Retour à Roswell
Suite de : Un si douloureux secret
Disclaimer : L'univers de Roswell ne m'appartient pas. Seul Jordan m'appartient (enfin façon de parler )
Un grand merci à tout ceux qui prennent le temps de laisser des reviews
Chapitre 6
Kyle avait décidé d'amener Jordan et Chrys au parc pour que Michael, Tess, Max, Isabelle, Maria et Alex puissent mettre de l'ordre dans ce qui se passait. Michael était dans tous ses états. Il faisait les cents pas. Personne n'avait parlé depuis le départ de Kyle et des garçons. Isabelle en eut marre de ce silence pesant et du manège de Michael :
- Michael ! Arrêtes de tourner en rond ! Tu vas me rendre dingue ! déclara-t-elle d'une voix excédée.
Il la regarda un instant et se passa une main dans les cheveux avant de déclarer :
- Je ne peux pas rester en place ! Cette histoire me fait perdre la tête. Que Liz connaisse Khivar de nom, d'accord ! On a eu à combattre Nicolas, elle le connaît. Mais c'est la phrase qui me dérange. Jordan a été clair sur ce qu'il a entendu. Mais qu'est-ce qui n'est pas si facile ? Et pourquoi avoir dit ça à Khivar bon sang ?!
- Je te comprend. Max venait de se lever et de se diriger vers son ami. Cette histoire m'inquiète aussi, et lors de notre dernière rencontre avec Khivar, il n'avait pas l'air décidé à faire ami ami avec nous !
- Pourquoi Liz ? Tous les regards se tournèrent vers Tess qui venait de prendre la parole. Quand elle vit leur regard interrogatif, elle expliqua : S'il avait quelque chose a demandé, pourquoi chercher Liz ? Après tout depuis sept ans, s'il voulait demander quelque chose à une humaine, il aurait été voir Maria, qui est beaucoup plus proche de Max. Et c'est après lui qu'il en a.
- Je suis d'accord avec Tess. Isabelle s'était levée à son tour pour rejoindre son amie. Et s'il avait voulu quelque chose d'important, il aurait essayé avec moi. Après tout, dans notre ancienne vie, nous étions amants. Pourquoi allez voir Liz, une humaine qui pour ainsi dire ne parle plus à Max, et avec qui il n'a aucun lien, aucunes affinités ?
- Cette histoire est de plus en plus tordue ! laissa tomber Alex.
- Le problème, Alex, c'est qu'on a énormément de questions et aucunes réponses.
Michael se laissa tomber sur une chaise, complètement perdu. Il avait un mauvais pressentiment. Quelque chose au fond de lui qui lui disait que cette histoire était encore bien plus compliquée que ça, et qu'il ne venait d'entr'apercevoir que le sommet de l'iceberg. Il demanda d'une voix angoissée :
- Et maintenant, où est Liz ?
Liz avait marché sans vraiment savoir où elle allait. Son esprit était embrumée par les questions qu'elle se posait. Elle regarda autour d'elle et remarqua qu'elle était arrivée à la sortie de la ville. Elle ne savait pas pourquoi elle était là. C'était comme si une voix au fond d'elle lui montrait le chemin. Dans le lointain, elle distingua la forme d'un bâtiment. Non, d'une maison. Elle se dirigea vers la bâtisse. La chaleur étouffante du milieu d'après-midi l'empêchait de voir très loin. Elle s'approchait lentement de la maison qui se découpait dans le lointain du désert qui s'étendait à perte de vue derrière. La maison ressemblait à celle des Evans, à cela près que celle vers laquelle elle se dirigeait se trouvait presque dans le désert et qu'il n'y avait que très peu de pelouse devant. Elle avait soif et faim, mais elle tenait debout et continuait d'avancer. Une fois arrivée sur la terrasse, elle s'arrêta. La porte s'ouvrit sans qu'elle n'ait eu besoin de frapper. Elle reconnut immédiatement l'homme qui se tenait devant elle, l'homme qu'elle avait vu dans ses rêves, Khivar. Mais elle n'avait pas peur. Non, elle se sentait même bien. Comme si elle avait fait un long voyage et qu'elle rentrait enfin chez elle, avec les siens. Khivar la regarda et dit simplement, de sa voix rauque et envoûtante :
- Tu en as mis du temps avant de venir.
- Je veux des réponses.
- Ne restes pas dehors. Le soleil est mauvais, surtout pour une femme enceinte.
Il lui montra l'intérieur et elle rentra. Il posa une main son bras, et elle tressaillit, non pas par peur, mais à cause de la familiarité de ce geste. Il la conduisit vers le salon et elle s'installa sur le canapé. Elle était partagée entre deux attitudes. Une partie d'elle était mal à l'aise, ne savait pas ce qu'elle faisait là, et lui commandait de sortir, de s'en aller. Mais l'autre partie était à l'aise, soulagée d'être ici, heureuse. Et c'était cette partie qui l'emportait. Khivar, qui s'était absenté, revint avec une carafe de thé glacé et deux grands verres qu'il remplit. Puis il commença :
- Tu sais depuis combien de temps je te cherche Natalia ?
- Je m'appelle Liz.
Il la regarda et secoua la tête :
- Tes parents adoptifs ne t'ont rien dit, pas vrai ?
- Adoptifs ?
- Tu sais Natalia, notre race vivait déjà sur Terre avant 1947. La famille Parker était l'une des plus anciennes familles. Notre mère a décidé de te confier à eux, parce qu'elle avait confiance.
- Notre race ? Notre mère ? Je suis humaine, tout comme ma famille. Et je n'ai pas été adopté.
Liz se défendait, mais au fond d'elle, un sentiment, un quelque chose lui disait que tout ce que lui racontait Khivar était vrai. Il continua :
- Quand ceux de notre race ont appris qu'on envoyait Zan, Valandra, Ava et Ruth sur Terre, dans des incubateurs pour qu'ils puissent un jour revenir et tous les sauver, ils ont décidés de faire pareil avec moi. Mais maman voulait qu'ils le fassent pour toi aussi. Tu était sa fille, son sang. Alors au lieu d'utiliser des incubateurs…
- …Elle a utilisé une mère porteuse…
- …Pour que tu es une famille. Tu crois que tes rêves sont uniquement le fruit de
ton imagination ?
- C'est impossible !
- La vitesse de ta grossesse, tes pouvoirs, les flashs que tu as lorsque tu embrasses Ruth, ou quand tu embrassais Zan ?
- On s'aimait, c'est à cause de ça les flashs ! Et les pouvoirs sont une conséquence du sauvetage de Max ! Et la vitesse de la grossesse est le résultat …
- Non ! Maria et Michael s'aimaient quand ils étaient ensemble ! Ont-ils eu des flashs ? Max a sauvé Kyle, et ce dernier n'a aucuns pouvoirs ! Les femmes de notre race ont une grossesse de cinq mois.
- Non ! Je ne peux pas y croire !
- Tu ne veux pas y croire !
Liz s'était levée et se tenait devant la fenêtre. Elle refusait de croire à tout ce qu'il racontait ! Elle ne pouvait pas…non ! Elle refusait d'y croire ! Surtout pas si cela impliquait qu'elle soit la sœur de Khivar ! Ce dernier se rapprocha et la força à se retourner avant de plonger son regard dans le sien. Liz ne put détourner ce regard. Elle le connaissait si bien. Elle fut emportée par une vague de visions. Non, par une vague de souvenirs et elle se rendit compte qu'il disait vrai. Que toute sa vie n'avait été que mensonges. Sur Antar, elle était proche de Khivar, ils n'avaient même pas besoin de parler. Mais il avait voulu déclencher cette guerre, et ils s'étaient éloignés, ils avaient perdu le lien unique, le lien si fort qui les unissait. Elle éclata en sanglots et Khivar la prit dans ses bras, la berçant pour qu'elle se calme. Sa petite sœur avait toujours été sa pire faiblesse, son talon d'Achille. Le fait qu'elle refuse d'être de son camps l'avait détruit et l'avait rendu fou de rage envers la famille royale. Mais aujourd'hui, il n'allait pas la laisser s'éloigner. Elle était sa sœur, et elle allait devoir l'accepter !
Cela faisait plus de six heures que Liz était partie. Six heures qu'ils étaient rongés par l'angoisse. Six heures que des milliers de questions étaient apparues, les tourmentant sans cesse. Le téléphone avait sonné et Michael était parti répondre. Dans la salle de restaurant, personne n'osait croire à ce qui se passait. Michael et Liz étaient partis il y a sept ans. Et alors que leur retour auraient dû être un événement heureux, tout se compliquait. Et Liz disparaissait. Ils n'avaient pas eu le temps de parler normalement, comme ils auraient dû le faire, chacun racontant ce qu'ils étaient devenus. Isabelle parlait avec Alex, qui était devenu son mari quatre ans plus tôt. Kyle venait de ramener les garçons. Il était reparti au poste pour pouvoir trouver des pistes quand à la destination de Liz. Il avait ses entrées. En effet, il avait marché sur les traces de son grand-père et de son père et était devenu le shérif de la petite ville de Roswell, si souvent remuée par les évènements étranges. Tess et Maria étaient montées pour coucher les garçons. Maria commençait une carrière de chanteuse, et elle était assez connue au Nouveau Mexique. Quant à Tess, elle était revenue un an après son départ. Max avait été tellement heureux de retrouver son fils, qu'il s'était rapproché de la jeune extraterrestre. Ils s'étaient finalement mariés. Mais Max s'apercevait qu'il ne savait rien de Michael et de Liz. Qu'étaient-ils devenus ? C'est à ce moment que son ami entra et dit :
- Il y a quelque chose d'étrange !
- Quoi ? Plus étrange que ce qui se passe en ce moment ?
- Alex !
Isabelle venait de rabrouer son mari. Alex n'avait pas changé et faisait toujours de l'humour - ou au moins essayait - pour détendre l'atmosphère quand la situation devenait trop tendue. Tous les regard se tournèrent vers Michael qui après avoir fusillé Alex du regard dit :
- C'étaient les parents de Liz au téléphone. Enfin le premier coup de fil. Ils ont dits qu'ils allaient rester plus longtemps là-bas.
- Et c'est censé être étrange ?
Maria et Tess venait de faire leurs entrées dans la pièce. Michael continua :
- Ils avaient eu beaucoup de mal à partir car ils ne voulaient pas laisser Liz seule. Oui, enfin ils voulaient rester avec elle. Mais quand je leur est dit que Liz avait disparu, ils ont dit qu'elle reviendrait, qu'ils savaient qu'il ne lui était rien arrivé.
- Alors qu'ils auraient dû s'affoler et revenir en vitesse. Déclara Isabelle.
- Tout à fait Isabelle. Ils auraient dû être angoissés, revenir. Ils nous ont bien demandé de rappliquer quand vous avez disparu !
- Et si c'était fait exprès ?
Tout le monde se tourna vers Tess. Max regarda sa femme et demanda :
- Comment ça ?
- Rappelles-toi Max ! Tes parents ont dit que les Parker n'avaient pas eu l'air surpris plus que ça par vos origines. Et s'il se passait quelque chose qu'on ignorait ?
- Comme quoi ?
- Mais j'en sais rien Max ! Je suis pas devin ! Mais j'ai l'impression qu'il y a quelque chose qu'on ignore, et que c'est la clé ! Ils voulaient que Liz revienne à Roswell. Mais pourquoi ?
Ils restèrent silencieux et s'aperçurent qu les paroles de Tess avaient beaucoup de sens. Elle avait raison, et étrangement, alors qu'ils auraient du se sentir soulagés d'avoir trouvé une piste, ils ne l'étaient pas du tout, bien au contraire.
- Et le deuxième appel ?
- Quoi ?
Michael se tourna vers Isabelle qui répéta :
- Tu as dit qu'il y avait eu un deuxième appel. Qui c'était ?
- Oh, personne. C'était juste Patricia qui voulait prendre des nouvelles de Liz.
- Patricia ?
Michael se rendit soudain compte que ses amis ignorait tout de leur nouvelle vie alors il dit :
- Patricia tient l'entreprise de mode dans laquelle travaille Liz.
- Liz travaille dans la mode ??
Michael fut amusé par la surprise qu'il avait pu lire dans la voix de Maria. Il répondit :
- Oui. Elle a commencé au bas de l'échelle et aujourd'hui, elle est styliste. Elle est assez célèbre Boston.
- Je ne voyais pas Liz dans la mode. Et toi ? Qu'es-tu devenu ?
- Je suis inspecteur dans la criminelle.
- Inspecteur ?
Max avait failli s'étrangler. Il déclara :
- Michael Guerrin ? Inspecteur ? Celui qui refusait toute autorité ?
- Eh ! Les gens changent Evans !
- Ah bah pour changer !
- Tu vas pas t'y mettre Isabelle ?!
Tout le monde partit d'un grand éclat de rire en voyant la mine ahuri de Michael. Mais le fou rire ne dura pas longtemps, et ils se remirent à broyer du noir.
Liz venait d'ouvrir les yeux. Elle était si épuisée qu'elle s'était assoupie dans les bras de Khivar. Dans les bras de son frère qui l'avait ensuite portée jusqu'à une chambre. Elle n'aurait su dire si elle se sentait plus perdue qu'avant. Elle se leva et descendit. Les voix qui parvenaient du salon lui étaient familières. Elle regarda les personnes présentes dans la pièce. Il y avait son père, sa mère - enfin, sa famille adoptive - et Khivar. Ils se tournèrent vers elle. Sa mère prit la parole :
- Je suis désolée Liz. On aurait dû tout te dire, mais on n'en avait pas le courage.
- Mais maintenant on va tout te dire. Sur ta vie d'avant, tes origines.
Liz regarda son père avant de se tourner vers son frère qui dit ce qu'elle redoutait tant :
- Et après, tu devras faire ce que tu n'as jamais fait sur Antar : un choix. Tu devras choisir ton camp Natalia. Michael ou moi.
