Suiiiiiiiiteuh!

Pas grand chose à dire... définitivement, je fais trop de choses en même temps, en ce moment...

Un chapitre un peu plus sombre, probablement le plus sombre de cet arc, mais bon, c'est rien comparé à ce qui s'en vient dans les deux autres... (chuis un peu trop sadique avec mes persos, moi...)


Je m'éveillai le lendemain, assez tard, avec un mal de tête carabiné. Je sus aussitôt que mon rapport sur la mission, dû pour aujourd'hui, serait totalement merdique.

Une fois à mon bureau, j'ai écrit mon rapport entre les coups de marteau réguliers sur ma tête. Shotgun n'était pas à son bureau en face du mien, contrairement à d'habitude. Tseng me dit au passage qu'elle avait déjà remis son rapport.

J'aurais voulu la voir, pour m'excuser. Je savais que j'étais allé trop loin la veille. Je me repentais de plus en plus, et j'en venais même à souhaiter de bien m'entendre avec elle.

Après le travail, je partis faire quelques courses. Je venais de m'installer à la Tour, après tout, et il me manquait encore plusieurs choses. Danny et Rude m'accompagnaient pour transporter mes achats ; j'avais besoin de meubles et de beaucoup d'autres choses. Au fond, la vie est une chose incroyablement matérielle.

À nouveau, je me sentis suivi. Danny et Rude, étrangement, ne ressentaient rien. Ainsi, j'ai compris que j'étais le seul surveillé. De retour à mon appartement, sans même prendre la peine d'assembler ou d'installer mes nouveaux meubles, je sortis à nouveau, sans autre but que de surprendre ceux qui m'observaient.

Marchant dans des ruelles obscures des Taudis, je cherchai sans en avoir l'air parmi toutes les ombres mouvantes, toutes les silhouettes anonymes. Je gardais ma matraque dans ma manche, car je connaissais bien les dangers des Taudis.

Finalement, j'ai entendu un bruit de pas suspect, non pas derrière moi, comme je m'y attendais, mais au-dessus de moi. Vivement, j'ai escaladé une grille près d'un mur et j'ai sauté sur le toit d'une maison miteuse. Dans l'obscurité éclairée des lampadaires, j'ai vu une silhouette sombre sur le toit d'en face. Ses longs cheveux attachés se mouvaient dans son dos. Shotgun.

Tous mes scrupules, toute ma culpabilité m'abandonnèrent au profit de la rage, à nouveau. La migraine me reprit.

-Alors, tu me suis, Shotgun ? m'écriai-je à voix haute.

-Tu vas encore me crier dessus, Shinji ? répondit-elle juste assez fort pour que je l'entende malgré la distance. Pourtant, j'ai rien fait de mal, cette fois-ci…

-Qu'est-ce que tu fais-là, alors ? m'énervai-je

-Je… non, laisse tomber et crie-moi plutôt dessus.

Parce qu'elle me l'avait demandé, l'envie me quitta aussitôt. J'avais aussi voulu m'excuser, et cette envie là aussi m'était passée. Je me suis donc contenté de rester là à la fixer. L'air las, elle finit par s'en aller, sautant de toit en toit. Je n'avais même pas le cœur à la poursuivre. Je pensais que ma tête allait exploser au moindre geste.

OoOoO

Le lendemain, on m'annonça une nouvelle mission. Les criminels ne prennent pas de repos, nous n'y avions donc pas droit non plus. Je serais accompagné de Ken et (à ma mauvaise surprise) de Shotgun. Au moins nous de serions pas seuls tous les deux, ça, je ne l'aurais pas supporté.

La mission consistait simplement à surveiller un hangar de motos de la Shin-Ra. Un gang de rue voulait s'y introduire et voler les nouveaux modèles.

-Ça me rappelle quelque chose, insinua Ken.

Je lui donnai une claque derrière la tête, et il éclata de rire. Shotgun aussi se mit à rire, faiblement. Je ne l'avais jamais vue aussi sombre, et moi aussi j'avais gardé un certain malaise de la veille.

Mais il fallait bien exécuter les ordres, et nous avons donc pris position dans le hangar, moi et Ken près des portes et Shotgun sur une poutre au plafond, pour nous couvrir. Il ne fallut pas longtemps pour que les voleurs arrivent. Cachés derrière les portes, nous les avons laissés entrer. Ils ne ressortiraient pas, là était le plan.

Avant qu'ils n'aient réussi à faire démarrer la moindre moto, Ken et moi sommes sortis de nos cachettes et nous nous sommes précipités vers eux. Ken commença à tirer, et j'activais le courant de ma matraque, quand je me rendis compte que je reconnaissais les visages de la plupart des voleurs. C'était mon ancien gang. Mon ancienne famille.

Eux aussi me reconnurent. Et aussitôt, leur objectif passa des motos à ma tête. J'hésitais à me défendre, et je voyais sans émotion mes anciens frères tomber, troués des balles de Shotgun et de Ken.

-Qu'est-ce que tu fous, Shinji ? Bouge ! entendis-je crier Shotgun.

Mais au moment où je reprenais mes esprits, je me fis assaillir par derrière. La dernière chose que j'entendis fut le son d'une moto qui démarrait.

OoOoO

Se réveiller attaché sur une chaise n'est jamais bon signe, surtout pas quand, en face de vous, il y a une personne que vous avez trahi.

Il s'agissait de Mike, mon ancien bras droit. Il avait dû devenir le chef de la bande à ma place, quand je suis devenu Turk. Il avait toujours été colérique et cruel, en fait il l'avait souvent été à ma place, lorsqu'il le fallait et que j'en étais incapable. Petit, nerveux et blond, il avait l'air d'une teigne. Mais il avait ma matraque en main et je ne pouvais me défendre.

Mike m'a accablé de reproches avant de me rouer de coups. Qu'est-ce qui faisait le plus mal, des mots ou des coups ?

Je saignais, mais je retenais mes larmes, encore.

J'étais un lâche. J'étais un traitre. J'étais un fils de pute. Je méritais la mort, et Mike me faisait presque supplier de me l'accorder. En fait je ne voulais pas mourir. Je voulais simplement échapper à la douleur. Des courants électriques parcouraient mes nerfs, alors que mes membres étaient meurtris par les coups. Au bout de quelques heures, j'étais à bout. Mike s'amusait encore.

Un coup de feu mit fin à ma torture. Mike retomba sans un cri, un trou au milieu du front. Hébété, je vis Cheny et Shotgun, l'une me détachant et la seconde épongeant rapidement le sang de mon visage.

-Vous arrivez un peu tard, murmurai-je, fatigué.

Soudain, alors qu'on m'avait à peine détaché, Shotgun sauta sur moi et me prit dans ses bras. Son étreinte était horriblement douloureuse à cause de toutes mes ecchymoses, mais je me suis contenté de serrer les dents. Je ne comprenais pas, mais tout était plongé dans le flou.

-Je suis désolée, sanglota-t-elle sur mon épaule. C'est ma faute… tu peux me frapper, tu peux me crier dessus…

Alors que j'allais aussi l'entourer de mes bras, hésitant, Cheny nous sépara brutalement, l'air pressé. Shotgun passa une main sur ses yeux, et toute trace de ses sanglots disparut de son visage.

-Tu peux te relever ? fit Cheny.

J'y suis parvenu, et j'arrivais même à trotter à une certaine vitesse. Ainsi je pus m'échapper avec elles de mon ancien repère. L'endroit, à part quelques cadavres ici et là, était désert. Shotgun me prit le poignet pour me tirer plus vite, jusqu'à ce que nous ayons atteint l'hélicoptère. Elle prit alors le siège du pilote, et Cheny me donna quelques Potions avant de me prodiguer les premiers soins.

J'aurais voulu demander à Shotgun en quoi tout était sa faute ; ne pouvant lui parler à cause de bruit de l'hélico, j'en suis venu à me dire que, contrairement à ce qu'elle voulait, je ne pouvais pas tout lui reprocher. Pourtant, c'était ce qui me semblait le plus facile, le plus évident à faire. Je n'arrivais toujours pas à comprendre pourquoi.