Je me suis réveillée dans mon lit empestant la suie à des kilomètres à la ronde. Le goût de la fumée ancrait au plus profond de mes poumons. J'étais chez moi ! Dans mon lit, dans ma maison ! J'ai tenté de sourire, en vain, le souvenir de cette chaleur étouffante m'arracha un couinement. Une tête, plutôt un visage apparût au-dessus du mien, ses traits tirés ne cachaient en rien sa colère.
Damon :. Pourquoi n'as-tu pas sauté ? Tu as peur du vide, première nouvelle !
À ce moment, j'aurais bien voulu rire, oui, rire aux éclats. Il était là, à me crier dessus, comme une gamine qu'on réprimande d'avoir fait tomber le pot de confiture. Bien sûr, mon sourire flagrant ne lui a pas échappé.
Damon :. Et elle se fout de ma gueule !
Il s'est redressé, en colère certes, parlant seul comme si je n'étais pas là. Marmonnant des « devenue folle », « la fumée …montée au cerveau ».
Elena:. Ce n'est pas moi, qui parle toute seule, Damon.
Je venais de lui clouer le bec. De colère, il était passé à la furie. Et c'est en claquant la porte que je l'avais bien compris. Je tentai de me relever, mais dans ma gorge un feu se déclencha, comme des braises ardentes déposées délicatement dans mon œsophage. La soif me dominait et le feu auquel j'avais dû faire face n'arrangeait en rien la situation. Une main délicate vint me soutenir, Stefan. Il me regardait avec ses yeux mêlés de tristesse, de crainte, et d'amour. Le beau vampire attendait que je lui explique l'évènement, le pourquoi de ce moment insoutenable, mais la seule chose que je pus dire fût :
Dans quel état est la pension ?
Il se mit à rire, mouvement presque imperceptible même pour un vampire puisque ceci ne constituait qu'une vibration de la cage thoracique et de la gorge, ainsi qu'un léger sourire, minime même, qui se dessina au coin de ses lèvres.
Stefan :. Tu as failli mourir, Elena, et toi tout ce que tu trouves à dire c'est ça. Mais qu'est-ce qu'il t'arrive Elena ? Je sais que c'est dur et je regrette ce qui t'es arrivée. Tu n'es plus la même…
Il allait continuer mais je le coupais.
Elena :. Je suis morte Stefan, je me rappelle des choses qui ne me sont jamais arrivées, j'ai cette envie irrépressible d'arracher la gorge des gens que j'aime et de boire jusqu'à la dernière goutte ! Je suis morte voilà ce qu'il m'arrive !
Pour simple réponse, il quitta la pièce. Je fermais les yeux réprimant cette haine qui s'insurgeait en moi puis ce sentiment de tristesse profonde et me rendormis. Si seulement ça pouvait être pour l'éternité…
Lorsque je me réveillais, la nuit était tombée. Une enveloppe signée d'un S était posée sur mon second oreiller, je l'ouvris péniblement et l'écriture manuscrite que j'identifiais comme celle de Stefan se dessinait sous mes yeux encore clos par le sommeil.
Je suis désolé pour tout à l'heure. Je te laisse dormir et lorsque tu auras décidé de venir me voir, je t'attendrais à la pension. Je t'ai déposé des poches de sang sur le bureau. O négatif comme tu l'aimes.
Ps :. Tu restes toujours aussi magnifique lorsque tu dors.
Je t'aime mon amour. S.
Je me sentais comme gênée, envahie d'un sentiment nouveau. Je me levais en vacillant, pris deux poches de sang et passais ma main derrière le tableau accroché au mur afin d'y prendre mon journal, le seul rituel humain qu'il me restait.
Cher Journal,
Je suis un vampire.
Je suis morte là où Papa et Maman ont perdu la vie définitivement. Je me sens seule. Tous mes sentiments changent et s'amplifient. Je ressens une sorte d'agacement permanent et Stefan n'arrange rien. Il aimerait que je sois le même genre de vampire que lui mais je n'y arrive pas. Ses petites attentions m'énervent, il ne reste jamais lorsque' je mange'. Un gouffre s'établit entre nous. Je l'aime, mais je me rends compte qu'avec ma nouvelle nature un écart s'est creusé.
Damon… Damon m'a caché des choses et … ces souvenirs, flashs, m'attendrissent. Tu te rends compte que c'est lui que j'ai rencontré en premier et qu'il m'a avoué m'aimer !
Je ne sais plus quoi penser et quoi faire. Mais je sais que je ne peux pas quitter Stefan pas maintenant, une confusion immense se ferait et je risquerais de faire des mauvais choix.
Bonnie m'a appelé avant-hier…
Elena laissa son cœur vagabondé durant toute la nuit inscrivant la moindre de ses émotions en passant par ses derniers actes, et la journée horrible qu'elle avait vécue. Au bout d'un long moment de solitude, la jeune fille décida de se lever et de se préparer, elle voulait parler au Salvatore mais aussi voir le désastre qu'avaient provoqué les évènements antérieurs. Elle passa devant son miroir et s'arrêta. Ses longs cheveux bruns raides lui montraient qu'elle n'avait pas changé, qu'elle restait Elena Gilbert, la pauvre jeune fille qui avait perdu la vie et ses parents. Sur un coup de tête, elle décida qu'en même temps que sa nature, elle changerait de tête. Blond platine ? Non. Rousse ? Non. Noir profond ? Non. Il ne lui restait qu'une seule chose : le bouclage. Elena avait déjà vu ce résultat sur elle et ça lui allait plutôt bien.
Lorsqu'elle eut fini, elle descendit les escaliers et claqua la porte. Pas de voiture. Elle irait à pied. Le danger sur cette route serait elle et non les autres. Elle coupa chemin par la forêt, une légère brise monta sifflant dans ses oreilles et provoquant de léger frisson sur sa peau nue. Une branche de chêne traversa devant elle à une vitesse inconnue comme porter par une force incommensurable. Une deuxième lui érafla le bras. C'est ainsi que la vampire comprit qu'elle était en danger. Elle courut aussi vite qu'elle put, recevant par-ci par-là, des pieux improvisés la transperçant dans les jambes et les bras. Quand elle vit la pension, elle se dépêcha et traversa la porte sans prendre soin. La douleur était fulgurante.
Damon :. Katherine ?!
Oui, par deux fois Elena avait failli mourir et par deux fois ce quelqu'un n'y allait pas de main morte. Quelqu'un lui en voulait, c'était désormais sur.
Mais qui étais-ce ?
