Réponses aux reviews des " Guests" :
Cally : Merci pour ta review. Oui, Takano remporte le premier round, mais pour savoir qui gagne le match va falloir attendre un peu ! :)
Esu-Chan : Merci également pour ta review ainsi que pour tes compliments. J'espère que la suite te plaira tout autant.
Chapitre 2
28 Mars
Une bonne odeur émanait de la cuisine lorsqu'Onodera ouvrit la porte de sa chambre. Il avait dormi du sommeil du juste et n'avait pas entendu son patron se lever. Il passa dans la salle de bain pour se doucher puis il s'habilla avec un jean bleu foncé et un t-shirt noir, assez large. Ses cheveux mouillés restaient néanmoins encore indisciplinés. Il se dirigea ensuite vers les escaliers. Plus il descendait, plus son coeur le serrait dans sa poitrine. Un léger tremblement le prit lorsqu'il posa une main hésitante sur la poignée de la porte de la cuisine. Leur rapprochement de la nuit dernière y était sans doute pour quelque chose. Ritsu s'était laisser aller encore une fois et il s'en voulait. Comment se comporter devant lui maintenant ? Takano devait sûrement jubiler et attendre qu'il entre dans la pièce pour lui sauter dessus. Pourtant, il n'avait rien tenté la veille ! Onodera ouvrit enfin la porte qui le séparait de son hôte, ou plutôt de celui qui commençait sérieusement à hanter ses pensées.
— Bonjour … Takano, salua timidement le cadet.
Masamune se retourna et lui sourit. En cet instant il ne voulait qu'une chose : le prendre dans ses bras et l'embrasser langoureusement, sensuellement mais il se retint. Il se l'était promis : le laisser venir à lui. Mais pourquoi avait-il décidé ça ? Takano ne le savait plus vraiment. Il ne souhaitait qu'être avec lui, profiter de ces jours de repos loin du travail. L'éditeur en chef prit grandement sur lui pour ne pas le prendre dans ses bras, ne pas lui faire l'amour car en cet instant sans vraiment en être conscient Ritsu était désirable aux yeux de son aîné. Il déglutit discrètement avant de prendre la parole.
— Bonjour, tu as bien dormi ? s'inquiéta t-il.
— Oui, merci. Ca sent bon, se hasarda t-il à dire.
— Merci ! Installe-toi c'est presque prêt.
Takano avait préparé un petit déjeuner typiquement japonais avec du thé, une omelette, du riz, du poisson et des raviolis chinois. Tout cela agitait les papilles gustatives du jeune éditeur qui s'installa à table presque immédiatement imité par son hôte. Le repas se déroula dans le silence, ce même silence qui s'emparait d'eux chaque fois qu'ils étaient ensemble. Ils n'avaient vraiment rien à se dire… Onodera pestait silencieusement.
— As-tu une idée de ce que tu veux faire aujourd'hui ? demanda Masamune.
— C'est que… je ne connais pas cette ville !
— Il y a des brochures sur la table du salon. Tu pourras y jeter un oeil pendant que je prendrais ma douche.
Ritsu ne dit rien mais apprécia le geste de son aîné. Après le petit déjeuner, Takano se rendit dans la salle de bain alors qu'Onodera s'installa dans le salon pour regarder les brochures que lui avait si gentiment laissé son hôte. Il détailla tous les fascicules minutieusement. Maintenant qu'il était là, autant en profiter !
Alors que son attention se portait sur les dépliants, il se souvint qu'il avait emporter le dernier storyboard de l'une des auteurs qu'il gérait. Il s'était promis d'y jeter un oeil dans le week end mais comment le dire à son hôte, à coup sûr et connaissant Takano il allait se mette en colère.
Onodera adorait l'eau, alors naturellement l'un de ses choix se porta sur une croisière sur le lac et pensa aussi visiter le château de Nagahama en espérant que Takano accepte.
— Alors, tu as vu des choses intéressantes ? dit une voix derrière lui.
— Takano ! la surprise du cadet se lisait sur son visage empourpré.
— Désolé de t'avoir surpris !
— C'est rien.
— Alors, on fait quoi ? redemanda Takano.
— Et bien … heu … J'aimerai bien faire une croisière sur le lac et pourquoi pas visiter le château de Nagahama. Enfin, si tu veux…
— Parfais ! Je suis heureux de voir que tu as su prendre une décision, lui sourit-il.
Onodera détourna ses émeraudes alors que ses pommettes se teintèrent une fois de plus alors que son hôte s'approchait de lui.
— Très bien, je vais appeler pour avoir les horaires, reprit Masamune.
— Ok. Mais je dois regarder un storyboard avant de sortir, s'aventura à dire Ritsu.
A ces mots, Takano se retourna un peu trop sèchement au gout d'Onodera.
— HEIN ! Tu as emporté du travail ? Non mais je rêve ! s'énerva l'aîné.
— Mais je te rappelle que c'est toi qui m'a traîné jusqu'ici sans même me demander si je n'avais rien à faire ! Je n'ai rien demandé ! hurla à son tour le brun.
— Non mais franchement ! Je fais ça pour ton anniversaire et voilà comment tu me remercies !
— Je te l'ai dit : je ne t'ai rien demandé ! Et pour ta gouverne, j'ai un métier !
— Hein ! Parce que moi je ne travaille pas ! aboya Masamune.
Cette dispute tournait en rond. Takano devait bien admettre que son amant était très pro, néanmoins il aurait souhaité que pour une fois, leur métier m'interfère pas lors de ces quelques jours de repos. Il soupira alors que le brun ne décolérait pas.
— Bon ! Va chercher le storyboard et pendant ce temps je vais téléphoner pour les horaires de l'après-midi.
— Heu…. Onodera ne savait plus quoi penser devant le comportement de son patron.
— On va faire ça ensemble. A deux ça ira plus vite ! fit remarquer l'éditeur en chef.
— Je peux faire ça tout seul, je ne suis plus un débutant ! reprit de plus belle le plus jeune.
— Rahh ! Bon sang ! Il ne s'agit pas d'expérience mais de rapidité d'action. Je ne suis pas venu ici avec toi pour bosser !
Alors que Takano s'apprêtait à sortir, Onodera l'interpella.
— Je croyais qu'il n'y avait ni réseau ni fixe ici ! persifla le brun.
— Il y a une cabine téléphonique en bas de la rue. Alors, tu commences la correction du storyboard et je t'aide dès que je reviens.
Sans laisser le temps à Ritsu de réagir, Masamune se pencha vers lui et l'embrassa tendrement puis tourna les talons pour aller passer les coups de fil pour organiser leur journée. Onodera soupira mais alla chercher le storyboard, s'installa dans le salon puis se mit à le lire et à en commencer la correction. Une vingtaine de minutes plus tard, son hôte franchit le seuil de la pièce, le sourire sur les lèvres.
— Le départ pour la croisière est à quatorze heures trente et le retour est prévu vers les dix-sept heures. Ca te va ?
— Oui.. je crois ! balbutia Onodera.
— Ok, donc il faut qu'on finisse rapidement. Et demain matin, on ira visiter le château.
— Très… bien…
Les deux hommes se mirent au travail. Durant de longues heures, ils restèrent quasiment muets, se concentrant sur leur tâche. Takano voulait absolument terminer ça le plus tôt possible afin de pouvoir sortir avec son amant. D'autant que pour le coup, c'est lui qui avait proposé quelque chose. Pris dans la correction du document, Ritsu était très sérieux comme à son habitude. Le coude sur la table, Masamune appuya sa joue sur son poing fermé et l'observa. Ce n'est que plusieurs minutes plus tard que le jeune éditeur le vit l'épier. Leurs iris s'accrochèrent durant de longues secondes, avant qu'Onodera ne brise le contact. Tous deux pensèrent à la veille au soir. Ce rapprochement avait été doux, presque romantique et le cadet en avait été l'investigateur. Alors pourquoi autant de distance ce matin ? Takano avait vraiment beaucoup de mal à comprendre son invité. Il avait changé en dix ans, lui aussi sans doute…
Lorsque ce travail fut enfin achevé, ils déjeunèrent rapidement et se rendirent sur le port pour l'embarcation après avoir été acheter les billets. Sur le quai d'embarquement, Onodera observait son patron à la dérobée. Il admettait qu'il avait une certaine allure, un certain charme et qu'il était séduisant. Mais il avait encore du mal à accepter ses sentiments. De son côté, Masamune était heureux de faire cette sortie avec son bel adonis. C'était la toute première fois qu'ils faisaient ce genre de chose ensemble et cela le comblait.
Le bateau qui les emportait comptait deux étages. Le niveau inférieur était entièrement fermé et vitré permettant aux passagers de voir l'extérieur sans se soucier du vent ou de la fraicheur. Le niveau supérieur, quant à lui, était bien plus ouvert et seule une petite partie était protégée de l'extérieur. En cette fin de mois mars, le temps était encore un peu frais, surtout sur l'eau, néanmoins, les deux éditeurs décidèrent de rester au second étage du bateau car il y avait peu de monde ni à l'abri ni dehors.
Ils s'appuyèrent contre le garde-au-corps de la poupe - face à l'eau - et laissait divaguer leurs regards ainsi que leurs esprits. Leurs cheveux s'indisciplinaient au gré de la brise et parfois un frisson les prenait. Ils se sentaient simplement bien. Durant cette croisière, le capitaine expliquait l'histoire des lieux et des bâtisses. Les deux hommes écoutaient attentivement, sans un mot, et observaient les endroits mentionnés par le guide. Parfois Ritsu cherchait sans trouver alors Takano se plaçait derrière lui, tendait l'un de ses bras dans la bonne direction afin d'aider son amour à voir le site indiqué. Dans ces brefs moments, le cadet sentait sa poitrine le meurtrir de l'intérieur, ses joues s'empourprer, ses jambes fléchir. Parfois il déglutissait difficilement, se demandant souvent ce qu'allait faire son patron. Mais Masamune restait bien sage.
L'aîné profita à fond de cette croisière sur le lac, croisière qu'il n'avait jamais faite, et s'octroyait souvent le droit d'épier les réactions de son amant. Ritsu semblait s'émerveiller de tout ce qu'il voyait et semblait se détendre. Lui était juste heureux. Oui, heureux de partager ces moments avec Onodera. Peut-être que ce soir au dîner, ils auront enfin un sujet de discussion autre que le travail ou le silence…
Lorsque Takano se plaçait derrière Ritsu, pour l'aider à poser son regard sur le site indiqué par le commandant de bord, son organe de vie cessait de battre. Chaque fois une folle envie de l'enlacer le prenait. Chaque fois il voulait déposer de tendres baisers sur la nuque offerte involontairement. Chaque fois il voulait l'inonder de caresses. Oui ! Chaque fois… Mais il ne fit rien. Il l'aimait même si souvent Ritsu l'agaçait avec son comportement distant et froid. Mais il l'aimait et peut-être même bien plus que dix ans auparavant.
La fin de ce merveilleux moment arrivait à grand pas maintenant. La brise du début d'après midi faisait lentement place à un climat plus venteux. Des vagues se formaient sur la surface du lac faisant de plus en plus tanguer le navire. Un roulis plus important que les autres fit perdre l'équilibre à Onodera. Il fut rattraper in extremis par Takano qui en profita pour l'enlacer. Un deuxième roulis les projeta vers la partie vitrée. L'aîné se cala sur la baie vitrée toujours en tenant fermement son amant.
Le commandant de bord invita tous les passagers qui se trouvaient à l'extérieur de se mettre à l'abri dans les espaces fermés. Masamune et Ritsu, qui étaient seuls au niveau supérieur du bateau, écoutèrent les recommandations du pilote et pénétrèrent dans l'espace clos du second étage.
— Tu vas bien ? s'inquiéta Takano.
— Ou… oui merci, hésita à répondre le cadet. Tu peux me lâcher, maintenant.
L'éditeur en chef n'avait pas envie d'accéder à la demande de son amant. Non ! Il voulait profiter de ce tendre instant. Alors il l'enserra plus fort avec l'un de ses bras. Avec sa main libre, il lui caressa le visage, lui releva le menton et profita qu'ils soient seuls pour l'embrasser. Masamune ne se lassait pas de la douceur des lèvres de son amant et ne perdait jamais une occasion de lui montrer son amour. Ritsu sentit une nouvelle fois son visage s'empourprer lorsque leurs lèvres se scellèrent. Mais quand il sentit la langue de son vis-à-vis quémander l'entrée de sa bouche, il se sentit défaillir. Ce n'était pourtant pas la première fois, mais quelque chose changeait en lui et au lieu de se débattre il se laissa faire. Il permit à la langue inquisitrice de se mêler à la sienne et un ballet sensuel les emporta.
Cet instant fit oublier à Onodera qu'ils étaient sur un bateau et que quelqu'un pouvait les surprendre. Son corps le brûlait. Son coeur s'acharnait dans sa poitrine. Ses jambes chancelaient et pas uniquement à cause du roulis du navire. Takano n'était pas vraiment mieux, à vrai dire. Il fut grandement surpris de la réaction de son amant qui n'avait pas cherché à se défaire de cette étreinte. C'est à ce moment là que le commandant de bord annonça l'arrivée au port. Le baiser prit fin, laissant pantois les deux hommes. Ce doux moment était hélas terminé…
—
Après que le navire ait accosté, les deux hommes regagnèrent la rive. Chacun d'eux avait apprécié cette balade. Onodera admit que son vis-à-vis avait su se tenir, enfin presque, et avait été très agréable. De son côté, Takano voyait son amant se rapprocher de lui et cela lui faisait plaisir.
Le retour à la maison se fit néanmoins une fois de plus dans le silence. Ils arpentaient la rue commerçante presque vide d'âmes. Le petit village était pittoresque et son centre ne possédait que quelques boutiques d'appoints. Il fallait faire plusieurs kilomètres pour voir un centre commercial. Cette ambiance sereine convenait à Ritsu. Le temps semblait s'écouler lentement, pas comme dans les grosses villes. Ici, on prenait le temps de vivre. Lorsqu'il travaille, au contraire, les journées ne sont pas assez longues et le temps passe trop vite. Personne n'a vraiment le temps de vivre. Onodera lâcha un soupir de bien être et sourit, enfin.
— Tu as l'air d'être heureux, fit remarquer Takano.
Le cadet riva ses prunelles à celles de son patron et acquiesça.
— Cette balade m'a fait du bien et cet endroit est paisible. Je me sens presque revigoré alors que je suis si fatigué en temps normal. Mer…ci, ajouta timidement le jeune éditeur.
Masamune écarquilla les yeux. Son amant le remerciait.
— De rien ! J'ai bien fait d'insister alors…
— Oui, murmura Ritsu tout rougissant.
Le reste du chemin pour rentrer à la maison se fit dans un silence bien plus léger. Quelques minutes plus tard, ils pénétrèrent dans l'habitation. Le temps s'était rafraichi et Onodera frissonnait.
— Tu as froid ? Veux-tu boire quelque chose de chaud ? demanda Takano.
— Je prendrais bien un café, baragouina le brun.
L'aîné se dirigea vers la cuisine afin de leur faire un bon café chaud. Lui aussi avait un peu froid, à vrai dire. Alors qu'il préparait le breuvage, une sonnerie se fit entendre : celle de la porte d'entrée. Bien trop occupé dans la cuisine, il demanda à son invité s'il pouvait aller ouvrir, ce qu'il fit sans rechigner.
— Bonjour, je m'appelle Naeko. Est-ce que Takano est là ? demanda une jeune fille d'une quinzaine d'années.
— Heu ! Enchanté, je suis Onodera Ritsu, fit l'invité en saluant la demoiselle. Il est dans la cuisine. Entrez ! lui proposa t-il.
Naeko remercia Ritsu et pénétra dans la demeure. Le brun l'escorta jusque dans le salon et alla chercher son hôte. A peine l'éditeur en chef avait franchi le seuil de la pièce que l'adolescente lui sauta au coup. Ils semblaient bien se connaître et Onodera se sentit mal à l'aise. De trop. Jaloux. Jaloux ? Pourquoi ressentait-il de la jalousie et surtout envers une jeune fille ? Peut-être se trouvait-elle là où il souhaiterait être : dans les bras de Masamune. Le cadet se rabroua. Il ne devait pas penser à cela. Il ne voulait plus tomber amoureux. Pourtant, à maintes reprises il s'était laisser aller dans les étreintes passionnées de Takano. Le regrettant souvent, au début puis de moins en moins. A quoi bon nier l'évidence ? Il savait, sans se l'avouer, depuis le début que les sentiments qu'il éprouvait pour son supérieur hiérarchique étaient bel et bien de l'amour. Ritsu venait de se rendre compte que, tout comme Takano, il n'avait jamais cessé de l'aimer. Son coeur fit un bon dans sa poitrine. Tout son corps le faisait souffrir. Sa respiration se saccadait. Des perles d'eau salées menaçaient de s'écouler sur son visage fin.
Perdu dans les méandres de ses pensées, Onodera n'entendait pas la conversation de Takano et de Naeko et en fait, il s'en fichait. Il voulait juste qu'elle parte. Il sursauta quand il entendit la voix de Masamune l'appeler.
— Oï ! ONODERA ! hurla presque Takano.
— Hein ! Quoi ! réagit enfin Ritsu après plusieurs appels.
— T'es lourd ! Tu pourrais suivre au moins ! s'agaça l'aîné.
— Désolé, murmura gêné l'intéressé.
Takano soupira et se tint l'arrête du nez. Il aimait vraiment Ritsu mais il le trouvait aussi exaspérant.
— Naeko est venu nous dire que mes grands-parents nous invitent à dîner ce soir. Enfin, si nous n'avons rien de prévu.
— Fais comme tu veux, je peux rester seul.
Ritsu n'avait pas vraiment compris ce que lui avait dit son patron et avait répondu d'un ton détaché. Il ne voulait pas rester seul, pas après cette journée néanmoins il ne souhaitait pas non plus que son hôte se prive d'une soirée avec sa famille.
— HEIN ! T'es sourd ma parole ! On est TOUS les deux invités !
— Arrête de m'insulter, reprit sur le même ton le brun.
Naeko ne savait plus quoi penser. Les deux hommes semblaient ne pas vraiment s'entendre pourtant une atmosphère légère régnait autour d'elle.
— Je suis… aussi invité ? Mais je ne connais pas ta famille et je ne veux pas m'imposer, ajouta Onodera.
— Mais tu t'imposes pas puisque se sont mes grands-parents qui t'invitent, reprit Masamune.
Takano se tourna vers Naeko qui n'avait pas bougé et qui ne disait plus rien. Il lui demanda de dire à ses grands-parents qu'ils acceptaient l'invitation. Ritsu riva ses prunelles émeraudes dans celles de son patron et semblait une fois de plus en colère.
— Ne prends pas de décisions pour moi ! s'emporta Ritsu.
— En ne voulant pas accepter cette invitation, tu vexes ma famille ! riposta à son tour l'éditeur en chef.
— Nous irons ! fit Masamune en soutenant le regard de son amant.
Onodera rageait, Takano fulminait et la pauvre Naeko ne comprenait vraiment rien.
— Ok ! Bon je vous laisse et je vais prévenir tes grands-parents, dit la jeune fille en laissant les deux hommes.
Masamune se rapprocha de son amant et fit cesser la querelle par un baiser. Cette fois, Ritsu ne se laissa pas faire et tenta de repousser son aîné.
— Laisse-moi ! s'écria le jeune éditeur.
— A quoi tu joues ?
— Mais à rien !
— Tu es bizarre depuis que Naeko est arrivée, fit remarquer Takano.
— Hein ! Mais non…, rougit-il.
— Je le crois pas, t'es jaloux d'elle !
— Pourquoi je serais jaloux ? s'énerva le brun.
— Parce que tu es amoureux de moi, susurra Masamune.
Onodera pâlit d'un coup. Pourquoi n'admettait-il pas ce fait ? Après tout, quelques minutes auparavant il avait bien éprouvé ce sentiment étrange ! Il fit en sorte de détourner la conversation.
— Qui…qui… est-ce ? bafouilla t-il.
— Hein ! T'es vraiment jaloux, je le crois pas ! soupira l'aîné. Elle s'appelle YAMADA Naeko. Ses parents et elle vivent à côté de chez mes grands-parents. La famille Yamada les aide à maintenir cette maison debout. Je connais Naeko depuis qu'elle est née, elle me voit comme son frère.
Le cadet n'osait pas regarder son hôte dans les yeux et fidèle à lui-même se sentit bête en cet instant. Comment avait-il pu penser que Takano pouvait avoir le béguin pour une adolescente ? Pourquoi sautait-il toujours aux conclusions ?
— Dé… désolé, baragouina le brun.
— Tsss ! T'es pas croyable !
—
Aux alentours de dix-neuf heures quinze et à contre-coeur Ritsu était près pour le dîner chez les grands-parents de son patron. Les deux hommes sortirent de la maison et descendirent la rue. L'ambiance était glacée.
— Ils savent, dit tout à coup Masamune.
— Hein, de quoi tu parles ?
— Pour nous !
Onodera sentit son estomac se retourner et ses joues s'empourprer.
— Je suis proche d'eux et je leur avait parlé de toi il y a dix ans. Quand tu es arrivé chez Marukawa, ta présence me perturbait. Je leur ai dit ce qui se passait.
— Tu… tu veux dire qu'ils savent qu'ont est sorti ensemble ? hésita à l'interroger le jeune éditeur.
— Oui, et ils savent que je suis retombé amoureux de toi, répondit l'aîné.
Ritsu avala difficilement sa salive. Les grands-parents de Takano étaient au courant de tout et depuis le début. Pourquoi l'avait-il invité ce soir ? A coup sûr il essuierait leurs reproches. D'un coup, il s'arrêta de marcher et voulut faire demi-tour mais c'était sans compter Masamune.
— Oï, Onodera ! Qu'est-ce que tu fous ?
— Je.. je… je …
— Quoi ?
— Je ne veux pas y aller !
— Hein ! T'es vraiment lourd ! Mes grands-parents ne t'ont pas invité pour te faire des reproches, tenta d'expliquer l'éditeur en chef.
Masamune prit la main de son amant et le traina quasiment de force. Pourquoi devaient-ils toujours s'affronter ? Ils avaient pourtant passé une bonne journée ensemble, alors pourquoi ? Ils arrivèrent enfin devant une demeure d'apparence simple. Un portail donnait accès à un petit jardin qui se trouvait devant la maison où il n'y avait pas d'étage. Des volets en bois encadraient les fenêtres.
La porte s'ouvrit sur une femme âgée qui leur offrait en plus son beau sourire. Elle avait les cheveux attachés en chignon mais ce qui surprit plus Ritsu c'est qu'elle ne portait pas de vêtements traditionnels.
— Ha vous voilà ! dit-elle en enlaçant son petit-fil. Je suis heureuse de te voir Masamune.
— Grand-mère ! Je suis heureux aussi. Je te présente ONODERA Ritsu.
— Enchanté de vous rencontrer madame Takano, dit le brun en se courbant en signe de respect. Vous pouvez m'appeler Ritsu, précisa t-il gêné.
— Depuis le temps qu'on entend parler de vous, je suis moi aussi heureuse de vous rencontrer.
La vieille femme fit entrer les deux hommes qui furent accueillis par monsieur Takano. Le vieillard souriait et semblait heureux de voir Masamune et l'enlacèrent également. Ritsu fut présenté et accueilli chaleureusement. Il ne s'attendait pas à être si bien accepter, surtout après avoir apprit qu'ils savaient pour lui et Takano.
L'habitation n'était pas vraiment spacieuse et cela se comprenait. Les personnes vivants ici étaient âgée et à leurs âges il est difficile d'entretenir une maison. Dans la hall d'entré, il y avait un grand placard pour les manteaux et un meuble pour ranger les chaussures. Sachant qu'ils allaient avoir des invités, les hôtes avaient sorti des pantoufles d'intérieurs.
Après avoir ôté vestes et chaussures, tous se dirigèrent vers le salon. C'était une pièce de taille moyenne, très chaleureuse et possédant tout le confort. Une table avait été dressée pour quatre. Onodera n'était pas vraiment à l'aise mais essayait d'être discret. Takano le regardait à la dérobée et voyait sa gêne. Il sourit. En cet instant, il était entouré des seules personnes importantes pour lui et cela le rendit heureux, très heureux.
Ritsu le vit. Il n'avait encore jamais vu ce sourire sur les lèvres de son patron. Une myriade de sentiments le submergea. Le visage de Masamune semblait si serein, si rayonnant. Oui ! Rayonnant… L'organe de vie du brun s'emballa dans sa poitrine, bien plus qu'à l'accoutumée. C'était surprenant de voir l'aîné ainsi. Il n'arrivait pas à décrocher son regard de son patron qui se sentit observé. Takano riva ses prunelles noisette aux émeraudes de Ritsu qui, pour une fois, ne détourna pas le regard.
A mesure que le temps s'écoulait, le jeune éditeur se détendait, un peu. Il comprit bien vite que les grands-parents de son ex-amant acceptaient le fait que leur petit-fils soit amoureux d'un autre homme. Chose impensable de la part de ses parents. Les occupants de l'habitation arboraient de la discrétion quant à son passé avec Takano et de ce qu'il se passait en ce moment. Onodera s'en étonna. Après tout et à cause d'un malencontreux malentendu, ils avaient rompu mais monsieur et madame Takano ne semblaient pas lui en tenir rigueur.
A la fin du repas, naturellement Ritsu aida la maîtresse de maison à débarrasser la table et ce, malgré les protestations de la vieille femme.
— Laissez-moi vous aider pour la vaisselle, insista Onodera.
— Merci, mais ça va aller, dit gentiment madame Takano. Allez rejoindre mon petit-fils, sourit-elle.
— Vous savez Tak… Masamune vient de sortir avec votre époux pour fumer, j'ai un peu de temps avant que nous ne partions.
— Bon puisque vous insistez, je peux me permettre de vous laisser laver ? demanda t-elle.
— Oui bien sûr ! répondit le brun enthousiaste.
Le silence régnait dans la petite cuisine. Décidément, c'était de famille !
— J'aimerais vous dire merci, Ritsu ! dit soudainement la vieille femme.
— Pardon ! s'étonna le brun.
— Il y a longtemps que je n'ai pas vu mon petit-fils aussi heureux. Cela doit remonter à l'époque où vous étiez ensemble, expliqua t-elle.
Onodera écarquilla ses orbes et se tourna vers son hôte. Il ne sut quoi dire. Lui aussi avait remarqué que son patron était heureux mais il avait mis cela sur le fait qu'il était en compagnie de sa famille. Madame Takano sourit devant la mine étonnée de son invité.
— Vous savez, il a vraiment très mal vécu votre départ soudain il y a dix ans et il lui a fallu beaucoup de temps pour refaire surface. Mais depuis que vous êtes réapparu dans sa vie, et même si tout n'est pas très clair entre vous, Masamune est heureux. Et son grand-père et moi en sommes ravis.
— Je… je …, Ritsu se mit à rougir.
— Allons, allons. Ce n'était nullement un reproche. Masamune nous a expliqué qu'il s'agissait d'un malentendu, reprit-elle. Vous avez dû souffrir également, je me trompe ?
— C'est que …, hésita le jeune éditeur. Oui ! murmura t-il.
— L'aimez-vous encore ? interrogea t-elle. Oh, je suis désolé. Me voilà bien indiscrète.
— Ne vous excusez pas. C'est normal de vous inquiéter pour lui, bafouilla Ritsu.
La vaisselle fut rapidement terminée. Madame Takano remercia son « plongeur » et tous deux rejoignirent son mari et son petit-fils dans le salon. En pénétrant dans la pièce, il vit son ex-amant en train de parler avec son grand-père. Il supposa que le sujet de la conversation devait être lui. Quelque chose d'étrange se produisit en lui lorsqu'il posa ses émeraudes sur Takano. Il ne le vit pas comme son chef mais comme il le voyait dix ans auparavant. Ses jambes semblaient refuser de le porter. Des frissons le prient et il fut prit d'une subite envie d'aller vers lui mais il se retint.
Le sommeil rattrapait le couple Takano, il fut donc temps pour les jeunes de les laisser aller se coucher. Onodera avait finalement passé une bonne soirée. Les grands-parents de son ex-amant étaient charmants. Ils ne l'avaient nullement jugés pour ses actes passés même s'ils devaient lui en vouloir d'avoir fait souffrir leur petit-fils. Après plusieurs minutes d'embrassade, Ritsu et Masamune franchirent le seuil de la maison. Quelques mètres plus loin, Onodera stoppa. Masamune s'inquiéta.
— Tout va bien ? demanda t-il.
— Ou … oui ! bafouilla Ritsu.
Le cadet se retourna vers la famille de Takano et fit un pas ou deux vers elle, le visage empourpré.
— Madame Takano, la … la réponse à votre question… tout à l'heure….
La vieille femme ne mit pas longtemps à se souvenir de quelle question il s'agissait.
— C'est … oui ! reprit-il au bout de quelques secondes.
Le visage de la maîtresse de maison se para d'un magnifique sourire qui surprit non seulement son époux mais également son petit-fils.
— C'était quoi la question ? s'empressa de demander Masamune.
— Heu… C'est que ….. marmonna le brun.
— Rien Masamune. C'est une chose entre Ritsu et moi, fit la vieille dame en faisant un clin d'oeil complice envers le jeune éditeur.
Takano crut rêver. Sa grand-mère et celui qu'il considérait comme son amant échangeaient un regard de connivence. Une part de lui en était heureux car cela lui prouvait que Ritsu était accepté au sein de sa famille mais une autre part de lui ne savait quoi en penser. Onodera attrapa la première chose qu'il put sur Takano : l'une de ses mains et essaya de le trainer. Il ne voulait plus qu'une seule chose en cet instant, c'était de rentrer. Lorsque Masamune sentit les doigts fins et frais de Ritsu se glisser entre les siens, son organe de vie rata un battement. Non, plusieurs en fait !
Les deux hommes marchaient plutôt rapidement vers la maison de Takano mais l'aîné fit ralentir le pas. Il souhaitait profiter de ce rapprochement. Onodera se laissait porter par ses sentiments et c'est tout ce que l'aîné voulait.
— Pourquoi tu ralentis, demanda le brun.
— Tu marches trop vite. Je veux profiter de toi, répondit Masamune en regardant leurs mains enlacées.
— Je…je…, rougit une fois encore le cadet, sans lâcher sa précieuse prise.
—
Enfin ils pénétrèrent dans l'habitation. A peine rentré, Ritsu lâcha la main chaude de Masamune.
— Je vais ne coucher. Bonne nuit, Takano, murmura t-il.
— Hein ! Déjà ! Tu ne veux pas boire quelque chose ou regarder la télé ? tenta de demander l'aîné afin de le garder près de lui encore un peu.
— Non merci, je suis fatigué, bafouilla t-il en quittant la pièce pour regagner l'étage.
Takano observa son amant monter. Son coeur le serra. Une fois encore, Onodera lui échappait car il s'était promis de le laisser venir à lui durant ce week end. Il entendit la porte de la chambre de son invité se refermer. Il soupira lourdement avant de s'allumer une dernière cigarette. Une dizaine de minutes plus tard, il monta à son tour et après un bref passage dans la salle de bain entra dans sa chambre vide. Il passa un vêtement de nuit, prit un livre qui traînait sur le bureau de la chambre et alla s'allonger.
Dans la pièce d'en face, Onodera était confronté à ses sentiments contradictoires. Il admettait qu'il avait passé une bonne journée avec son ex-amant mais une infime part au fond de lui résistait toujours. Pourtant là maintenant, il regrettait que Takano ne l'ai pas empêché d'aller se coucher. Il regrettait que rien ne soit arrivé entre eux depuis leur arrivée. Il regrettait de ne pas réussir à lui dire ce qu'il éprouvait. Et puis il se souvint de la chaleur des mains de Masamune quand il le touchait, de cette impression de sécurité quand il était dans ses bras. Il déglutit difficilement, s'accroupit en se tenant le ventre. Que devait-il faire pour que cela passe ? En fait, si ! Il savait, mais ne savait pas comment s'y prendre.
Sans même s'en être rendu compte, Ritsu avait quitté sa chambre et se tenait devant la porte de celle de son hôte. Il frappa timidement et quelques instants plus tard le panneau de bois s'ouvrit.
— Onodera ? ! Tout va bien ? s'inquiéta immédiatement Takano.
Les pommettes rougies par la gêne, il s'avança vers son aîné en rivant ses émeraudes au regard surprit de son vis-à-vis. Ritsu attrapa le t-shirt de Masamune et l'attira à lui. Takano ne comprenait pas ce qu'il se passait et avant même qu'il ne puisse réagir, les lèvres fines et tremblantes de son amant se posèrent sur les siennes. D'abord surpris, Takano ne bougea pas puis finit par accentuer ce doux contact. Son coeur n'avait jamais tambouriné ainsi dans sa poitrine. Il se sentait comme sur un nuage. Ce baiser devenait en cet instant le meilleur de sa vie. Onodera se laissait guider par ses émotions nouvelles tandis que les bras de son patron l'encerclaient tendrement en lui prodiguant de douces caresses, le faisant frissonner.
— Ritsu, susurra Takano près du lobe offert de son amant.
Le cadet sursauta presque en sentant le souffle chaud de son aîné dans son cou. Il ferma les yeux et s'appuya sur le torse de son hôte. Takano écarquilla ses noisettes. Ce moment il le souhaitait depuis tellement longtemps qu'il n'y croyait pas, pas vraiment en tout cas. Il pensait rêver. Les bras de Ritsu se mirent en mouvement tel un automate. Ses gestes étaient hésitants mais il enlaça son amant en s'agrippant à son t-shirt.
— Je… heu… je…
Une fois encore les mots se mouraient sans la gorge du jeune éditeur. Masamune retint son souffle sans vraiment savoir pourquoi ou plutôt si, il soupçonnait ce qui allait arriver. Du moins l'espérait-il ! Le moment qu'il attendait depuis des mois était proche. Une myriade de sentiments l'envahit, le traversant de part en part. Onodera, lui, tentait de rassembler son courage pour enfin faire sortir ces quelques mots de sa bouche.
— Je t'aime, finit par dire Ritsu dans un murmure.
Le monde cessa de tourner autour d'eux. Takano resserra son étreinte comme pour se rassurer qu'il ne s'agissait pas d'un rêve. Onodera se cala plus près de son amour, et s'accrocha à lui presque désespérément. Quelques minutes passèrent ainsi, puis Takano desserra ses bras et releva le visage empourpré de son bel adonis. Des larmes silencieuses glissaient le long des joues du cadet, cela l'ému profondément. Leurs regards s'accrochèrent. Leurs poitrines les serraient. Plus rien ne comptait. Leurs visages s'approchèrent, leurs lèvres se frôlèrent et leurs corps frissonnaient d'anticipation.
— Ritsu, je t'aime, susurra l'aîné.
Ces quelques mots sonnaient étrangement bien aux oreilles d'Onodera, et ce pour la première fois. Il se sentait bien et se savait maintenant à sa place dans les bras de cet homme. Masamune mit ses mains en mouvement et les glissèrent sous le t-shirt de l'homme de sa vie qui se raidit une seconde avant de se détendre. Il était là car il l'avait voulu et ne voulait pas faire marche arrière. Takano en serait bien trop blessé et il ne souhaitait plus lui faire de mal. L'aîné ne put s'empêcher de capturer de nouveau les lèvres de son amant. Il en connaissait la texture, les contours et le goût pourtant en cet instant il ressentait quelque chose de nouveau. Ce baiser au goût différent s'éternisa. Les caresses de Masamune se faisaient de plus en plus précises, Onodera se laissa porter par ses émotions et glissa également timidement ses mains sous le vêtement de son amant.
Takano écarquilla ses orbes noisettes. C'était la première fois que son amour le touchait de cette façon. Il en frémit de désir. Ritsu le rendait fou. Fou d'amour. A bout de souffle, les lèvres mutines de l'aîné laissèrent la place à une langue avide qui effleura la nuque offerte de son amant. Onodera réagit en un instant. Ses pommettes se teintèrent un peu plus en sentant son corps lui échapper.
Sans s'en apercevoir, Onodera était allongé sur le lit déjà défait et son amant se tenait à califourchon au dessus de lui. Takano était en train de retirer son t-shirt qu'il jeta sans aucune manière au pied du lit. Il observait son bel adonis, toujours autant gêné. Ritsu, lui, tremblait, frissonnait, et ondulait légèrement sous le poids de son premier amour. L'aîné effleura sensuellement du bout des doigts ce corps frêle et offert et se délecta de la vue de cet homme qui faisait fondre son coeur comme neige au soleil. Pour la première fois, encore, Ritsu regardait Masamune dans les yeux et il vit son regard passer par un millier de sentiments.
Enhardit, le plus jeune se laissa guider par son instinct, chose qu'il n'avait jamais osé faire que ce soit dix ans auparavant ou depuis ces derniers mois. Leurs coeurs battaient à l'unisson. La température de la pièce ne cessait d'augmenter. Onodera poussa légèrement son amant afin de pouvoir s'assoir. Takano coopéra et déglutit difficilement lorsqu'il vit son amour ôter lui même son t-shirt. Se rendait-il compte à quel point il était désirable ? Se rendait-il compte de l'effet que cela produisait chez son hôte ? Pas sûr !
— Ritsu …, chuchota tendrement Masamune.
La voix de Takano résonnait dans l'esprit du cadet qui s'approcha pour voler un baiser sensuel à son amant qui se laissa tendrement faire. Masamune n'avait jamais été aussi heureux que maintenant. Jamais il n'avait ressentit toutes ces émotions. Son organe de vie menaça de s'échapper de sa prison de chair lorsqu'il sentit une douce chaleur s'emparer de tout son être. Ritsu venait d'entamer une caresse si légère sur sa masculinité qu'il crut une seconde que c'était une plume qui l'effleurait.
L'aîné renversa sa tête vers l'arrière, ferma les yeux et céda à la tentation. Des sons sensuels sortaient de sa bouche mettant mal à l'aise un peu plus son bourreau. Cette volupté dura assez longtemps pour que Takano arrive au bout de sa résistance mais il ne le voulait pas. Il repoussa tendrement son amant qui se demanda ce qu'il avait fait, ou plutôt mal fait pour que son amant le rejette ainsi. Devant la mine blême de Ritsu, Masamune caressa du bout des doigts l'une de ses joues.
— Ne t'inquiète pas, Ritsu. J'allais perdre le contrôle, et je ne le veux pas. Pas maintenant, souffla l'aîné avant de se perdre de nouveau dans le délice de ses lèvres légèrement gonflées.
A son tour, Takano cajola la virilité de son amant et se délecta de sa saveur. Onodera ondula pour accentuer cette douce torture. Des myriades de sensations les prirent tous deux. Leurs chaleurs corporelles augmentaient sans cesse, laissant maintenant rouler des perles d'eau salées sur leurs épidermes. Un froissement de drap se fit entendre, les doigts du cadet semblaient s'y accrocher. La langue coquine de l'éditeur en chef délaissa son joyau et partie à la conquête du corps ardent de Ritsu et alors que l'une de ses mains s'arrêta sur une perle de chair durcie par l'excitation, l'autre titillait l'entrée de son intimité.
— Masa…mune, bégaya Ritsu.
— Tu te décides enfin à m'appeler par mon prénom ! sourit-il.
Onodera se mordit la lèvre inférieure. Les assauts qu'il essuyait lui faisaient perdre la tête. Masamune jubilait. Ce n'était pas la première fois qu'ils faisaient l'amour ensemble, loin de là, néanmoins c'était tout comme. Onodera était bien plus actif qu'à l'accoutumée et c'était là toute la différence.
Onodera se crispa légèrement en sentant une sensuelle intrusion. L'atmosphère se chargeait de leurs odeurs corporelles qui se mêlaient, enivrant leurs sens. Une danse charnelle débuta faisant onduler lentement leurs corps moites. Ils haletaient de plus en plus, leurs poitrines les serraient un peu plus chaque seconde. Un millier de papillons chatouillaient leurs bas ventres. Leurs respirations s'affolaient et le rythme lascif qui entrainait leurs ondulations s'accéléra. Chacun d'eux perdait pieds, se laissant guider par leurs émotions et sensations jusqu'à l'explosion de leurs sens.
Takano se laissa retomber dans les bras de Ritsu qui l'accueillit amoureusement. Cette presque nouvelle expérience les laissèrent pantois mais heureux. L'aîné quitta l'endroit étroit où il se trouvait encore et se cala au plus près de son amant. Leurs rythmes cardiaques redescendaient peu à peu. Onodera tremblait, il avait froid. Il se blottit un peu plus dans l'étreinte de son aimé. Sentant la chaleur de Takano l'envahir, il se laissa sombrer dans un profond sommeil presque aussitôt suivi par Masamune.
A suivre….
