Retour à Roswell

Suite de : Un si douloureux secret

Disclaimer : L'univers de Roswell ne m'appartient pas. Seul Jordan m'appartient (enfin façon de parler )

Un grand merci à tout ceux qui prennent le temps de laisser des reviews

Voici l'avant dernier chapitre de cette fic. Les choses s'accélèrent.

Bonne Lecture !


Liz regardait l'étendue du désert sans le voir, l'esprit surchargé de question. Voilà deux mois qu'elle avait quitté Michael, le mettant au pieds du mur. Lui mais aussi Max, Isabelle et Tess. Deux mois qu'elle leur avait donné un ultimatum : l'abdication de leur pouvoir unique, ou son départ. Mais en quittant le Crash down, elle y avait laissé une partie d'elle-même. Ne dit-on pas que c'est en s'éloignant qu'on se rend compte qu'on tient à une personne ? Liz n'avait jamais été autant persuadée de son amour pour Michael qu'en ce moment. Que faisait-il ? Pensait-il à elle autant qu'elle pensait à lui ? La chaleur de ses bras lui manquait, ses baisers lui manquaient, même son sale caractère lui manquait. En fait, son mari lui manquait tout simplement. Elle poussa un long soupir et porta instinctivement une main sur son ventre arrondi. Elle aurait tant voulu vivre cette grossesse auprès de Michael. Mais comment la situation avait-elle pu ainsi dégénérée ? Un sourire ironique se forma sur le visage de Liz. Comment ? Elle avait tout simplement appris qu'elle n'était pas ce qu'elle croyait être. Qu'elle était une alien. Il y avait des moments où elle haïssait sa vie. Qu'avait-elle donc fait pour que sa vie soit si compliquée ? Elle n'avait rien demandé d'extraordinaire, s'était toujours préoccupée de son prochain, avait sacrifiée sa vie pour sauver des extraterrestres. Alors pourquoi lui infligeait-on tant d'épreuves ? Malheureusement toutes ses questions restaient sans réponses. Elle entendit les cris de joie de son fils dans le jardin et l'imagina en train de jouer avec son oncle. Elle soupira. Elle aimait son frère, mais avait-elle pris la bonne décision ?

Michael essayait de se concentrer sur son dossier. Se sachant à Roswell pour un bon moment encore, il avait téléphoné à son supérieur et avait arrangé un échange. Un policier de Roswell était parti pour Boston, tandis que lui restait ici. Mais il avait beau essayé de se concentrer, son esprit s'égarait toujours. Il se mettait à penser à Liz et Jordan. Comment allaient-ils ? Que faisaient-ils ? La grossesse de Liz se déroulait-elle bien ? Il avait envie de s'arracher les cheveux. Même son sommeil l'avait quitté, et les nuits blanches qui s'accumulaient ne l'aidaient en rien à se concentrer. Ils n'auraient jamais dû revenir à Roswell. Après tout, peut-être était-ce cette ville qui était maudite ? Il ferma rageusement son dossier. Cette situation allait le rendre dingue. Il prit sa veste, ses clefs de voiture et sortit de l'appartement en claquant la porte.

- Quand vas-tu prendre enfin une décision ? demanda brutalement Michael quand la porte de la maison s'ouvrit sur Max.

Max regarda son meilleur ami. Celui-ci ne semblait pas en forme mais après tout, qui ne l'aurait pas été dans son cas. Il soupira et dit :

- Michael, cette décision n'est pas évidente. Comprends-moi…

- Te comprendre ? s'étrangla Michael. Et moi ? Ma femme enceinte m'a quittée en emmenant mon fils ! Et je risque de la perdre ! Te rends-tu vraiment compte de ce que je ressens ?

- Ce n'est pas une décision facile à prendre. Et si Khivar en profitait pour prendre le pouvoir ?

- Liz lui fait confiance.

- Liz est sa sœur. Elle…

- Liz est ma femme ! Et il fut un temps où tu lui aurait fait une confiance aveugle ! Bon sang Max ! C'est Tess qui te ramolli le cerveau ou quoi ?

- Fais attention à ce que tu dis Michael ! Tess est ma femme et…

- Et Liz m'échappe à cause de toi ! Si je la pers Max, je t'en tiendrais pour responsable et alors… grogna Michael en pointant un doigt menaçant vers celui qui fut son meilleur ami, son confident.

- Tes menaces ne changeront rien à la situation Michael ! s'exclama Max d'un ton autoritaire.

Michael se retourna et s'en alla. La situation dégénérait, et ça ne lui plaisait pas. Mais alors pas du tout. Il décida de retourner chez lui. De toute façon, il n'avait rien de mieux à faire.

Maria, Kyle, Isabelle et Alex s'étaient réunis chez ce dernier couple. Isabelle arriva avec un plateau sur lequel reposait des verres et du thé glacé. Elle servit ses amis et son mari qui commença :

- Bon, vous savez sans doute pourquoi nous sommes là ?

- Pour évaluer une situation qui est sur le point de nous exploser à la figure ? demanda innocemment Maria.

Alex regarda un instant en l'air et dit :

- C'est une façon comme une autre de décrire la situation, en effet.

- En fait, les vrais bombes, ce sont Max et Michael, commença Isabelle. Quand ils sont ensemble, j'ai toujours peur qu'ils se sautent dessus.

- Leur avis sont contraires. Dit calmement Kyle, comme si cette constatation justifiait l'attitude des deux hommes. Mon père est parti " sonder " les points de vue de nos deux guerriers. Il ne reste qu'un mois.

- Et deux des extraterrestres, commença Maria, - à savoir Max et sa chère femme Tess, que, soit dit en passant, je ne supporte pas - sont d'avis de ne pas écouter Khivar. Alors que Michael semble faire confiance à Liz et aller dans le sens de son frère. Il ne reste plus que l'avis d'une extraterrestre.

Tous se tournèrent vers Isabelle qui se leva et se dirigea vers sa fenêtre. Elle regarda un instant dehors, en restant silencieuse. Puis elle se retourna et dit :

- Je crois que Khivar a raison.

- Continue, l'invita Alex qui savait pertinemment que sa femme ne voulait pas s'arrêter là.

- Cette histoire ne concerne pas que nous, commença Isabelle. On a oublié que des innocents meurent. Et on est en train de se disputer bêtement le pouvoir. Je crois que si on fait attention, si on surveille les élections, tout devrait se passer sans problèmes. De toute façon, on ne pourra pas revenir au régime d'avant. Il est temps d'évoluer.

- Bah moi - même si étant terrienne ma voix ne pèse pas lourd dans la balance - je suis d'accord avec Isa, dit Maria.

- Je suis de l'avis de ma femme, déclara Alex en prenant la main de son épouse.

- Je suis le mouvement, dit à son tour Kyle. Cette guerre n'a que trop duré, et comme l'a dit Isa, vous ne pourrez pas revenir au régime d'avant.

Le silence s'installa puis Kyle dit :

- Il ne nous reste plus qu'à attendre le rapport de mon père sur nos deux idiots de services.

Puis ils parlèrent de tout et de rien, histoire de détendre l'atmosphère de la pièce. Au bout d'une heure, la porte d'entrée claqua et ils virent entrer Jim Valenti qui ne semblait pas de très bonne humeur :

- Ces garçons sont stupides !

Puis il se laissa tomber sur le premier fauteuil venu. Le reste de l'assistance le regarda et attendit la suite. Voyant le regard interrogateur des personnes présentes dans le salon, Jim haussa les épaules et dit d'un ton bougon :

- Quoi ? Arrêtez de me regarder comme ça ! Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?

- Ce qu'on veut que tu nous nous dises ? faillit s'étrangler Kyle tant la réponse lui semblait évidente. On veut que tu nous dises ce que tu as tiré d'eux !

- Ce que j'ai tiré d'eux ? demanda Jim avec un sourire sarcastique. J'en ai tiré la conclusion qu'ils sont d'avis différents et vraiment têtus. Michael est près à tout pour retrouver Liz et Jordan. Il a même été rendre une petite visite à Max ce matin.

- Quoi ? sursauta Isabelle, sachant pertinemment que cela ne devait pas être une visite amicale.

- Oui, il l'a menacé. En gros, c'est ça. Quand à Max, il refuse de céder à Khivar. Il craint que celui-ci ne s'empare du pouvoir. Et sa femme le soutien, bien entendu. En tout cas, il n'est pas près à céder !

- Pour résumé, on est pas plus avancé, et il ne nous reste qu'un mois, résuma Maria d'un ton désespéré.

- Pas forcément.

Tous se tournèrent vers Isabelle.

- Comment ça ? demanda Kyle, soudain intéressé.

- Bah oui. Si on faisait un vote pour déterminer si oui ou non, on accède à la requête de Khivar ?

- Le résultat des votes seraient deux contre deux, Isabelle. Michael et toi pour, et Max et Tess contre, dit Jim Valenti.

- Mais non ! s'exclama Isabelle. Je vous rappelle que nous sommes mariés. Donc que nos époux et épouses ont un certain pouvoir dans notre gouvernement. Il y aura deux contre, Max et Tess. Mais quatre pour : Michael et moi, mais aussi Alex et Liz !

- Isabelle, tu es un génie ! s'exclama Alex en se levant et en embrassant sa femme.

- Il reste un mois à Max pour se mettre dans notre camps. Sinon, on le mettra au pied du mur, dit Maria avec un sourire victorieux aux lèvres.

Heureux d'avoir trouvé une solution, ils parlèrent de tout et de rien le reste de la soirée. Enfin, la perspective d'une paix tant recherchée était en vue, et ils feraient tout pour la sauvegarder. Max et Tess n'auront pas d'autres choix que de céder. Leur aveuglement avait déjà causer la mort de trop d'innocents. Leur caprice devrait se terminer, de grés ou de force.

Max se sentait nerveux. Ce n'était plus qu'une question de temps avant que Liz accouche, et donc avant qu'il ne doive prendre une décision. Il regardait sa tasse de café sans vraiment voir le liquide brun qui avait refroidi à l'intérieur. Depuis plusieurs jours, il n'arrivait plus à se concentrer. Accepter la requête de Khivar relevait du suicide ! On ne pouvait pas lui faire confiance. Il avait toujours voulu accéder au trône, et Max ne voyait pas pourquoi cela aurait changé aujourd'hui. Il faillit lâcher sa tasse en entendant la voix de sa femme :

- Ton café est froid à présent, Max.

Le jeune homme leva les yeux vers Tess. Elle était assise à la table de la cuisine. Elle se leva et lui prit la tasse des mains. Elle la déposa dans l'évier et vint se placer devant son mari. Elle posa ses deux mains à plat sur le torse de Max et lui déposa un léger baiser sur les lèvres et dit en plongeant son regard dans le sien :

- Fais ce que tu crois être juste. Ecoutes ton intuition. Et quoi que tu choisisses, compte sur moi pour te soutenir.

Max poussa un long soupir et enlaça étroitement Tess par la taille avant de lâcher :

- Si tout était si simple Tess ! Mais il y a Liz et…

La jeune femme s'arracha brusquement à son étreinte. Elle lui tourna le dos et demanda d'une voix d'où perçait la colère :

- C'est ça qui te dérange ? C'est Liz qui te pose un problème ? Elle disparaît pendant sept ans et reviens mariée à ton meilleur ami, et toi, tu te remets à hésiter !

- Tess tu sais bien que…

- Non Max ! La vérité, c'est que Liz compte encore pour toi.

La colère de Tess avait fait place à la tristesse. Elle se retourna doucement, des larmes pleins les yeux et regarda son mari qui gardait le silence :

- Tu vois, tu ne dis rien. Tu ne me contredis pas. Tu restes là, immobile. Tu l'aimes encore n'est ce pas ?

- Je… Une partie de moi tient encore à elle.

- Cette partie y tient comment ? Un peu ?

- Beaucoup. Tess, Liz est mon premier amour…

- Est-ce que tu es le sien ?

Tess avait si mal. On aurait dit qu'on lui avait planté un couteau dans le cœur. Elle sentait la lame glacée déchirer sa chair et atteindre son cœur, son amour pour Max. La douleur faisait naître en elle la haine. La haine pour Liz et pour Max. Il ne voyait donc pas à quel point il la faisait souffrir ?

- Comment ça ? entendit-elle Max demander.

- Est-ce que tu es son premier amour ?

- Je crois.

- Tu crois ? Tess eut un rire amer. Tu crois être son premier amour ? Pourtant, c'est avec Kyle qu'elle a couché. Son ancien petit copain. Tu lui disais à quel point tu l'aimais, et elle a été couché avec son ex. Crois-tu vraiment qu'elle t'ai aimé pour faire ça ?

Max ne dit rien et Tess sut qu'elle avait touché un point sensible. Mais elle s'en fichait. C'était à Max d'avoir mal, autant qu'elle avait mal. Au contraire, elle se dirigea vers la sortie et lâcha :

- Fais attention Max. Tu es aveuglé par tes sentiments pour une femme qui ne t'a jamais aimé, qui est la sœur de ton ennemi, et la femme de ton meilleur ami. Et moi dans tout ça Max ? Qui suis-je ?

- Tu es ma femme !

- Tu aimes Liz ! cria Tess, indignée.

- Une partie de moi tient à elle ! Mais c'est avec toi que je suis marié ! Crois-tu vraiment que je t'aurais épousé si je ne t'aimais pas ? As-tu si peu confiance en moi ?

- Je ne sais pas, je ne sais plus.

Tess sortit sur ces mots, laissant derrière elle un Max encore plus chamboulé qu'il ne l'était auparavant. Personne n'avait dit à la jeune femme qu'entre Liz et Kyle, il ne s'était rien passé, comme elle leur avait dit le jour où Michael et elle avait révélé leur liaison. Mais quelle importance à présent ? Le but de cette manœuvre était resté le même : que toute relation entre Liz et lui cesse. Pourquoi ? Il n'en avait jamais rien su. Mais maintenant, des questions amenée par la dispute qu'il venait d'avoir avec Tess lui emplissaient la tête. Qu'avait-il dit ? Qu'avait-il fait ? Et maintenant ? Que devait-il faire ?

Isabelle raccrocha le téléphone et se tourna vers ses amis. Alex, Maria, Kyle, Jim et elle venait d'appeler Michael, Max et Tess en leur demandant de venir chez Alex et Isabelle pour prendre une décision. Il était tant d'en finir avec ce conflit et ils espéraient que les deux jeunes hommes allaient se comporter en adultes et ne pas se sauter à la gorge. Mais quoi qu'il en soit, ils devaient faire stopper cette guerre, et cette querelle qui dissociait leur groupe qui avait été si lié dans le passé.

Liz hurla. Khivar lui tenait la main, et la sage femme s'activait autour du lit. Les contractions de Liz avaient commencé il y a trois heures et, refusant d'accoucher à l'hôpital, elle avait demandé à son frère d'appeler une sage femme. A l'hôpital, on lui aurait posé beaucoup trop de questions, sur sa grossesse et sur le fait qu'elle n'ait consulté aucun médecin, passé aucune échographie, etc… La jeune femme sentait son frère stressé. Elle profita d'un moment de calme pour le regarder et demander d'un air taquin :

- Eh ! Tu vas pas t'évanouir, j'espère ? Parce que c'est pas trop le moment, là !

- Ne t'inquiète pas. Je tiendrais. Je suis désolée Natalia.

- De quoi ?

- De toute cette histoire. Tu n'aurais jamais dû quitter Ru… enfin Michael. C'est lui qui devrait te tenir la main en ce moment, pas moi. Tu te sacrifie pour ton peuple et…

Liz eut un petit rire amer :

- Si tu savais Khivar. Ce n'est pas la première fois que je me " sacrifie " et ce ne sera sans doute pas la dernière. Il semble que…

Liz ne put finir sa phrase, une violente contraction lui déchira les entrailles, l'empêchant de continuer. Elle vit des étoiles dansées devant ses yeux. Khivar la regarda avec un mauvais pressentiment. Sa sœur était pâle, trop pâle à son goût.

Michael appuya sur la sonnette de la porte d'entrée. Isabelle l'avait appelé vingt minutes plus tôt, lui demandant de se rendre chez elle. Non, lui ordonnant de se rendre chez elle. Michael ne savait pas ce que sa meilleure amie tramait. Elle lui sourit quand elle ouvrit la porte et lui adressa un bonjour enjoué. Mais le jeune homme senti immédiatement qu'elle était tendue. Depuis le temps, il la connaissait et il eut un petit sourire en pensant que malgré ces sept ans d'absence, il la connaissait toujours aussi bien. Il passa devant elle et se dirigea vers le salon et stoppa net sur le sol. Dans la pièce, tous ses amis étaient réunis, comme au bon vieux temps, songea-t-il, amère. Il fit un vague signe de tête en signe de bienvenue ce qui fit rire Maria qui ne put s'empêcher de remarquer :

- Toujours avare de mots, Michael ?

Bien que sachant que la jeune femme ne faisait que plaisanter, il ne put s'empêcher de rétorquer :

- A quoi cela servirait-il de dire bonjour, alors que pour moi, ce n'en est pas un ?

- Pourquoi nous as-tu tous réuni Isa ? demanda Max

- Tu ne t'en doutes pas ? répliqua-t-elle.

- Si. Et ma réponse est non. Je ne fais pas confiance à Khivar, et je ne cèderais pas. S'il se soucie de toutes ses morts, il n'a qu'à stopper la guerre, dit-il d'un ton qui ne laissait place à aucuns doutes.

- Et moi, je suis entièrement d'accord avec mon mari, compléta Tess.

- Qui ne s'en serait pas douté ? murmura Maria d'une voix sèche.

Kyle se tourna vers Michael. Il vit que ce dernier bouillait littéralement de rage. Il lui fit penser à une cocotte-minute sur le point d'exploser. Et avant que cette explosion se produise, Kyle intervint et demanda :

- Et toi Michael ? Pourrais-tu, en gardant un maximum de calme, nous dire ce que tu as décidé de faire ?

- Ça tombe sous le sens ! s'exclama l'interpellé. Liz est ma femme, et je suis entièrement d'accord avec elle. Je suis pour qu'on partage ce satané pouvoir et qu'on en finisse avec cette fichue guerre une bonne fois pour toutes !

- Quant à moi, commença Isabelle en se levant, je suis de l'avis de Michael. Je fais confiance au jugement de Liz. Elle a fait énormément pour nous en dépit de ses sentiments. Et si elle n'avait pas confiance en Khivar, que ce soit son frère ou pas, elle se serait mise de notre côté.

- Et moi, je suis du même avis d'Isabelle. J'ai confiance en Liz, dit Alex.

Tess faillit s'étrangler et s'exclama :

- Ce que tu penses n'a aucune importance Alex !

- C'est là que tu trompes Tess, commença Isabelle, Alex est mon mari, et étant la sœur du roi, je partage mon pouvoir avec mon époux. Donc les décisions d'Alex comptent autant que les miennes.

Michael comprit alors le tour joué par ses amis et s'exclama, sans laisser le temps à Max ou à Tess de répliquer :

- Et les décisions de Liz comptent autant que les miennes ! Donc, si on vote, la majorité d'entre nous est d'avis d'accéder à la requête de Khivar !

- Vous ne pouvez pas faire ça ! s'insurgea Tess. Max, dis quelque chose !

- Je n'ai rien à dire. Ils ont raison. Alex et Liz ont le même pouvoir de décision qu'Isabelle et Michael, capitula Max.

- Alors allons régler cette histoire avec Liz et Khivar ! s'exclama Maria en bondissant de son fauteuil.

- Je propose d'abord d'attendre un peu, et que chacun explique à Max et à Tess leur décision. Peut-être verront-ils la situation autrement après, proposa Jim Valenti.

Tous décidèrent de suivre l'idée de l'ancien shérif. Mais la décision était prise. Michael avait le cœur en fête. Il allait enfin pouvoir retrouver la femme qu'il aimait et ses enfants ! Peut-être même avant que Liz n'accouche !

Khivar était de plus en plus inquiet. Il regardait Liz. Son visage, pâle comme la mort, était luisant de sueur. Ses cheveux, si brillant, restaient collés à son front brûlant. Ses yeux avaient perdu une partie de leur éclat, sa respiration s'était fait très rapides et bruyante. Ses contractions étaient de plus en plus violentes. Il regardait la sage femme. Il n'avait pas dit à Liz que cette dernière était une skin. Ne sachant pas à quoi s'attendre, il avait préféré que ce soit quelqu'un de sa race qui l'aide et non un humain qui ne connaissait pas leur secret. Il ignorait si sa sœur se souvenait de sa vie antérieur. Si c'était le cas, Liz se rappelait-elle qu'elle était morte en couches ?

- Natalia ? Pas de réponses. Liz ?

- Appelle Michael. S'il te plait Khivar, appelle-le !

La voix de Liz était faible et tremblante. C'est à peine s'il l'avait entendu. La sage femme lui fit un signe. Il se rapprocha d'elle. Quand elle lui dit que l'enfant se présentait par le siège, il n'hésita pas et fonça dans le couloir, saisit le combiné, et appela Michael. Personne ne répondit chez ce dernier, et personne ne décrocha chez Max. Alors, tentant le tout pour le tout, il appela chez Isabelle.

Dans le salon, l'ambiance s'était détendue. Max avait finalement accepté de revenir sur sa décision, et avait fait la paix avec Michael. Ils parlaient de tout et de rien quand le téléphone sonna. Isabelle se leva et décrocha. Les autres continuaient à bavarder gaiement. Le sourire d'Isabelle se figea quand elle comprit ce que son interlocuteur lui disait :

- Isabelle ? C'est Khivar. Ecoutes moi, et ne poses pas de questions. Le travail de Liz a commencé. Mais ça se passe mal. Elle souffre, elle a déjà perdu beaucoup de sang et le bébé se présente par le siège. Sur Antar, son second accouchement se passait de la même manière, et elle est morte en couches ! Ramènes Michael et Max surtout. On aura besoin de son pouvoir de guérison. Faîtes aussi vite que possible !

Et il raccrocha. Isabelle se tourna vers le groupe. Michael comprit aussitôt que quelque chose clochait et demanda :

- Isabelle ? Que se passe-t-il ?

La jeune femme le regarda et lança :

- Je prends les clefs de la voiture. Michael et Max vous venez. C'était Khivar. L'accouchement de Liz se passe très mal. On aura sûrement besoin du pouvoir de guérison de Max. Allez ! On y va, et vite !

Michael fut sur pieds en deux temps trois mouvements. La peur au ventre, il suivit Max et Isabelle qui se dirigeait vers la voiture de celle-ci. Pour la première fois de sa vie, Michael Guérin pria.