[Comme toujours l'illustration, retirez les espaces : http: pics/269320amoursucrearrrrmiiiinnnnnnbybtrumpled5zvgp5. jpg]

En farfouillant sur mon étagère pour trouver mon vieux sac en cuir je fis tomber quelque chose. Ma boite à souvenirs ! Je n'avais plus ouvert cette boîte à chaussure depuis si longtemps ! Je ramassais les quelques objets et lettres éparpillées lorsque mes doigts frôlèrent une photo. Quand je la retournai un petit rire m'échappa. C'était la photo d'Armin, qui datait de... Attendez... l'année dernière. Il semblait si adulte sur cette photo, mais son expression n'avait pas changé d'un poil. J'avais reçu cette photo à son retour de voyage, il avait traversé l'Europe pendant presque 2 ans. Quelques jours après m'attendait une enveloppe blanche avec uniquement cette photo à l'intérieur. Il était donc venu jusqu'ici pour la déposer dans la boite sans pour autant m'attendre ou essayer de me voir. Peut être n'en avait il pas eu le courage, ou alors connaissait-il déjà ma réponse et n'avait-il pas besoin de me l'entendre dire. "Veux-tu rentrer à la maison avec moi ?" avait-il simplement inscris sur la photo, rien d'autre. Ma réponse aurait été non et il le savait. Je n'étais pas prête et même n'avais-je pas du tout l'envie d'une vie normale. Nous devions lui manquer maintenant qu'il revenait dans des repères familiers, mais ce n'était certainement que de la courte nostalgie, une brève crise qui l'avait conduis à cette vaine tentative. Je ne lui en tiendrai jamais rigueur, il avait réussi à quitter le groupe sans trop morfler, chose que peu de nous étions parvenus à faire. Le souvenir de son départ me jaillit devant les yeux comme on allume une chambre plongée dans le noir total.

C'était notre deuxième année de lycée, il était arrivé en trombe dans ma chambre d'étudiante que je partageais avec Iris et m'avait soulevé à bout de bras avant de me faire glisser le long de son torse pour me serrer et m'embrasser avec ferveur. Je pouffai contre ses lèvres en agitant les jambes et il finit par me reposer au sol avant de sauter sur place comme un gosse en remuant dans les airs une enveloppe. Iris se jeta hors de son lit pour agripper la lettre et s'y jeta de nouveau. Je jetai un œil discret au beau brun qui se mordait l'intérieur de la joue en contemplant mon amie ouvrir l'enveloppe. Elle balaya la lettre du regard et ses yeux s'agrandirent progressivement avant qu'elle ne pousse un cri strident.

" HO MON DIEU ! Tu as été pris !"

" QUOI ?!" Criai-je à mon tour en serrant mes mains contre ma bouche.

" JE PARS POUR L'ITALIE !" S'exclama-t-il ravi.

Nous hurlâmes d'un même chef avant de tous se jeter les uns sur sur les autres en une espèce de monceau humain sautillant et riant au milieu de la minuscule chambre étudiante. Quand enfin nous nous séparâmes nous étions à bout de souffle. Armin s'affala sur mon lit, les bras écartés et les yeux fixés sur le plafond.

" Putain c'est géant" Souffla-t-il.

"Tu le mérite tellement !" Renchérit Iris en essayant de garder de l'engouement dans le timbre de sa voix, mais sa dernière syllabe trembla légèrement.

L'ambiance dans la chambre retomba sur le champ et je me mis à remuer mes doigts nerveusement. Armin se redressa sur ses coudes et nous contempla tour à tour, le visage sérieux. Il bascula ses jambes sur le coté pour s'asseoir face à nous, genoux contre genoux dans le petit espace entre nos deux lits, puis il prit nos mains dans chacune des siennes. Il inclina le visage avec un sourire en coin, nous forçant à relever les yeux pour le regarder.

"Vous me manquerez horriblement aussi..." Murmura-t-il

"Lorsque tu reviendras, plus rien ne pourra redevenir comme avant" Lâcha Iris en rivant ses pupilles dans les siennes. Il releva des sourcils attristés et acquiesça doucement, avec l'air le plus sérieux qu'il n'ait jamais arboré.

"Je sais..."

Iris avait raison et au fond de mon cœur, je ressenti un pincement douloureux et égoïste. Cette fois c'était sérieux comme départ, pas comme Nathan et Lysandre. Cette fois Armin nous quittait véritablement. Il lâcha nos mains pour venir nous caresser la joue.

"On se sera vraiment bien amusés en tout cas. Ces années passées tous ensembles, fusionnels, je ne sais même pas si j'arriverai à m'en défaire. Comment je vais faire pour dormir sans avoir Nathaniel qui ronfle à mes pieds, vous deux par terre sur le matelas gonflable, les téléphones d'Alexy et Lysandre qui vibrent toute la nuit et Castiel qui finit par sonner à 4h00 du mat pour venir s'écrouler dans votre lit ou le mien"

Nous rîmes en acquiesçant puis Iris se mordit la lèvre violemment, comme pour s'empêcher de pleurer, et il approcha son visage pour l'embrasser tendrement. A ce triste spectacle ma gorge se noua et mes yeux devinrent humides et Il souleva l'épaule pour que je vienne me lover contre son torse tandis qu'il m'enveloppait de son bras. Nous restâmes serrés tous les trois ainsi pendant un long moment.

"Je vous aime" Nous avait-il murmuré à l'oreille.

Ce fut notre dernière étreinte. Pour la seconde fois quelqu'un abandonnait le groupe et emportait avec lui sa part d'amour. Tout comme Ken, je savais que nous nous reverrions un jour ou l'autre, mais c'était bel et bien un adieu, pas un au revoir.

J'avais passé la nuit à consoler mon amie que ce départ avait beaucoup plus atteint que moi. Je savais que secrètement elle aimait Armin, enfin je veux dire... Elle l'aimait différemment des autres. Elle l'aimait "plus", voilà le terme exact. Jusqu'au matin je la laissais sangloter contre mon épaule en essayant d'imaginer ce que je pourrais ressentir si mes "plus" à moi venaient un jour à partir aussi...

La sonnette vrilla mes tympans et je sursautai de presque ma propre hauteur en revenant à la réalité. Quelle heure était-il ?! Ho merde ! Je me précipitai vers la fenêtre pour regarder en bas et je vis leur deux silhouettes en casquées autour de la moto, l'un des deux attendait déjà devant le sas de mon immeuble. Merde ! Je me débattis avec les rideaux et dévalai le canapé pour aller actionner la porte du sas puis je couru me ficher devant le miroir de ma penderie. Une blonde élancée au regard turquoise me toisait avec les joues rougies. Je portai comme unique vêtement mon tee-shirt préféré avec l'inscription "Sorry girls i suck dicks" qu'Alexy m'avait finalement donné après des mois de lutte. Ce tee-shirt m'avait fait tellement rire dès qu'Alexy le portait, il était un poil grand mais il laissait entrapercevoir la naissance de mes fesses et ça, c'était très intéressant. Qu'est-ce que je pouvais optimiser en moins d'une minute pour faire croire que j'étais vraiment en train de me préparer ?! Avais-je le temps de passer un peu de gloss ou de l'anti-cerne ? Les garçons n'aimaient pas lorsque je me maquillais, alors que merde quoi, j'en avais bien le droit à 19 ans tout juste. La porte s'ouvrit et se ferma assez abruptement. Raté pour l'optimisation...

"Ce mec est vraiment un sale con !" S'exclama Nathaniel en jetant son casque furieusement sur le canapé.

Je quittai la chambre pour venir l'accueillir avec un large sourire. Ce qu'il était beau avec sa chevelure dorée et son visage parfait dont les traits s'était légèrement durcis avec l'âge, mais lui laissant toujours cet air juvénil et si charmant. Un ange, un vrai. Il m'observa de haut en bas en lâchant un petit rire taquin.

"Tu comptes y aller comme ça ou tu es juste à la bourre ?"

"Quoi tu trouves que c'est trop habillé ?" Répliquai-je diaboliquement en venant le prendre dans mes bras.

"Tout dépend pour qui" Ronronna-t-il avant de m'embrasser langoureusement tout en carressant le bas de mes reins. Des doigts tatonnèrent le tissu à la recherche d'une probable culotte et son sourire coquin se dessina contre mes lèvres. Je gloussai et entourai son cou de mes bras pour l'embrasser plus fort encore.

Ses baisers étaient toujours si doux, chauds et francs, chargés d'une tendresse infinie, comme si mal grès nos quatre années ensembles il cherchait toujours à me prouver ses sentiments. Il n'avait pas besoin de ça, mais je me gardais bien de le mentionner pardi ! On ne disait pas non à un baiser pareil. Il me délivra ensuite en me laissant chancelante. Je le tins à bout de bras pour le regarder et lâchai un sifflement.

"Le cuir te va si bien, on dirait un vrai Badboy ! Attention on dirait qu'il déteint sur toi !" Minaudai-je et il roula des yeux.

La porte s'ouvrit de nouveau et nous nous reculâmes légèrement pour voir débarquer un Castiel au regard mauvais. "La prochaine fois tu prends un taxi j'te jure ! Et m'aide pas à attacher la moto trou duc !" Siffla-t'il en posant son casque également.

"Maintenant je saurai que te foutre des coups de coudes ne suffisent pas à te faire ralentir mais que les morsures sont plutôt efficaces" Répliqua Nathy en quittant la pièce en direction de la cuisine pour certainement aller se servir un verre d'eau ou quelque chose du genre. C'était comme ça. On se réservait chacun de petits moments privés. C'était ainsi que ça fonctionnait.

Castiel mima une gorge qu'on coupe puis se tourna vers moi pour me reluquer ouvertement. Ses yeux gris se posèrent sur le bas de mon tee-shirt et il fit une moue résolué.Son agacement s'envola immédiatement et il se jeta littéralement sur moi tandis que j'anticipai déjà la voltige. Je le connaissais tellement par cœur. Il attrapa mes fesses pour me soulever contre lui et me plaquer contre le mur le plus proche. Il se pressa etre mes jambes repliées autour de lui et écrasa ses lèvres contre les miennes avec force et passion. C'était sa façon à lui de me dire que je lui avais manqué, car Castiel ne disait jamais ce genre de choses...

"Putain ça devrait être interdit d'avoir un corps pareil" Expira-t-il entre nos lèvres brulantes.

"C'est de partir tous les deux sans moi pendant deux semaines qui va devenir interdit" Répliquai-je en agrippant ses cheveux rougeoyants. Comme pour appuyer ma phrase je serrai mes jambes plus fort autour de sa taille en signe de défi, l'obligeant à lâcher un grognement de désir.

"Tu sais très bien que Nathan ne veut pas que tu viennes à ses séminaires pour pouvoir draguer de l'intello tranquillement" Répondit-il avec un sourire diabolique tout en me déposant au sol.

"J'entends tout abruti" Répliqua Nathaniel en revenant dans le salon avec deux bières.

Il lui en jeta une puis se laissa tomber dans le canapé. Castiel le rejoignit en ouvrant la sienne et en étendant ses jambes sur ma table basse en désordre.

"Trinquons aux trente minutes de retard que nous aurons" Clama le beau blond et il fit s'entrechoquer leurs bouteilles.

Ils se marrèrent comme des bossus et je tentai de soupirer le plus bruyamment possible. C'était mon signal pour foncer me préparer. J'enfilai en vitesse une jupe en jean et un joli dessous en dentelle puis retirai mon tee-shirt. J'envisageai 3 hauts en me tapotant le menton, et finis par passer un bustier simili cuir qui me faisait des seins d'enfer même sans soutif. Les bottines compensées à chainettes étaient une évidence du coup. C'était tellement drôle de porter des tailleurs toute la semaine et de complètement partir en vrille le week end. Je jetai ensuite ma tête en avant pour faire basculer ma longue chevelure dorée vers le bas et me frotter le cuir chevelu à coup de laque extra-forte pour un volume de lionne. Je relevai le tout ebn arrière avec un peu le tournis. Pfou ! Ha ouais ! Je gloussai devant mon reflet, à la limite de ne pas assumer le look trop sexy. Et puis merde, j'avais encore le droit d'être débile, je ne pourrai plus me servir de cette excuse à 30 ans. Un trait d'eyeliner un peu épais et du mascara extra volume pour finir le look Rock et le tour était joué. J'agrippai mon perfecto cuir noir et mon sac à main avant de retourner dans le salon. Les deux hommes se tournèrent et s'appuyèrent sur le dos du canapé. Ils ouvrirent de gros yeux en me contemplant.

"T'avais donc fermement décidé que ce soir les sous-vêtements étaient en option" S'esclaffa Nathan en louchant sur mon bustier.

"Je sens que je vais encore me battre" Lâcha finalement Castiel avec un air résolu.

J'éclatai de rire en attrapant mon casque et les clefs de mon scooter adorablement rose et vintage mais Nathan me les pris des mains.

"C'est moi qui conduis, je ne refous pas les fesses sur son engin de mort"

"Ken et Barbie sur le scooter rose, c'est d'un cliché" Se moqua Cassy et je lui envoyai une gifle qu'il esquiva avant de ma la rendre bien cinglante sur le fessier. Je poussai un cri offusqué et il me serra fort contre son torse dans une sorte de tendresse à la Castiel avant de dévaler l'escalier. Nathan ferma à clefs mon appartement puis attrapa ma main dans la sienne et la leva pour venir y déposer un baiser tandis que nous descendions.

C'était notre quotidien, c'était comme ça que l'on fonctionnait et c'était un équilibre qui s'était mis en place depuis des années, petit à petit, sans que nous nous en rendions compte et jusqu'à ce que se soit trop tard. Nous faisions parti du groupe.