela signifie.
Je vois une ouverture au bout du tunnel. Ma cicatrice hurle d'agonie désormais et je suis certain que je suis toujours conscient à cause de la prodigieuse quantité d'adrénaline me parcourant. Je reste près du mur, continuant mon chemin. Mon cœur bat anxieusement. Je m'attends à ce qu'il apparaisse à n'importe quel moment. Ma baguette est prête. Je suis prêt.
Je fais un pas dans la pièce et je n'attends pas de les voir avant de crier 'Expecto Patronum'.
J'aurais pu être surpris à l'immensité du cerf qui se répand de ma baguette, galopant avec entrain vers les créatures, sauf que ma baguette est presque immédiatement prise de ma main. Une autre agonie explose dans ma tête, me faisant presque tomber, mais je parviens à ramener ma baguette dans ma main sans trop de pensée. C'est facile.
Je louche pour voir mon Patronus disparaître dans un autre tunnel ; et lui, une ombre noire dans la lumière argentée diminuant.
Il lève sa baguette et elle disparaît de sa main aussitôt. Je me redresse tenant étroitement ma propre baguette et serrant la sienne avec mon autre main. Il vacille.
Ce n'est pas supposé être aussi facile.
« Et bien, tu es vraiment plein de surprise, » siffle-t-il froidement.
Je lève ma baguette et il se tient là en attente. Les mots sont sur mes lèvres, j'ai juste à les dire et tout finir. Mais ses rires pulsent dans ma tête.
« Dis les, Harry. Dis les mots. »
Il y a quelque chose qui ne va pas, je réalise immédiatement. Je suis rempli par la soudaine conscience que le sort de mise à mort ne fera rien d'autre que tout recommencer l'affaire en entier. J'ai seulement acheté du temps. Attendu. Attendu qu'il soit restauré dans un corps. Entre-temps j'aurais été enfermé pour être protégé de qui que soit qui aurait voulu ma tête.
« Cela serait-il si mal, Harry ? Vivre juste un peu plus. Tu n'es rien si tu meurs. Tu n'es rien si je meurs. » Sa voix froide m'envoie des frissons de dégoût à travers moi. A travers mon âme. Mon âme. Je lui ai donné vie. Et j'ai aimé et été aimé.
Je l'entends rire en se moquant. De l'extérieur cette fois et cela fait écho dans ma tête, se répercutant dans la fissure de mon front.
Comment je le tue ? Comment je mets fin à ceci ? Le sort de mort n'aidera pas. Je ne sais pas pourquoi je sais ça.
Parce qu'il le sait, je réalise, et soudainement je comprends. Il est devenu mortel quand il a été restauré dans son corps. Quand il a pris mon sang. C'est son corps qui a besoin d'être détruit. Je vois la peur se mêler à son expression et je souris. Il ne peut pas me le cacher.
Je sens une soudaine vague de peur qui n'est pas la mienne et je réalise qu'il se prépare à transplaner.
« Petrificus Totalus ! » Je hurle et il tombe immobile sur le sol.
Je rigole. A l'image. Au fait que le Seigneur des Ténèbres peut être conquis avec quelques sortilèges appris dans ma première année à Poudlard.
Tu pourrais avoir une longue vie, Harry. Avec ton amant. Severus n'aura rien si tu meurs.
Je peux le sentir me supplier. Sentir sa peur et la panique remuant son corps immobile. Il a peur de mourir. Mais je ne suis pas assez fou pour le laisser vivre. Et Severus aura sa liberté, sinon rien d'autre. Et moi.
Ne fais pas ça.
Je rassemble a peu près tout ce qui me reste de courage, de volonté, de pouvoir. Tout ce qui me fait. Tout ce que je suis. Je fais un geste avec ma baguette et crie 'Incendio Totalus !'. Les flammes l'enveloppent et les hurlements qu'il laisse échapper me rendent malade. Je recule dans un coin et regarde les flammes le consumer. Le détruire.
Je laisse tomber nos deux baguettes pour couvrir mes oreilles et je regarde.
J'attends.
Ça ne devrait pas être si facile. Après toutes ces années. Tous les tourments qu'il m'a infligés dans la vie. Dans la vie de mes parents. Dans celle de Severus. Ça ne devrait pas être si facile.
Je ris quand je ressens l'écho de sa douleur, ris quand ma propre tête semble être consumée par le même feu. Ce n'est pas supposé être si facile. Il ne m'a même pas touché. Il n'a même pas eu à se battre. Après tout ce temps. Après tout ce qui a été fait. Les années d'entraînement, de planque…
Je me mets en boule et presse ma tête contre la pierre froide. La chaleur du feu fait des vagues sur mon visage. Ça brûle. Je peux le sentir brûler. Pas de douleur, vraiment. Mais la conscience d'une douleur. Je peux sentir mon âme maintenant, se déchirant, hurlant.
Et j'attends.
Regardant la chute pathétique du Seigneur des Ténèbres.
Attendant la mort triomphale du Garçon Qui A Survécu.
Qui aurait cru que ce serait si facile ?
oOoOoOo
A suivre…
oOoOoOo
Voilà… il ne reste plus qu'un seul chapitre que vous aurez dans deux semaines.
Si vous vous sentez morose, je vous conseille 'La vie est belle' de Capra (on s'entend bien). Bon courage pour les deux semaines à venir…
