Hé oui, je poste vite! Après tout il ne me reste que la révision à faire...

Petite précision: le soma est une vraie drogue, je me suis inspirée du roman "Le meilleur des mondes" de Aldous Huxley (un classique) pour l'introduire dans mon univers FF7, au moment où je forumais... dans le roman, c'est une drogue qui rend euphorique et qui fait oublier. Ça existe aussi IRL, c'est un médicament un peu louche, mais légal. Mais voilà, apparemment, dans Crisis Core, on retrouve du soma!! C'est un machin qui augmente une certaine statistique de combat... notre Zack chéri est un drogué... et moi j'ai des pouvoirs de voyante, il faut croire... O-o


La mission consistait en l'interception d'une valise contenant du soma à l'état pur. L'échange avait lieu dans un restaurant, entre deux criminels bien connus. La Shin-Ra ne jugeait pas bon de les arrêter personnellement, puisqu'ils ne seraient que remplacés par d'autres. Aussi bien les laisser courir et savoir qui ils sont. Par contre, la drogue devait être interceptée. Pas question de laisser autant de soma se faire mettre en circulation.

Le plan était simple : Shotgun se postait à distance avec un fusil sniper. Moi j'étais dans le restaurant. Au moment précis de l'échange, je la prévenais par micro, et elle tirait des balles de caoutchouc, assez fortes pour briser la fenêtre du restaurant et pour leur faire lâcher la valise, sans risque de blesser personne. Elle leur faisait lâcher la valise, je la rattrapais en donnant quelques coups de matraque au besoin, puis je lançais une bombe de fumée et je filais en douce.

Ça, c'était le plan. Malheureusement, le plan comprenait l'élément tout à fait foirreux que je sois mis en équipe avec Shotgun.

J'étais donc assis seul à une table, dans ce restaurant un peu miteux, habillé de vêtements assez larges pour cacher ma matraque et pour avoir l'air d'un jeune punk bien ordinaire, feignant de lire un journal de métro et regardant par-dessus pour voir l'avancement de la transaction. Tout aurait été bien sans le fait que Shotgun m'envoyait des insultes directement dans les oreilles. J'aurais voulu enlever mon oreillette, mais elle servait aussi de micro, et je tenais à réussir cette mission malgré elle.

C'était un test. Tout était un test.

-T'as l'air vraiment stupide avec cette casquette sur la tête, tu sais ? Et puis ces pantalons qui traînent par terre, franchement c'est d'un goût…

-Ferme-la, c'est pas ma faute, marmonnai-je.

-Tu t'habillais comme ça, quand tu dirigeais ton petit gang de ruelle ? Je suppose que t'avais pas d'argent pour t'habiller, tu prenais les vêtements que les clodos laissaient traîner…

-Tu parles, j'avais la classe…

-Ça t'a pas empêché de te faire botter le cul par Rude à la première occasion !

Je commençais à voir rouge. Perdant mon sang froid, je me suis levé et j'ai crié en plein restaurant :

-OUI, ET ALORS ?

Shotgun éclata de rire dans mon oreille. Mort de honte, je me suis rassis, et je me suis caché derrière mon journal. Tout le monde me regarda pendant un instant, puis les conversations reprirent. Les deux dealers continuaient comme si de rien n'était. Visiblement, les négociations se passaient mal, et les deux étaient si concentrés dans leurs affaires douteuses qu'ils m'avaient à peine remarqué.

Finalement, après avoir obtenu une bonne migraine à force d'entendre le rire perçant de Shotgun me vriller les tympans, j'ai fini par remarquer, sous la table, le reflet d'une valise métallique qui passait d'une main à l'autre.

-Shotgun, c'est le moment !

-Compris !

Une première balle de caoutchouc fracassa la vitrine du restaurant, ce qui jeta la confusion dans le restaurant. Les deux suivantes atteignirent les dealers en pleine tête, ce qui les sonna assez pour que je puisse leur arracher la valise de soma des mains.

Mais au moment où je prenais la bombe fumigène et me préparais à la lancer, je me faisais prendre par derrière par l'un des clients du restaurant… ou plutôt, l'un des gardes du corps déguisés des dealers.

J'ai lâché la bombe fumigène, qui a explosé en jetant un nuage épais sur toute la salle, puis j'ai empoigné ma chère matraque dans ma manche. Après quelques coups à l'aveuglette, j'ai fini par assommer le garde du corps, et j'ai filé vers la sortie du restaurant… avant de me rendre compte que j'avais laissé tomber la valise. Toussant, j'ai écarté les vrais clients à petits coups de matraque et j'ai récupéré la fameuse valise, puis j'ai filé en courant. Aussitôt hors du restaurant, j'ai crié :

-SHOTGUN, J'TE DÉTEEEEEESTE !

Je me suis rendu à la voiture noire et discrète qui nous servait pour la mission, garée une rue plus loin, et j'ai attendu là quelques minutes. Elle devait être en train de démonter son fusil et de quitter son poste, mais dans ma fureur, je croyais simplement qu'elle se faisait un plaisir de me faire patienter. Lorsqu'elle est finalement apparue, j'ai crié sur elle, crié comme je n'aurais jamais cru pouvoir crier sur une femme.

Je lui ai crié toute ma haine ; à quel point j'en avais assez d'elle et de ses enfantillages qui avaient failli tout gâcher. Je lui ai dit des choses affreuses que je n'ai jamais dites à personne, pas même à mes pires ennemis. Le débordement de mes mots insulta jusqu'à la moelle de son âme et de son corps. Je ne lui ai rien épargné. Je voulais la détruire, qu'il n'en reste plus rien, et ainsi avoir la paix.

Lorsque j'eus fini de crier, essoufflé, le silence retomba dans la voiture. Shotgun avait baissé les yeux, et ses cheveux cachaient son visage. Je ne l'entendais pas sangloter, mais je la voyais trembler. Soudain, elle leva un de ses poings et me frappa au visage. Ma lèvre se fendit même si le coup n'était pas si fort. Le temps que j'essuie le sang sur mon menton, elle avait déjà ouvert la portière de la voiture et elle courait au loin.

De retour à la réalité à cause de la couleur à mon visage, je renonçai à la poursuivre. En fait, je ne savais plus quoi faire. Je finis par décider de rentrer au QG. Il fallait bien porter cette fameuse valise de soma et faire un rapport…

En fait, la mission avait réussi, et à part quelques incidents, il n'y avait rien à redire. Crier ainsi sur Shotgun m'avait déchargé de tout mon stress, et enfin je voyais les choses clairement.

OoOoO

Le soir même, Rude et Reno m'invitèrent à aller prendre un verre. Apparemment, en temps normal, les nouveaux Turks ont droit à une fête de bienvenue, mais tout le monde était si occupé avec l'agitation actuelle qu'elle n'avait pas pu avoir lieu. Au moins j'aurais droit à une beuverie gratuite, Reno m'ayant promis de tout me payer ce soir-là.

J'alignai donc les cocktails les plus complexes et les plus chers, jusqu'à ce que je plonge dans un état semi-comateux. Les rires de Reno et la musique tonitruante du bar se mêlaient, me semblaient flous. Je ne voulais plus rien sentir, je voulais oublier quelque chose que je ne voyais pas.

Comme j'était devenu incapable de marcher, Rude me prit sur son dos pour rentrer. On aurait dit que l'alcool ne lui faisait aucun effet, lui. Reno marchait à côté de nous, titubant un peu.

-C'est pas dans ton habitude, tu t'es pas plaint de Shotgun de toute la soirée, dit-il en me donnant une tape sur l'épaule.

-J'l'ai engueulée directement aujourd'hui, répondis-je du fond de la ouate où je me sentais baigner. Pas besoin d'en rajouter.

-Tu l'as faite pleurer ?

-Sais pas. M'en fous.

Mais je sus, en le disant, que c'était tout à fait le contraire. Que c'était la raison pour laquelle j'avais autant bu. Pourquoi je voulais oublier.