Chapitre 2
Juste avant l'arrivée du professeur Iruka, j'enlève ma capuche, éteins mon Mp4 et feins de lire mon livre. Je ne lève même pas les yeux quand il annonce :
- Bonjour à tous. Voici Sasuke Uchiwa qui vient de Suna. Sasuke, allez vous asseoir au fond à côté de Naruto. Vous suivrez avec lui en attendant d'avoir vos affaires.
Sasuke est magnifique. Je le sais sans même le regarder. Je me concentre sur mon livre pendant qu'il s'avance dans ma direction. J'en sais déjà tellement sur mes camarades de classe que je me délecte de rester dans l'ignorance encore quelques instants. Mais à en croire les pensées d'Ino, deux rangs devant moi, « Sasuke Uchiwa est trop canon ». Hinata, sa meilleure amie est du même avis. Shino, le petit ami d'Hinata aussi. Mais ça, c'est une autre histoire…
Sasuke balance son sac par terre et s'installe à côté de moi
- Salut
Je hoche la tête en me gardant de lever les yeux plus hauts que ses bottes noires et brillantes de motard qui font totalement décalées au milieu de toutes les tongs de différentes couleurs qu'on peut voir sur la moquette verte de la classe.
Iruka nous demande d'ouvrir nos livres page 100
- Je peux suivre avec toi ? demande Sasuke en s'inclinant vers moi
J'hésite, mais je finis par glisser mon livre à l'extrémité de la table. Et, quand Sasuke rapproche son siège du mien en comblant ainsi l'espace entre nous, je me décale et me réfugie sous ma capuche. Il se retient de rire d'un rire amusé, mais je ne sais pas ce que cela signifie. J'y décèle seulement une pointe d'ironie indéchiffrable. Je m'affale sur ma chaise, met mon menton sur mes mains et décide d'ignorer les regards mauvais qu'on me lance et les remarques du genre : « Le pauvre. Il est tellement beau, tellement sexy. Et dire qu'il est obligé de s'asseoir à côté de cet idiot». Remarques d'Ino, d'Hinata, de Shino et d'à peu près toute la classe. Enfin quasiment, car Iruka attend la fin de l'heure avec autant d'impatience que moi
Pendant le déjeuner, Sasuke est sur toutes les lèvres
- Tu as vu Sasuke, le nouveau ? Il est vraiment craquant, sexy…Il paraît qu'il vient de Suna, non, de Oto…enfin de l'étranger quoi. Je rêve de l'inviter au bal d'hiver…Mais tu ne le connais même pas…T'inquiète c'est comme si c'était fait
Sakura s'assied à côté de moi et me regarde de ses yeux verts perçants.
- Tu as vu le nouveau, Sasuke ?
Je secoue la tête en croquant dans ma pomme
- Non pitié ! Pas toi !
- Tu ne dirais pas ça si tu l'avais vu en chair et en os
Elle sortie son gâteau à la vanille dont elle lécha le glaçage.
- Eh les filles, vous parlez de Sasuke ? dit Kiba en s'installant à notre table. Il est magnifique. Et vous avez vu ses bottes ? Je vais lui proposer d'être mon nouveau petit ami.
Sakura le dévisagea
- Trop tard. J'ai déjà pris une option
Kiba leva les yeux au ciel et déballa son sandwichs
- Je ne savait pas que tu fréquentais les non gothiques, rajouta Kiba
Sakura éclata de rire
- S'il ils sont comme lui, bien sûr que si. Il est tellement splendide. Il faut que tu le voix, me dit elle. (Puis, elle secoua la tête, déçue que je ne soit pas aussi en délire qu'eux)
Kiba me regarda bouche bée, son sandwich à la main.
- Tu ne l'as pas vu ?
Je baisse la tête en me demandant si je dois leur mentir. Ils en font un tel plat que je me dis que c'est le seul moyen de m'en tirer. Mais je ne peux pas. Sakura et Kiba sont mes meilleurs amis. Et les seuls. Je leur cache déjà tellement de chose…Je décide de leur dire la vérité
- J'étais assis à côté de lui en littérarture. On était obligé de partager le même livre. Mais je ne l'ai pas bien regardé.
Sakura me dévisagea comme si j'était la personne la plus baka qu'elle n'ait jamais rencontrée
- Obligés ? Quelle horreur ! Ca à dû être horrible ! Quelle chance tu as ! Soupire t-elle. Et dire que tu ne t'en rends même pas compte…
- C'est quel livre ? demanda Kiba
- Les Hauts de Hurlevent, dis je en haussant les épaules
- Tu avais ta capuche ou pas ? Me demanda Sakura
- Euh…oui. Pourquoi ?
- Parce que je n'ai pas besoin que le dieu aux cheveux couleurs soleil entre en compétition
Je regarde la table, mal à l'aise. J'ai horreur quand les personnes disent des trucs pareils. Avant j'adorais ce genre de compliments, mais plus maintenant.
- Et Kiba ? Il n'est pas en compétition ?
Kiba passe la main dans ses cheveux bruns
- Ne m'oublie pas trop vite Sakura.
- Kiba et Sasuke ne sont pas du même monde, dit Sakura
- Qu'est ce que tu en sais d'abord ? Demanda Kiba
- Mon sixième sens
Sasuke est non seulement dans mon cour de littérature, mais également dans mon cour d'art plastique (il n'est pas assis à côté de moi et je ne l'ai pas regardé, mais les pensées qui fusaient dans la classe, même de la part de la prof, Mme Kurenai, m'ont appris tout ce que j'avais besoin de savoir sur la question).
Et voilà qu'il est garé à côté de moi ! Jusque ici, j'avais réussi à ne voir que ses bottes, mais j'ai vite compris que mon répit était momentané.
- Il est là ! Juste à côté de nous ! S'écrit Kiba. Et vise sa caisse ! BMW noire métalisée, vitres teintées…trop stylé. Bon voilà ce qu'on va faire : je vais ouvrir ma portière et cogner « accidentellement » la sienne. Comme ça, j'aurais une bonne excuse pour lui parler.
- Ne t'avise pas d'abîmer ma voiture, dis je d'un ton froid. Ni la sienne, ni une autre
Il me fit un regard de chien battu
- Pourquoi tu brises mon rêve ?
Après quelques secondes
- C'est bon. Je m'en suis remis. Mais regarde le au moins. Et après ose me dire en face qu'il ne te fait pas craquer
Je me faufile entre ma voiture et une autre garée de biais qui donne l'impression qu'elle essaie de monter sur la mienne. Kiba arrive en courant, m'arrache ma capuche et mes lunettes de soleil, grimpe dans la voiture et me fait des signes pour que je regarde Sasuke qui est derrière la voiture.
Je décide de passer à l'action, me disant qu'il le faudra tôt ou tard. Je respire un grand coup, me retourne, et là, je reste pétrifié et sans voix. Kiba s'agite, me fais de gros yeux…Bref, il m'envoie plein tous les signaux possibles et imaginables pour me signifier d'arrêter et de monter dans la voiture. Mais je ne peux pas…et pourtant j'aimerais bien car je sais que j'ai l'air ridicule comme ça. Sasuke est vraiment très beau. Des cheveux noirs relevés en pique derrière la tête, des yeux noirs comme une nuit sans étoiles. Et sa bouche qui nous donne envie de coller la notre à la sienne. Il n'est vêtu que de noir.
- Euh…Naruto ? Réveilles toi maintenant, dit Kiba avant de se tourner vers Sasuke. Il faut excuser mon copain. D'habitude, il a sa capuche.
Je sais que maintenant je dois m'arrêter. Mais je ne peux pas. Sasuke me fixe intensément, tandis qu'il sourit.
Cependant, il n'y a pas que son incroyable beauté qui me met dans cet état. Tout autour de son corps, il n'y a aucune aura. Pourtant, tout le monde en a une. Des tourbillons de couleurs émanent de chaque être vivant. Un champ d'énergie arc en ciel dont ils n'ont même pas conscience.
Avant l'accident, je ne soupçonnais pas l'existence de ces choses là. Et je n'étais pas capable de les voir. Ca m'est arrivé quand je me suis réveillé à l'hôpital
- Comment te sens tu ? M'avait demandée l'infirmière
Je clignais des yeux, troublé par la lumière pastel qui l'entourait
- Bien, mais pourquoi vous êtes rose ?
Elle eu soudain un air inquiet
- Pourquoi je suis quoi ?
- Rose. Vous êtes toute rose. Surtout au niveau de la tête
- Ne t'inquiète pas mon chéri. Je vais chercher le médecin
Elle était sortie de la chambre au pas de course.
Ce n'est qu'après avoir subi toute une série d'examens des yeux, scanners du cerveau et autres évaluations psychologiques que j'ai appris à omettre les spirales de couleurs que je voyais. Et quand j'ai commencé à lire les pensées des gens, à connaître leur vie par un simple contact et à recevoir régulièrement la visite de mon petit frère disparu, j'ai compris qu'il valait mieux me taire.
J'ai été tellement habitué à vivre ainsi que j'ai oublié que ce n'est peut être pas la seule façon. Mais le fait de voir Sasuke sans aura, me rappelle les jours heureux de ma vie normale, celle d'avant…
Le visage de Sasuke s'éclaire d'un sourire qui révèle une autre de ses perfections : des dents d'une éblouissante blancheur.
- Naruto c'est ça ?
Je reste figé sur place en me forçant à regarder ailleurs, pendant que Kiba toussote avec insistance. Je finis par me rappeler qu'il déteste être laissé en plan et fait les présentations
- Kiba, Sasuke. Sasuke, Kiba
Sasuke lui lance un rapide regard et reporte son attention sur moi. Je sais que cela semble complètement fou, mais pendant la fraction de seconde où ses yeux m'ont quittés, je me suis senti froid, sans force…mais dès qu'il m'a à nouveau regardé, je me suis senti revivre.
Sasuke me sourit
- J'ai un service à te demander. Tu pourrais me prêter le livre Les Hauts de Hurlevent ? Je dois rattraper mon retard, mais je n'aurais pas le temps d'aller à la bibliothèque.
Je fouille dans mon sac, attrape le livre et le lui donne. Une partie de moi meurt d'envie d'effleurer ses doigts pour en apprendre plus sur lui, mais une autre partie me rappelle comme c'est désagréable. Mais mon envie de savoir est tellement forte, que je décide d'essayer
Sasuke prit le livre, le jeta sur le siège de sa voiture, remis c'est lunettes de soleil et nous salua. Je me rends à ce moment là qu'à part un léger picotement au bout des doigts, je n'ai rien ressenti.
J'alla rejoindre Kiba dans la voiture et nous partîmes
- Tu sais Naruto, quand je t'ai parlé de « craquer » tout à l'heure, tu n'étais pas censé le prendre au pied de la lettre. Sérieusement, qu'est ce qui t'es arrivé là ? Parce que, franchement, entre vous, c'était tendu, du genre : « Salut, je m'appelle Naruto et j'ai bien l'intention de te suivre comme ton ombre ». Je ne rigole pas, j'ai bien cru qu'il allait falloir te ranimer. Et, tu as vraiment eu de la chance que Sakura n'était pas là, parce que, je te le rappel, elle a jetée son dévolu sur lui…
Kiba continua à parler jusqu'à la maison. Je décida de ne pas l'interrompre. Tout en conduisant, je me mis à caresser les trois marques que j'ai sur chacune de mes joues, apparues lors de l'accident.
Comment lui expliquer que, depuis l'accident, les seules personnes dont je ne puisse pas lire les pensées, déchiffrer la vie, ni voir l'aura, sont mortes ?
