Retour à Roswell
Suite de : Un si douloureux secret
Disclaimer : L'univers de Roswell ne m'appartient pas. Seul Jordan m'appartient (enfin façon de parler )
Un grand merci à tout ceux qui prennent le temps de laisser des reviews
Bonne lecture
Michael tendit son bras sur le lit. Il rencontra l'oreiller vide de Liz et ouvrit les yeux. La veille, sa femme ne lui avait pas adressé la parole et s'était tenu le plus éloigné possible de lui. Michael ne l'avait pas questionnée. Les évènements de la veille l'avait déjà assez bousculée comme ça pour qu'il n'en rajoute une couche. Il se leva et se dirigea vers la salle de bain, prit une douche rapide et descendit. Le Crashdown Café était ouvert et les clients affluaient. Il vit Max, Tess, Maria, Isabelle, Alex et Kyle entrer et s'installer dans un coin tranquille de la salle. Il se dirigea vers eux et les salua quand il fut à leur hauteur.
- Je croyais que vous aviez décidé de garder le Crash fermé Liz et toi ? fit remarquer Kyle.
- A vrai dire, je le croyais aussi. Mais je me suis réveillé dans un lit vide, et là, je trouve le resto ouvert et Liz envolée ! répondit Michael.
- Tu ne sais pas où est Liz ? demanda Max, inquiet.
- Non. Hier, elle était distante. Quelque chose n'allait pas, mais elle n'a rien dit. Et ce matin… envolée !
- Je ne sais pas pour vous, mais moi, je n'aime pas cette histoire, dit Alex.
- Je crois que personne ne l'aim…Voilà Liz ! s'interrompit Maria.
Après quelques secondes, elle ajouta :
- En grande conversation avec…un type que je n'ai jamais vu à Roswell.
- Un skin ? demanda Alex en se tournant vers sa femme.
- Désolée, mais je ne suis pas un radar à skins ! J'en sais rien. C'est peut-être un simple client, hasarda Isabelle, certaine que l'homme était un de ses ennemis.
- Un simple client comme celui qui vient d'entrer ? demanda Tess, un soupçon de mépris dans la voix.
- Bon, d'accord ! Y'a des chances que ce soit un skin, finit par capituler Isabelle.
Ils regardèrent Khivar entrer dans le restaurant. En le voyant, le sourire de Liz s'élargit et elle s'approcha immédiatement de son frère et le serra dans ses bras.
- C'est son frère après tout, murmura Max.
- Oui, et moi je suis son mari, souffla rageusement Michael qui se dirigea vers le couple, sous le regard de ses amis.
Liz s'était levée tôt, et avait décidé d'ouvrir le Crash. Elle ne voulait pas voir ses " amis " qui pensaient déjà à sa trahison. Depuis qu'elle savait tout, elle n'aurait pu expliquer pourquoi, mais quelque chose avait changé en elle. Elle avait pris de l'assurance, une carapace était apparue, la protégeant des attaques extérieures. Elle savait aussi reconnaître ceux de sa race, comme cet homme, assis au bar. Elle était allée le voir, et ils avaient commencé à discuter quand elle avait senti la présence son frère avant de voir ce dernier. Elle s'était retournée, s'était excusée auprès de son compagnon, et s'était dirigée vers son frère. Elle l'enlaça :
- Ca fait plaisir de te voir Khivar.
- Eh ! Aux yeux du monde, je m'appelle Thomas Parker.
- Thomas Parker ? Tu as pris le nom de ma famille.
- Mais je fais parti de cette famille, sœurette ! lui répondit Khivar/Thomas avec un grand sourire taquin. Et appelles moi Tom. C'est plus court.
- Tu as même pensé au surnom ! s'exclama Liz en feignant l'admiration. Mon dieu ! Mais c'est que mon frère est intelligent.
- Très intelligent. Tu ne le savais pas encore ?
Réprimant un fou rire, Liz demanda :
- Je peux t'offrir quelque chose ?
- Hum…je ne sais pas. Mais dit moi, comment ça s'est passé hier soir ?
Khivar remarque aussitôt que le sourire de sa soeur disparut. Elle baissa la tête et commença :
- Petit accrochage avec Tess.
- Ava ?
- Oui, pas le même prénom, mais c'est la même personne.
- Sur Antar, elle était d'une jalousie maladive. Une vrai…
- …Garce ? N'ais pas peur du mot !
- Et avec ton cher et tendre époux ?
- On n'a pas vraiment eu le temps de… commença Liz.
- Liz ! Je te cherchais partout ! s'exclama Michael en apparaissant et en posant un bras possessif autour de la taille de sa femme.
- Quand on parle du loup ! murmura Khivar.
- Qu'est-ce que tu fais là mon très cher…beau-frère ? demanda le nouvel arrivant en toisant l'homme qui lui faisait face.
- Ça va ? Tu as survécu en m'appelant ainsi ? railla Khivar.
- J'ai eu l'impression de…
- Ne commencez pas ! dit Liz d'une voix autoritaire. A Michael : J'ai vu que Max et compagnie étaient là. Tu peux aller leur dire d'arrêter de nous fixer ainsi, ou sinon de prendre une photo. Ça devient agaçant. A Khivar : Quant à toi, je vais te faire visiter l'intérieur, et on parlera devant un café.
Khivar affichait sa joie à Michael. Il avait gagné ce round, et le montrait. En passant devant son adversaire, il mit une main sur son épaule et lui murmura :
- En public, appelle-moi Thomas. C'est plus…terrien dirons-nous.
- Je t'aurais Khivar ! murmura Michael en regardant son beau-frère s'éloigner.
Il resta un instant immobile et se dirigea vers ses amis.
Liz se laissa tomber sur le canapé. Son frère la regarda et demanda :
- Qu'est-ce qu'il s'est passé hier soir, Natalia ?
- Rien. Et arrête de m'appeler ainsi !
- De t'appeler Natalia ? Mais comment dois-je t'appeler alors ? Liz ?
- Oui. Non. J'en sais rien !
Khivar vint prendre place à côté de sa sœur. Il plongea son regard dans le sien et redemanda :
- Que s'est-il passé hier soir ?
- Tu as peut-être raison, murmura Liz en détournant son regard.
- Comment ça j'ai peut-être raison ?
- Ils n'ont pas confiance en moi. Je les ai écoutés. Ils ne vont rien faire pour arranger cette situation ! Ils vont me laisser faire mon choix. Eux ou toi.
- Je suis désolé Liz.
- Non, tu ne l'es pas. Ca t'amuse. Tu as raison, et tu le sais.
- Non, je suis vraiment désolé. Crois-moi.
- De toute façon, qu'est-ce que j'ai à perdre ?
Khivar se leva et se campa devant la fenêtre. Il semblait vouloir dire quelque chose, mais gardait le silence. Finalement, il dit :
- Ecoute Natalia. Je ne veux pas plus que toi cette guerre. Mais notre peuple est opprimé. Et cette guerre est déjà déclenchée. Ça fait peut-être cinquante ans que nous sommes morts, mais cette guerre, elle, n'a jamais cessé !
- Elle n'a jamais cessé… murmura Liz dans un souffle.
- Et le seul moyen qu'elle s'arrête enfin serait…
- Mais bien sûr ! Elle n'a jamais cessé ! s'écria Liz en bondissant sur ses pieds. Elle regarda son frère, l'embrassa et lui dit en se dirigeant vers la porte menant au Crashdown : Ne bouge pas, je reviens ! Tu es un génie !
Khivar regarda Liz quitter la pièce comme une tornade. Qu'avait-il pu dire de si génial pour que sa sœur s'emballe à ce point ?
Michael s'était assis avec ses amis. Il se morfondait sur son sort et dit :
- Elle m'a renvoyé à la niche ! Et est parti avec ce…crétin !
- Elle a juste besoin de temps pour y voir plus clair, Michael, dit Isabelle d'une voix apaisante.
- Isabelle a raison. Tu as vu tout ce qu'elle a appris en si peu de temps ! renchérit Maria.
- Y'a de quoi perdre les pédales, dit Alex en souriant.
Un lourd silence s'installa et chacun replongea le nez dans sa consommation. Quand la voix de Liz s'éleva dans les airs, par-dessus tout le brouhaha, ils relevèrent tous la tête :
- Tout le monde dehors ! Désolée, mais le Crash ferme ! Ceux qui n'ont pas payé, pas la peine ! C'est la maison qui offre ! Allez ! Désolée mais on ferme !
Les gens se levèrent en râlant. Michael se leva en entendant Kyle dire :
- Je veux bien croire qu'on puisse perdre les pédales, mais à ce point-là !
Quand tout le monde furent partis, ils virent Liz s'approcher d'eux. Arrivée à leur hauteur, elle s'écria :
- Combien de gens allez-vous encore laisser mourir par pure stupidité ?
Complètement perdu, Michael secoua la tête et demanda :
- Quoi ?
- Ça fait cinquante ans qu'on est mort ! Mais la guerre n'a jamais cessé ! Combien d'innocents sont morts à cause de nous ? Combien d'innocents vont encore mourir à cause de nous ? Ca fait plus de cinquante longues années. Ils seraient peut-être temps de trouver un compromis, non ?
Max soupira et commença :
- Liz ! Tu ne vas…
Mais il fut interrompu par Kyle :
- Vu de cette manière, elle n'a pas tord.
- Quoi ?! s'étrangla Tess.
- Bah oui ! Vous avez roupillé pendant une trentaine d'années et après vous avez refait votre vie, mais vous n'avez jamais pris en compte le fait que dans votre galaxie, la guerre a continué, expliqua Kyle.
- Mais ce n'est pas le problème ! s'exclama Tess. Le problème, c'est que Khivar veut en profiter pour prendre le pouvoir. Une fois à la tête, il en profitera pour s'emparer de notre trône !
- C'est faux, dit Maria. Rappelez-vous lors de notre " entretien ", il a dit que le représentant serait élu. C'est déjà mieux que vous qui ne laissez aucune chance et qui obtenez le pouvoir de père en fils, et ainsi de suite.
- Nous proposons d'élire notre représentant. Vous, vous ne laissez aucun choix. Le représentant est désigné à la naissance, et même s'il est nul, s'il n'a pas les mêmes convictions que son peuple, tant pis. Qui de vous ou de nous optons pour la meilleure solution pour notre race ? Demanda Liz en se tenant droite et en relevant la tête.
- " De VOUS ou de NOUS " ? Dans quel camps es-tu Liz ? demanda Tess.
Liz les regarda et repensa à Khivar, à sa vie sur Antar, à sa vie actuelle. Elle regarda derrière elle et vit Khivar. Puis elle repensa à ce qui avait été dit hier soir. Elle regarda ses amis, son mari et dit d'une voix assurée :
- Si vous vous entêtez dans votre stupidité et condamnez nos deux races par la même occasion, je choisis le camps le plus juste. C'est-à-dire celui de mon frère.
- Liz ! Tu ne peux pas…commença Michael, brisé par ce que venait de dire sa femme.
- Si je peux Michael. Votre entêtement nous à déjà conduit une fois à la mort. Et elle a tué des millions d'innocents. Vous prônez une dictature. Nous prônons une égalité, un gouvernement basé sur la liberté de choisir ses représentants, une démocratie ! Si vous continuez cette guerre, et ne cherchez pas à entendre mon peuple, je m'en vais. Avec mes enfants.
Les paroles de Liz avaient fait l'effet d'une bombe. Alors que Khivar s'était rapproché de sa sœur, Michael la regardait avec effarement. Max et Isabelle ne parlaient pas, ne sachant pas quoi dire. Liz se tourna vers son frère et dit :
- Va chercher Jordan et aide-le à préparer son sac.
Puis elle se tourna vers ses amis et dit :
- Il me reste trois mois avant la fin de ma grossesse. Je vais m'installer chez mon frère avec Jordan. Vous savez où se trouve la maison et on se reverra au Crashdown. Vous avez trois mois pour prendre une décision. Et je suis clémente. En trois mois, des millions d'autres d'innocents peuvent mourir.
- Liz ! Tu ne peux pas faire ça ! Je t'aime ! souffla Michael d'une voix désespérée.
Michael fit un pas vers Liz qui recula et dit :
- Je t'aime aussi Michael. De tout mon cœur. Mais ça n'est pas une raison suffisante pour laisser des innocents mourir. Nous avons une vie merveilleuse ici, sans soucis, sans conflits. Mais là-bas, ils font la guerre. Des enfants, des femmes et des personnes âgées qui n'ont rien demandé meurent chaque jour parce que nous avons pris une mauvaise décision et qu'un conflit gouvernemental a pris une si grande ampleur qu'il a condamné des personnes qui n'ont rien demandé. Je suis désolée. Mais c'est ainsi. Je ne peux pas rester les bras ballants sans rien faire. Ce que je suis en train de faire me déchire le cœur. Mais si prendre parti est la seule solution pour arriver à trouver un arrangement et donc à stopper cette guerre, je choisi le camps qui me paraît le plus juste. Et ce n'est pas le votre.
Liz s'approcha, embrassa son mari et quitta la pièce et le Crashdown, sous les regards effarés du groupe.
