Tirant sur les drap afin de monter, je rougis en me rappelant ce qui c'est passé quelques heures avant au lycée.
Rivai m'a demandé de sortir avec lui ? Rivai m'a demandé de sortir avec lui. Rivai m'a demandé de sortir avec lui ! Je n'arrive toujours pas à y croire. Je me souviens qu'après lui avoir donné ma réponse qui, bien sur, était oui, je suis retourné auprès de mes amis, ressemblant à un zombie qui avait pris un putain de coup de soleil tellement j'étais rouge. Lorsque je m'étais assis, je n'avais pas bougé, je n'avais même pas cligné des yeux. Je ne répondais pas, je ne réagissais pas lorsque Connie me passait ses mains devant, je ne réagissais lorsque Jean me lançais des pics, rien. Une vrai statue. Du moins, jusqu'à ce que Jean ne face un commentaire.
« Ohé Eren, Le nain t'a embrassé ou quoi ? »
Je n'ai pas pu m'empêcher de rougir encore plus en me tournant d'un coup vers lui, ce qu surpris tout le monde. Surtout Jean.
« Il t'a embrassé ?! » Avait-il crié avant que je ne prenne mon plateau et ne m'enfuis.
Comme je finissais avant, je me retrouve le premier ici, et j'ai choisi de faire un peu de drapé aérien. J'en faisais souvent lorsque j'étais jeune, ça m'aide à me détendre, à me vider l'esprit. J'espère que là aussi ça marchera.
Je me hisse en haut, et commence par un Jarret ou nœud ciseau, une figure simple mais assez jolie. Elle est aussi reposante et non douloureuse. Puis j'enchaîne avec un suspendu à un pied. Sans doute l'une des figures les plus impressionnantes, mais également une des seules où il n'y a aucun nœud à retenir. Elle est très reposante et fait souvent son effet auprès du public. Puis j'effectue une planche ventre ou appuie poignet. Figure très rapide à accomplir, toute simple et je me déroule progressivement passant de "boule" à "planche soleil". Je fais un écart facial latéral, puis une "Mini chute", pas très compliquée en soit mais demandant de la finesse pour enlever les nœuds après le tour. Et je termine par une vrille double avec salto.
Bon, si j'avais su, je ne l'aurais pas fait, car une fois la chute terminé, je me suis retrouvé nez à nez avec Rivai qui n'étais qu'à quelques centimètres de moi, et me regardais avec un petit sourire qui me fis rougir. J'étais tellement absorbé par mes figures que je ne l'ai pas vu arriver ni même aller se changer, ni même me regarder m'amuser. Dénouant les nœuds qui me maintenaient, je restais tout de même suspendu au drap, fixant Rivai qui s'avança vers moi d'un pas. S'avançant, Rivai grimpa à son tour, se retrouvant collé à moi, en face, plongeant son regard dans le mien.
« Hum. C'est un drapé aérien double pour notre spectacle qu'il faut.
-Je sais. »
Mon dieux ! J'adore quand il sourit ! Il est tellement beau... Heu... qu'est-ce qu'il fait là ?
Perdus dans mes pensées, je n'ai remarqué que trop tard qu'il avait enroulé ses jambes, avec le drap, autour de ma taille de manière à ce que aucun de nous deux puisse tomber, et qu'il rapprochait dangereusement son visage du mien. J'étais rouge, surtout lorsque ses lèvres ce sont posés sur mon front avec délicatesse. Fermant les yeux, il descendit, déposant un baisé sur ma joue, le coin de ma bouche, mon menton, et il termina par mon cou qu'il s'amusa à mordiller. Surpris, je sursautais en enroulant mon bras par réflexe autour de son cou, le rapprochant par ce geste de moi tout en maintenant le drap.
« Ri-Rivai ! Faut qu'on s'entraîne... M'exclamais-je rouge tomate, alors que je sentais son souffle dans mon cou.
-C'est ce que l'on fait.
-Rivai. »
Ricanant, ce qui me fit fondre alors qu'un frissons d'extase me parcourut, ce qui n'échappa guère à mon partenaire qui déposa une dernière fois ses lèvres dans mon cou, avant de descendre, m'entraînant avec lui. N'étant pas préparé, je me retrouvais dans les bras de Rivai, mes bras autour de son cou et mes jambes autour de sa taille.
« Rassure moi, tu vas pas faire ça lors du spectacle ?
-Peut être. »
Je laissais ma tête retomber dans le cou de Rivai qui me laissa me poser au sol, je me détachais de lui en rougissant, alors qui m'embrassa le cou de nouveau. Je crois qu'il aime bien faire ça, et moi aussi.
Je le regardais en souriant, tout de même heureux. Je l'avais sentis ce matin, que cette journée allait être magnifique, bien que je sois surpris par ça. Je n'aurais jamais cru que ce soit lui qui me le demande. En faite, je n'aurais jamais cru qu'il soit amoureux de moi. Du moins, si il est vraiment amoureux de moi car il y a aimer et être amoureux. Moi, je suis amoureux de lui, lui, peut être qu'il m'aime tout simplement. Pour sur que j'aimerais qu'il soit amoureux de moi, mais je ne sais pas, il ne m'a même pas dit qu'il m'aimait, il m'a juste demandé de sortir avec moi. Peut être qu'il ne m'aime pas tout court. Sauf que lorsque l'on demande à quelqu'un de sortir avec lui, c'est que on l'aime, non ? Je ne sais pas. Au final, je me demande si j'ai bien fait de dire oui sans réfléchir.
Sans m'en rendre compte, j'affichais un air triste, ce qui fit froncer les sourcils de Rivai, peut être par surprise, par inquiétude, par curiosité, je l'ignore car je n'arrive pas à lire en lui comme lui, il doit lire en moi, ce qui me chagrine. Il s'avance de nouveau vers moi en penchant légèrement la tête.
« Qu'est-ce qu'il y a ? Me demande-t-il en me voyant détourner le regard, signe qu'il est impliqué dans mon désarroi.
-Rien.
-Eren. »
J'aime pas quand il insiste. Une vraie tête de mule. Mais t'en qu'à faire, autant donné les réponses à mes questions et mes doutes.
« Pourquoi ? Pourquoi tu m'as demandé de sortir avec toi ?
-C'est logique, non ? Répondit-il en croisant les bras sur sa poitrine, soudain sérieux en vue du sujet abordé.
-Je veux te l'entendre dire.
-Eren-
-Je veux pas sortir avec une personne qui ne m'aime pas Rivai, le coupais-je, Ce genre de personne n'en val pas la peine. Ils sont ignoble car ils joues avec les sentiments des personnes. Ils profitent d'une personne qui les aiment pour les manipuler et à la fin leur briser le cœur. Ces personnes là ne méritent pas d'être aimés. Oui, je n'ai pas envie que tu sois une de ses personnes, mais je n'ai pas envie d'être pris pour un con. »
ge reste neutre, impassible, mais pour la première fois depuis que je le connais, je peux voir de la tristesse dans ses yeux, ce qui m'attriste et m'irrite en même temps. Bien que je l'observe depuis deux ans, je ne le connais pas. Je sais comment il s'appelle, certaines de ses habitudes, son âge, mais c'est tout, je ne sais rien d'autre. Il est, pour moi, un parfait inconnu, et ça m'énerve, ça me donne envie de pleurer, de lui envoyer mon poing dans la figure. Mais je me retiens, car je suis amoureux de lui, quoi que je puisse dire, quoi que je puisse faire, je suis fou amoureux de lui, de se nain sans émotions méchant et violent. Putain oui, je l'aime plus que tout.
« Je ne sais pas... Je ne sais pas encore la nature de mes sentiments envers toi...
-Alors, lorsque tu seras sur, tu me redemanderas, et là, je te dirais oui, mais pas avant Rivai. Il n'y a pas marqué débile sur mon front. J'ai trop souffert dans ma vie pour que je me laisser tirer sans me poser de question. Oui, je t'aime Rivai, je suis amoureux de toi, mais ce n'est pas pour autant que je vais te suivre bêtement si tu me dis vouloir sortir avec moi juste pour me faire plaisir. Un couple, c'est à deux Rivai. Là, je suis seul, et ce n'est pas ce que je souhaite.»
