- Bon le clébard, tu sors ou tu compte dormir là ! Aboya ma tante Rosalie avec son sourire le plus sadique qu'elle avait en réserve, spécialement pour Jacob.
- Jake… C'est ridicule, sors. Je veux te voir ! Le suppliais-je avec une pointe d'excitation dans ma voix, tout en dansant légèrement sur la chanson de Hawk Nelson qui était en train de passer. (Hawk Nelson - Take me)
- C'est bon, c'est bon, j'arrive…
Jacob sorti enfin de sa cabine d'essayage. J'en restai bouche bée. Il était tout simplement très séduisant. Il portait un pantalon de costume noir en laine vierge et portait une simple chemise blanche qui m'était sa peau couleur brun/roux en valeur. Il me fit un sourire gêné. Je crus tomber. Ses dents étaient aussi blanches que sa chemise. Son sourire devait faire fondre plus d'une fille. J'avais en face de moi un homme, très beau dans son costume, à la fois habillée, mais tout en étant décontracté. Mes tantes avaient décidément trouvé ce qui lui correspondait le mieux.
- Ah ! C'est une réussite Jacob ! S'enthousiasma Alice. Tu es très beau et séduisant !
- J'avoue qu'elle n'a pas tord. On fait du beau boulot, nous sommes des professionnelles !
- Oh stp Blondie, garde tes fantasmes pour toi. Ça me met mal à l'aise. Se moqua-t-il.
Il se retourna vers moi, attendant probablement une réponse de ma part. Mais aucun mot ne sortit de ma bouche.
- Et toi Nessie, t'en penses quoi ? J'ai l'impression d'être ridicule.
- Non, tu rigole. Cela te va très bien, crois moi. Tu vas faire des ravages. Le rassurais-je
- Heureusement qu'il n'y a pas de mariage tous les ans… dit-il avec soulagement.
En effet, nous étions ici afin de trouver notre « bonheur » pour l'événement de l'année : Le mariage de Sam et Emily. Ce n'était pas trop tôt en même temps, cela faisait déjà plusieurs années que la pauvre attendait désespérément sa demande. Le mariage allait se passer dans trois mois, en plein mois de décembre, étant donné que c'est la période préférée de l'année de la future mariée. Je la voie encore derrière la fenêtre de son salon en train d'admirer les premières neiges tomber sur les terres de la réserve. Elle disait toujours que c'était le trésor le plus précieux que nous offrait la nature.
Jacob et moi étions les derniers à n'avoir toujours rien choisit pour l'événement. Mes tantes nous ont donc forcé à venir dans leur boutique afin d'y remédier. Tout le monde était passé les voir, autant les vampires que les quileutes. C'est le passage obligatoire, selon les dires d'Alice. Leur boutique était située en plein centre de Forks au grand bonheur des habitants et plus précisément des femmes. Elles ne sont donc plus désormais obligées de se rendre à Port Angeles pour trouver quelque chose de convenable. D'autant plus que, la boutique de mes tantes n'avait rien à envier aux autres. Ce qu'elles proposaient était tout simplement magnifique. La pièce était relativement grande et était joliment décorée. On se croirait dans un conte de fée avec toutes ces couleurs pastel. Un côté était destiné aux hommes en leur proposant des vêtements de tous les jours mais aussi des costumes pour les occasions spéciales. Un autre côté était consacré aux femmes, avec en plus des hommes de nombreux accessoires tels que des bijoux, des sacs à main, etc… Et puis, à l'étage, des chaussures étaient disposées dans chaque coin de la pièce. Il y en avait pour tous les goûts.
Mes tantes avaient réalisé leurs rêves. Elles avaient longuement hésité à l'ouvrir à cause de leur statut de vampire et éviter que les habitants aient des doutes à leurs sujets au vu de leurs éternelles beautés. Mais Alice s'était appliquée à maquiller chaque jour, les membres de ma famille afin de les faire paraître légèrement plus âgés. Par conséquent, mon grand-père Carlisle continuait d'occuper la fonction de médecin, accompagné à présent de mon père. Mon oncle Emmett était devenu professeur de sport au lycée (à mon grand regret…). Ma grand-mère Esmée, ne travaillait pas mais elle allait très souvent dans les associations afin de pouvoir aider les gens dans le besoin. Elle était très appréciée des habitants pour sa grande générosité et son écoute à l'égard des autres. Ma mère quant à elle, travaillait à la librairie, afin d'enrichir cette dernière qui était malheureusement laissée à l'abandon. Elle m'avait toujours dit que lorsqu'elle était arrivée ici la première fois, elle était désespérée de voir une bibliothèque aussi pauvre et devait à chaque fois se rendre à Port Angeles pour trouver des livres à peut près convenables et intéressants. Et pour terminer, mon oncle Jasper, donnait des cours de divers sport de combats, au grand bonheur de tous les hommes.
Je sortis de mes pensées, lorsque je vis Rosalie avec un sourire au coin des lèvres, arriver avec une paire de chaussures chics en cuir noir lisse, une fine cravate noire et une veste de costume de la même couleur. Jacob s'agita à la vue de ces éléments de torture.
- Ah non ! Je veux bien faire des efforts mais pas de cravate ! s'énerva-il
- C'est le passage o-bli-ga-toi-re ! Articula Rosalie comme si elle parlait à un demeuré
- C'est tout ou rien ! Aboya-t-il toujours mal à l'aise par cette situation.
- Okay okay, ne t'énerve pas. Abdiqua Alice en le forçant à la laisser l'aider à mettre sa veste noire. Bon à ton tour Nessie. Me dit-il elle en se retournant ensuite vers moi, une lueur malicieuse dans ses yeux.
Elle me poussa dans la cabine la plus proche, me mis une première robe dans les mains. Sans me laisser le temps de réagir, le rideau était déjà tiré. Sympathique… J'enfilai la robe et mis les chaussures que Rosalie me passa en dessous du rideau. La robe était de couleur argentée, très moulante et m'arrivait à mi cuisse. J'avoue qu'elle était très belle et qu'elle m'était mes formes en valeur. Quelques diamants ornaient mon décolleté. De fines bretelles la retenaient, attachées autour de ma nuque. Je me retournai et aperçu que la robe proposait un dos nu plongeant qui s'arrêtait au milieu de mon dos. Les chaussures étaient noires et me faisaient gagner quelques centimètres et affinèrent mes jambes encore plus qu'elles ne l'étaient déjà. Je me regardai longuement et me rendit compte que je n'étais plus une petite fille mais bien une jeune femme. Je me décidai enfin à sortir en redoutant légèrement le regard des autres, surtout celui de Jacob. J'ouvris le rideau et me plaça face à eux.
- Oh mon dieu Ness ! Tu es magnifique ! Me hurla Alice, très excitée par ce qu'elle voyait.
- Splendide même ! Ajouta Rosalie, des étincelles dans les yeux.
Jacob n'avait toujours rien dit et je n'osais pas le regarder à vrai dire. J'étais gênée, je ne m'étais jamais trouvée aussi peu vêtue devant lui. Je ne mettais que très rarement des robes, et en général elles étaient beaucoup plus longues et je n'avais pas ce corps de femme. En effet, les changements physiques les plus importants, se sont fait cette année.
Rosalie mis ses mains sur mes épaules et me plaça devant un très grand miroir. Dos à eux, ils avaient à présent, une vue imprenable sur mon dos nus plongeant. Je vis dans le miroir que les yeux de Jacob s'était agrandit, et le vis déglutir difficilement. Je suis encore plus gênée maintenant, je dois être affreuse !
- Très sexy même ! Ajouta Alice
- Je ne suis pas très à l'aise. Lui dis-je tout en ne me quittant pas des yeux, me tournant et me retournant devant le miroir afin de scruter chaque détail.
- Elle est très belle cette robe et elle te va comme un gant. Tenta-elle pour me rassurer.
- Tu n'es plus une petite fille ma Nessie, tu es une femme à présent. Il n'y aucune honte à montrer son corps, surtout un comme le tien ! Et franchement elle n'a rien de vulgaire, tu n'as aucun décolleté. Le seul que tu as est dans le dos ! Ce n'est pas dramatique crois moi, ma chérie. Ajouta Rosalie.
- Jacob, dit quelque chose bon sang ! Aide nous ! S'énerva Alice, cherchant désespérément quelqu'un qui pourrait me convaincre.
- Edward ne va pas apprécier du tout. Lâcha-t-il avec quelques difficultés sans lâcher son regard sur moi.
Je ne comprenais pas pourquoi il réagissait comme ça. J'étais si vulgaire que cela? Je tentai désespérément de captiver son regard mais en vain. Il n'osait pas lever les yeux sur moi. On entendit à l'autre bout de la pièce deux garçons de « mon âge » chuchoter tout en me regardant discrètement.
- Tu as vu la fille là-bas comme elle est magnifique ! Et ce corps… Tu la connais ? demanda le garçon n°1
- Si je la connaissais j'aurai déjà tout fait pour qu'elle soit ma copine. Avoua le garçon n°2. Elle est tellement sexy !
Je me mis à rougir violemment. Je vis Jacob trembler et se raidir sous les dires des deux garçons. Qu'est-ce qu'il a ? J'étais sur le point de retourner dans la cabine, mais Jacob fut plus rapide. Il ôta sa veste noire, me força à la mettre, comme s'il voulait me cacher, et me poussa dans la cabine.
- Bon ça suffit ! Change-toi. Elle ne te va pas du tout, crois moi. Alice et Blondie vont t'en chercher une autre ! Cela ressemblait plus à un ordre qu'à une simple demande à l'attention de mes tantes. Qu'est-ce que vous avez, vous voulez sa photo ?! Hurla-t-il le visage remplit de haine à l'attention des deux garçons.
- Lâche-moi Jake. Ça ne va pas la tête ! Pourquoi tu réagis comme ça ?! M'énervai-je. Ils sont dans mon lycée, c'est la honte. Ajoutais-je irritée par son comportement, après que les deux garçons en question soient sortis de la boutique, effrayés par les aboiements de Jacob.
Il me poussa à l'intérieur de la cabine et tira le rideau d'un geste brusque. Non mais j'en reviens pas, quel idiot. Il croit quoi, que je vais rester sa gentille petite sœur toute sa vie. Je ne vois pas ce qu'il y a de mal à ce qu'un garçon me regarde. Je suis plutôt jolie. Il devrait être content pour moi.
- Sale clébard !
- Tu es trop jeune pour mettre ça. Tu n'es qu'une gamine ! Je te rappelle que tu n'as que huit ans ! Répliqua-t-il
Je failli m'étouffer en entendant ses dernières paroles. Mon cœur se brisa et je retenais les larmes qui menaçaient de couler le long de mes joues. Ses mots résonnèrent toujours dans ma tête: trop jeune ! Gamine !
- La ferme Jacob ! Hurla Alice depuis l'étage du dessus.
J'entendis cette dernière descendre les escaliers en verre et se dirigea vers moi. Rosalie la suivait de près. Alice passa sa tête dans ma cabine et me tendit une seconde robe avec les chaussures que Rosalie venait de lui donner.
- Ne l'écoute pas cet idiot ! C'est un homme. Me dit-elle comme si c'était une évidence et que cette simple explication pouvait tout justifier et me rassurer. Tiens ma Nessie. Essaie, il arrêtera de faire des bonds dans tous les sens et faire fuir nos clients avec celle-ci.
Je mis la seconde, et en effet, c'était tout le contraire de la première. Je me regardai à nouveau dans le miroir. Cette robe bustier enchanteresse était magnifique. Elle était de couleur nude. Le bustier soulignait ma taille fine et mettait ma poitrine en valeur. Je croyais être l'héroïne d'un conte de fée. Les escarpins, de même couleur, étaient ornés de légers diamants. Je l'avais trouvé ma robe ! Je sortis, le sourire aux lèvres, tournoyant au milieu de la boutique, très heureuse et excitée.
- Tu avais raison Jake ! L'autre robe n'était pas faite pour moi. Lui dis-je un large sourire aux lèvres après mettre plantée devant lui.
- Celle-là est la bonne ! Assura Alice
Jacob me regardait d'une étrange manière. Je n'arrivais pas à décrypter ce regard. Je penchai légèrement la tête sur le côté, attendant qu'il me dise quelque chose.
- Tu vois, je te l'avais dit. Tu es belle. Déclara-t-il tout simplement, son regard ténébreux ne lâchant pas le mien.
- Merci. Mais tu n'es pas mal non plus. Le taquinais-je
- On a enfin terminé! On redoutait quand même cela, sachant à quel point vous pouvez être têtus tous les deux. Nous informa Alice, Rosalie approuvant d'un signe de tête ce qu'elle venait de dire.
- Bon allez on y va ! J'en peux plus. J'étouffe avec tous ses vêtements. S'empressa de dire Jacob, pressé de se sauver de là.
Une fois changés, Jacob partit le premier, et se dirigea à l'extérieur. Je le suivais de près, quand Alice sautilla joyeusement et se plaça devant moi, pour m'arrêter :
- Je te mettrai l'autre robe dans ton armoire avec les chaussures, on ne sait jamais… Chuchota-elle afin que Jacob n'entende pas et me fis un clin d'œil, avant de repartir vers Rosalie.
Elle ne changera jamais. Mais elle avait raison: sait-on jamais... Cette simple pensée me fit sourire.
