Auteur: je tiens à vous remerciez pour vos reviews qui me font tous plaisirs. Je tiens également à vous dire que si je en réponds pas à vos reviews, c'est que, la plupart des questions que vous me posées, auront leur réponses dans les chapitres à venir, et je préfère ne rien dévoiler pour ne pas gâcher la surprise. Voilà. bonne lecture à tous et merci


Chapitre 17

Je n'ai pas répondu quand Sasuke a appelé (enfin, je pense que c'était lui, car l'écran affichait « numéro privé »). Et ce matin, tout en me préparant pour le lycée, j'efface son message sans même l'écouter.

- Tu n'es pas curieux de savoir ce qu'il dit ? Me demande mon frère en jouant dans son nouveau déguisement

- Non

Je contemple le pull Mickey d'un œil mauvais et en choisit un que Sasuke ne m'a pas offert.

- J'aurais pu l'écouter. Je t'en aurais fait un résumé

- Pas question. Dis je énervé

- Je ne te comprends pas. Pourquoi es tu toujours en colère ? Bon d'accord, tu l'as perdu sur l'autoroute, et oui, il a oublié de te donner son numéro. Et alors ? Es tu parano à ce point là ?

Je lui tourne le dos. Je sais qu'il a raison. Je suis en colère, parano, voir pire encore. Je suis le parfait modèle du taré domestique ordinaire, fâcheusement susceptible, liseur de pensées, voyeur d'auras et de mort. Mais mon frère ignore que je ne lui ai pas tout raconté. Par exemple, je ne lui ai pas dit que Karin nous avait suivit jusqu'à Disney. Ni que Sasuke disparaît chaque fois qu'elle est dans les parages. Je regarde le nouveau costume de mon frère

- Au fait, tu vas t'amuser à te déguiser encore longtemps ?

- Aussi longtemps que j'en aurais envi, dit il avec une petite moue.

En voyant qu'il est sur le point de pleurer, je me sens mal

- Excuse moi Deidara. Je suis désolé

Je mets mon sac sur l'épaule en me disant que j'aimerais bien que ma vie se stabilise, histoire de retrouver un peu d'équilibre

- Menteur

- Non. Je suis sincèrement désolé et je n'ai pas envi de me disputer avec toi…tu viens ?

Je m'apprête à sortir, mais il ne répond pas

- Viens. Tu sais que je ne dois pas être en retard. Allez, décide toi

Il se met à pleurer doucement

- Je ne suis pas obligé d'être là tu sais

Malgré le fait que je dois absolument partir, j'en suis maintenant incapable

- De quoi parles tu ?

- Mais d'ici ! De tout ça ! Toi, moi, mes visites ! Je ne suis pas obligé

J'ai l'estomac noué et je veux qu'il arrête. Je ne veux pas en entendre davantage. Je me suis tellement habitué à sa présence que je ne me suis jamais imaginé qu'il puisse préféré être ailleurs. J'ai la gorge sèche, nouée et ma voix trahit ma panique

- Mais…je croyais que tu aimais bien venir ici…

- Oui. Mais ce n'est peut être pas la meilleure chose à faire. Est-ce que l'idée t'a effleurée que je serais peut être mieux ailleurs ?

Il me lance un regard angoissé, indécis, et même si je suis très en retard, je ne peux plus partir

- Deidara, je…Qu'essaies tu de me dire exactement ?

J'aimerais tellement pouvoir recommencer cette matinée

- Eh bien, c'est Shizune qui m'a dit que…

- Shizune ?

- Oui. Tu sais la voyante qui pouvait me voir

J'ouvre la porte et lance par-dessus mon épaule

- Désolé de te dire ça, mais Shizune est une charlatan. Un escroc. Je ne vois pas pourquoi tu l'écoutes. Elle est folle tu m'entends ?

- Pourtant, elle m'a dit plein de chose intéressante

Il y a tellement de peine et d'inquiétude dans sa voix que je donnerais n'importe quoi pour le consoler. Je balai le couloir du regard, même si je sais que Tsunade est déjà partit

- Ecoute, je ne veux plus entendre parler de Shizune. Si tu as envie d'aller la voir, libre à toi, je ne peux pas t'en empêcher. Mais je pense que Shizune ne nous connaît et qu'elle n'a pas le droit de nous juger ou de nous reprocher d'aimer passer du temps ensemble. Ca ne la regarde pas. Ce sont nos affaires.

En m'apercevant qu'il pleure toujours, j'ai le moral encore plus bas

- Il faut vraiment que j'y aille. Tu viens oui ou non ?

- Non

Je respire un grand coup et sort en claquant la porte

Kiba ayant eu la brillante idée de ne pas m'attendre, j'effectue le trajet tout seul. La cloche a déjà sonnée quand j'arrive, mais Sasuke est là, à côté de sa voiture garée à la deuxième meilleure place du parking, puisqu'il m'a gardé la meilleure.

- Salut, dit il en m'embrassant

J'attrape mon sac et me dirige vers la grille, Sasuke sur mes talons

- Je suis désolé de t'avoir perdu hier soir. J'ai essayé de t'appeler, mais ça ne répondait pas

J'agrippe les barreaux de fer et les secoues de toutes mes forces, mais ils ne bougent pas d'un poil. Je ferme mes yeux et appui mon front contre le métal. Rien à faire. Je suis trop en retard

- Tu as eu mon message ?

Je lâche la grille et part vers le secrétariat, redoutant le moment horrible où je vais me faire sonner les cloches à cause de l'absence d'hier et du retard de ce matin. Sasuke me prend la main et je fonds de la tête aux pieds

- Qu'est ce qui t'arrive ? Je croyais qu'on avait passé un bon moment hier et que tu t'étais bien amusé ?

Je m'adosse au muret de brique et soupire. Je me sens faible, vulnérable

- A moins que tu n'es fait semblant pour me faire plaisir ?

Sasuke me serre doucement la main, d'un air implorant. Et alors que je commence à céder, que j'ai presque mordu à l'hameçon, je lâche sa main et m'éloigne de lui, me souvenant de Sakura, notre coup de téléphone, l'étrange disparition de Sasuke sur l'autoroute

- Tu savais que Karin était à Disneyland elle aussi ?

Je me rends compte de ma mesquinerie. Mais maintenant que j'ai commencé, attend continuer, même si je m'attends au pire.

- Y a-t-il quelque chose que je devrais savoir ? Tu as quelque chose à me dire ?

Sasuke me regard avec douceur

- Karin ne m'intéresse pas. Toi oui

J'ai tellement envi de le croire ! J'aimerais tant que se soit aussi simple ! Et quand il reprend ma main, je constate que c'est effectivement très simple et que tous mes doutes se sont évaporés

- C'est là que tu dois répondre que tu éprouves la même chose pour moi

J'hésite, j'ai le cœur qui bat si fort que Sasuke doit l'entendre. Mais j'ai attendu trop longtemps. La magie du moment c'est envolé. Sasuke glisse un bras autour de ma taille et me conduit vers la grille

- Ne t'inquiet pas, prend ton temps. Je ne suis pas pressé, il n'y a pas de date limite. Mais pour l'instant, le plus important est que tu ailles en cours

- Il faut passer par le secrétariat. La grille est fermée

- Naruto, la grille n'est pas fermée

- Si. Je viens d'essayer

- Fais moi confiance. Qu'est ce que tu as à perdre ? Quelque minute de cours, quelques pas

J'hésite et finis par le suivre jusqu'à la grille qui, par je ne sais quel tour de passe passe, et ouverte. Je n'y comprends rien.

- Mais je l'ai vu ! Toi aussi d'ailleurs ! J'ai même secoué les barreaux qui n'ont pas bougé d'un pouce

Il me pose un baiser sur ma joue

- Vas-y. Ne t'inquiet pas, Iruka est encore absent et la remplaçante est dans les choux. Rien à craindre

- Et toi ? Tu ne viens pas ? Dis je paniqué

- Je suis émancipé. Je fais ce que je veux

- Mais…

Je me rends compte que son numéro de téléphone n'est qu'un des innombrables détails que j'ignore à son sujet. En fait, je le connais à peine. Comment peut il donc m'inspirer un tel sentiment de bien être et de normalité, alors que tout ce qui le concerne est anormal ? Je me souviens qu'il ne m'a toujours pas expliqué sa disparition de l'autoroute hier soir. Je n'ai pas le temps de lui demander qu'il vient à côté de moi et me prend la main

- Mon voisin m'a appelé. L'arrosage automatique s'était coincé et mon jardin commençait à être inondé. J'ai essayé de te prévenir, mais tu étais au téléphone et je ne voulais pas te déranger

Je contemple nos deux mains enlacées, l'une plutôt bronzé, et l'autre pâle. Un couple tellement improbable…

- Vas y, insiste t-il. Je te verrais après les cours. Promis.

Il sourit et cueille une tulipe rouge derrière mon oreille

D'habitude, je m'attarde le moins possible sur ma vie d'avant. J'essai de ne pas penser à mon ancienne maison, à mes amis, ma famille, à mon ancien moi. Je suis devenu expert en la matière, en général, je sais reconnaître les signes avant coureur de l'orage (les yeux qui piquent, le souffle court, le sentiment écrasant de vide et de désespoir), et j'arrive à l'éviter. Mais quelque fois, il m'éclate à la figure, sans prévenir, sans préparation. Dans ce cas là, je n'ai plus qu'à me rouler en boule dans un coin et attendre que ça passe. Pas facile à faire en plein cours d'histoire. Pendant que Jiraya (notre prof) disserte en long en large et en travers sur Napoléon, ma gorge se bloque, mon estomac se contracte et mes yeux se mettent à brûler si violemment que je me lève de ma chaise et cours vers la porte, n'écoutant ni les appels de mon prof ni les rires moqueurs de mes camarades. Je prends un virage, aveuglé par les larmes, suffoquant, comme vidé de l'intérieur, telle une carcasse qui s'effrite et s'écroule. J'aperçois trop tard Ino, et lui rentre dedans avec une telle force qu'elle est projetée par terre et déchire sa robe.

- Qu'est ce que… ?

Elle observe ses jambes étalées et l'accroc à sa robe, d'un air incrédule, puis, elle me regarde dans les yeux

- Tu as abîmé ma robe, sal c…!

Elle passe un doigt dans la déchirure pour me montrer les dégâts. Je suis réellement désolé, mais je n'ai pas le temps de l'aider. Mon chagrin est sur le point d'éclater, et je ne veux pas laisser Ino le voir. Au moment où je vais la dépasser, elle m'attrape le bras pour se relever, et sa peau me communique une énergie tellement noire et sinistre, que j'en ai le souffle coupé. Elle me sert le poignet si fort, que je suis au bord de l'évanouissement.

- Je te signale que cette robe m'a coûtée extrêmement chère ! Tu as intérêt à me la remboursée ! Et crois moi, je ne m'en contenterais pas ! Je vais tellement t'en faire voir de toutes les couleurs que tu vas regretter d'avoir mis les pieds dans ce lycée salle crétin !

J'ai retrouvé mon aplomb, mon estomac et un calme relatif

- Comme Kezia par exemple ?

Elle desserre un peu son étreinte, sans me lâcher

- Tu as mis de la drogue dans son casier dis je en interprétant au fur et à mesure la scène que je vois dans ma tête. Tu t'es débrouillée pour qu'elle soit exclue, tu as miné sa crédibilité pour qu'on te crois toi, pas elle

Elle me lâche le bras et recule d'un pas, le visage blanc comme un linge

- Qui te l'a dit ? Tu n'étais même pas ici quand ça c'est produit

C'est exact, mais le problème n'est pas là. Mon orage est passé, et mon chagrin c'est envolé en découvrant la peur dans ses yeux

- Et ce n'est pas tout. Je sais que tu triches aux contrôles, que tu fauches de l'argent à tes parents et aussi des fringues dans les magasins. Tu voles même tes amis ! Remarque, te concernant, c'est de bonne guerre. Je sais aussi que tu enregistres les coups de fil d'Hinata et que tu as constitué un dossier de tous ses textos et de ses e-mails eu cas où elle déciderait de se retourner contre toi. Tu flirtes avec son beau père, ce qui, soit dit en passant, n'est pas le pire. Je connais toute l'histoire avec ton prof d'histoire de troisième. Celui que tu as essayer de séduire. Et quand tu as compris qu'il ne marchais pas, tu as menacé de tout avouer au principal et à sa femme enceinte.

Je suis dégoûté qu'on puisse avoir un comportement aussi sordide. J'ai du mal à croire qu'un tel monstre d'égoïsme puise exister. Et pourtant, elle est là, bien réelle, devant moi, les yeux exorbités, les lèvres tremblantes, sonnée de s'entendre révéler ses sales petits secrets. Je n'ai aucun scrupule à la démasquer, ni à utiliser mon don de cette manière. Au contraire. A voir cette misérable fille, cette terreur qui m'a persécuté depuis mon premier jour au lycée, tremblée de la tête aux pieds, le front mouillé de sueur, je ressens une immense satisfaction. Ma nausée et mon chagrin ne sont plus qu'un souvenir. D'un coup, je me dis qu'il n'y a pas de raison pour que je m'arrête en aussi bon chemin

- Je continu ? Facile. Ce ne sont pas les horreurs qui manquent, mais je ne t'apprend rien pas vrai ?

Elle recule en trébuchant à mesure que je m'approche, essayant désespérément de mettre la plus grande distance possible entre nous

- Tu es un sorcier ou quoi ? Chuchote t-elle, jetant un coup d'œil affolé dans le couloir, cherchant de l'aide, une issue, n'importe quoi pour s'échapper

Je ne répond rien, et me borne à rire, histoire qu'elle y réfléchisse à deux fois avant d'agir à l'avenir. Mais très vite, elle reprend son assurance et esquisse un sourie

- Remarque, c'est ta parole contre la mienne. Et à ton avis, qui va-t-on croire ? Moi, la fille la plus populaire de ce lycée, ou toi, le pire timbré qui n'est jamais mis les pieds ici ?

Là, elle marque un point. Elle passe un doigt dans la déchirure de sa robe

- Je te conseille de garder tes distances, pauvre nul. Sinon tu vas le regretter, je te le garantis

En passant, elle me bouscule violemment pour me prouver que se ne sont pas des paroles en l'air

A l'heure du déjeuner, j'essai de ne pas regarder Sakura, comme une bête de foire à cause de ses cheveux violets, et hésite même à lui en parler. Mais elle éclate de rire

- Ne fais pas semblant de n'avoir vu. Je sais que c'est atroce. Juste après t'avoir appelé hier soir, j'ai essayé de me les teindre en rouge, comme ceux de Karin, et voilà le résultat. J'ai l'air d'une aubergine plantée sur un cure dents. Mais plus pour très longtemps, parce que, après les cours, Karin m'emmène dans un salon fréquenté par de tas de célébrités. Tu sais, le genre d'endroit où il faut réservé au moins un an à l'avance. Elle a réussi à obtenir un rendez vous à la dernière minute. C'est fou le monde qu'elle connaît

Je lui coupe la parole, n'ayant aucune envie d'en entendre davantage sur Karin et ses privilèges de star

- Où est Kiba ?

- Il apprend son texte. Le théâtre municipal va donner une représentation de Hairspray, et il aimerait avoir le premier rôle.

J'ouvre ma boîte contenant mon déjeuner, où, en plus de mon repas, se trouvent des tulipes

- Ce n'est pas une fille le premier rôle ?

- Il a essayé de me convaincre d'aller auditionner aussi, mais ce n'est pas trop mon truc. Au fait, où donc Mr sexy, ton nouveaux petit ami ?

- Je n'en sait rien, dis je en me rappelant que, encore une fois, j'ai oublié de lui demander son numéro et son adresse. Il doit être quelque part à profiter des joies de l'émancipation. Des nouvelles de Temari ?

- Non rien. Mais regarde !

Elle relève sa manche et me montre son poignet. Je plisse les yeux en devinant l'esquisse d'un petit tatouage circulaire, le croquis d'un serpent qui se mord la queue. Ce n'est encore qu'une ébauche, et pourtant, en une fraction de seconde, je vois le serpent bouger. Mais je bats des paupières, et il s'immobilise. Je ne sais pas pourquoi, mais ce serpent libère une mauvaise énergie qui fait froid dans le dos.

- Qu'est ce que c'est ?

- Une surprise. Je te montrerais quand se sera fini. En fait, je n'aurais même pas du t'en parler

Elle remet sa manche, et regarde autour d'elle avant d'ajouter

- J'ai promis de ne rien dire. Mais je suis tellement excitée que je ne peux pas me taire. Et je ne suis pas très forte quand il s'agit de garder des secrets, surtout les miens

Je m'efforce de me brancher sur son énergie pour trouver une explication logique au malaise qui me noue l'estomac, mais rien.

- A qui l'as-tu promis ? Qu'est ce qui t'arrive ?

Je constate que son aura est d'un gris cendreux triste et que ses bords flottent, comme effilochés. Elle rit et fait semblant de se verrouiller les lèvres

- Oublie tout ça. Tu verras bien le moment venu